‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 108 sur 118 · GÉOGRAPHIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE

Dans le courant de Tannée 14S4, Diego Cam, amiral portugais parti à la conquête des Indes, découvrait Tembouchure du Congo et plaçait ses territoires sous Tautorité de son roi don Juan II.

« Durant les trois siècles qui suivirent leurs premières découvertes, « dit Reclus, les Portugais n'apprirent à connaître avec quelque détail « que la région voisine des côtes. » Cependant de nombreuses expéditions furent envoyées dans l'intérieur du continent, pour y trouver de Tor et en assujettir les habitants au roi de Portugal.

Grâce à ces voyages et aux informations des indigènes, on apprit que le fleuve Zaïre (Congo) naît dans les profondeurs de l'Afrique et que dans la région des sources, se trouvent de grands lacs; toutefois aucune carte n'aurait pu à cette époque donner le tracé détaillé du cours fluvial reconnu par les explorateurs, et les dessins reproduits sur les globes, essayent de concilier les renseignements précis dus aux voyageurs portugais, avec les légendes africaines et les traditions classiques de Ptolémée. Jusque dans les cartes du dix-huitième siècle se maintiennent ces fausses conceptions géographiques, bien que Mercator, dès 1541, eût régulièrement limité les bassins fluviaux par des faîtes de partage.

L'ère des explorations scientifiques dans le bassin du Haut-Congo commence à la fin du siècle dernier, avec l'expédition de José de Lacerda e Almeida. En 1798, ce voyageur partit du Mozambique et pénétra jusque dans la région des grands lacs ; mais lors de son retour, il fut massacré et, sauf la connaissance sommaire de son voyage, tout fut perdu, notes, dessins, observations astronomiques. En i8o6, une

expédition plus heureuse se fit à travers le continent, des bords de l'Atlantique à ceux de la Mer des Indes ; des pombeiros ou « chefs de caravanes » accomplirent cet exploit, mais on ne connaît pas même leur itinéraire précis : on sait seulement qu'au delà du Kwango, Tun des principaux affluents occidentaux au grande fleuve, ils parcoururent le bassin du Congo sur le versant méridional et rejoignirent le chemin de Lacerda dans la région des lacs, pour descendre sur le Zambèse. »

En 1816, le capitame James Tuckey, envoyé par TAngleterre pour résoudre le problème du Congo, remonta avec d'incroyables difficultés le fleuve jusque près d'Isangila. Arrivée là, l'expédition, qui avait déjà perdu la majeure partie de son personnel, se vit privée de so:i chef et incapable de pousser plus loin, rentra en Europe en y apportant les premiers renseignements exacts sur le Bas-Congo.

Ce désastre semble refroidir les voyageurs et jusqu'en 1843, aucune exploration ne s'exécute. C'est alors que le portugais Graça découvre le vaste empire du Muata-Yamvo sur le plateau de Lunda et que neuf ans plus tard (1854) Livingstone dans sa première grande traversée de l'Afrique, reconnait le lac Dilolo.

Mais sur l'autre côté du continent noir, une autre expédition s'organisait pour en percer les ténèbres. Burton et Speke partant à la conquête des sources du Nil, découvraient le lac Tanganika et les premiers en faisaient une reconnaissance en canot, sans savoir que le lac appartenait au bassin du Congo.

Livingstone restait dans la même ignorance lorsque, de 1866 à 1872, il découvrait, en partant du Zambèse, le lac Moero, le Luapula, le Banguelo, et que remontant ensuite vers le nord, il naviguait sur le Tanganika et arrivait au Lualaba, à Nyangwé.

Toutefois la solution du problème était proche. Au cours de son célèbre voyage à travers l'Afrique (1873) Cameron lève toute la partie méridionale du Tanganika, découvre la Lukuga et arrivant à Nyangwé, entrevoit la vérité. Il traverse TUrua et le Katanga et arrive à la côte occidentale.

Enfin Stanley, déjà célèbre depuis qu'il avait retrouvé, en 1872, au bord du lac Tanganika, Livingstone que l'on croyait perdu, arrivait du lac Victoria, au début de l'année 1876, suivi d'ane forte caravane de Zanzibarites. Après avoir visité le Tanganika, il arrivait à Nj^angwé et s'adjoignant des forces arabes, s'embarquait le 5 novembre pour commencer l'épique descente du grand fleuve. Le 4 janvier 1877, il était aux Stanley-Falls où les Arabes le quittaient. Après avoir, au milieu de difficultés énormes, contourné les chûtes, il s'engageait à nouveau sur le fleuve. Sept mois après il arrivait à la côte, ayant franchi les chûtes Livingstone, livré 32 combats et vaincu par une force de volonté incroyable, tous les obstacles que la nature avait accumulés sur son chemin. L'Afrique comptait un grand fleuve de plus.

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