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Mais si la chirurgie n’a pas eu de moyens de traitement aussi puérils, en lui faisant grâce de ses emplâtres, aujourd’hui, peut-être, lui ferait-on, avec quelque fondement, le reproche d’être trop instrumentale, trop sanglante. Je le demande, où sont les résultats, les bienfaits que l’on doive à des procédés si entreprenans? Et des opérations hardies, quoique couronnées de succès, sont-elles un motif qui offre assez de sé-
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curité pour qu’on puisse à l’avenir les pratiquer sans danger ? Ce n’est pas dans des opérations inconcevables que consiste le vrai génie chirurgical. La véritable chirurgie ne veut pas qu’on aille porter le couteau trop près des organes qui sont essentiels à la vie; ce n’est qu’à la dernière extrémité qu’elle souffre la ligature de la carotide primitive : ear, est-il possible que les artères collatérales soient suffisantes pour verser dans l’encéphale le sang qui est indispensable à sa vie; et d’ailleurs, ces artères n’ont-elles pas une autre destination ? Elle condamne la ligature de l’aorte ventrale; car qui la remplacera dans ses fonctions, qui portera aux membres inférieurs l’aliment qui doit les nourrir? Elle ne permet pas toujours qu’on pratique l’ablation de certaines tumeurs qui, parleur volume, leur nature ou leur situation , donneraient lieu à unesuppuration ruineuse, occasionneraient une hémorrhagie mortelle sur-le-champ, ou pourraient intéresser un organe important. Si Ton
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ouvie les annales de cette chirurgie téméraire, on verra que ceux qui ont osé de pareilles opérations, ne les ont pratiquées qu’a l’abri d’une grande réputation • et si l’on parcourt les muséum d’anatomie pathologique, on en voit les résultats conservés dans l’esprit-devin (1). II faut se garder des imprudences qui pourraient compromettre l’utilité et la certitude de l’art. Employer le fer le moins possible, mais ne pas le négliger dans certaines circonstances, et avoir plus de confiance dans 1 ’expectation des maladies externes, c’est là la vraie chirurgie.
Si ce que je viens de dire avec un peu d humeur n’est pas tout-à-fait déraisonnable , ceux qui sont destinés à entrer dans la carrière seront prévenus que les fautes des grands maîtres sont quelque-
(1) Un chirurgien très-fameux me disait, en visitant son cabinet de pièces anatomiques : « voilà des opérations que j’ai faites », et il me montrait en même temps des bocaux ou les résultats étaient contenus.
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fois plus utiles que le succès ordinaire d’un homme perdu dans la foule.
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Cependant , il s’en faut que tout soit réduit à sa juste valeur en chirurgie; et dans les maladies d’un même système d’organes, il y a toujours des problèmes à résoudre, et ils ne trouvent leur solution que dans l’observation des résultats pathologiques éclairés par l’anatomie.
Ainsi, les maladies des voies urinaires, qu i offren t l’ex em p 1 e le p 1 us r em a r q u able des progrès rapides qui ont illustré la chirurgie de ce siècle, laissaient quelque chose à désirer. Tous les cas non prévus qui se présentaient ne trouvaient pas des procédés curatifs : souvent il y avait à s’étonner de la difficulté à pénétrer dans la vessie avec une sonde , même métallique; d’autres fois, on croyait prendre une fausse route, quand l’instrument semblait ne pas suivre la ligne ordinaire, etc. C’est qu’on ne se doutait guère qu’un organe qui joue un
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rôle physiologique si secondaire, peut dans l’état de maladie avoir une grande influence sur toutes les parties qui l’avoisinent : la Glande Prostate , à travers laquelle passe le canal de l’urètre , ne jouissant que d’une sensibilité trèsbornée , n’était pas bien connue dans tous ses détails anatomiques : en vain j’en ai cherché une description complète dans les anatomies les plus modernes. Sans doute que bien des cas de retrécissemens du canal de l’urètre n’auraient pas resté indéterminés, si tout ce qui la concerne avait été signalé ; les chirurgiens qui ont écrit sur les affections des voies urinaires , auraient été moins en peine dans plusieurs circonstances.
Le Traité de sir Evérard Home sur les maladies de la Glande Prostate a éclairci bien des doutes, et a résolu plus ) d’un problème. Toujours préoccupé des moyens de sonder la vessie, son attenlion, néanmoins, ne s’était jamais portée spécialement sur les lésions de cette j
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glande. Dans le mois de décembre i8o5, il découvrit, en examinant la proslate d’un individu avancé en âge , mort à la suite d’une affection de cet organe, une saillie en forme de mamelon, qu’il a reconnue, parla suite des recherches auxquelles cette découverte a donné lieu , pour être un troisième lobe, situé au-devant des deux latéraux, qu’il a appelé lobe moyen .
Ce fait anatomique a dû modifier et améliorer tout ce qui a été écrit sur cette glande, sur ses maladies et sur celles des voies urinaires. Basé sur de semblables motifs , j’ai cru le travail du chirurgien anglais assez intéressant pour passer dans notre langue. Dans l’état actuel de la science, il importe peut-être davantage pour l’art lui-même d’enrichir notre littérature médicale de livres ex professo , que de traités généraux ; car en dernier résultat, c’est sur les monographies que doit s’élever le grand édifice de la science, pour qu’il puisse être durable.