PHYSIQUE GÉNÉRALE. ASTRONOMIE
Ouvrez un traité classique de physique ou d’astronomie et vous y lirez, dans les quelques pages consacrées à l’histoire de cette science, que les anciens se figuraient que le Soleil tournait autour de la Terre et que le ciel était semblable à un dôme de cristal dans lequel seraient enchâssées les étoiles.
Depuis le « Progrès » a permis de déterminer la vérité sur ce sujet, et la découverte des lois de l’Univers sous l’influence des travaux de Copernic, de Képler, de Newton et des autres mathématiciens philosophes, est la caractéristique de notre « siècle de lumière ».
Ces affirmations dérivent d’une connaissance imparfaite de l’antiquité. La simple logique aurait dû montrer de suite que des cerveaux de la valeur de ceux de Pythagore, de Platon et d’Aristote, pour ne prendre que les plus connus, ne pouvaient s’arrêter longtemps à des hypothèses puériles comme celles qu’ôn leur attribue touchant les lois de la Nature.
Nous allons donc citer les textes les plus importants qui prouvent péremptoirement que les anciens ont parfaitement connu la marche de la Terre autour du Soleil, la Pluralité des Mondes, l’Attraction Universelle, la Cause des Marées et les lois de Newton, sans compter d’autres points relatifs à l'astronomie.
Mouvement de la Terre autour du Soleil
Plutarque rapportant les opinions des Pythagoriciens dit à la page 67 du tome premier de j^s œuvres 1 2 :
« Pythagore croyait que la Terre était mobile et ri occupait point le centre du monde, mais qu'elle avait un mouvement circulaire autour du Soleil [la région du feu) et formait ainsi les jours et les nuits. »
On peut voir aussi à ce sujet Clément d'Alexandrie, Strom., liv. V,p. 556, et Aristote, De Cœlo, liv. II, chap. xm et xiv 3 4.
Pkilolaiis, Timée de Locres, Aristarque et Seleucus enseignent également la même opinion. On trouvera les textes grecs et latins relatifs à tout cela aux pages 197 et 198 de la première édition de l’œuvre de Dutens.
Nous nous bornons à donner dans ce chapitre une citation à propos de chaque découverte, le manque d’espace nous obligeant à renvoyer aux auteurs originaux.
Pluralité des Mondes. — Voie lactée \ •
Démocrite dit que cette partie du ciel que nous nommons la voie lactée, contenait une quantité innombrable d’étoiles fixes dont le mélange confus de lumière occasionnait celte blancheur que nous désignons ainsi.
(Plutarque. — De Placit ., liv. m, chap. 1.)
Anaximène croyait que les étoiles étaient des masses immenses de feu autour desquelles certains corps terres
1. Voyez Dutens, op. cit., lre édit., p. 193 et suiv., du tome Ier.
2. Plutarchi opéra, grec et latin, Paris 1G24, 2 vol. in-fol. (Bibliothèque nationale, J. 716 et 717).
3. Aristotelis opéra, édit. Duval, Paris 1629, 2 vol. in-fol.