Fabre d’Olivet, la Langue hébraïque restituée
Quel plus beau sujet de recherches pour le penseur que celui de l’origine des langues humaines?
Il est curieux de voir deux hommes d’une pénétration et d’une érudition remarquables, Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, et Fabre d’Olivet1, arriver par des voies différentes à des conclusions presque identiques au sujet de cette importante question.
Tous deux se révoltent contre le système des sensualistes, repris dans ces derniers temps par les positivistes, affirmant que les langues sont le résultat arbitraire des caprices humains, et tous deux ont été conduits dans leur étude parla connaissance profonde de la langue hébraïque.
Qui faut-il croire? Ceux qui ne savent à peine qu’une ou deux langues modernes sans connaître leurs origines, ou ceux qui se sont élevés par l’étude de toutes les langues antiques jusqu’à la connaissance des trois langues mères, le Chinois, le Sanscrit et l’Hébreu2, ceux qui de l’origine des races humaines proclament l’existence d’une RAISON élevée?
« De quelque manière que l’on envisage l’origine du genre humain, le germe radical de la pensée n’a pu lui être transmis que par un signe, et ce signe suppose une idée mère3.
« Oui, si je ne suis point trompé par la faiblesse de mon talent, je ferai voir que les mots qui composent les langues, en général, et ceux de la langue hébraïque en particulier, loin d’être jetés au hasard et formés par l’explosion d’un caprice arbitraire, comme on l’a prétendu, sont, au contraire, produits par une raison profonde; je
1. Fabre d’Olivet, Lang., hêb. rest. Voy. aussi Claude de Saint-Martin, le Crocodile.