‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 43 sur 454 · I. Louis Lucas, Chimie nouvelle · texte numérisé non relu

I. Louis Lucas, Chimie nouvelle

causes secondes ou lois et un très grand nombre de faits.

Ainsi les causes secondes sont gouvernées par un nombre très restreint de causes premières. L’étude de ces dernières est du reste parfaitement dédaignée par les sciences contemporaines qui, reléguées dans le domaine des vérités sensibles , abandonnent aux rêveurs de toute école et de toute religion leur recherche. Et pourtant c’est là que réside la Science .

Nous n’avons pas à discuter pour l’instant qui a raison ou qui a tort, il nous suffit de constater l’existence de cette triple gradation :

1° Domaine infini des FAITS ;

2° Domaine plus restreint des LOIS ou des causes secondes ;

3° Domaine plus restreint des PRINCIPES ou des causes premières.

Résumons tout cela dans une figure *:

Intellectualisme scientifique

Synthétisme scientifique

Élémentarisme scient.

Sens superlatif

Sens comparatif

Sens positif

Celte gradation basée sur le nombre Trois joue un rôle considérable dans la science antique. C’est sur elle qu’est en grande partie fondé le domaine de l’analogie. Aussi devons-nous prêter quelque attention à ses développements.

Ces trois termes se retrouvent dans l’homme, dans le corps, la vie et la volonté.

t. Tirée de la Mission des Juifs, p. 32.

Une partie quelconque du corps, un doigt, par exemple, peut être soustrait à l’influence de la volonté sans qu’ cesse pour cela de vivre (paralysie radiale ou cubitale); il peut de même être, par la gangrène, soustrait à l’influence de la vie sans cesser de se mouvoir.

Voilà donc trois domaines distincts : le domaine du corps; le domaine de la vie exerçant son action au moyen d’une série de conducteurs spéciaux (le grand sympathique, les nerfs vaso-moteurs) et localisée dans le globule sanguin ; le domaine de la volonté agissant par des conducteurs spéciaux (nerfs volontaires) et n’ayant pas d’influence sur les organes essentiels à l’entretien de la vie.

Nous pouvons, avant d’aller plus loin, voir l’utilité de la méthode analogique pour éclairer certains points obscurs, et voici comment ;

Si une chose quelconque est analogue à une autre, toutes les parties dont cette chose est composée sont analogues aux parties correspondantes de l’autre.

Ainsi les anciens avaient établi que l’homme était analogue à l’Univers. Ils appelaient pour cette raison l’homme microcosme (petit monde) et l’Univers macrocosme (grand monde). 11 s’ensuit que, pour connaître la circulation de la vie dans l’Univers, il suffit d’étudier la circulation vitale chez l’homme ; et réciproquement, pour connaître les détails de la naissance, de l’accroissement et de la mort d’un homme, il faut étudier les mêmes phénomènes dans un monde.

Tout ceci paraîtra bien mystique à quelques-uns, bien obscur à quelques autres ; aussi je les prie de prendre patience et de se reporter au chapitre suivant où ils trouveront toutes les explications nécessaires à ce sujet.

L'idée des trois mondes reparaît trop souvent dans les auteurs d’occultisme pour ne point mériter un aperçu spécial.

Qu’en tend-on par ces trois mondes? Quels sont-ils?

On désigne sous ce nom de mondes trois plans particuliers, trois états spéciaux d’existence et non pas trois endroits.

Il y a trois de ces mondes ou états :

1° Le monde physique;

2° Le monde astral;

3° Le monde intellectuel.

Un exemple bien grossier, mais assez suggestif, est celui de l’eau.

A l’état de glace , alors qu’elle est solide, l’eau représente bien le monde physique.

Augmentez la puissance de la force emprisonnée dans cette glace en chauffant un peu et vous allez voir Y état changer. L’eau se liquéfie, ses conditions d'existence changent. Le morceau de glace se tenait tout seul où vous le placiez et avait une forme à lui, tandis que maintenant l’eau liquide a besoin d'un vasè pour la contenir et prend la forme de ce vase.

Chauffez encore et l’état va changer; l’eau, tout à l’heure encore visible, va devenir invisible sous forme de vapeur et va s’élever dans les airs.

Cette image est grossière, mais elle met en garde contre une erreur qui empêche beaucoup de lecteurs de comprendre la Science occulte : la croyance que les mondes sont des endroits.

