PREMIÈRE OBSERVATION
A. b., âgé de cinquante ans, commença par éprouver, en octobre 1809, des envies fréquentes de rendre son urine, et de la difficulté à le faire. Ces symptômes devinrent graduellement plus mauvais; il observa lui-même que la quantité totale de l’urine qu’il rendait toutes les vingt-quatre heures avait diminué; il se sentait un malaise général.
A la mi-février 181 1 , il se rendit à Londres pour y profiter des secoursdelachirurgie.Acetle époque il éprouvait des désirs violens d’uriner, à plus de cent reprises différentes dans les vingtquatre heures; mais rarement il réussissait à se soulager, malgré les efforts qu’il faisait, et rarement il s’écoulait une demi-once de liquide chaque fois : Ja quantité totalequ’il renditdans ■vingt-quatre heures n’excédait pas une demipmte. 11 sentait une grande douleur, s’il fesait des efforts pour verser de l’eau ; il la rapportait principalement!! la vessie , au milieu du pénis, et jamais au gland. Il éprouvait souvent de la
douleur dans les lombes, et autour de l’abdomen. L’urine déposait un sédiment brun , et quelquefois elle contenait du sang; souvent il avait des frissons, mais ils n’étaient pas violens. Sa peau était chaude et sèche; le pouls était vite; l’émaciation devenait sensible; la débilité , manifeste ; et il était facile -de remarquer une dépression dans les traits de la face. Le x5 février, on introduisit une bougie; on trouva une obstruction au col de la vessie.
Dans la soirée du 16 février, on introduisit sans difficulté, dans la vessie, une sonde de gomme élastique de moyenne grosseur , et l’on tira une demi-pinte d’urine. La nuit suivante fut tranquille; il dormit, et son sommeil ne fut point troublé par des besoins; il n’avait point passé de meilleure nuit depuis le commencement de l’affection.
Le 17, on introduisit le matin et le soir un cathéter, par où s’écoula chaque fois une demipinte de liquide. I! fut sans souffrance; il n’eut besoin de rendre de l’eau cpie quatre ou cinq fois dans la journée, et une fois il en rendit une plus grande quantité.
Le 18, le cathéter fut introduit deux fois : la quantité puisée chaque fois fut plus considérable qu’auparavant. Il rendit lui-même son urine trois fois dans le jour, mais il s’en écoula
une fois une grande quantité, sans douleur: Je sédiment avait diminué.
Le 19, on n’introduisit le cathéter que le soir. Il rendit davantage d’urine, sans secours; et dans l’après-midi, il s’en écoula d’une seule fois presque une pinte.
Dès ce moment, il alla de mieux en mieux, et le 1 1 mars il était capable de vider sa vessie; il rendait de l’eau seulement en cinq reprises dans vingt - quatre heures , et environ une demi-pinte chaque fois.
Cet effet de rétention d’urine dans la vessie, explique facilement qu’un malade puisse rester un très-long temps sans soulagement, et puis qu’il finisse par bien aller. Un cas de ce genre se présenta à mon observation , il y a plusieurs années. Un gentleman resta quatre jours sans rendre de l’urine à cause d’un rétrécissement de l’urètre; la distension fut si grande, qu’on proposa la ponction de la vessie ; mais le malade ne voulut point se soumettre à cette opération ; et il finit parrendre quelques goultesd’urine , et insensiblement de plus en plus, jusqu’à l’entière évacuation : ce gentleman vit encore.
L’elfet de la dépression directe sur la substance mamelonnée paraît empêcher la sécrétion, mais elle augmente par l’action d’autres irritans.
Un malade très-irrilable était affecté tl’im engorgement du lobe moyen de la prostate ; lorsqu’il se trouvait dans un état d’irritabilité, la sécrétion de l’urine augmentait si considérablement, qu’on était obligé de maintenir le cathéter dans la vessie : la quantité sécrétée dans un de ces paroxismes d’irritation était de quatre onces chaque heure. Dans un autre, huit onces coulèrent pendant six heures de suite , et si régulièrement , que l’écoulement ne varia pas d’une minute dans le temps, ni d’une cuiller à café dans la quantité. A la fin de ce période, les reins ne sécrétèrent que quatre onces d’urine dans vingt quatre heures.
