‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 92 sur 177 · HO · texte numérisé non relu

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336 MALADIES CÉNÉHALES ET CONSTITI'TIÛNNELLES.

optique et des centres optiques cérébraux. Sans entrer dans tous les détails se rapportant à ces différentes affections, nous chercherons à résumer toutes les maladies oculaires glycosurîques. Le tableau statistique ci-contre, que j'ai rédigé et publié avec le concours de mon excellent confrère et ami le docteur Brachel, donnera la meilleure idée sur les altérations oculaires giycosuriques et sur leur fréquence relative.

Dans la pathologie oculaire du diabète, ces faits accidentels constituent des exceptions; ils devaient néanmoins être consignés.

L'élude du tableau ci-dessus dévoile de suite le véritable groupe des affections giycosuriques, il montre la fréquence des cataractes diabétiques ainsi que celle des amblyopies et des atrophies papillaires, des rétinites, des hémiopies et enfin des paralysies motrices. L'importance de ce groupe est telle que dans la totalité de ma statistique le nombre de ces diverses affections s'élève à 81 0/0.

L'âge des malades est indiqué par périodes de dix ans; à de rares exceptions près, le diabète n'est point une maladie de la jeunesse, c'est une dernière dyscrasie à subir, une diathèse sénile. C'est principalement de aO à 78 ans qu'on observe ces complications, et dans ma statistique, sur 144 cas, 100 se rapportent à l'âge avancé.

De 40 à 60 le diabète serait plus fréquent chez l'homme (53 hommes, 1 3 femmes} ; mais passé cet âge on le trouve également dans les deux sexes (32 hommes, 29 femmes). La cataracte diabétique est beaucoup plus fréquente chez les femmes [28 femmes, 18 hommes); en revanche, l'amblyopie diabétique est presque exclusivement l'apanage des hommes (29 hommes, 2 femmes). — Il en est encore de même pour les rétinites il7 hommes, 10 femmes), les paralysies motrices (8 hommes, 2 femmes), les hémiopies (4 hommes). Celle révélation de la statistique montre une réelle différence d'action dans les deux sexes, où le diabèle apparatl plutôt chez l'homme et s'y manifeste par des altérations plus nombreuses que chez la femme. Ne faudrait-il pas chercher la cause de cette différence d'action dans l'influence multiple d'états constitutionnels antérieurs à laquelle la femme est plus rarement soumise que l'homme, tels

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que la syphilis, la goutte, Talcoolisme, le paludisme, le tabagisme, les accidents traumatiques, les violents chagrins, suite de déceptions ambitieuses ; c'est irës probable, mais je n'oserais point Taftirmer.

Mais re venons aux affectionsoculair es glycosuriques en détail :

I. Cataracte diabétique. — C'cst par Ics couches corticales postérieures qu'elle débute, et elle reste ensuite stationnaire pendant de longues années, ou du moins sa marche est ordinairement assez lente.

Les cataractes diabétiques ne se rencontrent pas très souvent, et dans les statistiques que j'ai faites, je n'ai pas trouvé plus de 46 cataractes diabétiques sur 1 44 cas de troubles oculaires glycosuriques. Mais, si on compare les statistiques des auteurs de la fréquence de cette opacité chez les diabétiques, on trouve une divergence très grande. C'est ainsi que Bouchardat trouve un cataracte sur 38 diabétiques; d'après Graefe la proportion serait de 1 sur 4, Zehender a trouvé 3 sur 126, et enfin pour Fauconneau-Dufresne, qui me parait du reste le plus rapproché de la vérité, il n'y aurait qu'une cataracte sur 132 diabétiques.

Les premiers faits des cataractes diabétiques sont ceux rapportés par Benedickt, Berndt et Mackenzie. Hasner (1) avait remarqué un fait important, c'est que chez une personne de 26 ans, l'opacité cristallinienne, malgré le jeune âge, avait pris des caractères d'une cataracte dure.

