H CENE WRONSKI
Il est une partie de nos sciences modernes que Louis Lucas n’a pas cru devoir aborder autant que les autres1 : je veux parler des mathématiques.
Ce travail a été entrepris par le Polonais Hœne Wronski.
Celui-ci est moins inconnu que Louis Lucas. L’Encyclopédie universelle de Larousse lui consacre quelques lign.es. Erdan, dans la France Mystique, daigne s’en « moquer » pendant un chapitre, et les savants ses contemporains se sont conduits envers 1 ui d’uno façon que je laisse aux lecteurs impartiaux le soin de qualifier.
Toutefois Wronski criait a chaque nouvelle injustice2 et protestait chaque fois qu’un membre de l’Institut daignait s’attribuer une de ses découvertes.
Cette conduite scandaleuse vis-à-vis de la science porta les fruits qu’elle devait porter3.
Après avoir vu en l’année 1822 ses ouvrages presque entièrement détruits, Hœne Wronski mourut de misère et presque de faim le 9 août 1853.
Lisez le récit de sa mort dans l’œuvre que lui consacre un témoin oculaire4.
Quant à la preuve de destruction de ses ouvrages, la voici :
« Nous prions le lecteur de remarquer qu’en 1#22, lorsque l’auteur publia à Londres le troisième de ses opuscules, il venait de recevoir de Paris la nouvelle que ses ouvrages mathématiques allaient être vendus au poids du papier et que cette triste nouvelle lui arrivait ainsi au moment où il venait d’éprouver de la part des savants anglais la spoliation dont il est question. »
(Wronski, Prolégomènes de Messianisme, p. 306, note.)
Maintenant, si vous voulez savoir pourquoi ses ouvrages furent
1. Il aborde toutefois la Géométrie et donne quelques idées générales sur elle dans la Chimie nouvelle, p. 85.