LA SCIENCE DES ÉGYPTIENS ET LA GENÈSE DE MOÏSE
§ 1 . LA TRADITION
MOÏSE ET LA SCIENCE d’ÉGYPTE LE SYSTÈME DE CHAMPOLLION ET L’OCCULTISME.
Au début de notre ouvrage, nous avons constaté l’existence d’une science complète dans l'antiquité. La seconde partie nous a permis de résumer la doctrine générale de l’ésotérisme en éclairant ces enseignements par nos sciences expérimentales elles-mêmes. Nous devons maintenant pénétrer davantage dans l’étude de cette science occulte en déterminant l’origine possible de la Tradition.
Ce mot de tradition a le don de faire immédiatement hausserles épaules à tous les hommes de science. Qu’avonsnous besoin, disent-ils, de l’histoire d’Adam et d’Eve et du serpent pour comprendre les lois de la Nature? — C’est en réunissant toutes les données traditionnelles dans le grenier où sont enfouis tous les vieux préjugés que nous sommes parvenus à édifier un monument scientifique auprès duquel restent muets tous les mythes moïsiaques.
Les hommes de science ont raison. On ne connaît géné-
râlement en Europe que la tradition qui nous est transmise par la Religion catholique dont l’Église est la représentante chez nous. — Or l’ignorance cléricale est telle, ses procédés d’oppression de l’esprit scientifique sont si néfastes que le jour où la Pensée occidentale a pris son essor, son premier devoir était de rejeter cet amas de superstitions transformées par les conciles en articles de foi, et c’est ce qu’elle a fait.
Mais, comme toujours, on a dépassé la mesure. — On a voulu assimiler aux légendes de la bible que nous connaissons, toutes les religions anciennes et modernes ; on a voulu voir dans les prêtres anciens de l’Égypte l’analogue de nos prêtres catholiques modernes, oubliant que ceux-là étaient les instituteurs de Pythagore et de Platon, que c’étaient de véritables savants et |non des inquisiteurs, et l’on a frappé l’antiquité tout entière de l’anathème de naïveté qui pesait sur le cléricalisme actuel.
Ne voulant pas croire à l’existence d’une science renfermée dans les mystères égyptiens, nos savants n’ont même pas songé à en étudier les méthodes ni les applications. Aussi la connaissance de l’antiquité est-elle fort imparfaite, et les efforts des occultistes actuels ne tendent qu’à un seul but : rendre à nos pères la justice qui leur est due.
Dans une étude magistrale sur le symbolisme antique d'Orient, un occultiste doublé d’un grand savant, M. de Brière, résume ainsi les causes principales qui rendent l’antiquité incompréhensible pour les savants ; nous aurons du reste à revenir longuement sur ce travail *.
1. Tout dernièrement, M. Marcus de Vèze a fait, dans la Revue l’Initiation (2e, 3e, 4e année), une étude très complète sur l’Égypte et ses mystères, sous ce titre : l'Égyptologie sacrée.
C’est parce que les savants ont tous, en général, une idée fausse de la méthode hiéroglyphique, qu’ils n’ont pu parvenir à mettre 'd’accord les auteurs anciens qui en ont parlé. Cette idée fausse tient à plusieurs causes.
1° La plupart des savants ne sont point assez avancés dans l’étude des religions anciennes, pour leur reconnaître une commune origine1 2, et ils ne comprennent nullement la raison des dogmes et des cultes de l’antiquité. Les uns n’ont pu parvenir qu’à une métaphysique obscure et inintelligible, qui ne se rapporte à rien, et qui n’explique rien ; les autres ne voient partout que le soleil et la lune ; avec cette seule donnée, ils expliquent tout. Mais en toutes choses, on voit toujours les uns et les autres prendre le sens mystique et vague, de préférence au sens littéral et rationnel.
2° Ils ne connaissent nullement les Sciences sacerdotales , qui formaient le patrimoine exclusif et la puissance des prêtres ; et le peu que quelques-uns d’entre eux en savent, est trop peu étendu, pour en faire une application utile à l’explication des religions anciennes \
1. Les religions anciennes ne différaient guère que par le culte; mais la croyance était la même partout, parce quelle reposait sur des doctrines scientifiques, communes à tous les prêtres d’Orient.
Le culte différait, parce qu’il s’adressait à des êtres plus ou moins directement en rapport avec les choses qu’on voulait produire. Les Egyptiens rendaient un culte aux dieux et aux esprits inférieurs, tels que les anges, les démons, etc. Les Chaldéens ne rendirent de culte qu’à l’ordre seul des dieux. De là provint facilement le culte d’un seul Dieu, du chef, du Dieu des dieux, du Dieu Seigneur, ainsi que le dit la Bible.
2. Cette ignorance, née du peu d’importance qu’ils attachent à la connaissance des sciences sacerdotales, produit un effet déplorable. Tandis que les savants explorateurs en Orient recherchent des recueils de poésies, qui sont sans intérêt; des traités d’histoire, qui n’apprennent rien de nouveau; des inscriptions monumentales, que personne ne sait lire; et des bas-reliefs, que personne ne comprend, ils négligent les recher-
3° Us ignorent presque tous que les prêtres de l’Orient avaient entre eux un idiome commun, de haute antiquité, et que c’était la langue de la science et de la religion ; que cet idiome passait pour une langue théurgique, magique et efficace ; qu'elle était la cause première des effets surnaturels, et l’instrument de la puissance des prêtres sur les divinités. L’influence des paroles magiques ayant cessé depuis longtemps d’être reconnue parmi nous, je n’ai jamais trouvé un savant à qui je pusse faire entendre ce point important de l’histoire du Paganisme. J’aurais été beaucoup mieux compris, il y a deux ou trois cents ans, qu’aujourd’hui ; parce que, dans ce temps-là, une grande partie des idées antiques circulaient encore dans le monde.