Ce fait ne doit être considéré que comme exceptionnel, puisque tous les autres auteurs, Arlt entre autres, ont observé toujours des cataractes molles et à marche lente chez les diabétiques. Mais, comme il arrive souvent que le diabète survient chez les adultes, il s'ensuit, comme dit Graefe, qu'avec la mollesse des couches corticales, le noyau présente une certaine densité.

En ce qui concerne la pathogénie des cataractes diabétiques, Lohmeyer et Lecorché pensent qu'elles proviennent par défaut d'aliments nutritifs dans les liquides de l'œil, ainsi que par altération de la composition, ce qui est dû, selon eux, aux pertes considérables des liquides que subissent ces malades.

(i) Hasner, Vierteljakrsschrift fur praktiscfie Htilkunde. Prag, 1851, Bd. I, p. 138.

MALADIES r.ÉNEHALES ET CONSTITCTIONNELLES.

Perrin (I) a examiné l'humeur acqueuse chez les glycosuriques qu'il a opérés de cataracte, et il a constaté la présence du sucre dans ce liquide.

Desmarres père avait attiré l'aftention sur les dangers que présente l'exIractitHi de la cataracte chez les diabétiques ; mais, avec les nouveaux procédés d'extraction, avec excision de l'iris, ces accidents ne sont plus à craindre. Perrin a obtenu des résultais assez satisfaisants chez les quatre de ces opérés diabétiques. Pour ma part, je n'ai pas vu plus d'accidents chez mes opérés diabétiques que chez d'autri's, et il me semble qu'avec le procédé de Graefe l'opération de la cataracte glycosurique ue prédispose pas à plus d'accidents que les autres cataractes. H. B^tiBitc KiicMnrUna. • — Dans un dcs précédculs articles (2) nous avons examiné d'une manière toute spéciale les rélinites glycosuriques et ses ditîérentes variétés. Dans cet aperçu général nous voulons nous occuper des relations qui existent entre ces altérations et l'étal général de santé.

La rétinite glycosurique est caractérisée surtout par des hémorrliagies, disséminées, ou en nappes, et qui s'attaquent à une ou deux rétines. A côté des taches hémorrbagiques, on voit des taches blanches arrondies. Cette tendance aux hémorrliagies est propre au diabète, et elle est le résultai d'une alléralion des parois vasculaires, et d'une sorte d'endo-arlérite, qui, dans certaines circonstances, donnera lieu à la formation du caillot obturateur, pour amener une embolie (Trousseau); et qui, dans d'autres cas, rendra les parois artérielles fragiles «Hsusceptiblesdese rompre (Galezowski). Nous avons rencontré la rétinite 11 fois sur 144 cas.

La glycosurie se rencontre assez souvent avec la goutte, et alors cette disposition aux hémorrhagies devient encore plus prononcée et peut donner lieu à des accidents mortels du côté du cerveau. Trousseau disait avec raison que les glycosuriques sont très souvent emportés par des accidents cérébraux apol»Iectiques.

J'ai donné dos soins pondant les années 1674 et 1875 à la baronne de B..., âgée de 73 ans, qui souffrait depuis plus de

(I) Perrin, Union médieak, ISjanïier 1B70.

(S) Voyez Rétinite glytoiurique, p. 136..

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vingt ans de rhumatisme goutteux. Elle était glycosurique^ et les deux rétines présentaient de noari^rewes tache» hémorrba* giques. Sous rinflaesee dv régime* aatikliabétique sa santé s'était améliorée, et une grande partie- des taches sangmnes avaient disparu; toi^quecétbdamléey air^retour#Aix«-les-'Bains» elle succomba? k des aeddents céréhraMc. «

III. «uiieoÂe néiMrriiaffHve. -^ NousUavous ol»senré uue seule fois chez un malade atteint d'une rétinite glyeosurique double, que nous avons soigné avec notre distingué confrère le docteur Mesnard (de Vitry-le-Françaîs). C'est au moment oti la rétinite se trouvait améliorée, qu'un œil fut pris d'accidents glaucômateux hémorrhagiques tellement graves que Ténueléation du globe a dû être pratiquée .

