GROSSESSE ET PARTURITION
albuminuriques. D'après Jaccoud, la pression de la malrico sur la veine- cave est aussi une cause d'albuminurie.
La rétinite albuminurique gravi daire ne diffère pas de la ré- Unité brightique, mais elle est souvent beaucoup moins développée; les hémorrhagies sanguines sont moins nombreuses, et on trouve des taches blanches disposées en éventail danii la région de la macula, qui peuvent persister même après l'accouchement.
II. HëfliorrIiairiMi «t mnérrfva^m mlllalres delarétlBe. — D'après
le docteur Peter (1), le sang des femmes enceintes est plastique et riche en fibrine, ce qui explique la prédisposition qui existe chez elles aux hémorrhagies. Du côté des yeux nous avons observé :
a) Glaucome hémorrhagique ; cette forme d'altération a été provoquée chez une de nos malades par une contusion de l'œil. Tous les traitements sont restés sans résultat, mais la maladie guérit toute seule après l'accouchement.
b) Anévrysmes miliaires ; nous les avons rencontrés chez une femme enceinte, qui a reçu un coup sur l'œil; la vue est restée très sensiblement affaiblie (voyez fig. 3 et 4, pi. XXI).
c) Des apoplexies plus ou moins nombreuses peuvent se déclarer dans la rétine, d'un ou des deux yeux (Desmarres père).
III. IVéTrlte opilqafi et «trophle de la papille. — GeS altérations
surviennent généralement d'une manière assez brusque, et elles sont dues à un épanchement de sang dans les méninges ou les centres optiques.
IV. seotômes et hémiopie. — Les femmes euceintcs sont souvent atteintes de symptômes nerveux, de scotômes ou d'hémiopie, sans qu'on trouve la moindre lésion dans les membranes internes des yeux. Tantôt la maladevoit apparaître une mouche devant l'œil, tantôt elle se plaint de ne voir que la moitié des objets, et ces phénomènes sont accompagnés de maux de tète ou d'une syncope. Ces symptômes ne durent parfois que quelques minutes, mais parfois ils se prolongent pendant plusieurs heures et même pendant quelques jours et au delà. Généralement ces scotômes sont de nature purement nerveuse, ils se
(I) Peter, Traité des maladUi du cœur. Paris, 1883.
238 MALADIES fiENÉRALES ET CONSTITUTIONNELLES.
dissipenl sans laisser la moindre trace el sans qu'on ait besoin de prescrire à la malade d'autre traitemenl qu'un régime Ionique corabinf'^ avec un exercice modéré. Ce ne sont souvent que des symptômes de la migraine ophtliabnujue.
V. iridochorovdiie puerpérsir. — Elle cst Ic résullat dc l'oblitération d'une des veines ciliaires, ce qui survient pendant la fièvre puerpérale grave, dans une phlegmasia aléa dolens accompagnant l'apparition des foyers purulents de la matrice. Habituellement, dans ces cas, il existe une oblitération d'un ou de plusieurs vaisseaux ciliaires par des coagulums fibrioeux qui s'introduisent dans le système vasculaire général par les vaisseaux utérins et la veine porte. Celte forme d'iridochoroïdite est très grave et compromet l'exislence de l'œil dans la majorité des cas.
£ G. — Airrrllon* oculMlrc» iIkiib l'nm^norrb^e et la djiménorrlif e.
La fonction menstruelle joue un grand rôle dans la santé de la femme ; en effet, lorsque cette fonction physiologique s'accomplit régulièrement, elle n'est accompagnée que de malaises insignifiants ; mais, lorsqu'elle vient à être subitement supprimée soit par une émotion morale très vive, soit par une frayeur, la nature de la femme s'habitue difficilement à cet état anormal, el le sang se porte alors du côté des poumons, du cerveau ou des yeux, el provoque, dans ces organes, des U'sions plus ou moins graves. Du côté de l'œil nous avons observé des irilis, des choroïdites ati'ophiques, des épanchements dans le corps vitré et des névrites optiques.
I. Choraïdltc alropbiqur mbb oa svee tritla. — Cette afTection
apparaît surtout chez les jeunes filles dans les premières années de leurs fonctions menstruelles, lorsque ces dernières tardent à venir ou qu'elles ne se font que d'une manière tout à fait incomplète. La maladie occupe habituellement le segment postérieur du globe, el s'étend tout autour de la papille, mais en laissant le plus souvent et pendant longtemps la macula intacte. Si la choroïdite n'est pas arrêtée à temps et que l'aménorrhée persisie, l'inflammalion de la choroïde s'étend au segment antérieur de l'œil et y occasionne des irilis plus ou moins intenses, qui peuvent se terminer par la formation de synéchies
AMftNORRHtE ET DYSMÉNORRHÉE. 233
pMérieures plus ou moins nombreuses et par une atrésîe pupiBftire.
