DÉFINITION ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES DES DIACRISES
sable le dépôt d'un produit modifié sur les surfaces extérieures des parties vivantes ou dans des réservoirs destinés à recevoir les produits de la sécrétion. Toutes les maladies dans lesquelles s'eflectuent d'une manière anomale la préparation , l'introduction ou le dépôt , dans le sein ou sur les surfaces des parties vivantes , de molécules qui s'y fixent ^t qui y acquièrent avec la trame de ces parties des conditions d'adhérence ou de continuité, ne peuvent être considérées comme des diacrises ; elles consistent dans des anomalies de la nutrition qui peuvent avoir leur siège dans toutes les parties du corps, et elles n'affectent les organes sécréteurs que comme toute autre partie vivante; ainsi, plusieurs maladies que l'on a appelées altérations de sécrétions interstitielles, telles que les infiltrations de différentes espèces, celles qu'on a appelées flux internes, comme les épanchements dans les cavités séreuses ou dans les cavités de certains organes creux, ne peuvent être assimilées entièrement aux diacrises : c'est pourquoi nous ne nous en occupons point dans cette deuxième partie.
i55o. Dans toute sécrétion il y a un organe sécréteur D«conaitio«t spécial, et toujours le produit de la sécrétion provient au iâîéV*^^*^ moins en grande partie du sang par l'intermédiaire d un a^'J^* acte élaborateur de cet organe. Le produit de toute sécrétion a par conséquent une origine interne, il en est nécessairement de même pour l'origine do, produit de toutes les diacrises.
Pour l'accomplissement d'une sécrétion il y a toujours intervention active d'un organe sécréteur, à laquelle se rattachent nécessairement tous les phénomènes habituels qui se lient à Inactivité d'un organe. La même condition existe dans les diacrises, et comme les phénomènes d'action des organes varient dans l'état physiologique dans des limites écartées sans qu'il y ait état morbide, dans les diacrises où ces limites sont toujours dépassées , les phénomènes d'action sont toujours plus prononcés ou s'ac-
DES DIACHIIES EN GÉNÉEAL.
complissent irrégulièrement de manière à constituer les principaux symptômes de la maladie.
Chaque sécrétion a pour résultat dans l'état physiologique de faire naître en quantité variable dans certaines limites, suivant les besoins auxquels elle est destinée â pourvoir, un produit extérieur solide 9 liquide ou gazeux , il y a toujours relativement à l'organisme séparation et dépôt à l'extérieur de ce produit, soit sur les surfaces internes, soit sur les surfaces externes. Ces conditions inséparables de l'existence d'une sécrétion à l'état physiologique le sont également de toute maladie qui appartient aux diacrises, puisque l'accomplissement anomal d'une fonction ne peut exister qu'après la fonction elle-même, et est nécessairement subordonné à toutes les conditions qui résultent de la nature , de la disposition et dumo4e d'action des organes de cette fonction. , ,
m odb pour 1 55 1 . Le mode d'exportation d'un produit sécrété hors de îéÏÏétS^Ut^ l'organisme varie selon le but de la sécrétion, jnais dans £d ^SuS^t ûucun 008 ce produit n'est destiné à rester inhérent à quelles ûêêoê «trati- q Ue organe, à s'attacher à sa trame ou à persister dans ses interstices, à devenir en un mot partie intégrante et continue de son tissu. Nous ne rapportons pas par conséquent aux sécrétions proprement dites les actes organiques qui ont pour résultat de déposer des substances solides, liquides ou gazeuses dans les interstices {le^fi^rç* des tissus , <k»s les lacunes ou cellules séreuses , dans les cavités cylindriques ou aréolaires des os , etc* Nous poçsiçlérpps, même pas comme de simples sécrétions le» actes organiques qui font naître sur la surface intérieure et dans la traipç de certaines parties des couches stratifiées plus ou moins solides, cornées, calcaires, osseuses , etc. ; tous ces actes appartiennent à la nutrition. Les physiologistes qui les ont rapprochés des sécrétions à cause du peu de vitalité ou même de la nature inorganique de certains de ces produits n'ont, pas réfléchi que dans l'organisation des tissus vivants, considé-
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ré« non seulement dans l'homme mais aussi dans toute la série animale, les molécules organisées ne sont pas partout au même degW et ne sont même nulle part complètement soustraites aux lois physiques, et qu'il est même beaucoup de parties où ces lois sont tellement prépondérantes que ia formation et la condensation textiles ne s'opèrent que sous leur influence,
1 55a. D'après notre manière de considérer les sécrétions caractères dif-
-, V - . ■ ' . , , . térenm» des
nous déterminons facilement les conditions pathologiques diacrfses. spéciales qui font des diacrisesun genre de maladie séparé, renfermant des affections toutes de même nature et ne différant que, par les conditions qui résultent des dispositions particulières aux divers organes sécréteurs. . . Toute maladie dans laquelle un produit de sécrétion habituel solide, liquide ou gazeux se trouve modifié dans ses qualités ou augmenté de quantité d'une manière apqmale est une diacrise, ÇeUe maladie emprunte ensuite le ça^ctère idiopathique ou symptomatique de la manière dont la lésion morbide s'est introduite dans l'organe sécréteur. Si cette lésion provient d'une altération primitive dç la texture de cet organe, l'anomalie fonctionnelle e$t nécessairement secondaire et la sécrétion altérée n'est qu'un effet de la maladie même des tissus de l'oçgane et. n^apjjar-. tient point aux diacrises idiogathiques ; il faut au contraire considérer \bl diacxi$e comme essentielle et primitive toutes les fois que l'anomalie de la sécrétion est le phénomène pathologique principal et primitif au-delà duquel on ne trouve plus que les effets immédiats morbigènes 4ès çauses externes ou internes.
