‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 239 sur 454 · FORME · texte numérisé non relu

FORME

Le Principe

L’Antagonisme

L’Idée

La Forme. L’Adaptation

Le Pentagramme

L'Équilibre des idées

La Réalisation. Alliance de

l’Idée et de la Forme

LJ

L’Équilibre des formes

Perfection des idées

Le Cycle éternel

D’autres signes sont employés par les initiés et par cela même indispensables à connaître ; ce sont les signes qui désignent les planètes. Ils sont d’autant plus importants que chacun d’eux peut s’expliquer par la géométrie qualitative dont nous venons de parler. Je n’aborderai point ici cette étude qui nous conduirait loin sans résultat immédiat pour m’occuper uniquement de leur génération.

L’actif et le passif sont représentés dans les planètes parle Soleil (O) et la Lune (J).

Leur action réciproque donne naissance aux quatre éléments figurés par la croix (f).

b Saturne, c’est la Lune dominée par les éléments.

% Jupiter, ce sont les éléments dominés par la Lune.

cf Mars, c’est la partie ignée du signe zodiacal du Bélier agissant sur le Soleil.

9 Vénus, c’est le Soleil dominant les éléments.

Enfin la synthèse de tous les signes précédents, c’est Mercure contenant en lui le Soleil, la Lune et les éléments.

3° — L’emploi de la géométrie qualitative permet encore une autre méthode : c’est l’emploi d’un seul et même signe qui peut être pris dans des sens différents suivant l’entendement du lecteur.

Ainsi le signe O ne représentera pour l’illettré qu’un point dans un rond.

Le savant comprendra que ce signe représente une circonférence et son centre ou, astronomiquement, le Soleil et par extension la vérité (il est rare que le savant dépasse ce degré).

L’initié y verra le Principe et son développement, l’Idée

dans sa cause, Dieu dans l'Éternité outre les sens précédents. Tout à l’heure nous verrons l’origine de ces interprétations.

A ce procédé se rattache l’usage des ligures magiques appelées pantacles qui résument, grâce à la disposition de quelques lignes, des lois naturelles très complexes. C’était là le moyen employé par l’initiation pour conserver les enseignements toujours présents à l’esprit des initiés. Nous reviendrons plus loin sur ce point très intéressant.

En somme, le caractère de cette méthode ésotérique, c’est l’enseignement unitaire, l’enseignement élevé correspondant aux sciences les plus hautes symbolisées dans la classification occulte par la lettre iod (>) du tétragramme sacré.

Moïse, en sélectant son peuple, le gouverna presque uniquement d’après cette méthode ; delà l’unitéisme des Juifs et le caractère mâle et sauvage de leur organisation.

La transmission de la tradition par l’initiation était certes excellente ; mais elle n’offrait pas toutes les garanties de durée désirables.

En effet qu’un cataclysme politique vienne saisir les dépositaires de la Science, que leurs livres soient brûlés, et tout est perdu.

Aussi à côté de la première voie de transmission, à côté de l’ésotérisme, une seconde fut créée : celle de l'exutérisme, à l’usage de la foule.

Les vérités du sanctuaire ne furent en rien changées ; une vérité ne se change pas sous peine de devenir une erreur ;

mais elles furent voilées sous des récits légendaires propres à frapper T imaginât ton du peuple, la seule faculté à laquelle on puisse s’adresser chez les profanes.

Au xixe siècle nous avons entièrement perdu le sens de cette curieuse méthode.

Quel meilleur moyen pour transmettre une vérité que d’intéresser l’imagination au lieu de la mémoire? Racontez une histoire au paysan, il la retiendra et, de veillée en veillée, les aventures de Yulcain et de Vénus gagneront la postérité. En sera-t-il de même des Lois de Kepler?

J’ai peine, je l’avoue, à me figurer une brave paysanne assise au coin du feu et énumérant les lois astronomiques. L’histoire symbolique contient cependant des vérités autrement importantes.

Le paysan n’y voit qu’un exercice agréable d’imagination ; le savant y découvre avec étonnement les lois de la marche du Soleil, et l’initié, décomposant les noms propres, y voit la clef du grand œuvre et par là comprend les trois sens que cette histoire renferme ' .

