‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 20 sur 58 · VINGT-CINQUIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIÈME OBSERVATION

Un gentleman, plusieurs années avant i8o3, fui afleclé d’une difficulté d’uriner. On regarda sa maladie comme ayant été occasionnée pour avoir bu un verre d’eau salée, qui de suite porta du trouble dans les fonctions de la vessie : aussitôt on consulta un chirurgien qui fut d’avis d’introduire une bougie, mais elle ne donna aucun bon résultat. Vers le mois de mars 180-2 , une rétention complète d’urineeut lieu; ce lui à celle occasion que je fus consullé. j’introduisis dans la vessie une très-forte sonde de gomme élastique, en passant le doigt dans l’anus, dirigeant et portant la pointe en haut; elle y fut maintenue , et au bout de

VE LA GLANDE PROSTATE. iu5

dix jours elle en fut sortie; on donnait régulièrement issue à l’urine, deux fois par jour, pendant environ six semaines; la vessie pouvant se vider naturellement, quoique toujours avec plus ou moins de douleur, surtout vers le col de cet organe, on suspendit l’usage du i cathétérisme. Les symptômes reparurent et augmentèrent; en mars 1806, on découvrit une pierre dans la vessie, et l’on pratiqua l’opération. La pierre étant extraite, on vit qu’elle avait pour noyau une matière siliceuse. Le malade fut remis de l’opération au bout de cinq semaines. Dans 1 espace de quatre mois, quelques-uns des premiers symptômes reparurent : ils augmentèrent graduellement; et six mois après l’opération , croyant reconnaître la cause de ces symptômes, j’explorai la vessie alternativement avec un cathéter de gomme élastique, dans son état flexible, et avec une sonde; mais je ne sentis point de pierre. Ces 'Symptômes devinrent plus intenses, et au bout de deux ans , ils étaient intolérables. En mais 1 8oq , en vidant la vessie pour savoir s’il y avait un retour de la maladie de la prostate, et pour empêcher que l’urine ne s’écoulât complètement, je sentis une pierre. Vers la fin d’août, étant sorti pour prendre l’air, il eut une attaque d’épilepsie qui dura environ deux

heures; il resla une demi-heure tout-à-fait insensible. Pendant deux ou trois jours, il se trouva mieux de l’affection de la vessie. Le 20 octobre, il eut une autre attaque moins longue, vers les neuf heures du matin; il fut très-agité toute la journée, et il en eut une autre le soir. Les deux jours suivans il n’eut pas la jouissance entière de ses facultés, mais le troisième, il se trouva remis; la douleur de la vessie était bien moins grave; on profita de ce mieux pour reconnaître la présence de la pierre. Elle fut reconnue , et le malade se soumit à une seconde opération de la taille qui fut pratiquée le 3i octobre : l’hémorrhagie fut moindre qu’à l’ordinaire. La forme de la pierre j était très-bizarre; l’une de ses surfaces était convexe, la surface opposée, concave en deux : endroits, et la partie moyenne était saillante. >

Transporté dans son lit , le malade fut extrê- { «

mementagité, l’urineeoula facilementà travers | la plaie; une demi-heure après l’opération, elle i se répandit trois fois; la dernière fut accompa- ; gnée d’une respiration laborieuse, avec un sentiment de sulïocation. U s’en suivit immédiatement l’impossibilité de parler, et il expira.

A l’ouverture du corps, on trouva tous les i viscères de l’abdomen dans l’état sain ; les reins ..

et les uretères avaient leurs cavités engorgées, mais n’offraient point d’autre altération.

La vessie avait ses membranes épaissies ; elle ,iavai L diminué d’ampleur; sa surface interne était enflammée.

La glande prostate était non-seulement engorgée, mais elle s’étendait dans la cavité de la vessie, au moyen du lobe gauche et du lobe moyen ; et si la pierre se plaçait dans la vessie, immédiatement derrière ces parties proéminentes, elle s’appliquait si exactement , qu’il n’y a point de doute que sa forme particulière ne vint de cet accollement; les surfaces qui s’étaient trouvées en contact avec la pierre, étaient excoriées, et dans le premier degré de l’ulcération.

Cet état de la prostate explique les symptômes qui suivirent après la première opération ; et la formation de la seconde pierre provenait du petit dépôt d’urine obligé de séjourner derrière les parties projetées ; l’aggravation des sj'mptômes eut lieu, parce que la pierre pressait et irritait constamment ces parties sensibles ; et si le malade eût résisté à la seconde opération, les symptômes qui suivirent la première auraient reparu encore.

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