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CHAPITRE IL Des dysménorrhées

1146. L'hémorrhagie menstruelle étant un phénomène ut Co d ^ m ^ n a l u 1 ^ nbvsioloÉique , l'état de maladie survient toutes les fois ••établit par u

* J u * manifestation a.

qu'elle se manifeste d une manière anomale. Les états patho- nomaie det rè. logiques qui en résultent étant nécessairement subordonnés ppurla manifestation de leurs phénomènes à toutes les conditions qui se rapportent à la production d'une hémorrhagie. rentrent nécessairement dans la classe des hémorrhagies. Les maladies qu'ils constituent ne doivent pas être considérées comme des états morbides dont il faut supprimer la cause occasionnelle , mais comme des états morbides liés à l'accomplissement d'une fonction, principalement caractérisée par une hémorrhagie dont il faut réduire la manifestation à ses limites normales.

1 147. Nous comprenons, sous la dénomination de dys- ^^^SL*** ménorrhées *, les maladies qui résultent de l'accomplissement difficile ou troublé de l'hémorrhagie menstruelle,

ou des anomalies que présentent les phénomènes de la menstruation

Les dysménorrhées ne peuvent exister que dans les conditions inhérentes à l'accomplissement de la menstruation j la connaissance de ces conditions physiologiques sert donc nécessairement de point de départ pour l'appréciation de tous les phénomènes pathologiques des dysménorrhées.

Art. I. Des symptômes des dysménorrhées.

11 48. Les accidents dysménorrhéiques se présentent à

sons lesquelles

* se présentent les

1 Dysménorrhée, dysmenorrhea, de <K*, difficilement; /u^v, mois; pua, dysménorrhées, je coule.

l'observation clinique sous des formes très variables, à considérer les cas particuliers*, on peut néanmoins, par l'appréciation de leurs phénomènes, les rapporter tous à deux formes principales, qui comprennent toutes les dysménorrhées qui se montrent le plus habituellement.

A la première se rapportent les dysménorrhées dans lesquelles se manifestent des douleurs ou des accidents spasmodiques, sous l'influence de la menstruation, dans les organes génitaux ou dans d'autres parties plus ou moins éloignées de ces organes. Ces dysménorrhées comprennent les maladies que Sauvages appelait hystéralgies cataméniales, et que l'on trouve désignées dans les auteurs sous les noms, tantôt de coliques utérines menstruelles , tantôt de congestions utérines menstruelles tormineuses, etc. Nous les distinguons par, la dénomination de dysménorrhées hystéralgiques.

La deuxième forme des dysménorrhées comprend toutes celles dans lesquelles on voit se manifester, sous l'influence de la menstruation , des hyperaimies ou des hémorrhagies sur d'autres parties que les organes génitaux. Ces dysménorrhées constituent toutes les maladies que Stahl indiquait sous le nom générique de menorrhagiœ erroneœ. Nous les désignons sous le nom de dysménorrhées hémorrhagigues.

L'observation clinique fait quelquefois rencontrer des cas qui réunissent des symptômes communs aux dysménorrhées hystéralgiques et hémorrhagiques. Ces cas sont facilement ramenés à l'une Ou à l'autre de ces formes de la maladie par la considération de leurs phénomènes dominants essentiels. Il est ensuite toujours très aisé de se rendre raison de la nature et de la connexion de ces phénomènes les uns par rapport aux autres, et par rapport à la cause prochaine qui les détermine , quand on les a analysés sous tous les aspects qu'ils peuvent présenter dans les cas qui n'offrent que les seuls accidents de l'une ou de l'autre forme de la dysménorrhée.

DES DYSMÉNORRHÉES. 55

$ I. Des symptômes des dysménorrhées hysléralgiques.

1 1 49* L'observation suivante est un exemple de la forme observation la plus prononcée de la dysménorrhée by*téraïgîque. 'd^oir^ï*

