‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 25 sur 58 · VINGT-HUITIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME OBSERVATION

A. B. Agé de trente-six ans, en i8o3, commença par éprouver une douleur violente , pulsalive dans le rectum; elle survenait par un paroxysme irrégulier, et se faisait sentir plus souvent pendant la nuit : après avoir été à la selle, il éprouva un sentiment de ténesme très-intense , qui fut amené par des efforts nécessaires à l’action expulsivedes intestins, car il allait à la garde-robe tous les matins, et quelquefois dans l’après-midi. Cette sensation devenait si incommode qu’il ne pouvait vaquer à sesaffaires. Plusieurs remèdes internes furent employés sans succès. Le malade garda toute la nuit un lavement d’eau de chaux, de deux onces, et il ne produisit rien. Des linimens sédatifs et des fomentations furent appliqués au périné ; il n’en résulta aucun effet. On introduisit des bougies dans le rectum ; et tous es symptômes s’aggravèrent.

l5o TRAITEMENT DES MALADIES

Après une année d'existence de la maladie, je lus consulté , pour la première fois, et en examinant le rectum , je découvris une proéminence sur la prostate : en la pressant, je produisis les symptômes essentielsà la maladie. Dès-lors, il n’y eut pas le moindre doute qu’elle ne fût le siège du mal. Je prescrivis des suppositoires d’extrait d’opium et d’extrait de ciguë, dans la proportion de deux grains d’opium, sur quatre ou cinq de ciguë. En outre, j’ordonnai un lavemen td’une pinte d’eau tiède , à prendre tous les matins, pour procurer une selle, et un bain tiède cl’eau salée, chaque après-midi , à la température deç)?.0. Dans l’espace de quatorze jours, la tumeur diminua évidemment de grosseur, et la douleur diminua également; mais comme l’opium portait a la tête du malade, et l’affectait, il fut mis de côté. On persévéra dans l’usage de l’extrait de ciguë seul , et on augmenta la température du bain , de 2° pour un quart d’heure. Dans le cours de six mois , les symptômes furent complètement dissipés, et , lorsqu’avec ledoigt on examina les parties, on ne trouva que peu ou point de gonflement.

Ce gentleman n’eut de rechute de la maladie, depuis i8o5 , qu’en 1810; mais les symp-

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tomes furent si légers qu’il fut inutile de faire aucune espèce de traitement.

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