Il est probable que cette augmentation immodérée de sécrétion , tient à la dilatation extranaturelle des orifices vésicaux des uretères : une légère inflammation en s’emparant de la membrane interne de la vessie, peut se propager par les uretères jusqu’aux reins , et les irriter. Cet effet s’observe fiéquemment dans I les cas d’anciens rétrécissemens de l’urètre. Soixante -quatre onces, et même une plus grande quantité d’urine peut être sécrétée dans douze heures, et puis la sécrétion retombera son activité ordinaire.
Une violente hémorrhagie diminue les puis-i sauces sécrétrices de l’urine. Un gentleman.
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âgé île trente ans, en mars 180G, perdit deux pintes de sang par l’urètre; après cet accident, il n’eût aucune envie de rendre de l’eau pendant dix-neuf heures, quoiqu’il n’eût transpiré aucunement, durant ce temps; alors il en rendit environ une demi-pinte : au bout de quatorze heures , il rendit la même quantité ; il se passa un intervalle de neul heures sans envie d’uriner, et treize heures après, les urines prirent leur cours ordinaire.
Cette observation confirme la pratique de saigner copieusement dans les cas de diabétès.
SECTION VI
/)e la suppression de la sécrétion de Vurine, considérée comme une des causes de mort , lorsque la rétention dure depuis long-temps .
Dans plusieurs cas de longue rétention d’urine, accompagnés des symptômes les plus intenses, et qui se terminaient mortellement, rien dans l’examen du cadavre n’a fait connaître la cause de la mort du malade : il n’y avait ni mortification , ni rupture de la vessie, ni trace de toute autre action violente sur cet organe.
Dans le premier degré de la distension de la vessie, la première incommodité paraît tenir à la pression de l’urine contre les parties sensibles du col de la poche vésicale; c’est aussi là et au gland qu’on rapporte la douleur; à mesure que la distension augmente, ces symptômes se dissipent; et le malade ne sent même pas des envies d’uriner; cela provient de ce que la vessieayant perdu sa sensibilité, la pression cesse de se faire sentir, quoique l’organe soit actuellement pressé sur le rectum , et cou- • tre les muscles abdominaux.
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Les symptômes locaux étant dissipés eu grande partie, d’autres surviennent, eL décèlent beaucoup de désordre dans la constitution; le pouls est vite; la soif est grande; il y a inquiétude d’esprit; la langue est couverte d’une matière brune; le malade tombe alternativement dans le délire et l’assoupissement. Il meurt dans ces symptômes ; et il n’est pas rare de le voir succomber dans les accès d’une fièvre typhoïde, totalement étrangère à la maladie du col de la vessie.
Lorsque j’avais constaté qu’il n’y avait point d’altération de la vessie qui pût elle la cause de la mort, j’étais en peine d’expliquer comment elle avait pu avoir eu lieu; car je ne pouvais l’attribuer à l’inflammation qui se serait communiquée de la membrane de la vessie aux reins par les uretères , ni à la pression exercée sur la structure glandulaire de l’organe sécréteur, parce que les effets de l’inflammation et de la rétention de l’urine dans les reins , ne produisent point de symptômes semblables. J’ai vu un abcès qui s’était formé dans le sein d’un rein, parce que son orifice du côté de la vessie était oblitéré par l’inflammation; il se manifesta par les symptômes de langueur, de dépression des forces , par des nausées constantes; tout ce qui était introduit dans l’estomac ,
élait rejeté aussitôt, et le malade, doué d’une grande sensibilité, mourut usé par l’impossibilité de se sustenter.
Dans un cas de mauvaise conformation du bassin d’un des reins, l’ouverture de l’uretère était si oblique , que l’urine ne pouvait couler ; le bassin devint de plus en plus dilaté, jusqu’à ce qu’il se fût formé une tumeur, qui occupa la plus grande partie de la cavité du ventre. C’est dans cet état que mourut le malade, âgé de vingt-deux ans, sans la manifestation d’aucun des symptômes correspondans à ceux qui ont été signalés, quoique la substance entière des reins, à l’examen du corps, ait été trouvée oblitérée; l’autre rein fut chargé de toute la sécrétion.
Il me fut impossible de me former une idée exacte sur la cause de la mort dans cette maladie, a\ant d’avoir observé les cas suivans.