Une fille de a5 ans , présentant tous tes caractères ex- b > •^extérieurs d'une bonne constitution et non pléthorique, menant une vie très sédentaire , avait eu ses règles pour là première fois A seize ans. Elle n'avait éprouvé aucun accident jusqu'à l'âge de vingt-deux ans , quoique pendant les deux ou trois premières années de sa menstruation elle se rut livrée i la masturbation. Elle commença ators , après avoir éprouvé un violent chagrin , à ressentir dahs les deu* ou trois jours qui précédèrent ses règles une vive douleur aux lombes, qui augmentait parfois jusqu'à déterminer des défaillances-, les règles venaient terminer cette douleur, qui ne se reproduisait qu*â Fépoque menstruelle suivante. L'hémorrhagie menstruelle durait quatre jours; elle était aaseu considérable , surtout pendant doux jours. Les accidents augmentèrent progressivement k partir de la vingtquatrième année , et arrivèrent au degré où nous les observâmes. Deux ou trois jours avant la manifestation de chaque hémorrhagie menstruelle, cette fille éprouvait d'abord une douleur obtuse à l'épigastre , et une douleur tormineuse à l'ombilic et aux lombes. La nuit suivante, les douleurs tormineuses augmentaient d'intensité; le sommeil se suspendait , il y avait deux ou trois selles liquides avec épreintes , et quelquefois des nausées et des efforts de vomissement. Le lendemain, les coliques étaient presque continues, elles occupaient la région ombilicale et les fosses iliaques. Très souvent cette fille éprouvait des syncopes, des défaillances et une vive douleur de téte , quelquefois suivies d'accidents spasmodiques hystériformes. La pression sur l'hypogastre était douloureuse; la région lombaire était le siège d'une douleur continue, qui augmentait par instants jusqu'à faire pousser des cris à la malade.

Cette douleur était plus vive et plus difficile à supporter que les coliques qui existaient en même temps; tout le pourtour du bassin, depuis les hanches, et les cuisses étaient en même temps le siège d'un sentiment trèé pénible de courbature. Les mamelles étaient tuméfiées , et des douleurs lancinantes s'y faisaient sentir par intervalles. On ne pouvait ingérer dans l'estomac même une cuillerée d'eau pure , sans qu'il survînt des vomissements. Le pouls était sans fréquence, et la peau sans chaleur anomale. L'examen des organes génitaux nous fit reconnaître une injection prononcée de la muqueuse du vagin jusque sur le col de l'utérus , qui était abaissé et ne «e trouvait qu'à deux pouces environ de la vulve. L'utérus ne nous parut pas augmenté de volume ; il n'était pas douloureux à la pression , exercée soit par le vagin , soit par le rectum. Ces symptômes duraient jusqu'au troisième jour de la manifestation des règles. Pendant ces trois premiers jours, l'utérus ne laissait écouler qu'en très petite quantité, et par intervalles , plutôt de la sérosité rouge que du sang; les règles coulaient ensuite abondamment pendant deux jours, puis tous les accidents cessaient rapidement', l'hémorrhagie utérine diminuait alors : cependant le sang ne se montrait plus que sous la forme de sérosité sanguinolente pendant deux ou trois heures chaque jour , puis l'écoulement menstruel se terminait le sixième jour. Ces accidents avaient été inutilement combattus par des préparations de fer , par l'administration de l'opium , par des lavements d'assa-fœtida , par des saignées qu'on avait souvent renouvelées, etc. Nous considérâmes tous ces accidents comme le résultat immédiat de l'hyperaimie menstruelle qui se produisait chez cette fille avec trop d'intensité avant l'hémorrhagie utérine périodique. Nous conseillâmes l'usage habituel des bains tièdes d'abord et ensuite frais pendant tout le mois, avec l'exercice musculaire journalier prolongé nous ordonnâmes de pratiquer tous les mois , quatre jours avant les

DES DYSMÉNORRHÉES.

règles , une saignée du bras de trois ou quatre onces au plus, et de commencer dès ce moment à administrer des bains de siège et des lavements frais à quinze degrés tous les jours , même quand les règles seraient arrivées , jusqu'au troisième jour de leur manifestation. Cette médication amena une diminution des accidents dès la première époque menstruelle. A la troisième époque, les règles parurent sans aucun accident précurseur ; elles ne durèrent que quatre jours. Le traitement fut encore continné pendant deux mois; les accidents n'ont plus ensuite reparu.

