‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 28 sur 58 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De l’abcès de la glande prostate.

La substance delà glande prostate est sujette à s’abcéder; l’abcès vient s’ouvrir ordinairement dans la situation du vérumontanunl , ou plutôt immédiatement derrière lui.

Cette maladie , dans sa marche , produit plusieurs symptômes qui lui sont communs avec l’inflammation du vérumontanum dont je viens de traiter; c’est irritation au col de la vessie, douleur et difficulté d’uriner et d’aller à la selle, ténesme, frissons fréquens, et sentiment d’une indisposition générale.

Lorsque l’abcès s ouvre, il y a une évacuation de matière mêlée de mucus, qui coule avec l’urine, et, après les derniers jets, il reste un picotement douloureux pendant quelques minutes, et pour plus de temps, selon les circonstances. Dans quelques cas, la matière évacuée est mêlée avec plus ou moins de sang; 1 ai vu, en pareille occurrence, une hémorrhagie considérable avoir lieu. 11 y a aussi dans le gland une douleur, tel le que celle que prod disait un charbon ardent , s’il lui était appliqué.

DE LA GLANDE PROSTATE. ï6i

Lorsque cette maladie survient, et elle a lieu moins fréquemment que les autres affections de la glande, elle est souvent prise pour l’inflammation et l’ulcération de la vessie, avec lesquelles , à la vérité, elle a beaucoup de ressemblance par ses symptômes; car, après que 1 abcès s est crevé, il se forme une ulcération au col de la vessie. Dans les cas qui se sont ^présentés à mon observation, l’abcès s’était ounvertavantqueje fusse consulté, etleseulmoyen qui put me rester de reconnaître la nature f:exacte du mal , ce fut la sensation de la partie ulcérée que produisit à l’orificede la vessie, la pointe de la sondequi était dirigée vers elle, et qu’avec peine je conduisis dans la cavité de la .vessie ; cette circonstance, ajoutée à l’histo- Tique de la maladie, fut suffisante pour me faire connaître l’état de l’affection.

Dans ces cas, la cavité formée par l’abcès se trouvait si large, quedi vers chirurgiens ne purent faire passer l’instrument au-delà, et il me fallut plus d’une tentative pour arriver jusque dans la vessie que j’évacuai. Ce cas futconfondu avec la pierre, à cause des souffrances atroces qu endurait le malade, occasionnées par l’uine qui entrait et séjournait dans la cavité ulcérée, et cà cause des douleurs lancinantes et eitéiées qu il îessentait a la partie supérieure

du gland ; il ne fut possible d’expliquer la nature réelle de ce fait, que lorsqu’on eut occasion de reconnaître que la cavité dans laquelle avait été reçue la pointe de l’instrument, 11’était pas la cavité de la vessie, mais bien celle qui constituait la maladie , ce dont on ne fut convaincu que lorsque la sonde fut parvenue dans la vessie , d’où il coula de 1 urine.

Le traitement de cette cruelle maladie consiste à calmer les parties au moyen des suppositoires , et des remèdes internes d’une nature narcotique; ceux qu’on doit préférer, sont l’opium , la ciguë , la poudre de Dover et la jusquiame. Le bain de siège d’eau salee, a une basse température, procure du soulagement, mais il est passager. La promenade à cheval ne peut convenir , non plus que tout exercice violent. Les urines doivent être douces et limpides ; à cet effet , on prescrira des boissons mucilagineuses.

Ce sont les seuls moyens qui m’aient paru sensiblement utiles. Rapporter plusieuis faits de cette nature, me parait peu instructif, puisque je n’ai point de mode particulier de traitement à proposer , capable d’améliorer l’état du malade; je me contenterai de rapporter une seule observation.

DE LA GLANDE PllOSTATE.

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