Ainsi à la mort, l’homme passe dans le plan astral, dans le monde astral.

Cela ne veut pas dire qu’il change pour cela de lieu. Comme l’eau tout à l’heure, en passant de l’état solide à l’état liquide, changeait très peu de place, de même Uliomme, en passant « en astral », change à' état. Ses con-

ditions d’existence varient, voilà tout. Il en sera de même quand il passera plus tard dans le monde intellectuel.

A ces états particuliers correspondent bien des domaines délimités; mais ces domaines sont inclus en partie les uns dans les autres comme nous voyons chez l’homme le sang, dont le centre se trouve dans la poitrine, circuler dans tout l’organisme. Il en est de même de la Lymphe qui correspond au Ventre et de la Force nerveuse correspondant à la Tête. Chacun de ces centres (Ventre, Poitrine, Tête) a bien ses actions propres, mais il subit quand même l’influence des deux autres.

Voici deux extraits développant quelques-uns des principes dérivant de cette idée des trois mondes :

« Celte application (du nombre 12) à l’Univers n’était point une invention arbitraire de Pvlhagore, elle était commune aux Chaldéens, aux Égyptiens, de qui il l’avait reçue, et aux principaux peuples de la Terre : elle avait donné lieu à l’institution du zodiaque dont la division en douze astérismes a été trouvée partout existante de temps immémorial.

« La distinction des trois mondes et leur développement en un nombre plus ou moins grand de sphères concentriques, habitées par les Intelligences d’une pureté différente, étaient également connus avant Pythagore, qui ne faisait en cela que répandre la doctrine qu’il avait reçue à Tyr, à Memphis et à Babylone. Cette doctrine était celle des Indiens.

« Pythagore envisageait l’homme sous trois modifications principales, comme l’Univers; et voilà pourquoi il donnait à l’homme le nom de microcosme ou de petit monde.

« Rien de plus commun chez les nations anciennes que

(le comparer l’Univers à un grand homme et l’homme à un petit univers.

« L’Univers considéré comme un grand Tout animé, composé d’intelligence, d’âme et de corps, était appelé Pan ou Phanès. L’homme ou le microcosme était composé de môme, mais d’une manière inverse, de corps, d’âme et d’intelligence ; et chacune de ces trois parties était à son tour envisagée sous trois modifications, en sorte que le ternaire, régnant dans le tout, régnait également dans la moindre de ses subdivisions. Chaque ternaire, depuis celui qui embrassait l’immensité jusqu’à celui qui constituait le plus faible individu, était, selon Pythagore, compris dans une unité absolue ou relative et formait ainsi le quaternaire ou la tétrade sacrée des pythagoriciens. Ce quaternaire était universel ou particulier.

« Pythagore n’était point, au reste, l’inventeur de cette doctrine : elle était répandue depuis la Chine jusqu’au fond de la Scandinavie. On la trouve élégamment exprimée dans les oracles de Zoroastre :

Le Ternaire partout brille dans l’Univers,

Et la Monade est son principe1.

« Ainsi, selon cette doctrine, l’homme, considéré comme une Unité relative contenue dans l’Unité absolue du grand Tout, s’offrait, comme le Ternaire universel, sous les trois modifications principales de corps, d’âme et d’esprit ou d’intelligence. L’âme, en tant que siège des passions, se présentait à son tour sous les trois facultés d’âme raisonnable, irascible et appétante. Or, suivant Pythagore, le vice de la faculté appétante de l’âme, c’était l’intempérance ou l’avarice; celui de la faculté irascible, c’était la lâcheté; et celui de la faculté raisonnable, c’était la folie.

i . Fabre d’Olivet, Vers dorés, p. 239.

Le vice qui s’étendait sur ces trois facultés, c’était l’injustice. Pour éviter ces vices, le philosophe recommandait quatre vertus principales à ses disciples, la tempérance pour la faculté appétante, le courage pour la faculté irascible, la prudence pour la faculté raisonnable, et pour ces trois facultés ensemble, la justice, qu’il regardait comme la plus parfaite des vertus de l’âme. Je dis de l’âme, car le corps et l’intelligence, se développant également au moyen des trois facultés instinctives ou spirituelles, étaient, ainsi que l’âme, susceptibles de vices et de vertus qui leur étaient propres. »

Technique.

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