n5o. L'hystéralrie cataméniale débute le plus souvent Symptômes de trois ou quatre, quelquefois cinq à six jours avant 1 hé- uméniai*. morrhagie menstruelle*, elle s'annonce par des douleurs lombaires, qui augmentent principalement quand la femme se tient debout, et qui s'accompagnent d'un sentiment de lassitude et de courbature dans les cuisses. Des douleurs de coliques, revenant irrégulièrement, se font sentir à l'hypogastre et surtout à l'ombilic. Ces douleurs augmentent d'intensité et prennent différentes formes; tantôt ce sont des douleurs lancinantes et comme térébrantes au-dessous de l'ombilic ; tantôt ce sont des douleurs constrictives , comme si l'abdomen était serré avec un lien. La région ombilicale et surtout la région hypogastrique sont habituellement tendues et douloureuses à la pression. Les fonctions digestives sont presque toujours dérangées; souvent ce dérangement ne consiste que dans de Panorexie , des éructations et quelques douleurs lancinantes épigastriques ; d'autres fois , il y a des nausées , une douleur gravative continue à Tépigastre ; enfin, dans quelques cas, les malades vomissent tous les aliments, et même les boissons ingérées dans l'estomac. Le plus souvent, ces malades sont constipées ; quelquefois, au contraire, elles ont des évacuations alvines liquides qui , dans quelques cas , se Çpnt avec des épreintes et une vive douleur de ténesme à l'anus. Pendant que ces accidents se manifestent

vers l'abdomen, les mamelles se gonflent, sont douloureuses à la pression et deviennent souvent le siège de douleurs spontanées quelquefois très vives. Les organes génitaux présentent aussi des symptômes' particuliers; les femmes éprouvent dans le vagin un sentiment de chaleur qui se fait surtout sentir à la vulve , dont les grandes et les petites lèvres sont gonflées*, il se manifeste souvent un écoulement vaginal mUqueux oumucoso-séreux*, les urines sont ardentes et btfûlent le canal de l'urêtre.

Tous ces accidents augmentent d'intensité â mesure que le moment de l'apparition des règles approche. Si la manifestation des règles est subite , ils se terminent immédiatement ; si elle s'établit progressivement, ils augmentent en même temps et ne disparaissent que lorsque le flux menstruel commence à décroître. Il arrive fréquemment , et cela est presque toujours ainsi quand l'hystéralgie cataméniale dure depuis long-temps, que l'hémorrhagie menstruelle s'établit avec difficulté ; tantôt la femme ne perd pendant plusieurs Jours qu'une très petite quantité de sérosité sanguinolente, tantôt les règles surviennent avec abondance , et se suppriment presque aussitôt pour recommencer au bout de quelques jours, et souvent disparaître de même avec rapidité pour se manifester encore de nouveau 5 dans quelques cas , le flux cataménial est très abondant et constitue comme une perte •, enfin Ton voit encore les règles se montrer avec très peu d'abondance et durer pendant huit, dix, douze jours, se manifestant par in ter • valles , tantôt sous la formé d'une perte de sang, tantôt sous celle d'un flux séro-Sanguinolent ; dans ce dernier cas , les accidents hystéralgiques persistent ordinairement pendant un temps beaucoup plus long , qui n'excède cependant que de quatre à cinq jours le moment de la cessation de l'hémorrhagie menstruelle.

Rapport de 1 1 5 1 . L'invasion des douleurs hystéralgiques n'arrive pas

l'invasion des " .

douleurs hysté- toujours au début ou même pendant 1 immmence de 1 ap-

DES DYSMÉNORRHÉES. 5q

parition des règles; elle survient quelquefois pendant la ^^JJon*^» durée , et , dans quelques cas , à la fin du flux menstruel, '«gie». Elle arrive alors subitement , souvent sans prodrômes $ elle débute ainsi lorsqu'elle coïncide avec la suppression subite du flux menstruel par quelque cause extérieure.

11 52. L'exploration des organes génitaux internes pen- rM J^J5J nd J dant la dysménorrhée hystéralgique, et surtoût quand les J^™*'^** 11 }; femmes éprouvent au plus haut degré les symptômes les dysménorrhée

r * * . * hystéralfique.

plus prononcés de cette maladie , ne fait reconnaître que l'état qui se présente à chaque manifestation normale des régies (1098).

1 155. Les accidents dysménorrhéiques peuvent survenir Rapport des

J , accident* hysté-

à une ou deux époques menstruelles , puis ne plus repa- raigiques avec

A rn 7 * % r r différentes époj

raitre ensuite et récidiver plus tard au bout de quelques que* menstrueimois 5 c'est ordinairement ainsi qu'on les voit se comporter chez les filles, depuis l'âge de la puberté jusqu'à la fin de l'accroissement. Dans le plus grand nombre des cas, surtout chez les femmes adultes, cette maladie une fois développée devient chronique, et se renouvelle à chaque époque menstruelle durant plusieurs années.

