VINGT -NEUVIÈME OBSERVATION
Un gentleman, âgé d’environ trente-six a ns, qui avait souffert des symptômes semblables, presque en tout, à ceux dont je viens de parler, mais encore peu développés, cependant susceptibles d’augmenter par la marche, me consulta en 1808. En passant le doigt dans le rectum, je sentis très-distinctement un engorgement du lobe gauche de la prostate, et au même degré d’épaisseur que dans le dernier cas. J’expliquai au malade la nature de son mal; je lui dis que la guérison serait lente, mais qu’elle était sure. Le mode de traitement que je prescrivis, fut des suppositoires d’extrait d’opium et de ciguë, un lavement d’eau tiède tous les matins , et un bain de siège cl’eau salée tous les jours. Il se transporta à la campagne, et j’appris par la suite qu’il suivait les instructions que je lui avois données ; l’extrême douleur et l’irritabilité tombèrent insensiblement ; et, bien qu’il ne s’en aperçut pas journellement, cependant, au bout de plusieurs semaines , il se trouva beaucoup mieux. Quelque temps après, soit qu’il ait pris froid , soitqu’il n’ait porté aucune attention au régime,
les symptômes reparurent, mais non dans leur première violence. Dans l’été de 180g, il essaya les bains tièdes de mer, continua les lavemens d’eau chaude, et appliqua successivement neuf vésicatoires au périné, qui lui donnèrent du soulagement, et il se trouva beaucoup mieux à son retour de la mer. Un séton fut entretenu quelque temps au périné; il produisit une évacuation copieuse, mais il neprocurapas en apparence un grand soulagement. Depuis ce temps, soumis au régime , et s observant dans les habitudes générales de la vie, il n’eut point de rechute, et continua à se porter assez bien.