‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 74 sur 118 · A. LE CAFE · texte numérisé non relu

A. LE CAFE

Le plus productif des produits cultivés du Congo est le café. Par sa culture relativement facile, sa préparation simple, sa facilité d'écoulement à des prix rémunérateurs, il offre au colon plus d'avantages que n'importe quelle autre plante.

Espèces. — Les espèces qui semblent le mieux convenir au Congo sont le caféier de Libéria et celui du Sankuru,

Le caféier de Libéria est l'espèce des plaines de faible altitude situées dans la zone équatoriale ; il croît avec vigueur dans la terre jaune, latéritique si répandue au Congo, ainsi que dans les sols sablonneux dans lesquels l'humus abondant va jusqu'au moins à 5o centimètres de profondeur. C'est un arbre atteignant parfois 10 mètres de hauteur, aux feuilles, aux fleurs et aux fruits relativement grands. Il existe à l'état natif sur le Lualaba.

Le caféier du Sankuru croît à l'état naturel dans les régions sablonneuses du Sankuru et du Lomami. Il convient donc pour les planta-

(i) P' Laurent.

tîons à y établir, quand la couche d'humus est trop faible pour y faire croître l'espèce précédente. C'est un arbrisseau vigoureux, à larges feuilles, donnant des grains petits mais de qualité supérieure au café de Libéria. Il ressemble au Moka.

Le caféier de ru baugi, très répandu dans les parties humides des régions de rUbangi-Uellé et du Bomu, atteint deux mètres de hauteur. Les graines, petites et rondes, rappellent le Libéria.

Le caféier d'Arabie acclimaté dans le bas Congo, ne semble guère y convenir. C'est l'espèce des régions situées à une assez grande distance de l'Equateur ou à des altitudes assez élevées. Planté dans la région équatorîale, il végète vigoureusement pendant un an ou deux, fleurit et fructifie en abondance mais bientôt épuisé il dépérit.

Le caféier de Kwango est une petite espèce importée de l'Angola.

Régions favorables. — D'une façon générale, la grande forêt se prête le mieux à la culture du café. Non seulement c'est elle qui présente le plus souvent un sol convenable, mais encore elle offre par un défrichement partiel, un abri aux plaats pendant les premières années.

D'autre part, les pluies qui y tombent presque sans interruption, donnent aux cultures une humidité indispensable.

Les plantations faites dans les terrains dénudés de la savane, au contraire, voient la végétation aisément souffrir du climat ; elle devient malade, se desséche et reste peu productive en qualité comme en quantité.

La région qui paraît convenir le mieux est l'immense territoire du Congo central qui s'étend du confluent de l'Ubangi à Riba-Riba. Les autres régions forestières, quoique pouvant convenir aussi, ne seront probablement d'ici longtemps que des centres secondaires de culture.

Centres de Culture — La culture du café a été tentée dans presque toutes les stations de l'Etat, avec des succès divers qui ont permis de déterminer les contrées où les plantations peuvent se faire sur une grande échelle. A la suite du gouvernement sont venus les particuliers, établissements commerciaux et missions qui s'en occupent accessoirement. Enfin dans certains districts on en a propagé la culture chez les chefs indigènes, auxquels on a remis des graines et des jeunes plants.

Actuellement plus de 200.000 plants de caféier, couvrant près de 200 hectares et qui produiront sous peu 3oo tonnes de café par an sont en culture. Il faut y joindre 3oo.ooo caféiers de plus d'un an et i million en pépinière.

De ce million et demi de plants, la plus grande partie se trouve dans les districts de l'Equateur, de Bangala et des Falls.

Le district de VEijudtenr qui occupe la partie centrale de la forêt équatoriale est encore peu connu. Les rives du Congo, entre la Lulongo et Lukoléla, y sont tantôt sablonneuses avec énormément d'humus, tantôt Hmoneuses, pauvres en humus, mais très fertiles. En aval de Lukoléla on trouve la terre jaune latéritique si favorable au café.

i^tt'c du café, comprenant au total près

|A|^/ms belles cultures de tout l'Etat, loo ,4 wf rs en place ou en pépinières ;

t planté lo.ooo plants;

dix-neuf autres postes moins impor-

la culture.