Toutes les attaques n'ont pas la même intensité, et les accidents ne suivent pas une marche régulièrement croissante; la maladie offre , dans la succession, dans l'intensité et même dans la forme de ses accès , beaucoup d'irrégularités. Quelquefois une ou deux hémorrhagies menstruelles surviennent sans accident, et constituent une sorte d'intermission dans la maladie. Les accidents sont tantôt intenses à une époque, tantôt légers à la suivante. Enfin , il arrive que la maladie, qui s'est montrée une ou plusieurs fois avec les symptômes qui viennent d'être décrits, emprunte une autre fois aux autres formes de la dysménorrhée (1 158 et une partie de leurs symptômes qui lui donnent une forme en quelque sorte mixte.

1 154. La dysménorrhée hystéralgique est l'une des ma- ne f5e P ia é d 8mé" ladies qui présentent les accidents épiphénoméniques les ^ ysté "

60 MODIFICATIONS DES HÉM0RRHAG1ES FONCTIONNELLES.

plus variés; des douleurs céphalalgiques intenses temporales, sus-orbitaires, syncipitales ; des vertiges, de la pesanteur de tête, des bourdonnements dans les oreilles; de l'anorexie, des nausées et des vomissements opiniâtres ; des palpitations , des accès de dyspnée et de suffocation ; des mouvements convulsifs, des lypothymies; des douleurs contusives ou comme névralgiques dans les mamelles , se manifestent dans cette maladie , tantôt à toutes les attaques , tantôt dans quelques attaques seulement.

Les rapports de ces épiphénomènes avec les symptômes habituels de la maladie sont toujours très variables; le plus souvent, c'est dès le début des attaques que ces épiphénomènes surviennent , et ordinairement ils perdent de leur intensité ou même cessent tout à fait à mesure que l'hémorrhagie menstruelle se prononce davantage. Ces épiphénomènes ont quelquefois une telle intensité qu'ils masquent , pour ainsi dire , les symptômes propres de la maladie, qui sont ainsi beaucoup moins prononcés, ^atbnsque ii 55. Les symptômes propres de fhystéralgie catamésymptômes des niale se développent souvent avec une intensité très varia-

hyslcralgies ca- * * . .

tumcniaies. ble les uns par rapport aux autres. Ainsi , le gonflement et les douleurs mammaires sont quelquefois tels, qu'on serait tenté de considérer la maladie ou comme une hyperaimie inflammatoire , ou comme une névralgie mammaire , d'autant plus que les symptômes abdominaux sont presque toujours alors assez modérés. Dans quelques cas , la céphalalgie ou les symptômes gastriques, les nausées, les vomissements, la douleur épigastrique, sont si intenses, qu'il semblerait qu'il s'agit d'une encéphalite ou d'une gastrite commençante , ou au moins d'une dyspepsie très intense, suites de l'hys- ii 56. L'hystéral gie cataméniale est souvent suivie de

teraigie catamc j>| nvag j on tfune phlegmasie de l'utérus ou de ses annexes ;

elle est souvent aussi symptomatique de cette inflammation, et surtout des phlegmasies qui ont leur siège au col Utérin ? ou dans Jes ovaires ou les trompes.

DÈS DYSMÈRÔRRIIÉÉS. 6l

1 1 67 . La dysménorrhée hystéralgique est rare avant l'ac- t ( # opm croissement terminé; elle se manifeste presque toujours P dJi^énorîhéi* chez les femmes de vingt à trente-cinq ans on l'observe b y ftéral 8 l< i ue ' aussi quelquefois dans les dernières années de la menstruation. Cette maladie étant liée à la menstruation n'arrive jamais avant la puberté et après l'âge critique*, elle ne se manifeste pas non plus pendant la grossesse et durant l'allaitement. Elle diminue ordinairement d'intensité d'une manière progressive dans les dix dernières années qui précèdent l'âge critique.

$ II. Symptômes des dysménorrhées hémorrkagiques* n58. Les dysménorrhées hémorrhagiques n'ont qu'un R apport dM petit nombre de symptômes qui leur soient particuliers h émôirhagiq!eî elles empruntent tous les symptômes de presque toutes les SJ^ttJSÎjiÎKÏÏI." * autres hémorrhagies , en se les appropriant par la circonstance du rapport qu'ils ont dans leur manifestation avec les époques cataméniales. Toutes les hémorrhagies, par les voies d'exhalation, peuvent se manifester dans ces dysménorrhées. Ces hyperaimies , ces hémorrhagies, s'annoncent par leurs symptômes propres , en conservant des rapports immédiats avec la menstruation , soit par les époques où elles surviennent % soit par leurs prodrômes. * 11 59. Les symptômes précurseurs des menstrues régu- s^mptômet lières se manifestent , et presque aussitôt les malades éprou- rh'et hé'mo'Xvent les prodrômes d'une hémorrhagie , ou plutôt les phé- 8^quc, * nomènes qui se lient à la présence d'une hyperaimie sur quelque organe. Dans le plus grand nombre des cas, une pléthore générale s'annonce en même temps sous sa forme ordinaire (ai).

