LES NOMBRES
De nouvelles difficultés viennent de naître sous nos pas. A peine avons-nous traité de l’analogie que l’étude des trois mondes venait s’imposer; maintenant ce sont les nombres qui demandent des éclaircissements.
D’où vient donc cet usage du Trois si répandu dans l’antiquité?
Cet usage, qui s’étendait depuis le sens de leurs écritures * 1 jusqu’à leur métaphysique 2 et qui, franchissant les
1. Les prêtres égyptiens avaient trois manières d’exprimer leur pensée. La première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée, la troisième sacrée ou hiéroglyphique. Ils se servaient à cet effet de trois sortes de caractères, mais non pas de trois dialectes, comme on pourrait le penser (Fabre d’Olivet, la Lang. liéb. rest., p. 24).
2. Les anciens Mages ayant observé que l’équilibre est en physique la loi universelle et qu’il résulte de l'opposition apparente de deux forces, concluant de l’équilibre physique a l’équilibre métaphysique, déclarèrent qu’en Dieu, c’est-à-dire dans la première cause vivante et active, on devait reconnaître deux propriétés nécessaires l’une à l’autre, la stabilité et le mouvement, équilibrées par la couronne, la force suprême (Eliphas Levi, Dogme et Rituel, p. 79).
siècles, vient se retrouver dans un de nos plus célèbres écrivains : Balzac 1 ?
11 vient de l’emploi d’une langue spéciale qui est complètement perdue pour la science actuelle : la langue des nombres.
« Platon, qui voyait dans la musique d’autres choses que les musiciens de nos jours, voyait aussi dans les nombres un sens que nos algébristes n’y voient, plus. Il avait appris à y voir ce sens d’après Pythagore qui l’avait reçu des Egyptiens; Or les Égyptiens ne s’accordaient pas seuls à donner aux nombres une signification mystérieuse. II suffit d'ouvrir un livre antique pour voir que, depuis les limites orientales de l’Asie jusqu’aux bornes occidentales de l’Europe, une même idée régnait sur ce sujet 2. » •
Nous ne pouvons peut-être pas reconstituer dans son entier cette langue des nombres, mais nous pouvons en connaître quelques-uns, ce qui nous sera d’un grand secours par la suite. Étudions d’abord un phénomène quelconque de la Nature dans lequel nous devons retrouver le nombre Trois et connaître sa signification.
Puis nous étudierons les opérations inconnues des modernes et pratiquées par toute l’antiquité sur les nombres.
Enfin, nous verrons si nous pouvons découvrir quelque chose de leur génération.
Voyons si la formule des anciens alchimistes, év ii rav (tout est dans tout), est vraie dans ses applications.
Prenons le premier phénomène venu, la lumière du jour par exemple, et cherchons à retrouver en lui des lois
1. Il existe trois mondes : le Naturel, le Spirituel, le Divin. Il existe donc nécessairement un culte matériel, un culte spirituel, un culte divin, trois formes qui s’expriment par l’action, par la parole, par la prière, autrement dit, le fait, l’entendement et l’amour (Balzac, Louis Lambert).