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L'INSTRUCTION DANS L’ANTIQUITÉ INITIATION AUX MYSTÈRES SACRÉS

l'instruction dans l’antiquité

Maintenant que nous connaissons l’existence d’une science dans l’antiquité il est temps de voir comment l’instruction était donnée.

Aujourd’hui l’instruction se divise en trois grandes parties : instruction primaire, instruction secondaire, instruction supérieure.

L’instruction primaire est donnée généralement par la commune dans les écoles, l’instruction secondaire est donnée dans les collèges et les lycées, l’instruction supérieure dans les facultés.

Or le caractère qui spécialise tous nos degrés d’enseignement c’est l’horreur de l’originalité. On détruit par tous les moyens possibles toutes les facultés actives et productrices de l’être humain : la volonté sous le prétexte d’in-

fuser l’idée de discipline, /’ imagination pour fuir ses écarts possibles et l’on remplace ces merveilleuses facultés par d’autres absolument improductives personnellement ou socialement : l’inertie intellectuelle , la peur d’avoir des idées à soi et la mémoire.

L’antiquité possédait également trois degrés principaux d’instruction, ainsi que nous le verrons tout à l'heure ; mais ce que nous tenons à bien faire remarquer de suite, c’est l'horreur des anciens pour la médiocrité collective décorée du nom « d'instruction générale ». Leurs procédés tendaient tous à originaliser les hommes, à séparer chacun d’eux de son voisin par des idées et des procédés tout personnels. Voilà pourquoi les Athéniens étaient tous artistes, à quelque classe sociale qu’ils appartinssent, les artistes étant des êtres personnels avant tout.

Aussi est-ce avec le plus grand étonnement que nous avons lu dans l’ouvrage classique d’un professeur de l’Université (que nous nous abstiendrons de nommer par respect pour elle) que l’instruction de Pythagore était équivalente à celle d’un bachelier actuel ! Ils sont rares, ce me semble, les bacheliers et même les docteurs ès lettres ou ès sciences capables d’organiser un peuple et de lui donner des lois justes tout en enrichissant l’humanité des plus belles découvertes scientifiques.

Si l’on veut retrouver intacte l’organisation de l’enseignement telle qu’elle existait dans l’antiquité, il suffit d’étudier avec soin les institutions de la Chine qui atout conservé religieusement mais (heureusement ou malheureusement ) n’a rien perfectionné. L’excellent ouvrage de M. Simon1 donne de précieuses indications à cet égard.

L'enfant recevait sa première instruction dans la

1. La Cité chinoise, par L. Simon, consul de France en Chine. Paris 1888, in-8®.

famille, puis apprenait une profession s’il ne voulait pas s’instruire davantage.

Dans chaque grand centre il y avait un temple. Les prêtres n’étaient pas comme aujourd’hui ignorants de toutes les sciences. Le titre de prêtre dans l’antiquité correspondait au moins au grade de docteur actuel, si bien que chaque temple renfermait les médecins, les ingénieurs, les législateurs nécessaires aux besoins des populations environnantes, en même temps que les évocateurs et les théurges nécessaires aux œuvres mystiques (inconnues des modernes). Les prêtres de tous les dieux sortant tous de la même école étaient unis sur toute la terre par les signes mystérieux des initiés. Celle grande communion universelle des savants qu’on retrouve aujourd’hui chezles lettrés de la Chine, explique pourquoi les « guerres religieuses » étaient inconnues de ces prétendus païens. C’est dans le temple métropolitain qu’allaient s’instruire les jeunes gens désireux de perfectionner leur instruction.

Enfin ceux qui aspiraient à faire partie des « classes dirigeantes » devaient faire le voyage d’Égypte où se trouvait le centre intellectuel de l’Occident, où était donnée l’instruction supérieure après de terribles épreuves. Cette instruction constiluait les Mystères.

L'instruction dans l' antiquité. — Divisions.

« L’éducation et l’instruction élémentaires étaient, après la callipédie, données par la famille.

« Celle-ci était religieusement constituée selon les rites

de l’ancien culte des Ancêtres et des Sexes au foyer, et bien d’autres sciences qu’il est inutile de nommer ici1.

« L’éducation et l’instruction prolessionnelles étaient données par ce que les anciens Italiens appelaient la gens et les Chinois la jin, en un mot par la tribu, dans le sens antique et très peu connu de cette expression.

« Des études plus complètes, analogues à notre instruc- . tion secondaire, étaient le partage de l’adulte, l’œuvre des temples, et se nommaient Petits Mystères.

« Ceux qui avaient acquis, au bout d’années quelquefois longues, les connaissances naturelles et humaines des Petits Mystères prenaient le titre de Fils de la Femme, de Héros, de Fils de l’Homme et possédaient certains pouvoirs sociaux, tels que la Thérapeutique dans toutes ses branches, la Médiation auprès des gouvernants, la Magistrature arbitrale, etc... etc...

« Les Grands Mystères complétaient ces enseignements par toute une autre hiérarchie de sciences et d’arts, dont la possession donnait à l’initié le titre de Fils des Dieux, de Fils de Dieu, selon que le temple n’était pas ou était métropolitain et, en outre, certains pouvoirs sociaux appelés sacerdotaux et royaux2. »

Les mystères. — Conditions d' admission.

C’est donc dans le Temple que se trouvait renfermée cette science dont nous avons d’abord cherché l’existence et que nous allons maintenant poursuivre de plus en plus près. Nous sommes parvenus à ces mystères dont tous parlent et que si peu connaissent.

Mais pour être admis à subir ces initiations fallait-il

1. Voir comme preuve la Cité antique de Fristel de Coulanges.

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