‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 96 sur 177 · FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE

II . Embolies «t ÉkrambosM ^«0 TsiMeaM de l'orMie. — CeS accidents sont relalivement rares, mais ils n'en exisienrt pas moins,

après la fièvre typhoïde, comme on peut en juger par les travaux de Bourgeois (d'Étampes), de Trousseau et de tfayem (d). L'obldtérationdestvaisseaux par l'embolie peut amener, d'après ces auteurs, une gangrène sèche d'un membre, d'une moitié de la face ou de l'orbite, ou bien une hémiplégie.

Il est très probable que tous les phlegmons de l'orbite qu'on voit survenir dans le cours et au déclin de la fièvre typhoïde sont aussi dus à la thrombose ou à une embolie. Carrai du Villards (2) en a rapporté des cas de ce genre.

III. Embolie des TAlefteAnx rétlaleiis. — C'cst pendant la période de convalescence de la fièvre typhoïde, que les malades

s'aperçoivent quelquefois d'un trouble de la vue. Lorsqu'il n'y a qu'un seul œil de pris, il est atteint quelquefois d'une cécité absolue, et à l'examen ophthalmoscopique nous avons pu constater une atrophie de la papille par embolie de l'artère centrale, qui avait dû se produire vers le déclin de la >fièvre typhoïde. Ces cas ne sont cependant pas fréquents, et, pour notre part, nous n'en avons rencontré qu'un dans le service du docteur Vigla à THôtel-Dieu. N'y a-t-il pas là une certaine analogie avec les mêmes altérations que nous avons rencontrées chez une malade atteinte d'un érysipèle de la face? Nous n'oserions l'affirmer avant d'en avoir acquis la certitude par l'examen d'autres malades semblables.

IV. nèriBéTvite opti4«e. — Lcs altérations de la papille du nerf optique ne se rencontrent que d'une manière tout à fait exceptionnelle dans la fièvre typhoïde. Généralement on ne trouve de lésions ni dans la rétine, ni dans la papille.

Meus dans certaines formes de fièvres typhoïdes adynamiques ou ataxiques, malignes, il y a, comme on sait, la prédmainance des symptômes cérébraux, ce iiui dépend des inflammations des méninges et de la substance cérébrale, ainsi que Trousseau l'a démontré. C'est dans ces cas, que les deux nerfs optiques peuvent être pris, ce qui amènerait une périnévrite

(1) Hajem, Progrès médical, 1875.

(2) GaiTon du Villards, Guide pratique pour Vétude et le traitement des maladim des yeuXf 1. 1, p. 468. Paris, 1847.

238 M.VLAKIES DËNÉRAI.ES ET i:ONSTlTL'TIONNELLES.

optique semblable sous tous les rapports à la névrite de la méningite tuberculeuse. Celle infiltration se dissipe peu à peu dans la période de convalescence, mais aux dépens de la substance propre du nerf qui subit une dégénérescence atrophique. L'atrophie de la papille qui survient en dernier lieu est slationnaire pendant le reste de la vie ; elle n'amène pas la cécilé complète, comme nous avons pu nous en convaincre par trois malades, dont l'une nous avait été adressée par Duclienne (de Boulogne}. La malade conserva la vue quinze ans après sa fièvre typhoïde sans aucune altération ultérieure de la vue.

g 9, — AflTectlona de 1> rétine e( du nerf optique dana la flèire palaalr».

Les fièvres intermittentes régulières sont ordinairement sans gravité et n'amènent qu'exceptionnellement des accidents oculaires. Il n'en esl pas de même des fièvres intermittentes pernicieuses, qui occasionnent souvent, et surtout pendant la période algide, de graves lésions vers la rétine et le nerf optique. Les accidents qui surviennent dans l'une ou l'autre de ces formes sont proportionnés à la gravité de la dialhèse palustre. Dans la forme régulière, nous avons distingué une sorte de réfinite apoplectique et exsudative avec infiltralion séreuse péripapillaire, qui céda facilement à un traitement anti-périodique. Voici, du reste, le fait que nous avons observé avec le docteur Noël Guéneau de Mussy.

Obs. — Un élève de l'École normale est pris de violents maux de tête et d'une fièvre intense; quelques jours plus tard, il lui survient un trouble de la vue, et , à l'examen ophthalmoscopique, nous constatons une névro-rétinite double avec hémorrhagies multiples. Après un vomitif, la maladie prend tous les caractères d'une fièvre tierce, et c'est alors que le sulfate de quinine, administré à la dose de 50 centigrammes pendant plusieurs jours, amène la guérison de la fièvre ainsi que de la névro-rétinite.

Les troubles visuels, consécutifs à la fièvre pernicieuse, ne se rencontrent que très rarement en France el même en Europe ; mais ils sont très fréquents en Algérie, à la Nouvelle- Orléans et dans certaines contrées de l'Amérique du Sud. Lorsque, après le premier ou le deuxième accès de fièvre per-

Page 1