Voilà pourquoi nous verrons toutes les religions anciennes ou modernes accompagnées de légendes diverses qu’on commence seulement à étudier de nos jours au point de vue scientifique.

1. I, a tradition alchimiste veut que i’iuitialeur 11e parle que par paraboles ou au moyen de fables allégoriques, mais non pas de fables inventées à plaisir. Dans le grand œuvre, il n’y a qu’un fait majeur : c’est la transmutation qui se fait suivant des phases admises. Or, comment ne peut-on pas comprendre que la description de ces phases va être abordée avec des sujets différents par tel ou tel auteur? Remarquez que le nouveau venu se piquera toujours d’être plus fort en imagination que son devancier. Les Indous racontent l’incarnation de Vichnou; les Égyptiens le voyage d’Osiris; les Grecs la navigation de Jason; les Druides les mystères de Thot; les chrétiens, d’après Jean Dée, la passion de Jésus-Christ; les Arabes, les péripéties d’Aladin et de la lampe merveilleuse. >« (Louis Lucas, Roman alchimique, p. 171.

Cependant sentant bien que, par la suite, les savants à imagination active donneraient aux histoires symboliques et même à tous ces symboles des sens ultra-fantastiques, les initiés mirent dans chacune de ces histoires une clef infaillible, guide sûr du sens véritable de la fable: cette clef c’est le nom propre.

Analysez, grâce au dictionnaire des racines donné dans le premier volume de la Langue hébraïque de Fabre d’Olivet, chacun des noms propres composant une légende mythologique, et vous serez frappé d’étonnement en découvrant la profondeur de vue cachée sous l’apparence badine de la fable.

Nous jugeons inutile de donner de suite un exemple d’Histoire symbolique ; nous aurons tout à l’heure à en détailler un grand nombre auxquelles le lecteur petit se reporter facilement.

La méthode exoterique porte surtout sur l'imagination et par suite sur /« diversité , en opposition à la méthode ésotérique qui s’adresse à la volonté et qui cherche l’unité.

Aussi l’exotérisme correspond-il dans la classification occulte aux deux lettres semblables du tétragramme sacré m ST, images de la diversité, aux deux hé (HH).

Orphée, contemporain de Moïse et instruit dans le même temple égyptien que ce dernier, gouverna son peuple d’après cette méthode exotérique, tout en laissant un ésotérisme profond caché dans les sanctuaires. De là le polythéisme des Grecs et le caractère féminin et poétique de leur organisation.

La transmission de la tradition se présente donc à nous sous deux caractères bien différents :

1° L'Esotérisme réservé aux initiés et apanage de l'initiation, avec tout son cortège d’écritures secrètes ;

2° U Exotérisme réservé aux profanes et apanage de la foule, avec tout le charme de ses histoires symboliques.

N’existe-t-il aucun lien entre ces deux méthodes?

Il en existe un très net : c’est le culte. Le culte réunit les enseignements philosophiques de l’ésotérisme aux légendes imaginatives de l’exotérisme ; on y trouve toujours mélangées l’unité du Monothéisme à la diversité du Polythéisme; aussi M. Louis Ménard1 remarque-t-il très justement qu’un initié aux mystères sacrés pouvait voir, dans une danse des prêtres, les lois de la marche du soleil dans le zodiaque ou celles delà marche de l’idée dans le cerveau ; alors qu’un profane assistant à la même danse n’y voyait qu’une adoration à Jupiter ou à Apollon.

Là, d’après ce que nous avons dit précédemment, l'ésotérisme correspond au iod'1 de iod, hé, vau, hé, m JT;

L’exotérisme correspond aux deux hé (H il) ;

Le culte, union des deux méthodes, correspond au vau, union des deux sçgments du tétragramme.

Tout enseignement traditionnel complet nous apparaîtra donc formé des éléments suivants :

1° Une partie ésotérique

iod

(âme)

2° Une partie exotérique

hé

(corps)

3° Un culte

vaô

(vie)

formant un tout complet

hé

(corps total;

I , Louis Ménard, du Polythéisme hellénique.

or.

— fiOfi —

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