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IV. Les Bachilanges

Les Bakubas habitent le pays limité par le Sankuru, la Lulua et le Kassaï. Quelques tribus indépendantes vivent aussi au sud de la Lulua, Les premières sont gouvernées par un chef, Lukenge, souverain absolu élu par les vassaux de Fétat et pratiquant le despohsme le plus entier. Ils ont, comme les autres tribus, des esclaves, mais à rencontre de leurs voisins, aucun Bakuba, même métissé, ne fait partie de cette classe. Tous sont des étrangers, Zappo-Zap ou Bassongo-minos. ,

Ils ne sont pas cannibales et sont même fort délicats pour leur nourriture qui consiste en poisson, gibier et manioc. Très élégants, ils ont la chevelure soignée, rasée sur le devant et les côtés et formant au sommet de la tête un chignon, qu'ils recouvrent d*un petit bonnet. Les hommes ne se tatouent pas, mais portent, s'ils sont riches, des bracelets de cuivre. Les femmes ont un dessin compliqué aux tempes et sur le corps. Ce sont de beaux nègres, de taille moyenne, polis et doux, à l'attitude digne et dont l'intelligence est bien au dessus de celle de leurs congénères. Leurs femmes sont moins avenantes.

Ils sont, sauf les grands chefs, monogames.

Leurs villages sont généralement très-beaux, aux rues bien droites, proprement balayées, aux cases entourées de parterres de fleurs. Leur capitale surtout, Lukenge, est digne d'attention. Bâtie sur le versant d'une colline d*où

Foc XK^^<^<nieviie grandiose, ellecompte plus de lo.ooo habitants et a Taspect c*t:3 Taste damier de trots kilomètres de côté, coapé d'avenaes de loo mètres de iargenr. Chaque groupe de maisons est on village fortifié ayant on chef ci<drîct relevant de L,iikenge, dont la résidence est an centre de la ville. CeDe^ est entoorée d'une route sur laquelle se tiennent, de distance en distance, des marchés, (i)

Les Bakubasscmt industrieux: ils travaillent le fer, fiant de la vannerie ; des pots et des étoffes dans la Eaibricaticm desquelles ils mettent beaucoup de godt. Mais ce sont surtout des commerçants, ex<:dlénts pagayeurs, cités m ême comme les meilleurs du Congo.

Médiocres guerriers, quoique fort &nfarons, leurs armes scmt l'arc et la

Les Bachilanges occupent le pays situé entre le Kassaî et la basse et

^ynme Lulua. Ce sont, semble-t-il, des Balubas (voir p. 73) prcrfondément altérés auc<xitact des indigènes de la région. Ils forment deux états principaux reconnaissant la suzeraineté de Mukengè et quelques tribus indépendantes.

Les sujets de Mukengé sont relativement civilisés et semblent appelés à un grand avenir. Malheureusement, ils sont possédés de la déplorable passion du chanvre. Cette habitude^introduîte depuis peu d'années, est devenue pour eux une véritable religion. Hs s'assemblent sur la place publique pour fumer la funeste plante, qui les détruit physiquement et moralement et conduit la race à sa ruine.

Les Bachilanges sont maigres, petits, intelligents. Ils vont presque nus» ornés seulement de quelques lail:Ies tatouages et de vives peintures. Ils se rasait la tète ou se coident les cheveux en petites tresses. Généralement assez fournis de marchandises européennes, ils méprisent les pauvres tribus de leur race qui ne pratiquent pas leur rdigîon.

Ce S(>nt de pacifiques agriculteurs.

L«t BMang* qui s'étendent à Test des FUrhilanges, constituent une des plus impartantes races de la région. Ils se groupent en trois tribus principales :

L^ Pdmià-MJit>^^\\ du nom de leur cbei :

Lg Kj^iAues^ a\^nt poui^ chef Lupucgu :

/.,•:? F*^i*i$. sous les ordres de Zappo Zap ;

Les autres ùmiUes $ont beaucc^up moins importantes.

