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NATURE DU SOL ET CLIMAT

Composition de la terre arable. — La terre arable est formée de deux éléments :

!• Vhumus formé des débris végétaux et animaux, qui tombés sur le soly s'y sont décomposés ;

2** les matières minérales^ produites par la désagrégation des roches sous-jascentes. Trois corps dominent dans la composition de ces matières minérales : a) Vargile qui contient l'alumine ; b) le sable qui contient la silice ; c) le calcaire.

Le mélange intime et bien proportionné de ces trois éléments forme une terre de bonne qualité, convenant à toutes les cultures. La prédominance de Tun d'eux sur les autres donne selon le cas des terres argileuses, sablonneuses ou calcareuses, chacune d'elles se prêtant à certaines cultures spéciales. Enfin l'excès d'un de ces éléments peut rendre la terre impropre à toute culture.

Nature du sol. — Si Ton jette un regard sur la carte géologique du Congo (voir carte II), on voit que toute la ceinture de la cuve congolienne, de même que quelques massifs intérieurs, est formée par un ensemble de massifs paléozoïques ou granitiques. La désagrégation dé ces terrains, par l'influence atmosphérique, ne donne que du sable et de' l'argile. Là où l'humus est insuffisant comme à lextrême frontière sud du bassin du Congo par exemple, ils sont improductifs, faute de calcaire. Dans cette cuve, avons nous vu, sont venus se déposer des sédiments, bancs de grés rouge (brun), de grés blanc (bleu) et de calcaires, terrains poreux, tantôt stériles lorsque Targile est absente, comme au plateau de la Manika, tantôt couverts de vastes plaines herbues comme sur les monts Kundelungu.

C'est dans ces sédiments surtout, ainsi qu'en quelques endroits, de la ceinture paléozoïque, que se creusèrent les vallées supérieures du Congo et de ses affluents, qui, arrachant aux terres granitiques leur sable et leur argile, aux calcaires leur chaux, formèrent dans la grande mer intérieure et dans les lacs secondaires des dépôts d'alluvions (jaune) d'une exceptionnelle fertilité.

C'est ainsi que se créèrent les grandes plaines de la Lufira, constituées par un sol argilo-calcareux, la longue et large vallée du Haut Lualaba couvertes d'un épais humus noir extrêmement fertile ; les vallées des affluents du Tanganika, les plaines de la Rutshuru et de la Semliki sur le haut-Nil ; les vallées de Tlnkissi et du Kwilu dans les monts de Cristal.

Quant aux alluvions de la grande mer, elles se composent d'un immense dépôt argilo-sableux fortement imprégné de minerai de fer et reposant sur un lit de gravier et de cailloux roulés, dépôt ne s'étendant pas seulement sur la partie teintée en jaune sur notre carte, mais encore sur toute la région congolaise des monts de cristal, sur le plateau de Bangu et au nord du fleuve par exemple. Selon les couches que le dépôt laisse affleurer, la nature du sol superficiel est sablonneuse ou argileuse.

On retrouve des alluvions récentes dans la région côtière, le long des rives de l'estuaire du fleuve et dans la vallée du Shiloango,

En résumé, toute l'immense région centrale est argilo-sableuse. Couverte d'épaisses couches d'humus, surtout près des rivières, elle se

travaille et s'irrigue facilement. Les riches pays de TUbangi-UelIé sont aussi argilo-sableux, de même, semble-t-il, que ceux qui se relèvent du Lualaba vers la grande crevasse. Les fertiles terrains du Tanganika sont argilo-calcareux. Les abords du moyen Loraami sont argileux, devenant sablonneux plus au sud. La région relativement pauvre du Kwango est franchement sablonneuse. Enfin, le Katanga est généralement fertile, sauf sur les hauts plateaux des Mitumba ou de l'extrême sud où la nature du sol et la rareté des pluies arrêtent la végétation.

Climat. — Le Congo, situé entièrement dans la zone torride, présente des températures réparties assez uniformément sur la plus grande partie de son territoire. La seule cause qui paisse amener dès lors un si grand contraste dans la répartition de sa flore, et créer à côté d une immense et puissante forêt une vaste savane parsemée à peine de quelques arbres, ne peut donc résider que dans le régime des pluies.

Celui-ci, nous l'avons vu, est en effet absolument distinct dans la zone tropicale et dans la zone équatoriale (de 5^ lat. nord à 5° latit. sud). Alors que dans la première, Tabsence de Tanneau nuageux laisse pendant de longs mois le pays sans une goutte d'eau, la seconde au contraire est arrosée par des averses réparties sur toute Tannée.

Cette longue saison sèche qui se fait sentir dans la savane y rend la croissance de toute espèce ligneuse presqu'impossible et rend difficile, par le fait même, la culture de certains groupes de plantes (le café et le cacao par exemple). Par contre certains autres végétaux exigent une période de repos, hiver ou saison sèche et s'accomodent dès lors fort bien du climat de la savane.

Dans la zone équatoriale, les pluies ininterrompues ne laissent aux espèces aucun répit et, tombant sur un sol fertile déjà abondamment irrigué, provoquent une exubérance extraordinaire de la végétation que la beauté de la forêt rend suffisamment appréciable. Le climat de la forêt est celui des grandes cultures de rapport, du café, du cacao, de la canne à sucre, etc.

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