II. — CULTURE DES PLANTES
Le Congo est une colonie de plantations.
Cette définition dit assez Timportance que la culture des plantes y a prise et y prendra de plus en plus.
Mais une colonie de ce genre doit avant tout do :mer des produits destinés à l'exportation ; les cultures industrielles ou de rapport doivent donc y figurer en première ligne. Comme d'autre part les exploitations agricoles
nécessitent un personnel nombreux, européen et de couleur, la nécessité de cultures alimentaires s'impose, afin de diminuer le prix de la main d'oeuvre. Cette dernière, outre les conditions indispensables de fertilité et de climat, est de la plus haute importance pour cultiver dans des conditions rémunératrices. Existe-t-elle au Congo? Sans aucun doute.
L'ethnographie nous a appris combien les populations denses (voir carte VIII) du haut fleuve sont vaillantes et actives. Quoiqu'encore peu habituées au travail régulier, elles sont déjà pour les colons, des auxiliaires précieux et cette situation ne fera que s'améliorer dans l'avenir. Pauvres en produits européens, pour lesquels elles ont un goût prononcé, elles sont prêtes aux plus durs labeurs pour s'en procurer et offrent ainsi leurs services dans des conditions excessives de bon marché.
Une journée de travailleur revient à lo ou 20 cent, par jour dans le Manyéma, 10 centimes aux environs deLuebo(i); 25 centimes à l'Equateur et 20 centimes dans le Mayombe.
Dans ces conditions, jouissant d'un climat absolument approprié aux cultures tropicales de rapport, d'un sol d'une fertilité extrême, d'une main-d'oeuvre abondante et des moin^ onéreuses qui puissent se rencontrer au monde, de communications faciles enfin, le succès des plantations se présente sous un jour excessivement favorable.
r Cultures industrielles.