TUBERCULES DE LA CHOROÏDE
che XXVIII), ils étaient d'un volume et d'un nombre relativement considérable. Quelquefois, au contraire, ils sont tellement petits que Cohnheim ne les a découverts qu'à l'autopsie.
La couleur des taches tuberculeuses diffère essentiellement de toutes les autres taches observées dans la rétine ou dans la choroïde. On reconnaît d'abord qu'elles ne sont pas situées dans la rétine, dont les . vaisseaux ne sont point voilés par celles-ci. D'autre part, ces taches présentent tous les caractères d'exsudations avant leur teinte jaunâtre avec contour diffus, et elles ne sont nullement entourées des dépôts pigmentaires (voyez fîg. 3, pi. XX). Leur forme est ronde, et ceux qui sont d'un volume tant soit peu plus grand, font une saillie à la surface. J'ai vu un malade dans le service de Guéneau de Mussy à l'Hôtel-Dieu, atteint d'une phthisie pulmonaire et d'une dégénérescence des glandes lymphatiques du cou, chez lequel nous avons trouvé des petites saillies tuberculeuses à la surface de la choroïde. Cette dernière membrane était en outre toute marbrée et couverte de petites productions miliaires qu'on pouvait à peine distinguer entre les mailles des vaisseaux choroïdiens.
Quelques auteurs allemands, entre autres Cohnheim, pensent qu'il n'y a que la tuberculose aiguë qui peut donner lieu à la formation des tubercules dans la choroïde. Mais, parmi les faits rapportés par Manz et par Jaeger, il existe des cas où les tubercules de la choroïde étaient développés sur des individus qui ne présentaient pas de trace de tuberculose aiguë. Mes propres observations concordent parfaitement avec ces derniers faits, quoique, il faut le dire, dans la grande majorité des cas les tubercules choroïdiens accompagnent la tuberculose aiguë.
Liouville a trouvé des tubercules choroïdiens dans un cas où les méninges de la moelle épinière étaient recouvertes des granulations miliaires. Ayant inoculé des tubercules aux lapins, il a retrouvé des granulations miliaires dans leur choroïde.
Quel est le tissu de la choroïde qui subit la désorganisation tuberculeuse? Selon Manz, les éléments tuberculeux proviensnent de la prolifération des noyaux de la membrane adventice
GALBEOwtu. — Ophihalmoêcopie. 14
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des vaisseaux, ce qui me paraît le plus probable, et je ne pense pas qu'on puisse aujourd'hui soutenir l'opinion de Cohnlieim, que les tubercules provienneni de la prolifération des cellules lymphoïdes répandues gà cl là dans la choroïde.
S 10. — Harcoue^ de In eboroïde.
Les sarcomes choroïdiens se présentent ordinairement sous deu\ formes bien distinctes, le sarcome simple et le sarcome mêlaniqtie. L'une et l'autre de ces variétés prennent naissance soil à une certaine distance du cercle ciliaire, soit au pourtour de la papille.
Les signes qui caractérisent ces tumeurs sont très variés, selon leur siège et leur nalure : celles qui sont situées dans la région du cercle ciliaire, et celles qui occupent la portion postérieure du globe.
Les tumeurs de la région ciliaire débutent habituellement d'une manière très lente, sous forme d'une saillie située immédiatement derrière l'iris ; tantôt elles apparaissent vers l'angle externe de l'œil, et c'est le cas le plus fréquent, tantôt au contraire leur point d'implantation est la moitié interne du cercle ciliaire.
Extérieurement, et à une simple inspection, on ne trouve au commencement aucune altération; mais peu à peu la densité du globe est augmentée. La chambre antérieure se rétrécit dans la moitié correspondant à la tumeur, au même endroit où l'iris a été refoulé en avant. La sclérotique ne subit pas d'altération, mais dans la partie correspondant à la tumeur, il existe bien souvent un développement considérable des veines ciliaires antérieures.
1. Knrcomc simple. — Dfcs le début de la maladie, le cliam|> visuel périphérique subit un rétrécissement dans la moitié correspondant au sarcome, et ce rétrécissement augmente de plus en plus, h mesure que la tumeur olie-mênie fait des progrès. La vision centrale reste, au contraire, très longtemps intacte.
BxMinen ophthaimoacopiqne. — Par le simplc éclairage du miroir, on constate un corps opaque situé dans la pupille, immédiatement derrière le cristallin. Ce corps est d'une forme
MÉLANO-SARCOME. 211
ronde, il a des contours bien circonscrits et qui tranchent d'une manière bien nette sur le reste du fond de l'œil.