A rinstigation des Ar^l^e^ les deux preinières tribus détruisirent presqu'entioft'UK'nt les lWnik:s^ vivant les restes^ secs la coaduite de Zappo-Zap, n echappèi^nt à une exteiïuiajitiv^n cerrjdiîe qu'en se rèrugiant aux environs vîe U stativ>a de LuUubv-^ury, cni les a$:ests ce l'Etat les protégèrent.

Les lUs^n^T svnu ^lussi sîvuv>es en tnbcs indépendantes, dont la plus puissante est cr^^îe de rjini4-Mjitu:uK\ Ce cbe:. ancien esclave du père vie l.xijHiusu» est d\u\e intelligence rvrajirqujiKe et ^ocv^iie son état avec u:".e gtAUvle hAlnlou^x Tit^s Ami des bUncs^ il leur a souvent roidu des serviv^s signales.

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Ces peuples ne portent aucun tatouage, mais ce liment les dents 'en) pointe. Ils sont très polygames. Grands, bien musclés, ce sont de très beaux nègres, au milieu desquels se distinguent encore les Benikis dont la moyenne de la taille atteint i m. 75. (0 La densité de la population est tellement forte dans la région, qu'elle égale celle des districts les plus peuplés de l'Europe. Ce sont des agglomérations très étendues, ayant parfois 10 à i5 kilomètres de longueur. Celle de Pania-Matumbo n'a pas moins de 12.000 habitants. Elle rappelle en tous points celle de Lukenge et est de plus entourée d'immenses plantations de manioc, de canne à sucre, d'arachides, etc. (i). Les villes de Lupungu et de Kolomoni sont presque aussi importantes.

Aussi intelligents qu'industrieux, les Basange offrent une grande aptitude, aux travaux manuels, les Benikis entr'autres sont des forgerons de talent. Tous sont d'excellents agriculteurs et présentent cette particularité que: les hommes et les femmes travaillent aux champs. Chez Pania-Matumbo, fonctionne une remarquable organisation du travail agricole, basée sur le travail à la tâche que des surveillants sent chargés de diriger. Les champs sont aussi soignés qu'en Flandre. Ces tribus sont aussi très guerrières ; celle de Pania par exemple peut mettre sur pied plusieurs milliers de soldats.

Les Bâtetelas, dispersés dans le pays au nord du bas Sankuru et des Basange peuvent se diviser en trois groupes principaux:

Les Basongo-minos, du nord du bas Sankuru au Lomami ;

Les Bakusu sur le Lomami;

Les Batetelas proprement dits, du bas Lubefu au Lualaba.

Les Basongo-minos et surtout les Batetelas sont encore très puissants..- Les Bakusu ont presque totalement été détruits par les Arabes.

Ils ne portent aucun tatouage, mais s'extraient les deux incisives, sauf les Basongo-minos qui se les liment en pointe. Grands et solides, ces derniers ont souvent un type d'européen. Ils sont peu amateurs d'étoffes mais se parent volontiers de perles. Leurs femmes sont parmi les plus' belles du Congo.

Les Batetelas n'habitent pas de grands villages, mais de petites agglomérations familiales^ entourées de plantations de café (4). Les Basongominos du bas Sankuru forment cependant des villages de plusieurs milliers* d*habitants, fort bien construits et entretenus.

Cette race donne des guerriers d'une bravoure extraordinaire. On a pu en avoir là mesure, dans les expéditions militaires qui ensanglantèrent la. région pendant ces dernières années.

A l'ouest du groupe de peuples que nous venons d'étudier, entre le, Kassaï et le bas Loange, habitent les Bena-Luidis, hommes grands et

(1) De Crooy, Mouvemitti géographique.

(2) Gillain, C^rcU Africain de BruxilUs.

forts, habiles sculpteurs, et marchands de sel. Ils abandonnent l'exploitation du caoutchouc aux Kiokos qui arrivent du Sud.

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