EMBOLIE DES VAISSEAUX RÉTINIENS
seau, à THôtcl-Dieu, un malade qui était atteint d'hémophilie très grave suivie de symptômes cérébraux qui amenèrent la mort. Nous découvrîmes dans les deux rétines, à un examen ophthalmoscopique que nous fîmes devant le docteur Dumontpallier, des taches rouges apoplectiques.
Nous examinâmes aussi, en 1870, avec le docteur Rue, un malade du service du professeur Tardieu, à THôtel-Dieu, âgé de 50 ans et qui avait élé atlcinl de cette même affection par suite d*excès alcooliques. A Taidc de l'ophtlialmoscopic nous découvrîmes sur presque toute la rétine et dans la macula de l'œil droit, des taches hémorrhagiques, taches qui s'observaient aussi sur le reste du corps.
Des altérations tout à fait analogues s'observent dans une anémie aiguë ou maligne. Cette affection, dont le professeur Béhier a le premier fait connaître la gravité, ressemble par plusieurs points, d'après ce professeur, à l'anémie du cheval. Les malades qui en sont atteints arrivent bientôt à un degré extrême d'émaciation, causée par une forte et persistante diarrhée. L'hydrémie qui en résulte produit dans la rétine et sur le reste du corps de nombreuses taches ecchymotiques. Dans ce même service, nous pûmes observer, en 1870, un fait analogue : l'ophthalmoscope nous permit de distinguer des taches blanchâtres en différents endroils, des épancliements sanguins très abondants, accompagnés d'une exsudation séreuse dans les deux papilles.
§ 8. — Embolie îles vaiiseaax rélliileiii.
Le premier fait connu d'oblitération des vaisseaux par un coagulum venant du cœur appartient à Legroux. Ce cas resta isolé jusqu'à l'époque oîi Virchow eut prouvé que ces oblitérations se produisent fréquemment et dans difîérents organes.
Graefe a eu le mérite d'avoir démontré le premier l'existence de l'embolie des vaisseaux rétiniens et d'en avoir fait une description symptomatique très complète. Depuis, le nombre d'observations s'est multiplié, et nous en devons plusieurs à MM. Quaglino, Saemiscb, Hirschberg, Knapp, etc.
Nous avons, d'autre part, trois autopsies se rapportant à
GALBMWfu. « OpMhaimoteopi0. il
i62 EXPLORATION DES DIFFÉRENTES MEMBRANES DE L'ŒIL.
Tembolie de l'artère centrale : celle de Schweigger (1), celle de Sichel fils (2) recueillies dans le service de M. Raynaud, et celle de Schmidt (3), qui démontrent de quelle façon les embolies se produisent.
ffjmpiomatoioiri®- — La maladie débute d'une manière brusque, presque instantanée et sans aucun signe précurseur. Je ne puis citer que comme une rare exception le cas d'une malade qui, une demi-heure avant l'accident, avait éprouvé une douleur sourde au pourtour de l'orbite et un éblouissément, après quoi la vue s'était perdue subitement. La cécité est complète et monoculaire, mais elle n'est pas toujours permanente. Il arrive, en efi'et, habituellement, que vers le troisième ou quatrième jour de la maladie, l'œil perçoit un peu de lumière, mais, dans un grand nombre de cas, ce n'est qu'une petite lueur qui apparaît dans le champ visuel externe, et qui n'est d'aucun aide pour la vision. Dans d'autres cas, plus rares, il est vrai, l'amélioration est beaucoup plus sensible, et elle se traduit par le recouvrement de la vue dans la moitié externe du champ visuel ou bien dans une certaine limite de la portion centrale.
ffiiriies opktiiaimoseopUMi. — L'embolic des artères rétiniennes peut être ou totale ou partielle. Au début de la maladie, l'aspect ophthalmoscopique de la première de ces deux formes est très intéressant à étudier. Par suite de l'oblitération des artères et de la stase veineuse consécutive, il se produit dans toute la rétine, ainsi que dans le nerf optique, une infiltration séreuse plus ou moins prononcée, et la papille ellemême devient œdématiée et gonflée au milieu de l'œdème général rétinien. Les vaisseaux se trouvent masqués par places, les veines sont ondulées et irrégulières, et les artères à peine visibles.
La macula offre des modifications toutes spéciales et qui sont caractéristiques de la maladie. D'abord il se produit dans toute la région de cette membrane une exsudation blanche, au milieu de laquelle on voit se dessiner une tache
(1) Schweigger, Leçons sur POphihalmoscopef trad. franc., p. i40.
(2) Sichel fils, Archives de physiologie , fasc. IV, 1870.
(3) Schmidt, Archiv f. Ophthalmologie, Bd XX, Abth. H, 265.