On peut voir très bien la surface antérieure de la tumeur en projetant la lumière avec le réflecteur dans Tintérieur de l'œil et en regardant en ce moment à Tœil nu dans la pupille. On y verra la tumeur ayant la teinte jaunâtre, et recouverte de nombreux vaisseaux sur toute la surface.
L'examen à l'image renversée nous montre la papille normale ou un peu injectée, le reste de la rétine est sain. A une période plus avancée de la maladie, on trouvera un décollement de la rétine dans la portion voisine de la tumeur; plus tard, on voit apparaître des accidents glaucomateux.
II. Méiano-sareome. — La sccoude Variété des tumeurs sarcomateuses de la choroïde, ce sont celles qui débutent au voisinage de la papille. Ces tumeurs sont de nature mélano-sarcomateuse, plus mauvaise que les précédentes, et , au lieu de croître à leurs propres dépens en s' avançant dans l'intérieur du corps vitré, elles s'étendent au contraire de proche en proche en envahissant non seulement la choroïde, mais en attaquant aussi la rétine, le nerf optique, les nerfs ciliaires, etc.
Le début de cette seconde variété est très intéressant à étudier. Le plus souvent, cette tumeur prend naissance dans les parties postérieures de l'œil, et tout près de la papille, elle s'étend peu à peu aux parties voisines de la choroïde, mais en même temps elle attaque la rétine et le nerf optique.
A l'ophthalmoscope la partie allérée de la choroïde se présente sous l'aspect d'une tache noirâtre, au-dessus de laquelle la rétine paraît soulevée et trouble. Dans d'autres cas, les lésions choroïdiennes sont masquées par la partie de la rétine sous-jacente qui est devenue trouble, d'un blanc grisâtre et qui présente en apparence tous les symptômes d'une rétinite séreuse.
La figure 2 de la planche XXV de notre atlas représente un cas de ce genre. Il s'agissait d'une malade qui m'avait été adressée par M. le professeur Lasègue, et qui fut atteinte pendant plus de six mois d'un trouble de la vue occasionné par une tumeur développée au pourtour de la papille. La maladie avait gagné peu à peu la rétine et le nerf optique, et donné
lieu successivement à de nombreuses attaques de glaucome secondaire aigu. A ropbthalmoscope j'ai pu constater des altérations de la papille et de la rétine qu'on verra reproduites dans la figure 2 de la planche XXV. Je dus pratiquer l'énucli^alion totale du globe oculaire, et à la dissection nous constatâmes l'existence d'une tumeur sarcomateuse de la choroïde, entourant la papille dans son pourtour, el formant une masse compacte de 2°"°, 1/2 d'épaisseur. A l'examen microscopique, M. Cornil, à qui j'avais communiqué la pièce, découvrit des cellules sarcomateuses fasciculées, fusiformes, avec des cellules mélanoliques caractéristiques de la maladie.
Knapp pense que ces sarcomes naissent des couches externes de la choroïde, tandis qu'une autre variété à petites cellules arrondies prend naissance dans la couche chorio-capillaire,
DUKooaticiiirérentici. — Les tumcurs de la choroïde ne sont pas difficiles à reconnaître; on les distingue facilement de celles de la rétine, des clioroïdiles cxsudatives el d'un décollement de la choroïde.
Les tumeurs de la rétine n'amènent pas d'accidents glaucomateux, elles se développent peu à peu, sans aucune douleur, jusqu'au moment où le fond de l'œil est complètement remplacé par la masse carcinomateuse. La même chose a lieu en ce qui concerne la densité du globe oculaire, qui reste presque normale pendant tout le temps delà tumeur rétinienne, tandis qu'elle augmente rapidement dans les tumeurs de la choroïde.
Certaines choroïdites plastiques, de même que le décollement choroïdien, présentent un reflet du fond de l'œil semblable à celui des tumeurs. .Mais, comme le dit justement mon excellent maître Desmarres père, la diminution de la densité de l'œil qui accompagne ces affections, et l'afropbie du globe oculaire consécutive, ne peuvent pas dépendre dos tumeurs inlra-oculaires, mais plutôt de l'exsudation plastique et d'une choroïdite suppurative.
g II. — Anomalies de Im choroïde.
1. Coiobomn de 1h choroïde. — Les l'echerches d'Ammou el de Kôlliker ont démontré que la choroïde, la rétine et la sclérotique forment pendant une certaine période de la vie fœtale une