‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 422 sur 454 · Science expérimentale, p. 361 (Physiologie du cœur · texte numérisé non relu

Science expérimentale, p. 361 (Physiologie du cœur

priété de la contractilité, qui est toujours la même, ne nous apprend pas pourquoi il existe des appareils moteurs différents, construits les uns pour produire la voix, les autres pour effectuer la respiration, etc. ; et, dès lors, ne trouverait-on pas absurde de dire que les fibres musculaires de la langue et celles du larynx ont la propriété de parler ou de chanter, et celles du diaphragme la propriété de respirer? Il en est de même pour les fibres et cellules cérébrales; elles ont des propriétés générales d’innervalion et de conductibilité, mais on ne saurait leur attribuer pour cela la propriété de sentir, de penser, ou de vouloir.

« 11 faut donc bien se garder de confondre les propriétés de la matière avec les fonctions qu’elles accomplissent. » (Claude Bernard, la Science expérimentale , p. 429. Discours de réception à l’Académie française.)

J'ai voulu faire ces quelques citations pour montrer qu’on peut allier, sans être un halluciné, la matière à l’idée et la Science à l’Art; bien plus, que les Sciences générales qui sont du domaine de l’Occultisme doivent entrer pour beaucoup dans l’étude des Sciences spéciales dépendant du monde sensible.

La Science occulte a donc de ce fait une utilité pratique. Au reste, les applications qu’en a faites Louis Lucas suffiront, je pense, pour convaincre les plus incrédules.

Ce point admis, il nous reste à savoir quelles sont les difficultés que présente l’étude de la Science occulte et comment on peut parvenir à sa connaissance.

On remarquera que, dans les applications pratiques de la Science occulte, je n’ai parlé ni des pouvoirs extraordinaires qu’on pouvait acquérir par son usage, ni de la fabrication de l’or par la pierre philosophale, et cela parce

que je ne considère actuellement l’Occultisme que comme une de nos sciences contemporaines et que je tiens à me baser sur des données sinon admises, du moins très admissibles par la majorité des contemporains. C’est pour cette raison que je ne veux parler des difficultés de l’étude de cette Science que dans l’acquisition de la Théorie.

Voyez les barrières qui se dressent à l’entrée de toutes nos modernes sciences, essayez d’apprendre la physique ou l’astronomie si vous ignorez les mathématiques ; essayez d’apprendre la médecine sans franchir les terribles obstacles de la nomenclature anatomique, partout vous trouverez le chemin d’autant plus fermé que ceux qui sont arrivés tiennent moins à avoir de concurrents futurs. Quand vous aurez sainement jugé ces difficultés, considérez la Science occulte et cherchez franchement s’il faut beaucoup d’études pour apprendre les grandes lois du Ternaire et de l’Unité universelle.

La vraie science doit être accessible à tous, la lumière du jour suffit pour apprendre la Vérité Vt les livres ne sont trop souvent utiles qu’à faire des vaniteux.

L’érudition est une belle chose, je suis le premier à le reconnaître; mais elle ne suffit pas, l’étude sur la Nature bien dirigée conduit plus vite au but que l’étude sur les livres.

Mais comment diriger cette étude? C’est ici qu’il faut parler des sociétés d’initiation.

Anciennement l’instructeur se bornait à lancer le récipiendaire dans la voie qu’il préférait après l’avoir muni des connaissances suffisantes pour éclairer sa route. Les petits mystères remplissaient ce but.

Aujourd’hui les méthodes d’instruction diffèrent. L’homme qui cherche à se développer seul est considéré

comme un déclassé et mérite bientôt l’épithète, flatteuse pour qui sait l’apprécier, d’original.

L’éducation ancienne visait presque uniquement à « originaliser » les gens, l’éducation moderne tend, au contraire, à grouper les intelligences par grandes classes. Aussi malheur aux déclassés !

Ceci dit, quels sont les moyens qu’un curieux peut mettre en usage en la présente année pour apprendre la Science antique ou Science occulte?

Ces moyens sont de deux ordres différents :

1° Instruction personnelle;

2° Instruction parles Sociétés.

L’instruction personnelle est la seule vraiment utile, et le travail des Sociétés doit se borner à guider le postulant. On acquiert cette instruction en étudiant soit dans la nature, soit dans les livres une fois en possession de certaines données.

Ces données forment le fond de toutes les initiations et ce traité n’a qu’un but, c’est de faciliter la tâche des récipiendaires et des initiateurs autant qu’il est en mon pouvoir. Je ne me fais aucune illusion sur les défauts inhérents à mon travail; mais le. lecteur m’excusera, je pense, vu la difficulté de l’entreprise.

De toute manière, le chercheur consciencieux hésite toujours à suivre les conseils des livres, et un guide vivant lui semble de beaucoup préférable à toutes les bibliothèques du monde.

C’est alors qu’il s’adresse aux sociétés d’initiation.

La première qui se présente à lui, c’est la Franc-Maçonnerie.

Loin de moi la pensée de considérer cette vaste association comme dénuée de tout intérêt au point de vue de la Science occulte, comme le font quelques auteurs mo-

dernes. La Franc-Maçonnerie, ainsi que je l'ai développé, possède des symboles et des secrets très élevés ; mais à l’insu de ses membres. Ceux-ci ont perdu la clef qui ouvre le sens de la PAROLE mystérieuse IjNRI, et les Rose- Croix francs-maçons peuvent continuer à pleurer cette

perte. Quelques vastes intelligences, entre autres Ragon,

ont fait de courageux efforts pour relever l’intellectualité de l’association au point de vue occulte; mais comment apprendre la partie la plus élevée de la Science à des gens qui n’en possèdent pas les premières-données?

La lumière que la Franc-Maçonnerie promet à ses adeptes sous le sceau du serment le plus rigoureux, elle ne peut la donner qu’à ceux qui sont assez instruits pour l’acquérir seuls et qui, par suite, n’ont aucun besoin d’engager leur liberté.

Le curieux qui veut être vraiment initié chez les E.v de la V.-. perd donc son temps, théoriquement parlant, quoique ce soit peut-être la seule société au monde qui lui fournisse d’aussi abondantes ressources pour la pratique journalière de la vie.

Ceci dit, nous devons toute notre reconnaissance à la Franc-Maçonnerie pour les services qu’elle a rendus à la pensée en agissant contre les sectarismes et les despotismes de toute époque.

Saura-t-elle continuer sa route sajis devenir elle-même sectaire?

Où faut-il donc s’adresser pour trouver des guides vivants dans les études en occultisme, à défaut de la Franc-Maçonnerie?

Lors des premières éditions de notre Traité , nous avions été trompé par les promesses d’une Société qui • semblait devoir tenir ses engagements : la Société Théosophique. Détrompé depuis, ainsi que tous les Français, nous

n’avons pas tardé h voir que cette Société avait pour but de détruire tout ce qui n était pas humblement soumis tà un ancien médium spirite voulant jouer au prophète inspiré, une certaine dame Blavatsky, Russe naturalisée Américaine, à qui les savants français, entre autres Richet, directeur de la Revue Scientifique, avaient dit son fait. Depuis cette époque tous les occultistes français, l’abbé Roca, les kabbalistes, les spirites et votre serviteur ont été pris à partie par cet apôtre de la « Fraternité Universelle ». •

Comme il est absolument important de connaître les courants créés à l’heure actuelle sous l’influence de la Tradition occidentale pure, nous allons faire un historique rapide de I’occultisme contemporain. On y trouvera la réponse à la question posée ci-dessus, au sujet des moyens d’acquérir l’Initiation.

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