Ia dyffliiénorrfaée et ramésorrhée des femmes adultes amènent ies mêmes accidents du côté de la choroïde, dans un ou les deux yeux. Quelquefois cette affeetiiOQ est suivie d'une iirilis séreuse très rebelle qui ne cède qu'à la réapparition des lr)9gies, comime cela est arrivé chez une malade que nous avons vue en consultation arec nos éminents confrères Cusco, Chéron et Charcot (1).
IL Névrite optique. — La névrile optique peut se développer soua l'influence de la suppression subite et accidentelle des règles, de même qu'elle peut survenir vers l'âge de 45 à 50 ans pendant la période cataméniale.
La névrite optique n'ofire pas ici d'autres signes que ceux qu'on rencontre dans les autres névrites, mais elle est habituellement monoculaire. Les vaisseaux rétiniens sont tortueux et recouverts par places d'exsudations blanchâtres. Lorsqu'on comprime le globe de l'œil avec le doigt, on s'aperçoit que quelques-unes des branches artérielles sont oblitérées.
Souvent la névrite optique survient chez les femmes hystériques, surtout lorsqu'une des crises nerveuses coïncide avec la période menstruelle. On serait tenté alors de rapporter les ac- <^idents oculaires à l'hystérie, tandis qu'ils sont dus en réalité à l'irrégularité ou à la suppression complète de la fonction menstruelle, comme nous avons eu l'occasion de nous en assurer <^hez plusieurs de nos malades.
jLiOrsque la névrite optique survient à la période caAaméaiale, elle est aussi monoculaire et ne cède qu'au traitement dérivatif, dirigé surtout sur les parties inférieures du corps.
Quand elle est double, elle est alors occasionnée par une affection des méninges ou du cerveau, souvent par des hémorrfaagies méningées survenues près du chiasma. Nous avons eu Toecasion d'observer un fait de ce genre en consultation arec le docteur Peter ; la malade perdit la vue par névrite opti(|ae.
IIL Bétialte apeplectlqae et exMidUélTe. — DeS épauchements
de sang peuvent survenir dans la rétine et amener des troubles
(I) Galezowski, Becueil d'ophth.^ 1875, janvier, p. 45.
2ii MALADIES GÉNÉHALE9 ET CONSTITUTIONNELLES.
plus OU moins marqués. Cos hémorrhagies ne sont que monoculaires, elles sont sans gravité et se dissipent assez lacilemenl . En général, les affections dysménorrhéiques de l'œil ne présentent aucun signe caractéristique qui en fasse deviner la cause. Mais, si on examine successivement fous les symptômes qui accompagnent le (rouble de la vue, et si on cherche à les comparer avec d'autres affections analogues, on arrive, par voie d'exclusion, à reconnaître la nature de la maladie.
s 1- — Affection* «cBlalre* dai» l> gvutte.
La diathèso goutteuse peut se traduire par des lésions plus ou moins prononcées des membranes oculaires, et donner lieu à des troubles visuels d'une certaine gravilé.
Les malades atteints de la goulte régulière souffrent rarement de la vue ; quelquefois leurs yeux semblent êlre, d'après Trousseau, couverts de flocons, mais ces symptômes disparaissent aussitôt que la goutte gagne le pied. Ceux qui sont atUigés de tophus et de productions calcaires du côté de la peau peuvent présenter des dépôls analogues jusque dans les paupières, comme cela a déjà été marqué par Plater.
Mais c'est surtout dans la goutte irrégulière ou larvée, que des accidents plus ou moins graves peuvent se déclarer du côté des yeux comme cela a été démontré par moi et par le docteur Lecorché(l). Parmi ces affections nous devons signaler les suivantes ;
I. iriiis (onttenH. — Elle débute souvent par une sclérife partielle, puis surviennent des accidents inflammatoires du côté de l'iris, suivies de synéchies postérieures.
h'hyphéma est un des symptômes propres à la goutte, qui accompagne tantôt une simple iritis, tantôt les altérations des membranes profondes de l'œil.
II. Cjeiiie hêmorrhMgtqne. — Dans la gouttc anormale ou irrégulière, on voit la dialhèse se traduire quelquefois par des accidents héraorrhagiques du côté des membranes internes de l'œil; ce sont des flocons du corps vitré qui apparaissent dans le segment antérieur sous forme de filaments épais, mas-
(0 Lecorché, Traité de la goiillc. *