‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 113 sur 454 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

UE CIEL ET L’ENFER d’ APRÈS LA SCIENCE

La naissance nous a montré que les principes de l’homme entrent en action dans l'ordre suivant : 1° le corps; 2° la vie ; 3° l’âme.

Pouvons-nous faire pour L’étude de la mort ce que nous avons fait pour celle de la naissance, c’est-à-dire nous efforcer d’établir quelques bases scientifiques capables d’étaver les divers enseignements théologiques?

D’après les idées qui représentent l’homme comme composé de deux principes opposés : l’âme et le corps, rien de plus simple que la mort.

L’élément immortel, l’âme, subit un jugement de la part du Dieu anthropomorphe, puis s’en va souffrir éternel-

lement dans les flammes de l’Enfer, ou bien jouir pour l’éternité des bonheurs mystiques réservés aux bienheureux dans le Paradis, ou bien encore laver ses fautes (l’oubli d’une confession in extremis on d’un don généreux à l’église voisine) dans le Purgatoire. Le corps mis en terre retourne à la poussière d’où il était venu.

Ces enseignements, donnés comme l’expression de la plus haule vérité qui ait été révélée à l’homme sur ses destinées, n’ont pas satisfait certains chercheurs, sceptiques de nature et s’en rapportant plus à eux-mêmes qu’à la tradition.

Les télescopes braqués sur l’Infini n’ont pas décelé la moindre trace du lieu spécial réservé au châtiment ou à la récompense des âmes ; les microscopes fouillant les créations les plus subtiles de la nature, n’ont pas non plus révélé d’enfer ou de purgatoire, et les savants positivistes se sont fait une théorie à eux sur les destinées de l’homme.

AP rès la mort le corps se dissout et, comme ce corps estla seule cause des phénomènes attribués à une soi-disant âme, il n’y a plus à s’occuper autrement de cette entité métaphysique. Les cellules de ce corps entrent, d’après les lois de l’affinité chimique, dans diverses combinaisons organiques ou inorganiques, et... tout est dit.

En vain la philosophie spiritualiste de l’Université estelle venue corriger les non-sens de la Théologie, le credo quia absurdum de Tertullien, par l’idée que le Paradis, le Purgatoire et l’Enfer sont des états, idée empruntée du reste aux religions orientales; en vain la Science a-t-elle voulu se concilier les faveurs des Religions en admettant les existences successives dans les planètes de notre Univers et des autres, tout cela est demeuré lettre morte pour la généralité du public.

En ces dernières années un vulgarisateur de grand

— liül

mérite, M. Camille Flammarion, reprenant les idées du Bouddhisme et d’Allan Kardec, a composé de fort beaux livres qui ont beaucoup aidé à la compréhension de deux points de Science occulte fort importants : 1° la composition trinitaire de l’homme ; 2° les existences successives de l’âme dans divers mondes. Ces idées ainsi que celles de Jean Reynaud ont été résumées avec d'heureux commentaires par un autre vulgarisateur doublé d’un travailleur infatigable : M. Louis Figuier1.

Ces études diverses montrent avec évidence qu’après avoir cherché à établir une nouvelle doctrine, de par la Métaphysique pure ou de par la Science expérimentale la plus rigoureuse, on en arrive toujours, bon gré mal gré, aux conclusions de l’antique Science des mystères égyptiens : la Science occulte; les conclusions peuvent recevoir un jour tout nouveau de nos sciences contemporaines, c’est incontestable, mais être modifiées essentiellement : jamais.

Nous allons donc chercher ce que deviennent les divers éléments qui composent l’homme en partant d’abord de la doctrine synthétique des trois principes ; ensuite nous entrerons dans une analyse plus rigoureuse en développant cette élude par l’analyse des sept principes et de leur destinée après la mort.

Les trois principes de l’homme se désagrègent dans un ordre inverse de celui qui a présidé à leur réunion.

Quand le phénomène de la Mort va se produire, voici les phases que l’on constate généralement.

La conscience, la volonté, l’intelligence s’éteignent soit progressivement, soit tout à coup. La disparition de toute communication possible avec l’être qui s’en va de la part

1. Louis Figuier, le Lendemain de la mort. Paris, Hachette, 1871, i a- 1 8.

des assistants est souvent considérée comme la mort véritable, et vous entendez dire souvent : « 11 a gardé toute son intelligence jusqu’au dernier moment. » Ce « dernier moment » est celui où les relations cessent entre l'ame et le corps .astral.

Les extrémités (mains et pieds) se refroidissent peu à peu ; la vie se concentre dans la poitrine, autour des ganglions thoraciques, dans son sanctuaire véritable.

C’est au moment où l’influx vital cesse de se porter au cerveau que l’âme, privée de moyens de communication, semble à jamais disparue pour ceux qui ne se rendent pas compte du phénomène produit.

Dès que la rupture entre la vie et l’âme est opérée, un changement d’état se produit pour l’être humain et non pas un changement véritable de lieu.

Pour bien comprendre les phases diverses de la mort, nous allons considérer encore la constitution ternaire de l'homme et les fonctions réciproques des trois principes.

Le plus inférieur de ces principes : le corps, a son centre dans le ventre. De là il vient se relier au principe supérieur : la vie dans la poitrine1.

Le principe médiateur : la vie, a son centre dans la poitrine. Il se relie dans la tête au principe supérieur: l’àme 2.‘.

