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CHAPITRE IV

Diagnostic des hémorrhagies.

Dessignesdia- i38. Lcs signcs diagnostiqucs des hémorrhagies s’obhémorrhagies, tienneiil par 1 appréciation rationnelle des phénomènes qui se lient aux lésions élémentaires constitutives de ces maladies. Ces signes n’ont pas seulement pour utilité de mettre à même de déterminer la nature de la maladie ^ mais ils servent aussi à faire apprécier le degré relatif d’importance de ses éléments ^ car là se trouvent les différences essentielles de la maladie , et là sont les sources directes des indications thérapeutiques.

iSg. Les signes fournis par l’organe affecté , quand il est extérieur , sont d’abord l’extravasation du sang dont la présence suffit pour constituer une hémorrhagie ce sont ensuite les signes de la présence d’une hyperaimie plus ou moins prononcée. Ces signes se trouvent dans la tuméfaction de l’organe , l’injection et la congestion de ses vaisseaux, comme dans la congestion inflammatoire; mais dans riiyperaimie hémorrhagique , l’organe affecté n’est point le siège d’une douleur autre que la douleur gravative obtuse. La pression à laquelle on le soumet est indolente , et fait pâlir ses vaisseaux, qui reprennent immédiatement après leur état d’injection sanguine. Si le sang elFextravasé dans

DIAGNOSTIC DES HEMORRHAGIES.

le tissu de l’organe , il s’y reconnaît à sa couleur rouge qui devient brune et violette ^ et se transmet à la trame des tissus, sans pâlir sous la pression. A mesure que la résorption reprend le sang épanché, la teinte rouge, brune et violette devient violette jaune et enfin jaune clair , teinte par laquelle passe , en s’effaçant , la couleur du sang extravasé et infiltré dans les mailles des tissus.

i4o. Les symptômes généraux qui peuvent caractériser une hémorrhagie sont les phénomènes de défaillance , de décoloration générale et la faiblesse progressivement croissante des battements artériels. Ces signes de soustraction du sang contenu dans le système circulatoire ne se voient que dans les. hémorrhagies et quelques diacrises excessives et rapides; ils indiquent, par leur intenté , toute la gravité de la maladie ; leur persistance montre que la perte de sang a été considérable et a laissé une oligaimie qui ne peut être l’effet que d’une hémorrhagie. Il faut cependant réduire à leur juste valeur les symptômes généraux qui se montrent dans les hémorrhagies , tels que la défaillance , le froid des extrémités, l’agitation et l’anxiété du malade, la pâleur extrême de la face, etc. Tous ces symptômes sont en grande partie l’effet dans les hémorrhagies qui versent leur produit au dehors de la terreur que cause même chez les hommes les plus courageux la manifestation de cette maladie.

' 141 . Dans beaucoup de circonstances , le transport à l’ex-

térieur des produits hémorrhagiques indique la présence de la maladie dans un organe profond. Le trouble des fonctions de l’organe affecté , la suspension même d’une partie de ces fonctions , liée aux autres signes de l’hémorrhagie , montrent quel est le siège de la maladie, et permettent d’apprécier les désordres déterminés dans la texture même de l’organe.

142. Les phénomènes réunis de la pléthore sanguine, et . signes qui

• J. O / inrlimipnt

d’une hyperaimie locale intense, jointe à l’extravasation du

indiquent que est

8o DIAGNOSTIC DES HÉMORRHAGIES.

sang , suffisent pour faire voir que la maladie réunit tous les caractères de surexcitation ou de surcharge générale et locale de Tappareil circulatoire , par lesquels les médecins ont distingué les pertes de sang qu’ils ont appelées hémorrhagies actives. L’extravasation du sang^ sans les symptômes d’une hyperaimie prononcée ^ et surtout sans ceux de la pléthore sanguine , caractérise les hémorrhagies que l’on ne considérait qu’à peine comme actives. Si la perte de sang existait avec une oligaimie indirecte ^ ou chez des individus déjà dans un état de cachexie manifeste, on regardait l’hémorrhagie comme passive, c’est-à-dire comme ne devant son origine qu’à une sorte d’atonie qui faisait franchir au sang les bouches exhalantes des vaisseaux.

145. Une hémorrhagie très-abondante ne se montre jamais sans une hyperaimie prononcée et à symptômes évidents dans l’organe qui en est le siège ; elle est aussi ^ dans le plus grand nombre^des cas , jointe à une pléthore générale manifeste. Les phénomènes de ces lésions manquent complètement dans les hémorrhagies qui dépendent de ruptures de vaisseaux, dues à des causes physiques ou à des maladies du canal vasculaire. Le caractère négatif de ce moyen de distinction des hémorrhagies n’empêche pas qu’il n’ait souvent une très-grande valeur. Toutes les hémorrhagies considérables , regardées comme passives par les auteurs, ne sont que des maladies symptomatiques. Tl est d’une grande importance de rechercher jusqu’à quel point les hémorrhagies que l’on observe peuvent présenter ces caractères. On s’éclaire sur ce point par les symptômes de phlegmasies ou de diacrises dont ces pertes de sang sont les effets. On reconnaît que l’hémorrhagie doit être considérée comme scorbutique , comme symptomatique d’une fièvre grave, etc., quand les symptômes du scorbut ou de la pyrexie sont dominants.

PKOGNOSTIC DES HÉMORRHAGIES EN GÉNÉRAL.

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