Louis Lucas
12° Création de la vie (période d'évolution sur la Terre) (beaucoup d'hommes en restent là).
3° Création de l aine commençant sur terre pour se développer après la mort.
Nous connaissons maintenant assez la naissance, d’autre part nous avons développé précédemment l’évolution pendant la vie, occupons-nous un peu de la Mort.
Mais auparavant je liens à citer un très beau passage d’Eliphas Levi où l’analogie entre la naissance et la mort est établie d’une façon fort suggestive.
Jeté parles lois de la nature dans le sein d’une femme, l’esprit incarné s’y éveille lentement et se crée avec effort des organes indispensables plus tard, mais qui, à mesure qu’ils croissent, augmentent son malaise dans sa situation présente.
Le temps le plus heureux de la vie de l’embryon est celui où, sous la simple forme d’une chrysalide, il étend autour de lui la membrane qui lui sert d’asile et qui nage avec lui dans un fluide nourricier et conservateur. Alors il est libre et impassible, il vit de la vie universelle et reçoit l’empreinte des souvenirs de la nature qui détermineront plus tard la configuration de son corps et la forme des traits de son visage. Cet âge heureux pourrait s’appeler l’enfance de l’embryonnat.
Vient ensuite l’adolescence. La forme humaine devient distincte et le sexe se détermine ; un mouvement s’opère dans l’œuf maternel semblable aux vagues rêveries de l’âge qui succède à l’enfance. Le placenta, qui est le corps extérieur et réel du fœtus, sent germer en lui quelque chose d’inconnu qui déjà tend à s’échapper en le
brisant. L’enfant alors entre plus distinctement dans la vie des rêves, son cerveau renversé comme un miroir de celui de sa mère, en reproduit avec tant de force les imaginations, qu’il en communique la forme à ses propres membres. Sa mère est pour lui alors ce que Dieu est pour nous ; c’est une providence inconnue, invisible, à laquelle il aspire au point de s’identifier à tout ce qu’elle admire.
Il tient à elle, il vit par elle et il ne la voit pas, il ne saurait même la comprendre et, s’il pouvait philosopher, il nierait peut-être l’existence personnelle et l’intelligence de cette mère qui n’est encore pour lui qu’une prison fatale et un appareil conservateur.
Peu à peu, cependant, cette servitude le gêne, il s’agite, il se tourmente, il souffre, il sent que sa vie va finir.
Arrive une heure d’angoisse et de convulsion, ses liens se détachent, il sent qu’il va tomber dans le gouffre de l’inconnu.
C’en est fait, il tombe, une sensation douloureuse l’étreint, un froid étrange le saisit, il pousse un dernier soupir qui se change en un premier cri ; il est mort à la vie embryonnaire, il est né à la vie humaine.
Un dernier point nous reste à traiter avant d’aborder l’étude de la Mort : ce sont les conditions qui déterminent l’entrée d’une âme dans un corps plutôt que dans un autre, d’où naissent les inégalités sociales et la chance ou la malecliance de l’être futur.
D’une façon générale la vie présente dépend de la conduite de l’être dans sa vie antérieure, si l’on en croit les enseignements de l’occultisme sur la réincarnation. Mais, d’après la science ésotérique, une âme ne peut se réin-
curner qu'au hout de 1500 uns -environ1 sauf dans quelques exceptions très nettes2.
Quoi qu’il en soit, la théorie de l’horoscope est basée suice fait que les courants de lumière astrale influent d’une façon considérable sur l’incarnation de l’âme, et qu’on peut savoir les grandes lignes de la vie future de l’enfant si l’on connaît la position des divers astres à l’instant de la naissance.
Au point de vue scientifique nous ne pouvons suggérer qu’une seule explication : c’est que le corps astral fabrique le corps physique d’après les qualités intrinsèques de l’ovule et du spermatozoïde, c’est-à-dire des corps astraux du père et de la mère. Ce corps astral exerce d’autre part une attraction d’autant plus grande sur l’âme qu’il est plus fort lui-même. Voilà pourquoi à un corps rachitique généré par des ivrognes correspond un corps astral de faible puissance et par suite une attraction également très faible sur le principe supérieur : l’âme. Ce lils d'ivrognes ne donne à l’âme que des moyens d’action très inférieurs, de là un travail double à accomplir par cet être humain s’il veut se racheter et reconquérir son intelligence obscurcie par ses fautes antérieures ou la condamnation à l’abrutis-
1. Celte considération est importante, car on rencontre dans certains milieux spirites de pauvres hères qui prétendent froidement être une réincarnation de Molière, de Racine ou de Richelieu, sans compter les poètes anciens, Orphée ou Homère. Nous n'avons pas pour l'instant à discuter si ces affirmations ont une base solide ou sont du domaine de l'aliénation mentale au début; mais rappelons-nous que Pylhagore, faisant le récit de ses incarnations antérieures, ne se vanta pas d'avoir été grand homme, et constatons que c'est une singulière façon de défendre le progrès incessant des âmes dans l'infini (théorie du spiritisme) que celle qui consiste à montrer Richelieu ayant perdu toute trace de génie et Victor Hugo faisant des vers de quatorze pieds après sa mort, l.es spirites sérieux et instruits, et il y en a plus qu’on ne croit, devraient veiller à ce que de pareils faits ne se produisent pas.
2. Mort dans l’enfance. Mort violente (crime ou suicide). Adeplat.
sement fatal pendant sa vie s’il n’a pas le courage de lutter assez pour vaincre la fatalité.
On peut du reste parfaitement accorder celte théorie avec la théorie de l’horoscope, si l’on admet que les âmes sont envoyées à l’incarnation par séries correspondant à leur genre futur de vie, et que l’envoi des séries d’âmes devant être heureuses coïncide avec la position dominante des planètes dites bénéfiques, et la série malheureuse avec la situation contraire de ces planètes. Nous reviendrons du reste dans un des chapitres suivants sur l’incarnation et ses conséquences.