Enfin le principe supérieur : T âme, a son centre hors de l’être humain (sauf dans le cas des adeptes). La portion la plus inférieure de ce principe plonge seule dans l’homme et vient se mettre en relation avec le principe médiateur dans la tête.

1. Physiologiquement ce fait se produil quand les matériaux de nutrition transformés en chyle viennent former des globules sanguins, véritables supports de la Vie. (Voy. Physiologie synthétique, par Gehabd Encausse.)

2. Cette liaison s’opère par l’action du globule sanguin agissant sur la cellule nerveuse.

La figure suivante nous montre bien ces divers rapports.

Les sept principes de l'homme.

Analyse de l'Ame (A), de la Vie (V) el du Corps (C).

On peut considérer le principe médiateur : la oie, comme terminé par deux crochets : un supérieur pour l'aine, un inférieur pour le corps.

Au moment de la mort le crochet supérieur se détache : l ame brise ses relations avec le corps de ce fait, puis la vie en fait bientôt autant.

Alors l'aine s’élève vers la région supérieure (vers les étals plus psychiques), le corps retourne à la Terre, au monde matériel, et la vie se répand dans la Nature.

La figure suivante indique très grossièrement ces changements.

L’essence de l’âme conçue exotériquement étant de monter, celle de la vie de se répandre horizontalement et celle du corps de descendre, nous allons choisir une nouvelle image analogique qui va nous éclairer sur les transformations de nos divers principes.

Un hallon figurera l’âme : car la qualité essentielle de ce hallon est de monter.

Un crochet double figurera la vie, enfin un poids de plomb figurera le corps.

A l’état ordinaire tous ces principes sont unis ensemble ; la pesanteur du poids matériel (corps) corrige la légèreté du ballon (âme). L'existence du double crochet (vie) maintient les deux opposés dans un équilibre harmonique.

Voilà ce que montre bien la figure suivante.

de l’être humain.

Si d’après cette ligure ou veut expliquer la mort, rien de plus simple : chaque principe part de son côté. C’est là l’idée qui vient d'abord; mais elle est fausse d’après l'occultisme.

Cette idée est fausse parce que le principe intermédiaire, le corps astral, se partage en deux; sa partie supérieure reste reliée à l’âme et s’élève avec elle ; sa partie inféri eure reste attachée au corps et se dissout avec lui : bien plus,

«lie aide le corps dans sa dissolution comme elle l’a aidé dans sa construction.

Si nous nous souvenons que les sept principes sont des divisions de ces trois primordiaux, il noussera on 11e peut plus facile de les classer d’après notre figure analogique.

Le poids de plomb, c’est le corps 1 Rupa.

La lige reliant ce poids au principe supérieur, c’est la vitalité 2 diva.

Le crochet reliant cette vitalité au principe plus élevé, c’est le corps astral 3 Linga sharira.

La portion médiane do crochet double intermédiaire, c’est l'âme animale 4 Kama rupa.

Le crochet reliant cette âme animale à la division supérieure, c’est i intelligence 5 Manas.

Enfin le filet du ballon, c’est la substance enveloppant immédiatement le principe divin; c’est la spiritualité, l'âme angélique. 6 Buddhi.

Le ballon c’est le principe 7 Atma.

Au moment de la mort le principe intermédiaire : la vie, se partage en deux. Cette division se fait au niveau du quatrième principe : ï instinct , l'âme animale, et la facilité avec laquelle celte division s’opère dépendant de l’attraction ou de l’indifférence de l’homme pour les choses d’ici-bas, explique les souffrances symbolisées par les religions exotériques sous le nom de Purgatoire.

L’extrait suivant du chapitre déjà cité ci-dessus montre bien que la déduction nous a naturellement conduit à l’explication d’un des enseignements delà Théosophie :

« Par rapport à l’état spirituel de l’homme, immédiatement après la mort, le Bouddhisme ésotérique enseigne que les trois principes inférieurs qui appartiennent au corps extérieur, sont abandonnés et retournent à la Terre d’où ils procèdent et à qui ils appartiennent. Ce qui constitue l’homme réel, c’est-à-dire les quatre principes supé-

rieurs, passe dans le monde spirituel qui entoure immédiatement le nôtre et qui en est de fait le plan astral, c'est le Purgatoire de l’Eglise catholique romaine, appelé en sanscrit Kama loca. Ici une séparation a lieu : d’un côté, les deux principes les plus élevés entraînent le cinquième (l’Ame humaine), la véritable personnalité, dans une direction; tandis que le quatrième (l'Ame animale) l’attire vers la Terre. Les parties les plus pures, les plus élevées, les plus spirituelles du cinquième principe, restent attachées au sixième et sont élevées par lui ; ses instincts, ses impulsions, ses souvenirs inférieurs adhèrent au quatrième principe et restent dans le Kama loca, le « Purgatoire » ou la sphère astrale qui entoure immédiatement la Terre ».

La figure suivante montre ces diverses séparations.

— :ms

Rappelons qu’au moment de la naissance le cordon ombilical qui reliait Tentant à sa mère par son ventre a été coupé.

Un nouveau lien est né — invisible — qui rattachait l’homme à la Terre par la Respiration [Poitrine). A la mort l’asphyxie se produit, c’est-à-dire que ce lien se coupe à son tour. Qu’arrive-t-il? l’analogie nous montre qu'un cordon ombilical psychique vient de naître, ayant cette fois son centre dans la tête', lieu de développement des facultés

Page 1