1 5 53 . L'accomplissement d'une sécrétion est une IOnCtlOn Des formes des
, . *j ' '•, ' ' . ' , . • * i dtocrises suivant
complexe qui comprend plusieurs actes physiologiques : ie mode de u Le premier est le phénomène intime qui se produit dans l *\teq£u^oT. l'organe sécréteur, et qui constitue l'acte primordial de la iUto0, . sécrétion; le produit sécrété est ensuite déposé dans le ré* servoir de l'organe sécréteur, puis il est transporté, par des
DES BIA.CEISSS BH GÉKÉBAL.
organes vecteurs, plus ou moins loin du lieu où il a été élaboré ; il est enfin versé sur les surfaces qui doivent le recevoir, ou rejeté hors de l'organisme. Dans quelques sécrétions , ce dernier acte n'arrive qu'après le dépôt et l'accumulation de ce produit dans un réservoir approprié. Ces actes, qui se font et se succèdent différemment selon les divers organes sécréteurs, sont modifiés différemment aussi dans les diacrises, en raison de leur siège et suivant les formes variées de ces maladies* Ces modifications dont l'origine des formes différentes que peuvent présenter ces maladies , sans changer cependant de nature. Il est des diacrises dont tous les phénomènes se rapportent â la modification de l'acte sécréteur; d'autres qui ne présentent que des symptômes d'excrétion modifiée en raison de la qualité ou des qualités anomales du produit altéré $ d'au- \ très dans lesquelles le trouble des fonctions à l'accomplis-
sement desquelles le produit sécrété est nécessaire , est l'accident principal; d'autres enfin qui n'ont de symptômes que ceux de l'excrétion plus active d'une plus grande quantité du produit de la sécrétion, etc. On peut ainsi aisément comprendre comment l'identité de nature de plusieurs de ces maladies disparaîtrait pour le médecin qui s'arrêterait aux formes extérieures de leurs accidents , sans tenir compte des effets des dispositions spéciales des organes , et des différences qui résultent dans f expression des phénomènes, de la lésion plus directe dés divers actes organiques coordonnés entre eux pour l'accomplissement de la fonction dont les anomalies constituent l'état morbide.
ctnetère * 1 5 54. Après les hémorrhagies , les diacrises sont les mala- ^crii^l'déiâu * es simple* qui puissent se produire , parce qu'elles ^e^ d .éîï£ «Joignent le moins de fétat physiologique. L'action des racte qui im organes sécréteurs dans l'état de santé est variable dans des
constitue ctteo- *>
jjj 1 ^^^^ limites si écartées, qu'il est impossible de déterminer oit commence l'état morbide autrement que par les dérange-
crises.
DBS SYMPTOMES DES DIACIUSES EN GÉNÉRAL. 369
ments fonctionnels qu'il occasionne* Aussi le passage d'une sécrétion de la condition normale à la condition pathologique , n'est-il le plus ordinairement lié à la production d'aucune altération de texture durable des organes sécréteurs; il survient souvent comme il cesse, avec une facilité et une vitesse qui montrent qu'il y a toujours peu d'intervalle de l'état physiologique d'un organe sécréteur, porté aux termes extrêmes de son action , à l'existence en lui de la condition réellement morbide.