‹ Traité iconographique des maladies chirurgicalesChapitre 8 sur 57 · SUR L’ÉTUDE DES LUXATIONS ET DI · texte numérisé non relu

SUR L’ÉTUDE DES LUXATIONS ET DI

chapitre intéressant, dont l’élude reviendra dans toutes les régions chirurgicales. A la colonne vertébrale il y a presque toujours lésion complexe, les fractures simples et les luxations simples étant là très-rares. Les fractures du col de l’humérus avec

dant que les contusions étendues des membres déterminent quelquefois dans l’économie des perturbations encore mal définies, mais souvent très-graves, qui facilitent ou provoquent le dévelo d’états généraux adynamiques, de phlegmons diffus, d’emphysèmes traumatiques : accidents formidabl et trop souvent au-dessus des ressources de 1 art.

A la contusion se rattache l’histoire des épanch ments sanguins (fig. 8), le sang collectionné en foyer

attaché une irès-granJe importance à cette grave complication des fractures et des luxations, c’est qu’ils l’avaient jugée au-dessus des ressources de , l'art. Tous, en effet, s’accordent à donner le conseil d’amputer les membres qui la présentent. Dupujtren a rendu , à la pratique le plus grand service, en démontrant qu’une ligature faite audessus du point oit l’artère a été blessée, pouvait, dans un grand nombre de cas, .suffire pour arrêter l’hémorrhagie, et qu’on devait, dans un grand nombre de cas, la substituer à l’amputation qui avait jusqu’à ce jour été considérée comme la seule ressource de ces sortes de blessures.

2“ Des lésions périostiques et ligamenteuses.

Le périoste formant véritablement partie de l’os, on doit s’attendre à le trouver déchiré dans le plus grand nombre de fractures ; on le trouve, en effet, dans les autopsies toujours plus ou moins tiraillé, plus ou moins déchiré, plus ou moins contus. Le rôle du périoste et les obstacles qu’il apporte à l’écartement des fragments mérite d’arrêter un instant l’attention. La résistance du périoste est considérable, et il y a quelques points où il acquiert l'épaisseur et les conditions anatomiques d’une véritable membrane ligamenteuse. Ainsi, dans tous les os longs au voisinage des extrémités articulaires, dans tous les points où des cloisons aponévrotiques, des ligaments, des insertions musculaires viennent s’unir à lui, il est assez épais pour que sa déchirure complète dans les fractures constitue une très-rare exception. On se fait difficilement une idée de cette force, et il n’y a que l’expérimentation qui puisse donner là-dessus des renseignements précis. 11 nous est arrivé bien souvent de briser la jambe par cause directe, et même de produire des fractures comminutives sans que le périoste ait subi d’autres solutions de continuité que des fentes parallèles à Taxe de l’os; il forme, dans ces cas, un manchon fibreux assez fort pour que l’expérimentateur ait besoin de beaucoup de force pour le briser. Ceci fait comprendre combien sont communes les fractures sans déchirures périostiques, ce qui tient à l’extensibilité assez considérable de cette lame fibreuse.

Dans tous les cas où te traumatisme a produit une séparation un peu étendue des fragments, on trouve le périoste ouvert d’un côté et décolle dans une plus ou moins grande étendue de l’autre.

Le périoste se décolle avec d’autant plus de facilité qu’il est plus épais. Ainsi, dans les fractures de l’extrémité inférieure de la jambe avec luxation du pied, il nous est arrivé plusieurs fois de le trouver décollé dans une étendue de 7 à 8 centimètres, laissant ainsi la surface de l’os saignante et privée de son manchon fibreux.

Nous avons confondu ici dans les mêmes considérations le périoste et les tissus fibreux auxquels il donne insertion, gouttières tendineuses, etc. 11 est possible, dans quelques cas de voir le périoste seul résister avec énergie : ainsi, au col de l’humérus, et dans tout cas, l’espace qui se trouve au-dessus du deltoïde. Là où l’os est entouré de tissu cellulaire, et où, par conséquent, le périoste est isolé, 11 unit les fragments osseux de manière à rendre impossibles des déplacements qui se seraient bien certainement produits sans cette union supplémentaire. Dans les luxations, les ruptures ligamenteuses sont la con-

déchirures très-analogues aux plaies que nous venons de décrire. Il existe deux ou trois observationsdanslesquelles l’artère axillaire a été rompue, et l’on a même vu dans un cas l’humérus brisé rester dans les mains des aides qui faisaient l’extension.