'ilMt"^"'"' présentent les mêmes variétés

lécessaire de faire un choix judicieux.

plantations {38 ooo plants) réparties

ilIftSe agricole de Makolo à 2 kilomètres

' iKinneux, elles ne donnent pas le maxi-

%^ft^ans doute plus une grande extension ;

•et dix-neuf autres postes secondaires

Sdent, cultivent 3o,ooo caféiers.

'ables à la culture du café.

ijÂïl n'existe que deux postes agricoles

' ^tions sont très étendues (26,000 plants

Sis semblent peu susceptibles d'exten-

sîon et Isangi^ 17,000 plants. Avec les autres postes, le district possède 5o,ooo plants.

Le district des Stanley-Falls se divise en pays des herbes ou Manyéma, peu propre à la culture du café et pays des forêts qui s'y prête admirablement.

Dans celui-ci les rives du Lualaba sont formées d'alluvions très fertiles rejoignant des terres-basses et boisées à Touest, tandis qu'à Test le sol s'accidente et devient argileux (terre jaune et rouge). Toute cette région sera incontestablement la plus riche et la plus productive de café tant par le climat et le sol que par la main d'œuvre, dont l'organisation se ressent heureusement de l'influence arabe.

Sfanley-Falls est le siège de grandes cultures dont certaines en plein rapport.

Il en est de même de Wabundu.

Dans ce district aussi, les chefs indigènes ont été initiés à la culture du café et en ont déjà planté plusieurs dizaines d'hectares. Total 3o.ooo pieds.

A côté des plantations de l'Etat, se trouvent celles qu'avaient installées les Arabes, Après la conquête, TEtat les a reprises à son compte, les faisant diriger généralement par les chefs arabisés qui sont restés dans la région. (Voir Géographie politique).

Le district du Lualaba-Kassaï est presqu'entièrement formé de savanes. La seule région septentrionale où croît la forêt est sablonneuse. Elle ne semble donc pas appelée à devenir un centre de productions du café, si ce n'est peut être plus tard par la culture de Texcellent café sauvage du SankurUy qui se trouve dans cette partie de la forêt.

Lusambo a une plantation de caféiers de Libéria et d'un grand nombre de pieds de café du Sankuru. Total du district : 27.000.

Le district de rVbangi, dont la partie méridionale est dans la forêt, semble favorable au café qui y pousse à l'état sauvage en vastes champs, mais la difficulté relative des communications fera sans doute délaisser provisoirement ce district de même que celui de l'Uellé.

L'espèce cultivée à Banzyville, Jakoma, Lengo, Basingo, etc., est l'espèce indigène. Elle a le goût du Libéria. Total du district 80.000.

Des districts des cataractes, du Stanlcy-Pool et du Kwango, occupés surtout par la savane sablonneuse, offrant un climat à longue saison sèche, ne peuvent convenir à la grande culture du café. Celui-ci ne vient bien que dans les étroits mais fertiles terrains voisins des rivières. Le système de culture par les indigènes, que nous avons vu employé partiellement par les autres districts, remplacera sans doute complètement ici les travaux des planteurs, qui trouveront à employer ailleurs et plus

fructueusement leur activité. Kinshassa 40.000 pieds, Matadi 3o.ooo Léopoldville 10.000 ; Galiéma 10 000 ; Lukolela 10.000 ; Luvituku 5oo, etc.

' Dans le bas-Coyigo, la seule partie qui lui soit favorable est le Mayombe Cette région forestière, où la saison des pluies est courte, où les brouillards sont nombreux, présente une hunidité suffisante pour que la venue des plants se fasse dans de bonnes conditions. Le poste de Lengi en compte actuellement 20.000, celui de Temvo i.ioo, etc. Total 37.000.

Rapport d'une plantation de café (1).

Un plant de café produit en moyenne :

Baies fraîches

Grains secs

3« année

ou faible

donnant

0,240 kilogrammes

5« id.

id.

o,53o id.

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