4° Ils ne savent pas que cette langue était reproduite . parles hiéroglyphes, et que les hiéroglyphes étaient aussi théurgiques et magiques, à cause de la langue qu’ils représentaient.
5° Ils ignorent que les prêtres avaient deux méthodes pour exprimer les principes de leurs sciences, principalement de la théologie. La première méthode, imitative des paroles , complète et détaillée, au moyen de laquelle les propositions étaient exprimées in extenso: c’est ce que nous appelons les hiéroglyphes des textes. L’autre, sommaire et mnémonique, imitative des pensées ; où les préceptes des sciences n’étaient indiqués que par des images composées : cette dernière employait les grandes images, les idoles, et était à l’usage des savants consommés. Ce sont les figures emblématiques des dieux.
clies sur les superstitions antiques, conservées clans les traités d’astrologie et de magie, et dans une foule de pratiques et d'opinions en vigueur encore dans l’Orient. C’est là cependant que se trouve une mine d’observations curieuses, et de comparaisons utiles pour l’étude des religions anciennes. Mais point : les savants méprisent toutes ces choses, à peu près comme le font les mahométans; mais ils n'ont pas comme ceux-ci Je motif du fanatisme.
6° Ils ne savent pas que la langue sacrée et l’écriture hiéroglyphique existaient chez tous les peuples où les sciences sacerdotales et la magie s’étaient introduites : chez les Phéniciens et les Chaldéens, par exemple h
Cette seule citation nous fait de suite entrevoir la sûreté et la profondeur de la science enfermée dans les Pyramides.
Or, qu’est-ce que la Bible ou plutôt qu’est-ce que la portion la plus importante de la Bible : la Genèse ?
l’œuvre de moïse
Moïse était un prêtre d’Osiris, c’était un de ces prodigieux savants élevés dans les temples et détenteurs de connaissances redoutables. Moïse avait franchi tous les degrés de la hiérarchie sacerdotale, c’est-à-dire qu’il avait appris tous les ordres de science, et c’est cet homme qui, après soixante ans d’études, n’aurait pas trouvé de meilleure façon de nous faire connaître son savoir que le récit d’un homme et d’une femme conversant avec un serpent au sujet d’une pomme dans un jardin potager!
La simple logique nous montre qu’il y a malentendu dans cette question, et comme nous ne possédons, pour juger cet homme, que quelques traductions de son œuvre, il nous reste à savoir si les traducteurs n’ont pas fait œuvre
1 . L’existence d’une langue et d’une écriture sacrées, communes aux prêtres des diverses nations, et véhicule des sciences sacerdotales, dérange beaucoup les savants du jour, qui ne rêvent que le copte, et voient dans les hiéroglyphes un copte ancien, qui n’a presque pas de rapport avec le moderne. C’est un copte de convention, retrouvé dans un système du même genre. La langue sacrée faisait des miracles-, ce pauvre copte n’en a pas fait jusqu'à ce jour. Le monument de Rosette est toujours là, avec sa grande page hiéroglyphique tout à fait incomprise. Mais voici quelque autre chose. Les Ethiopiens, pères des Egyptiens, avaient les hiéroglyphes et n’avaient pas le copte. Eh bien, on dira que jadis il en était autrement, et que les Ethiopiens ont donné le copte tout entier aux Egyptiens, sans en rien garder pour eux.
de trahison et ne nous ont pas induits en erreur sciemment ou inconsciemment.
C’est donc une histoire de la Bible que nous allons esquisser ; mais auparavant il est indispensable d’étudier de très près les procédés égyptiens, puisque ce sont ces procédés mêmes qu’emploiera le prêtre d’Osiris surnommé Moïse.
Ce surnom donné aux initiés a fait croire à quelques critiques modernes que Moïse, ni Homère, ni Orphée n’avaient jamais existé. Cette idée vient, comme toutes ses congénères, de l’ignorance des choses de l’antiquité. Tous les noms d’initiés sont des noms particuliers donnés après coup, comme nous le montre l’extrait suivant :
Je suis tenté de croire que Pythagore n’est pas plus le véritable nom du philosophe de Samos, que Zoroastre celui du philosophe de la Bactriane. Pythagore signifie qui parle python, c’est-à-dire qui parle du ventre, un engastrymithe, de bithen (ventre). On a confondu ce dernier avec pethen , serpent, parce que les magiciens, parleurs murmures modulés, charmaient les serpents. Pythagore signifie donc un ventriloque ; et c’était une attribution des prophètes; Pythagore était évidemment un prophète égyptien ; il en portait le costume.
On peut en dire à peu près autant de Porphyre et de Jamblique. On sait que le nom syriaque du premier de ces philosophes était Malk, et qu’il changea ce nom en celui de Porphyre, qui signifie pourpre. On a expliqué Malk par roi ; je pense qu’il y a erreur .Malk, l’opérateur, surnom donné à Mercure, s’appliquait à l’iiiérogrammate ; celui-ci portait un ruban rouge autour de la tête et des ailes au dos. Donc Malk et Porphyre signifient un hiérogrammate.
Quant à Jamblique , il vient de la même racine, Maïak; on l’écrit Iamlikh : ia pour l’article oriental ha : Hama-
lak , Porphyre et Jamblique sont donc des noms de fonctions.
(de Brière, Symbole d'Orient , p. 64.)