‹ Traité ou observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostateChapitre 5 sur 58 · IV · texte numérisé non relu

IV

Lorsque Paracelse, exclusif ainsi que le sont tous les novateurs, brûlait, en piesence de ses disciples , les oeuvres d’Hippocrate, comme absurdes, ou du moins comme inutiles, il indiquait par

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là ce qu’il j aurait à faire, à mesure que la science faitdes progrès, et à niesurequ’elle démontre toutes les erreurs. Maisil n’apparlientqu’à la vérité d’ètre intolérante.

En effet, il serait bien ridicule, si, comme autrefois, pour être médecin instruit, et praticien lettré, il fallait pâlir sur les ouvrages des auteurs de tous les siècles, dans le but d’entasser dans sa mémoire fait sur lait : sorte d’érudition qui rendait l’homme de l’art infaillible. Que nous font aujourd’hui les dogmatiques, qui croient aller à la vérité par des hypothèses, et par une suite de raisonnemens; et les empiriques qui réduisent la science à une pratique aveugle, et qui ne veulent pas même faire usage des attributs de la raison ? Que nous importe la philosophie corpusculaire d’Asclépiade? Les pneumatiques ne pourraient nous persuader que toutes les altérations de la santé tiennent au désordre des mouvemens de l’air, qu’ils supposaient circuler avec le sang. Galien ressuscite la médecine de Cos ■ mais en lui

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donnant trop d’étendue, il nous la rend plus incertaine. Serons-nous meilleurs médecins en lisant dans les Arabes la science des Grecs, qu’ils ont réduite en abstractions et en formules ? Qu’apprendrions-nous dans les alchimistes ?

Leurs livres rapportent des observations

merveilleuses; etVan-Helmontétaitpres-

que aussi extravagant que Paracelse. La chimie ayant l'ait quelques progrès, Silvius fit du corps humain un laboratoire; un professeur de nos jours n’a pas été plus heureux, et la chimie était déjà une science. Tout est faux dans leur système et il n’y a peut-être de vrai que la ressemblance de l’estomac à une cornue. Qu’apprendrait-on davantage dans les physiciens , dans les mécaniciens ? Hoffman chef des solidistes, appelle encore à son secours quelques idées mécaniques; il n’est utile que lorsqu’il est hippocratique. Stalh, exclusivement animiste, et Boërhaave , la lète la plus vaste qui ait jamais paru dans les sciences médicales, malgré leurs travaux immenses.

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nom presque rien fait que l’on puisse consulter aujourd’hui avec fruit. Enfin, les écrits des diverses écoles, ceux des humoristes de Montpellier, ceux des sohdistes d’Edimbourg, renferment sans doute quelques préceptes utiles, mais ils sont noyés dans une dialectique ver-

beuse.

Ce tableau des révolutions des théories générales de médecine, tracé en 1 accourci , doit suffire pour faire voir combien les livres qui en découlent , ont du retarder la science ! Combien elle doit être longue, pénible et douteuse pour celui qui croit qu’on ne peut l’apprendre que dans les ouvrages des anciens! Combien elle est éloignée du degré de perfection où on veut la conduire par les travaux modernes !

Ainsi, d’après la marche assurée et rigoureuse qu on a prise, nous pouvons être convaincus que les livres innombrables qui encombrent les bibliothèques, tomberont dans l’oubli : le feu sera inu-

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tile; la vérité est plus puissante, elle est une et durable comme le temps; comme lui, elleest hors de l’homme; et si l’homme a pu quelque chose sur elle par l’erreur, le temps peut tout sur lui.

La chirurgie, en supposant qu’on peut la séparer de la médecine , a eu une plus heureuse destinée, quoiqu’elle soit restée plongée dans 1 oubli pendant de longues années. Cet art qu’avaient cultivé les médecins les plus recommandables de l’antiquité, Hippocrate et Arétée chez les Grecs, Galien et Celse chez les Romains, Albucasis chez les Arabes, fut abandonné à l’ignorance, et, courant les campagnes, il donnait a vivre à ceux qui ne pouvaient se soutenir de l’autre métier. Flétri par les préjugés, les docteurs du douzième siècle le jugèrent audessous de leur condition et de leurs talens; ils crurent sans doute qu’il n’est guère possible de supposer et de faire des raisonnemens sur des faits matériels.

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Mais dès les premières découvertes anatomiques, on reprit l’étude des lésions externes, et depuis ce temps, l’anatomie et la chirurgie ont toujours marché ensemble; les progrès de l’une ont fait les progrès de l’autre, et les hommes qui se sont emparés de ces deux branches de l’art, ont si bien mis à prolit les secours qu’elles se prêtent mutuellement, qu’ils ont porté cette chirurgie, jadis si méprisée, à un degré de perfection que la médecine est loin d’atteindre encore. Il est vrai que la pathologie externe, à peine née, n’avait pas des antécédens absurdes qui pussent entraver sa marche; elle n’avait qu’à sortir des mains de l’ignorance pour arriver au point où elle est parvenue aujourd’hui ; tandis que la pathologie interne avait et a encore contre elle plus de difficultés à vaincre, plus d’erreurs, et autant de préjugés à détruire ; elle a des théories à renverser; il faut qu’elle en prouve la nullité. En outre, dans celle-ci, les obstacles sont plus nombreux, et sont d’une toute au-

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tre importance à surmonter que ceux qu’on a pu rencontrer clans celle-là.

Dans les maladies internes, il y a à résoudre des problèmes qui tiennent à des phénomènes qui sont liés aux liantes fonctions vitales, aux lois primordiales de la vie, tandis que dans les lésions chirurgicales, ces phénomènes ne sont en général qu’en sous- ordre, et pour ainsi dire physiques. En un mot, l’une avait à détruire et à édifier ; l’autre n’avait qu’à édifier : et puis d’ailleurs, ne sait-on pas qu’il est plus facile d’élever une nouvelle science , que d’en refaire une qui a vieilli des siècles entiers dans les hypothèses?

La thérapeutique chirurgicale est également plus avancée que la thérapeutique des maladies internes : cette perfection des moyens curatifs tient encore à la nature des affections. J1 est plus aisé, je pense, d’agir sur des dispositions anatomiques que sur des phénomènes purement vitaux; d’un coté, on agit directement et immédiatement; de l’autre.

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on est obligé d’agir à travers les fonctions : tout est ici à l’avantage de la chii u 1 gie. Elle n a peut-être pas à se repro- ( bei d avoir consacre l’emploi de la racine de telle plante contre la jaunisse, paice que sa couleur est jaune } elle n’a pas 1 ecommande, comme spécifique contie 1 asthme, le poumon du renard, pane que cet animal a une puissance de respii ation t res-grande. On ne conçoit pas aujourd’hui qu’on ait pu croire à de pareils laits, tant ils sont absurdes.

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