Saint-Yves d’Alveydre, Mission des Juifs, p
être d’une classe spéciale, une partie de la nation étaitelle forcée de croupir dans une ignorance exploitée par les initiés recrutés dans une caste fermée?
Pas le moins du monde : tout homme, de quelque rang qu'il fût, pouvait se présenter à l’initiation et, comme mon affirmation pourrait ne pas suffire à quelques-uns, je renvoie à l’ouvrage de Saint-Yves pour le développement général et je cite un auteur instruit entre tous dans ces questions, Fabre d’Olivet, pour élucider ce point particulier :
« Les religions antiques, et celle des Égyptiens surtout, étaient pleines de mystères. Une foule d’images et de symboles en composaient le tissu: admirable tissu! ouvrage sacré d’une suite non interrompue d’hommes divins, qui, lisant tour à tour, et dans le livre de la Nature et dans celui de la Divinité, en traduisaient en langage humain le langage ineffable. Ceux dont le regard stupide, se fixant sur ces images, sur ces symboles, sur ces allégories saintes, ne voyaient rien au delà, croupissaient, il est vrai, dans l’ignorance ; mais leur ignorance était volontaire. Dès le moment qu’ils en voulaient sortir, ils n’avaient qu’à parler. Tous les sanctuaires leur étaient ouverts; et s’ils avaient la constance et la vertu nécessaires, rien ne les empêchait de marcher de connaissance en connaissance, de révélation en révélation, jusqu’aux plus sublimes découvertes. Ils pouvaient, vivants et humains, et suivant la force de leur volonté, descendre chez les morts, s’élever jusqu’aux Dieux, et tout pénétrer dans la nature élémentaire. Car la religion embrassait toutes ces choses ; et rien de ce qui composait la religion ne restait inconnu au souverain pontife. Celui de la fameuse Thèbes égyptienne, par exemple, n’arrivait à ce point culminant de la doctrine sacrée, qu’après avoir parcouru tous les
grades inférieurs, avoir alternativement épuisé la dose de science dévolue à chaque grade, et s’être montré digne d’arriver au plus élevé.
« On ne prodiguait pas les mystères parce que les mystères étaient quelque chose; on ne profanait pas la connaissance de la Divinité, parce que cette connaissance existait; et pour conserver la vérité à plusieurs, on ne la donnait pas vainement, à tous \ »
l’instruction supérieure
Les y rancis mystères. — Les épreuves.
Afin de bien montrer la différence entre les procédés actuels et les procédés anciens en usage pour l’instruction supérieure, nous allons énumérer en détail l’initiation aux grands mystères.
Nous publions presque in extenso le chapitre de Delaage 2 consacré à cette question. Ce chapitre est une traduction fidèle des écrits de Jamblique 3. On trouvera encore des renseignements à ce sujet dans l'Ane d Or d’Apulée et actuellement dans les rites secrets de la Franc-Maçonnerie.
1. Fabre d’Olivet, La Langue hébraïque restituée, p. 7, 2e vol.