GOUTTE
quant la papille. D'abord peu nombreux, ces flocons apparaissent subitement; au bout de quelque temps leur nombre augmente, et il se produit, en même temps, dans la région du cercle ciliaire, une congestion qui est accompagnée de poussées inflammatoires très intenses semblables, sous beaucoup de rapports, aux accès aigus du glaucome. Des douleurs névralgiques s'étendent à toutes les branches de la cinquième paire ; Fœil devient douloureux au toucher, larmoyant et sensible à la lumière sans que sa densité en soit augmentée. L'iris est aussi congestionné, il se dilate facilement avec l'atropine, et après plusieurs crises successives aiguës de la cyclite, on voit apparaître du sang dans la chambre antérieure. Â partir de ce moment, la crise est arrêtée, les symptômes inflammatoires cessent et la maladie entre dans la période de résolution, mais en laissant des taches atrophiques plus ou moins nombreuses sur la choroïde.
La cyclite hémorrhagique est une des formes de la goutte larvée ; elle survient d'une manière insidieuse comme l'asthme, la migraine, et comme certaines formes d'eczéma, ou de goutte viscérale. Souvent fous ces phénomènes se suivent à des intervalles plus ou moins longs, et ne disparaissent définitivement que lorsque la goutte se porte à son siège pour ainsi dire physiologique, c'est-à-dire aux articulations du pied.
in. MydriAM. — Cette afTectiou est relativement rare dans la diathèse goutteuse, elle accompagne les accidents nerveux, cérébraux, tels que douleurs de tête, vomissements, vertiges, etc. Le vertige devient quelquefois très prononcé, et peut faire croire à l'existence d'une affection cérébrale.
IV. MétlBO-clioroVdlte scléroslqae. — On sait que IcS SClérO-
ses en plaques se rencontrent assez souvent dans la moelle, mais ce qui est moins connu, c'est que certaines portions de la rétine peuvent être altérées d'une manière très sensible, et donner lieu à des hémorrhagies et à des dégénérescences coBsécutives.
Jusqu'à présent nous n'en avons rencontré que trois cas, dont l'un se rapporte à une malade de la ville, que nous avons vue en consultation, en 1875, avec notre éminent maître et ami, le docteur Noël Guéneau de Mussy.
Cette affection débute généralement par des taches hémor-
Î3fl MALADIES GÉNÉRALES ET CONSTITUTIONNELLES.
rliagiques plus ou moins nombreuses dans la région de la macula ; puis, vient une dégénérescence sclérosique, luisante, accompagnée de dépôts de choleslérine.
Les lâches exsudalives sont 1res blanches, disposées en cercle, et suivent les branches principales vasculaires qui conlournent la macula. La ligure 2 de la planche III repréaenlc celle altération.
Les exsudât ions goutteuses sont indélébiles, elles s'organisenl définitivcmenl et occasionnent des scotomes fixes et en fornae d'anneaux au pourtour du point de mire. Dans les trois cas, le centre de la macula a été affecté et la vision centrale abolie.