DEUXIÈME OBSERVATION
Un gentleman , âgé de soixante-douze ans , | un an auparavant avait rendu de l’urine san- i guinolente , étant dans une voiture qui roulait | sur un pavé très-dur; cet accident s’était renouvelé dans les six derniers mois qui précé- J dèrent l’époque où je le vis ; il ne pouvait alors i rendre une goutte d’urine. Je considérai le cas ; i
comme une rétention d’urine : j’introduisis deux fois la sonde, et. je trouvai la vessie vide. L’instrument fut introduit trente-six heures après : il sortit une ou deux gouttes de liquide; dans quatre jours, il en coula à peine unecuiller à café; le cinquième, il en sortit deux onces ; le sixième, quatre onces; le septième, rien. Dans la nuit suivante , une violente urgence de faire de l’eau se fit sentir, mais il n’en fut rien. Le malade tomba dans l’insomnie, dans l’inquiétude, et parfois dans le délire; il ne put se supporter dans lelit , aucune positionne lui convenait. La nuit, il perdit presque le sentiment des objets : le huitième, le pouls devint faible, et parfois intermittent. Le malade était à peine sensible, il eut des tiraillemens convulsifs des bras , et parut souffrir horriblement; il s’échappa involontairement deux ou trois grandes cuillers d’urine ; et en peu d’heures il mourut.
Il ne fut point permis d’ouvrir le cadavre, je ne pus donc constater la nature réelle de la maladie ; et tel est l’effet de la prévention que , bien que j’eusse introduit deux fois le cathéter dans la vessie sans en rien faire sortir, je ne pus, à cause de la similitude des symptômes avec ceuxdela rétention d’urine, m’ôter l’idée que c’en était une. Je savais bien qu’il y avait
44 traitement des maladies
des cas de suppression delà sécrétion des reins, mais je n’en avais jamais vu; je n’avais pas exam i né d es pièces an a lom ico-pathologi q u es relativesàces cas, du moins aucune decespréparalions n’était à ma connaissance. Je ne pus donc encore tirer de conclusion ; je dus attendre qu’il se présentât à mon observation un cas analogue;
non-seulement ce cas devait établir qu’on peut rencontrer une telle maladie , mais il m’a laissé convaincu par la similitude des symptômes , que ce que j’ai rapporté précédemment était une maladie de ce genre.
TROISIÈME OBSERVATION
Un gentleman eut unegonorrbée en 1 772 , et une autre en 1784, qui furent si graves, que depuis ce temps il n’urina jamais facilement : le fil de 1 eau continua à diminuer graduellement, et en 1804, il était obligé de faire des efforts pour lancer l’urine hors de la vessie. 11 remarqua que la quantité de liquide qu’il rendait était beaucoup moins considérable que la boisson qu’il avait prise, et il lui semblait que la vessie 11’était jamais vide, mais qu’il en coulait assez pour calmer le malaise actuel.
Dans cet état, le 3 juin 1804, Agé de cinquante-deux ans, il but du cidre en quantité; aussitôt il s’en suivit un grand bruit dans ses
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entrailles, qni dura tout le jour, et une grande partie du suivant; ce bruit, occasionné par des vents , était si fort qu’il incommodait les personnes qui lui tenaient compagnie. Le 4 , il se plaignit d’une légère douleur de l’abdomen , et prit un peu de magnésie et de rhubarbe ; mais, n’en ayant pas obtenu d’évacuation, le 5 , au matin, il prit une demi-once de sel de La Rochelle ( tartrate de potasse et de sonde), et une demi-once d’huile de ricin. Le soir, il prit deux grains de calomel , cinq grains d’extrait de coloquinte en pilules, dont il facilita la déglutition, avec deux onces d’une mixture purgative; la mixture était répétée chaque quatre heures, et il la continua jusqu’au G; ce jour, il eut trois ou quatre selles , il rendit de l’urine comme de coutume, mais elle était très-trouble. Les évacuations ne le soulagèrent pas. Le 7, il n’eut point de selle, son abdomen était très-tendu , mais il rendit de l’eau. Le 8, au malin , il se mit sur le pot, il urina un peu et ne fit rien par les selles. 11 était frappé de l’idée qu’il ne pouvait pas vivre, etqueses intestins allaient tomber en gangrène. Il jugea à proposdefaire toutes ses dispositions , et attendit la mort avec impatience.
