‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 90 sur 177 · TROUBLES VISUELS DANS LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

TROUBLES VISUELS DANS LA SYPHILIS

jours à la rétine, comme cela a été démontré par Desmarres père et Follin. La guérison peut être complète, mais elle exige environ deux ans de traitement. Le phénomène le plus sûr de la guérison est la disparition des flocons dans le corps vitré.

Cette afTeclion peut se compliquer quelquefois d'inflammation du cercle ciliaire et alors l'œil est très gravement compromis : heureusement ces derniers accidents sont rares.

La formation du pigment dans la rétine est aussi une complication très fâcheuse de la maladie, parce qu'elle peut aboutir h la cécité.

n. BétiniAe Bypiiiiitiqae. — L'inflammation occupe le segment postérieur de la membrane nerveuse, et se complique de phénomènes de scotomes. La même altération s'attaque rarement aux deux yeux. On en trouvera les détails dans la II* partie de cet ouvrage.

in. IVéTrite et périnéTrlte optique. — CcS dcUX Variétés d'iu-

flammation sont tantôt purement locales, tantôt elles proviennent de lésions syphilitiques cérébrales, et ne constituent par conséquent qu'un épiphénomène de ces dernières.

On les voit quelquefois se produire chez des individus qui depuis de longues années n'ont éprouvé aucun symptôme de syphilis, et la lésion du nerf optique est la seule preuve de l'existence du principe syphiUtique dans l'organisme.

Cette même variété de névrite ou de périnévrite optique peut être occasionnée par une méningite cérébro-spinale ; on aura alors des symptômes de l'affection de la moelle, tels que douleurs lombaires, paraplégie ou hémi-paraplégie, des vomissements venant à des longs intervalles.

Notre éminent confrère et ami, le docteur A. Fournier, nous a fait l'honneur de nous appeler en consultation, en 1873, auprès d'un Anglais qui présentait tous les symptômes de la méningite cérébro-spinale, et dans lequel la périnévrite optique avait pris une très grande extension. Le traitement mercurielpar friction appliqué à des doses croissantes n'avait amené de l'amélioration qu'après un an de traitement continu.

IV. Atrophie des papilles. — Cette affectiou peut se présenter sous des formes et dans des conditions très variées. Le plus souvent elle est isolée, limitée aux deux papilles optiques, et les in-

S2Ï RAPPORTS EiSTRE LES LÉSIONS OCULAIRES.

vostigalions les plus minulieuses nepcrmeUciit pas de découvrir le moindre symptôme de la maladie de la moelle. 11 faul la cniisidi^rer Évidemment comme une affeclion pi'-riphi'MiqHe, n'aboutissant pas au cerveau ; nous avons eu l'occasion d'observer ces malades pendant plusieurs années consi^cutives sans jamais rencontrer cbez eux rien d'alaxique.

Le processus atropbique se complique quelquefois d'une infiltration séreuse péripapillaire semblable à celle qu'on trouve dans une périnévrite optique. Nous avons observé un fait semblable chez un malade qui' nous avons soigné avec les docteurs Alfred Fournier, Baldy et Lieljcrman ; malheureusement, tous les soins donnés n'ont pas réussi à arrêter la maladie et à sauver la vue. Celle périnévrife optique, ainsi que la forme précédente d'atrophie, peut rester locale et ne point dépasser la portion orbitaire des nerfs optiques.

La troisième variété d'alropUïe des papilles est celle qui accompagne l'ataxîe locomotrice produite par la syphilis. Les symptômes de l'atasie syphilitique, de même que ceux de l'atropbie papillaire, ne diffèreni pas beaucoup de toutes les autres formes d'ataxies; j'ai remarqué cependant que chez ces individus, tous les symptômes sont moins accentués, et la marche de la maladie plus irrégulière, plus fugace, les douleurs des jambes et de la lète à peine marquées. C'est le plus souvent une alaxîe syphilitique que Alfred Fournier a si admirablement décrite.

La faiblesse relative dos douleurs fulgurantes dans l'ataxie syphilitique, l'absence souvent du phénomène d'incoordination, et les complications qui se rencontrent quelquefois du côté de l'iris, de la choroïde el du corps vîtré, sont autant de symptômes spéciaux de la maladie spécifique, et qui permettent d'élal>lir d'une manière plus précise la nature de la maladie. C'est d'après tes symptômes analogues que nous avons pu établir avec Fournier la cause syphilitique de l'alaxie locomotrice avec atrophie des papilles chez un malade, âgé de 50 ans, et chez lequel le traitement par des frictions morcurielles a pu enrayer complètement la maladie.

Tel est l'ensemble des lésions que la syphilis peut produire sur les membranes et les milieux de l'œil. Elles ont la tendance, comme nous avons signalé à plusieurs reprises, à se combiner

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