IV. Atrophie des papiiiM. — Lccorché cst le premier qui ait constaté, à l'autopsie, chez les glycosuriques, des atrophies de la rétine. Depuis, nous avons eu l'occasion d'observer quatre cas d'atrophies des papilles provoquées par cette diathësë. CesatrojAies ne diffèrent pad 'd'autres atrophies papil*laires : les vaisseaux paraissent peut-^tre un peu plus rétrécis qu'ailleurs, les malades, de bonne heute, cessent de distinguer les couleurs. La marche relativement plus lente que d'autres affections analogues est souvent irrégulière; la maladie s'arrête même pour plusieurs mois et la vue s'améliore, ce qui n'existe point dans l'ataxie locomotrice. Dans un cas analogue l'atrophie des papilles était accompafgnée d'hémiopie homonyme. Chez tous ces malades les pupilles sont dilatées et immobiles, contrairement à ce qui existe chez les atoxiques.

V. Hénlople honoMyme sans lésIoM op]iilÉatai««eopi«ue. — — Cette

forme d'amblyopie est plus fréquente que les autres, je dirai même que les hémiopies homonymes se rencontrent plus souvent dans la glycosurie que dans toute autre affection. Nous avons observé presque toujours que la vision était abolie dans la mbîtié gauche du champ visuel, et cet étal restait ensuite stationnaîre pendant le reste de la vie. Graefe l'a observé dans un cas de glycosurie* grave. Cette altératio» est probablement due à une embolie des vaisseaux qui se rendent aux corps ge* nouilles ou à des hémorrhagies de ces mêmes organes.

VI. Scotdme ecMtral et amblyefie «uMi ItoiPBw -— Cette affeCtlOn

peut exister dans un ou les deux yeux ; elle esl accompagnée d'un trouble de la vue sans aucune lésion, et reste habituellement stalioniiaire. 11 arrive quelquefois que cette amblyopie existe en même temps que les apoplexies rétiniennes, et alors le trouble persiste malgré la disparition d'hi^morrhagies.

VII. l*aralTile d« Im alxlèna et de l> trolaline paire. — L'alTeC-

tion des nerfs de la sixième paire soit d'un, soit de deux yeux, se rencontre aussi assez souvent, et celte altération s'explique facilement par l'existence de la lésion du plancher du quatrième ventricule, où se trouvent justement les noyaux originaires de ces nerfs moteurs. La paralysie de la troisième paire est moins fréquente, je ne l'ai observée que deux fois. Lebcr (!) rapporte encore des paralysies d'accommodation sans ou avec mydriase et des paralysies de la troisième paire.

§ i. — Tronblea TianclH dans l'albumlnarle.

Une des formes la plus constante d'allératiou rétinienne observée dans l'albuminurie esl celle que nous avons décrite dans le paragraphe consacré à la rélinite albuminurique (2), et nous n'y reviendrons plus. Cette même affection peut se produire pendant ou après la grossesse, et elle constitue alors une série d'affections toutes différentes, que nous étudierons dans le paragraphe suivant.

Mais il y a des cas dans lesquels la rétine reste presque intacte, et toute l'altération ne se porte que sur le nerf optique. On a alors affaire à une névrite optique double. Des paralysies de la troisième ont été aussi observées par moi, dans l'albuminurie, mais ces cas sont rares.

g â. — Troublri ilaacla pendant la i^roaaeaac et la p«Ptnrlti«n.

I. Rélinite aibominurique. — La période gravidaire prédisposB à des accidents oculaires plus ou moins graves, dont la forme la plus fréquente esl sans nul doute la rélinite albuminurique. Il existe, d'après Gubler, un excès d'albumine dans le sang des femmes enceintes, qui peut être éliminé à un moment donné en grande quantité par les reins, et amener des accidents

(1) Leber, Archiv f. Ophth., Bd. XXI, aUli. ni, p. 318, 1875.

(2) Vo^ez Rétinile albumitiuriqut, p. 132.

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