Le g, il n’y eut d’évacuation ni par les selles, ni par l’urètre. Le malade était toujours in-
c|niel3 il no pouvait rester tranquille, il cl ési— lait la mort, il sentait douloureusement une chaleur interne vers les reins; la soif était grande; il avait du plaisir à entretenir l’humidité de sa bouche, avec deux ou trois cuillerées d’un thé affaibli.
Le io, il était dans le même état, ne prenant que des boissons très-légères; ses idées 11’étaient pas aussi suivies, mais il se remettait facilement lorsqu on lui parlait; comme il n’avait point 1 end u d urine depuis le 8 , qu’il n’avait cessé de boire, et que le bas-ventre était tendu, il parut probable que les symptômes existans indiquaient une distension de la vessie; on proposa, en conséquence, de la vider; mais au premier essai on détermina une contraction spasmodique qui ne permit même jias d’introduire une bougie de boyau de chat; mais en peisistant , on parvint dans la vessie avec une très-petite; lorsqu’on la relira, il n’en sortit rien. On introduisit bougies sur bougies, et dans 1 espace d une heure, on réussit a îaiie pénétrer un très-petit cathéter dans la vessie, d où l’on tira a peine deux onces d’urine; il ne s’ensuivit aucun soulagement, mais ij il eu résulta l’envie de verser de l’eau , envie ij qui ne s était pas fait sentir depuis deux jours.
Le trouble de son esprit augmenta; il passa [|
une très-mauvaise nuit; il ne voulut pas se mettre au lit, mais il resta assis clans une chaise; il disait que ses reins étaient crevés, que l’intérieur de son corps était consumé, et sa gorge brûlée par la chaleur; il mourut le n , à dix heures du matin.
A l’inspection du cadavre, on remarqua une légère apparence d’inflammation sur la portion péritonéale des intestins; le colon était trèsdistendu ainsi que les intestins grêles; on ne trouva point de fluide dans la cavité générale de l’abdomen , ni de rougeur sur les tuniques des intestins. La vessie était contractée et entièrement vide; sa membrane interne était fasciculée, preuve bien évidente d’un état maladif antécédent.
Les reins et les uretères étaient à peu près dans leur état naturel.
En ouvrant les reins , et en examinant leur structure interne, on trouva que la substance corticale avait perdu de sa nature , et contenait si peu de sang rouge, qu’on pouvait croire à son mélange avec une matière graisseuse ; mais lorsqu’on la mettait dans l’eau, cette apparence disparaissait, comme cela arrive aux parties qui ont plus de sang que d’autres. La substance mamelonnée avait resserré son tissu aussiélroitement que l’aurait fait l’action de l’ai-
coliol ; à son origine, elle était très-séparée de la substance corticale • elle était uniforme, et moins arrondie au sommet , que dans l’état sain. La poche rénale était petite, les bassinets et les parties qui s’y portent étaient contractés. 11 y avait aussi une grande quantité de graisse, comblant tous les interstices du pourtour de la poche, entre la substance mamelonnée, et les procès qui en partent.
Les effets produits sur l’économie par la suppression de la sécrétion de l’urine, ressemblent tellement à ceux qui surviennent, lorsque le malade meurt d’une rétention complète par état maladif de la vessie, qu’il y a lieu de conclure que dans ces cas, la pression de l’urine contre la substance mamelonnée arrête sa sécrétion ; si cela n’a pas lieu, la vessie doit se rompre ou se distendre considérablement, ce qui n’arrivepas communément. J’ai unegrande expérience de ce fait , et je cite le suivant comme preuve.
