Ragon, loc.cit
«Le roman que l'on nous présente surHiram est complet, car le ciel nous fait voir aussi les neuf maîtres qui vont à la recherche de son corps ; et si on porte ses regards à l’occident de l’horizon, lorsque le soleil se couche dans le bélier, on verra, autour de cette constellation, Persée, Phaéton et Orion. En suivant ainsi les constellations qui décorent le ciel dans cette position, on remarquera, au nord, Géphée, Hercule et le Bootès, et à l’orient on verra paraître le Centaure, le Serpentaire et le Scorpion ; tous marchent avec lui, et le suivent pas à pas jusqu’à l’instant de sa nouvelle apparition à l’orient *. »
2° Sens moral. — Le sens moral et religieux de la Légende d’Hiram a été entrevu par tous les grands réformateurs de la francmaçonnerie. Ainsi dans un essai d’unification des divers rites, intitulé le Maître décoré en trois points , le récipiendaire consulté sur le secret de l’ordre, le divise en cinq parties distinctes.
« La première partie a rapport à l’exposition de la religion naturelle, universelle et immuable par le moyen de symboles et de maximes. »
La légende d’Hiram, dans l’effort de tous ces ouvriers de classes et de nationalités étrangères, contribuant par leurs travaux à élever le Temple du Dieu unique, enseigne à tous ses adeptes la tradition des gnostiques et de tous les anciens initiés: l’existence de la Religion unique dont tous les cultes sont des manifestations. C’est pour cela que le vrai franc-maçon doit être ennemi du sectarisme quelque forme qu’il prenne.
La deuxième partie du secret maçonnique, d’après l’auteur que je viens de citer, se rapporte au secret des opérations de la nature.
Ceci fait allusion au sens hermétique et alchimique de la légende d’Hiram dont je ne veux pas entreprendre ici le développement.
La troisième partie du secret c’est la perfection du cœur humain, dont le temple n’est qu’une allégorie.
On pourrait rattacher à ce point l’application, dans la légende d’Hiram, de la grande loi des compensations figurée par la résurrection d’Hiram, l’exil et la punition des coupables. Combien ne s’élève-t-on pas contre la maxime devenue populaire : Le vice est toujours puni et la vertu récompensée? Cependant la connaissance de la loi de Karma n’est-elle pas venue donner un immense appui à cette maxime, en montrant que, dans l’invisible comme dans le visible, une action sollicite une réaction égale, et en proclamant la similitude des lois physiques et des lois morales?