‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 11 sur 61 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des altérations des organes dans les hémorrhagies.

67. Il n’y a point de lésions appréciables dans les hémorrhagies avant qu’il existe une congestion ou unehyperaimie locale. A cet état , les organes ont augmenté dans leur volume naturel, légèrement dans le plus grand nombre des organes , considérablement dans ceux qui onf une structure principalement composée de vaisseaux, pouvant admettre le sang rouge. Tous les vaisseaux sont distendus par le sang, de manière que leur volume est augmenté , et que beaucoup de ceux qui n’étaient pas visibles par leur ténuité se distinguent très-aisément.

68. La congestion hémorrhagique peut aller, dans quelques organes, surtout dans ceux qui, comme le cerveau, ont une structure molle ou très-fragile, ou même dans des organes d’une texture assez solide, comme les poumons, jusqu’à déterminer le déchirement des vaisseaux engorgés-, l’extravasation du sang produit ainsi la destruction du parenchyme de l’organe dans une assez grande étendue.

69. Les organes qui sont à l’état de congestion ont une rénitence plus grande au toucher que dans l’état sain.

70. Après la mort , la congestion vasculaire ne persiste dans les organes que lorsqu’elle avait une certaine étendue.

Le tissu cellulaire , aux environs des parties congestionnées, est toujours pénétré et même infiltré d’une plus grande quantité de sérosité que dans l’état sain. Les vaisseaux de l’organe qui est dans l’état d'iiyperaimie sont tellement distendus par le sang , que ce fluide s’écoule en abondance , par gouttelettes , sous le tranchant des instruments-, les tissus très-vasculaires' conservent encore une teinte rouge plus foncée que dans l’état normal. Dans les organes membraneux, quelque vasculaires quils soient.

DAKS LES HÉMORRHAGIES.

il arrive souvent qu’on ne trouve , après la mort , d’autre le'sion apparente, sur la surface qui a fourni le sang exhalé, qu’une légère teinte produite par l’imbibition de la matière colorante du sang.

71. Lorsque Fhémorrhagie s’accomplit, le sang s’écoule par les orifices béants des vaisseaux qui se sont rompus , ou il suinte sur la surface où la maladie a son siège sans qu’on puisse distinguer de rupture vasculaire évidente , ou encore il s’écoule après la rupture de tissus dans lesquels il s’est d’abord infiltré en s’y creusant des locules. On ne peut constater ces altérations , pendant la vie, que sur les organes externes ; les dissections démontrent qu’il en arrive de même dans les hémorrhagies profondes. On reconnaît alors les canaux vasculaires qui ont fourni le sang par rupture^ à leur état d’engorgement et d’obstrusion par des caillots et à leur disposition flottante au milieu des grumeaux de sang coagulé : on distingue d’ailleurs quelquefois leur solution de continuité. Il faut dire cependant que toutes les recherches sont souvent impuissantes pour y parvenir. L’injection d’un liquide dans les vaisseaux, qui semblerait , dans ce cas , un moyen d’investigation directe assez sûr , ne peut éclairer sur les désordres que lorsque la rupture a compromis des vaisseaux d’un certain volume -, pour les petits vaisseaux , elle ne fait rien découvrir. Ces vaisseaux obstrués par du sang coagulé, sont imperméables au fluide injecté.

72. Lorsque le sang s’écoule des surfaces tégumentaires internes ou externes, ou des surfaces séreuses, il ne semble pas qu’il y ait de rupture des artérioles -, il suinte sur une certaine étendue de la surface , se réunit en gouttelettes , qui se multiplient quelquefois même avec assez de rapidité pour former une sorte de jet. La membrane sur laquelle se fait cette hémorrhagie par exhalation reste le plus souvent, après la mort, augmentée d’épaisseur, plus humide, qu’à l’état sain, et rougie et pénétrée de sang, au point

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