Ces premiers symptômes sont bientôt suivis de la manifestation de l'hémorrhagie menstruelle, et en même temps de l'explosion d'une hémorrhagie par l'organe sur lequel se sont montrés les symptômes d'hyperaimie. L'hémorrhagie menstruelle est ordinairement alors moins

prolongée et moins considérable que dans l'état normal; dans quelques cas, elle se réduit à l'écoulement d'une petite quantité de sang ou même de sérosité sanguinolente, tandis que l'hémorrhagie supplémentaire est abondante et prolongée : mais cette hémorrhagie utérine n'en est pas moins accompagnée des symptômes de l'apparition des menstrues chez le sujet malade (1098).

Rapport de la 1 160. On peut réunir dans les recueils d'observations un

dysménorrhée , ,

hémorragique très grand nombre d exemples de ces dysménorrhées, canomènes mens- ractérisées par des déviations hémorrhagiques sur presque tous les organes. Tous ces faits, quand ils ont été vus par des observateurs dignes de confiance , montrent que la fonction menstruelle ne manque pas de se manifester dans ces cas, même avec l'hémorrhagie utérine, quelque peu considérable qu'elle soit 5 le phénomène anomal et véritablement morbide , c'est la manifestation simultanée et consécutive d'une hyperaimie ou d'une hémorrhagie sur un organe quelconque, sous l'influence de la menstruation, dont l'effet immédiat sur l'utérus est seulement alors beaucoup moins prononcé. Dans ces cas la fonction menstruelle ovariqueet utérine n'est réellement pas interrompue , seulement elle est peu marquée par ses phénomènes normaux , et son in- * fluence détermine la production par divers organes d'hé-

morrhagies qui s'accomplissent au détriment de l'hémorrhagie utérine.

obgervationi 1 1 6 1 . Voici quelques observations cliniques sur ces dysd^sménorïhéeV ménorrhées :

hémorrhagique. Uûe fcmme de 3 ^ fut fripée d'une grande terreur pendant qu'elle avait ses règles, qui furent immédiatement supprimées il s'ensuivit l'invasion immédiate d'une vive anxiété précordiale , avec douleur gravative sur la poitrine et palpitations de cœur. A l'époque menstruelle suiyante , l'hémorrhagie utérine fut presquenulle , et précédée d'une douleur gravative au dos et aux hypoehondrep \ U se manit festa ensuite de la toux et une hémoptywe qui *ç termina

DES DYSMÉNORRHÉES.

au bout de quatre jours. De cet instant , nette femme resta sujette tous lesmoisà des hémoptysies plus ou moins abondantes pendant cinq à six jours, et qui revenaient avec les règles. Cette maladie durait depuis neuf ans; si la grossesse suspendait les règles, l'hémorrhagie ne survenait pas , mais elle reparaissait après l'accouchement, et se manifestait aux périodes menstruelles pendant l'allaitement, La santé n'éprouvait pas d'ailleurs d'autre dérangement. On essaya inutilement un grand nombre de moyens de traitement sans aucun résultat l .

Une dame pléthorique, d'une forte constitution, eut un flux hémorrhoïdal qui finit par se reproduire tpus les mois en même temps que les règles. Ces dernières devinrent très peu abondantes et s'accompagnèrent de coliques et de douleur de scia tique. Tous les accidents allèrent en augmentant et devinrent ensuite continus ; U en résulta une cachexie comme scorbutique. Tout se termina cependant par un traitement méthodique.

Une femme fut prise d'une hématémèse , immédiatement après un violent accès de colère ; ses règles, qui couplaient , furent immédiatement supprimées $ chaque fois ensuite que les règles reparurent , les vomissements de sang se reproduisirent. Alberti conseilla de recourir aux émissions sanguines pratiquées au* pieds. Le sang tiré était pâle et ressemblait à de la lavmre de chair-, cependant la malade fut guérie *.

