TROUBLES VISUELS DANS LA GLYCOSURIE
les unes avec les autres, ce qui constitue en réalité le caractère le plus essentiel de la syphilis.
C'est à M. le professeur Alfred Fournier qu'appartient le mérite d'avoir, dans une élude spéciale (1), démontré que dans la grande majorité des cas l'ataxie locomotrice est de nature syphilitique.
J'ai démontré (2) que les paralgies de la troisième, de la sixième paire, les névralgies de la cinquième paire et l'atrophie des papilles, se rencontrent très souvent dans l'ataxie syphilitique simultanément.
Nous pouvons résumer, en propositions suivantes la symptômatologie caractéristique de la syphilis intra-oculaire :
r L'apparence trouble de la papille, les flocons filiformes du corps vitré, l'altération simultanée de la choroïde et de la rétine dans le segment postérieur, indiquent généralement l'existence de la syphilis.
T L'existence simultanée des lésions dans les membranes dont la structure anatomique est différente, annonce presque toujours le mal vénérien. C'est ainsi que lorsqu'il y a une rétinite dans un œil et une irilis dans l'autre, ou que ces deux affections se rencontrent en même temps dans un seul œil, il y a de grandes probabilités de la cause syphilitique.
Cette complexité est tellement commune, que nous ne craignons pas d'avancer que les paralysies musculaires avec iritisou hémiplégie avec iritis dénotent le même principe vénérien.
3* La choroïdite syphilitique peut donner lieu au développement d'une rétinite pigmentaire, mais le pigment infiltré dans la rétine formera souvent des cercles ou des demi-cercles semblables aux syphilides tégumentaires, comme le remarque très justement Alfr. Fournier.
§ 3. — Troubles TiiueU dans la f lyrosurle.
Sous l'influence de la glycosurie les organes de la vue sont très souvents atteints, et il importe beaucoup de les connaître à fond, d'abord parce que la connaissance de la cause de la maladie
(1) Alfred Fournier, Le Vaiaxie locomotrice d'origine syphilitique, Paris, 1882.
(2) Galczowski, Leçons sur les affections ataxiques rédigées par Despagnet. Paris, 1885.
en facilite le Iraitemcnt, el ensuite parce que les troubles visuels peuvent nous niellre quelquefois sur la voie du diagnostic delà maladie gént'rale.
Henry Marsh a démontré le premier que la glycosurie est très fréquente, et qu'elle échappe souvent à l'observation, soil que les malades n'éprouvent pas de perturbation dans leur santé, soit qu'ils se plaignent de quelques accidents morbides insignifiants, que le médecin lui-même ne songe pas h attribuer à une cause générale quelconque.
D'après les recherches de Goolden, l'aggle, Fischer et d'autres, la glycosurie peut être passagère, et être provoquée par une blessure, une contusion, une chute sur les pieds, des coups sur le dos, des efforts violents, etc., ou bien elle se développe dans le courant d'une autre maladie quelconque. Cette glycosurie guérit facilement et avec elle tous les autres accidents qui l'accompagnent, comme cela est arrivé dans un cas rapporl*^ par Szokalslii (!}.
Mais il existe uneautre classe des maladies diabétiques, ce sont des glycosuries essentielles, ou le diabète vrai, dans laquelle les urines contiennent depuis un gramme jusqu'à 50 et 60 grammes deglycose par litre et même au delà, et dont ladensité, de 1,015 qu'elle pèse normalement, s'élève à 1 ,030, jusqu'à 1 ,074 d'après Bouchardat (2). Les urines diabétiques contiennent aussi quelquefois de l'albumine, mais on observe surtout cette complication, d'après Trousseau, vers la dernière période de la maladie.
Les accidents glycosuriques éprouvés par les malades sont très variés, mais le plus souvent ce sont des symptômes nerveux consistant en une perversion de la sensibilité, de la motilité, et de digestion, apparition de clous, et d'anthrax, les gangrènes spontanées et enlin les troubles visuels. Ces derniers symptômes sont loin d'être constants, mais ils acquièrent quelquefois un aspect si caractéristique qu'ils peuvent à eux seuls constituer les signes importants pour le diagnostic.
Les altérations de l'appareil oculaire sont très complexes, el se traduisent par les maladies du cristallin, de la rétine, du nerf
(1) SiokaUkJ, Vaion midicaU, 23 avril I8S3.
(2) Bouchardat, Du diabète sucri ou glycosurie, son traitement liygii}nique. Paris, 1853, in-4.
GLYCOSURIE.
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