Autres complications primitives. — Toutes les complications générales du traumatisme, le tétanos, les douleurs, le délire nerveux, les accidents nerveux de toutes sortes, les contractures et les spasmes peuvent se manifester après une luxation et une fracture. Il peut y avoir encore complication par la présence de corps étrangers, fragments enclavés, mais ils ne donnent point lieu à des indications spéciales ; si un fragment pique un nerf, l’indication est toute simple mais nous ne devons pas y insister sous peine de trop nous écarter du plan tracé.

4“ Complications secondaires.

Nous devons encore présenter quelques considérations sur les complications secondaires. Ces complications sont générales ou locales, elles sont phlegmasiques et infectieuses ; la nature des luxations et des fractures aurait permis de le prévoir ; nous ne ferons donc que mentionner ici les phlegmons suppurés, les enphysèmes traumatiques, les phlegmasies parenchymateuses, séreuses, synoviales, pulmonaires, etc., soit sous la dépendance du traumatisme, soit sous la dépendance de l’état général infectieux, comme cela arriva bien souvent.

Nous nous arrêterons quelque temps sur une complication secondaire formidable, dont il y a quelques années encore on ne parlait point, et dont tout le monde reconnaît maintenant l’importance ; nous voulons parler des embolies de l’artère pulmonaire .

11 y a trois ans, remplissant les fonctions d’interne dans le service de mon vénéré maître M, le professeur Velpeau, j’eus l’occasion de faire l’autopsie d’une femme qui était morte de syncope trois semaines après une fracture comminutive des deux os de la jambe : il y avait dans le mollet des épanchements sanguins abondants, et les veines tibiales postérieures me parurent pleines de coagulum et obstruées ; ayant l’attention éveillée sur l’importance des caillots migrateurs(l), je continuai mes recherches, et ouvrant avec soin l’artère pulmonaire, je trouvai, à moitié engagé dans son canal, un paillot replié (flg. 9) (2).

La forme et la position particulière de ses flexuosités indiquaient clairement qu’il n’avait pas été formé sur place. Il occupait la cavité de l’artère pulmonaire’ (D) et

(t ) Par les études antérieures faites avec un de mes premiers maîtres, le dooteurMallierbes, de Nantes.

(2) La malade étaitdans les rangs conlés ùmon collègue, le docteur L. Bodin, qui avait bien voulu me permettre de pratiquer l’autopsie. Cette observation offrait un très-grand intérêt dans un moment où les effets de la migration des caillots n’étaient point encore suffisamment démontrés. M. le professeur Velpeau en comprit toute l’importance, il présenta la pièce à l’Académie des sciences et accompagna sa

La ztme àe tuméfaction périostique d’al fur et à mesure que la poussée d’inflammation aiguë diminue, et là encore il y a des irrégularités qui dépendent de la vie, et que nous ne pouvons prévoir. Cette diminution de volume permet de délimiter nettement quelle sera l’étendue de la partie qui va s’ossifier.

2° Be l’ossiflcation des exsudais plastiques.

L’ossification ne se fait pas attendre, elle est très-difficile à voir sur la pièce fraîche ; mais que l’on fasse macérer pendant quelques jours l’os récemment brisé, et l’on verra que des aiguilles osseuses nombreuses et une sorte de poussière calcaire se sont déposées dans les différents points de l’étendue de la zone de gonflement périostique.

C’est à ce moment, c’est-à-dire quand les aignilles osseuses commencent à envahir une partie du produit plastique, résultat primitif de l’inflammation, que les phénomènes commencent à se manifester dans l’os d’une façon non douteuse.

L’os se vascularisé, on le voit devenir poreux, il se creuse de canalicules nombreux

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datant de quinze jours. Le jour même de son entrée il fut pris de fièvre typhoïde et.raourut; je constatai dans ce, cas toutes les altérations anatomiques qu’entraînent la luxation et il fut facile de voir que, dans tous les points où le périoste avait été arraché, où par conséquent l’os avait été mis à nu, il s’était fait des exsudats assez abondants pour former une nouvelle cavité de réception exactement moulée sur la trochlée humérale. L’ossification n’était pas complète; mais elle était déjà trèsavancée, et si le malade avait vécu, nous aurions eu là un exemple parfait de néocotyle cubital. (La pièce préparée par moi est conservée dans le musée de l’école de Nantes.)

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