Une femme de 3o ans^ frappée d'une grande frayeur pendant ses règles, brçt, pendant qp'elle était toute tremblante , une grande quantité d'eau froide* U en résulta un tremblement des membre? et de PaBoroie, A ta période suivante, les règles revinrent, mais en beai^oup moindre

1 Obs. de FrecL Hoffmann ; Op. phys. med. 9 p. u, sect i, cap. n, $ xi, p. 207.

2 Observations de Mich, Alberti ) m JCttbleri DiuêrU tâàmmarroUL Argen* forafi, 1742, p. 21,

64 MODIFÏCATIOW& DES IlÈlKOItRfïÀGIES TONCTIONNELLES./

quantité -, elles s'accompagnèrent (f anxiétés précordiales,, de nausées, de vomissements, de froid des extrémités et d'injection de la face. A la troisième époque , tous ces accidents se reproduisirent; il survint de plus, pendant trois jours , un vomissement de sang abondant qui affaiblit beau-* coup la malade *.

Chez tous les sujets de ces observations , la manifestation de l'bémorrhagie a été le symptôme le plus tranché de la dysménorrhée*, dans tous, l'extravasation sanguine s'est montrée avec les signes d'une hyperaimie prononcée sur l'organe qui en a été le siège. Dans la dernière observation que nous venons de rapporter , d'après F. Hoffmann , les accidents développés sur l'estomac, par l'effet de la dysménorrhée, n'ont été une fois portés que jusqu'au degré de l'hyperaimie. Dans le cas suivant , l'hémorrhagie ne s'est établie qu'une fois*, la dysménorrhée ne s'est pas moins manifestée à chaque époque, mais seulement par des symptômes de pléthore.

Une demoiselle de 26 ans, abondamment réglée, eut, sans cause connue , une diminution des deux tiers dans la quantité du flux menstruel:, de ce moment , elle eut à chaque époque des douleurs céphalalgiques lancinantes, une oppression avec toux fréquente ; le pouls était plein , développé et presque toujours fréquent. Ces accidents cessaient et se reproduisaient avec le flux menstruel. Il survint enfin une hémoptysie qui parut avec les menstrues , mais qui persista après elles. Le pouls était plein et rebondissant ; des saignées locales à la vulve et à l'anus firent cesser ces accidents. A l'époque menstruelle suivante, cette demoiselle se plaignait deux jours auparavant de maux de tête , de battements des artères temporales et d'oppression; le pouls devint de nouveau dilaté et fréquent; une saignée

1 Fred. Hoffmann; Op, omn. phys, med*, p. n, sect. 1, cap. ni, obs.vin, p. 218.

DBS DTSM1II0*XH,*K3.

locale aux organes génitaux , pratiquée comme moyen prophylactique , fut suivie de l'apparition des règles sans phénomène anomal ; mais U fallut retenir aux mêmes moyens pendant six mois, à chaque époque menstruelle \

1 162. La dysménorrhée hémorrhagique ne se manifeste r«r»«t <ut *e. rarement qu'une seule fois , aussi constitue^t-elle le plus ^d^uS^' souvent une maladie chronique , .composée d'accidents SEjJïe w aigus revenait à chaque époque menstruelle. Ces accidents , quoique tous de même nature, diffèrent souvent d'intensité et affectent quelquefois des organes différents : tantôt, en effet, ce ne sont que des symptômes d'hyperaimie qui à^une autre attaque vontjusqu'à l'extravasation sanguine, et constituent alors une hémorrhagie complète, «I vie* ver$a 5 tantôt ce ne sont que des symptômes de pléthore > auxquels se joint ou non l'hyperaimie et Thétnorr hag}e ; Je plus souvent, «'est toujours sur le même organe que cette hyperaume avec ou sans hémorrhagie s'établit; quelquefois cependant différentes parties sont affectées aux différentes attaques, comme cela est arrivé chez les sujets des observations que nous avons rapportées (55 1 et 116 j), et comme nous l'avons vu chez la femme sur laquelle nous avons recueilli l'observation suivante :

Une femme de 53 ans , grêle, d'une faible constitution, s'était bien portée jusqu'à .l'âge de 24 *n* qu'elle devint grosse pour lapremière fois. Ses règles avaient été jusque-li abondantes pendant six jours chaque mois \ elles ne se rétablirent que quatre mois après l'accouchement 5 elles furent peu abondantes pendant cinq ou six mgis. Alors , qi * moment de ses règles, cette femme eut, sans cause connue, un vomissement de sang considérable % qui se reproduisit aux époques menstn^He» suivantes. Cette gastrohémorrhagie s'accompagnait de vives douleurs d'estomac , qui ne persistaient pas quand le vomissement de sang

1 Latotir, UnU 4e$ emu$ du hémorrhagie*, U u, p. 145» obs. 577.

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