QUATRIÈME OBSERVATION
A. B. , âgé de cinquante à soixante ans, fut apporté à l’Hôpital Saint-George, le 8 juin 1804. ; Depuis douze ans il urinait difficilement à ■ cause d’un rétrécissement- deux jours avant son admission il n’avait pu rendre que quel-
ques gouttes d’urine, non sans éprouver une vive douleur, accompagnée de la tension du ventre; on essaya, mais en vain, d’introduire des bougies et des sondes; il prit deux bains chauds, et on lui fit des fomentations sur la région delà vessie; on lui administra trois ou quatre lavemens émolliens avec du laudanum ; il se levait du lit à toute heure; il se promenait dans la salle, se plaignait, et rendait quelques gouttes après de grands efforts; l’agitation était extrême , et la douleur si intense , qu’on ne put obtenir de lui qu’il restât tranquille; sa langue devint bientôt noire et rugueuse : son pouls était petit; sa peau, brûlante; et une grande sueur, imminente. Le io , il prit quinze gouttes d’eau alkaline pure, vingt gouttes de teinture d’opium, et du vin d’Oporto unepinte par jour, et une forte mixture dequinquina. C’est alors que le pénis devint si gonflé et si œdémateux, qu’on ne put découvrir le gland pour trouver l’orifice de l’urètre; des ulcères livides s’y manifestèrent bientôt. Il ne
sortitpasdel’étatd’agitationoùilétait; il quitta le lit, et répandit quelques gouttes d’urine dans la salle. Deux jours avant sa mort, qui arriva le 16, il rendit, par le vomissement, des matières brunes, puantes; et les vingt-quatre heures qui précédèrent son dernier soupir , se
TltAITEMENT DES MALADIES
passèrent clans un délire qui dura jusqu’à l’épuisement des forces; alors survint un état comateux dans lequel il expira. En examinant le cadavre, on trouva les reins plus petits en largeur, et cl’une texture plus molle que dans l’état naturel. La vessie était très-dislendue et contenait un fluide noirâtre; l’inflammation régnait vers le col et dans la glande prostate. On constata l’existence d’un rétrécissement de sept pouces environ , traversé par un très-petit détroit; et directement derrière ce rétrécissement , il y avait une parcelle de sang coagulé, dans la longueur de près d’un pouce, remplissant complètement l’urètre.
Lorsque les symptômes généraux, produits par une suppression de sécrétion d’urine, causée par la dépression de la substance mamelonnée, ont duré un certain temps, il n’y a aucun avantage de faire couler l’urine.
Dans un cas où la vessie fut extrêmement distendue, et qu’elle resta dans cet étal trois jours, je parvinsà faire coulerlefluide urinaire, i mais le malade tomba dans un profond som- t meil, et mourut au bout de trois jours. La ves- I sie fut trouvée entière.
Jevis, à vingt millesde Londres, un malade i qui se trouvait dans le mêmecas : lorsque j’ar- if rivai, ce n’était point de la vessie qu’il se plai-! i
«naît, mais de l’estomac; à la vérité il n’avait pas versé de l’eau ; il n'y avait ni sécrétion , ni distension de la vessie. Ayant introduit un cathéter , je lirai trois pintes d’eau ; et six heures après, une pinte et demie qui s’était ramassée dans les reins et les uretères ; mais le malade étant tombé dans un état de torpeur, il mourut au bout de deux heures.
Dans un autre cas d’unelongue rétention d’urine , je trouvai, à mon arrivée , le malade, qui avait soixante-dix ans , dans une grande confusion d’idées ; il me reconnutà peine. Je vidaila vessie qui se trouva contenir une pinte et demie de liquide, et presque aussitôt il s’endormit; il respirait librement, etquatre ou cinqlieures après il s’éveilla tranquille et refait. Il se remit parfaitement, et vécut plusieurs années. D’après ce qui m’était arrivé dans d’autres circonstances, je ne doute pas que si j’avais retardé plus long-temps de faire couler l’urine, plus tard il n’en serait résulté aucun bien.
Le fait suivant qui termine ce chapitre , prouve que la compression de la substance mamelonnée arrête la suppression de l’urine, et que lorsqu’un tel accident survient, la mort s’ensuit.
CINQUIÈME OBSERVATION
Un jeune homme, d’environ vingt-quatre ans, jouissant sous lous les autres rapports d’une bonne santé, fut saisi, le 27 novembre 1790 , immédiatement après avoir uriné, d’une violente douleur dans la région des reins, avec des envies constantes de verser de l’eau sans pouvoir réussir. On introduisit une sonde, et l’on ne trouva point d’eau dans la vessie. La douleur augmentant, il fut saigné, prit quelques remèdes purgatifs ; 011 lui administra des lavemens ; on le mit dans un bain chaud ; on mit tous les moyens en usage pour s’opposer aux progrès de l’inflammation ; mais rien ne parut agir heureusement; au contraire, la douleur augmenta, et devint si cruelle, que l’opium administré «à grande dose n’apporta aucune amélioration. Il resta dans cette agonie pendant sept jours, sans rendre la plus petite quantité d’eau; il finit par mourir. A l’ouverture du corps, on ne trouva aucune trace du rein gauche, et l’uretère du côté droit contenait une pierre, qui oblitérait complètement le canal. La vessie était vide.