CHAPITRE PREMIER
Des épistaxis.
üoo. La membrane muqueuse qui revêt toute l’étendue Ce qu’on eades fosses nasales est remarquable parle grand nombre de staxis/^*^ vaisseaux qu’elle reçoit, par lalaxité de sa texture et par la sécrétion muqueuse considérable qui se fait à ea surface. Cette membrane doit à sa structure vasculaire de participer à un haut degré aux congestions sanguines qui surviennent vers la tête , avec une facilité et une fréquence que justifient la grande étendue du système vasculaire artériel, veineux et capillaire encéphalique et l’influence mécanique de l’action du cœur et de l’élasticité des gros troncs artériels que les vaisseaux de la tête ressentent à un plus haut degré que tous les autres vaisseaux du corps.
201. L’hémorrhagie qui survient à la surface de la membrane pituitaire se nomme épistaxis'^.
Art. I. Des Symptômes des épistaxis.
202. Stahl et ses disciples ont beaucoup insisté sur les Prodromes des
1 A 1 r . ^ f r ?• 1 épistaxis.
-prodromes des épistaxis-, ils ont exagere 1 importance de ces prodromes, tandis que d’autres ont contesté leur manifestation ^ il est impossible de se refuser à les admettre dans le plus grand nombre des cas.
203. Ceux qui sont menacés d’une épistaxis éprouvent ordinairement un sentiment de pesanteur à la tête et de chaleur à la face , principalement au front et aux yeux.
La peau du visage et surtout l’une des joues, celle qui correspond à la narine qui va devenir le siège de l’hémorrhagie , est injectée, rouge et chaude au toucher et au sentiment du malade. A ces symptômes précurseurs , qui
* E7ric;7à|î5, a verbo , sîgnificat sanguinis siiUafionem e na^-
ribus.
Jl4 HÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES,
Symptômes des épistaxis coniinnées.
Durée des épistaxis.
sont les plus légers qui s’observent 5 se joignent quelquefois les suivants : les temporales battent avec force ^ la tête est douloureuse et lourde, le sommeil est pénible et agité, les yeux sont très-injectés, les fosses nasales sont le siège d’une sécheresse et d’une chaleur , avec douleur gravative et prurit incommode , comme au début d’un coriza intense •, quelquefois même le pouls est élevé , assez plein , les extrémités sont roides , il y a un état de malaise général trèsprononcé.
Les prodromes des épistaxis se prolongent rarementplus de deux ou trois j ours ^ le plus souvent ils commencent quelques heures avant l’invasion de l’hémorrhagie.
2o4« Dès que l’hémorrhagie se montre , le sang sort par gouttes par l’une et très-rarement par les deux narines. Si le malade se tient couché , ce fluide extravasé descend dans le pharynx, par les arrière-narines , et est alors rejeté en partie par expuition et en partie porté dans l’estomac. Les gouttes de sang se succèdent avec plus ou moins de rapidité, suivant l’abondance de l’hémorrhagie -, elles sont trèsrarement rapprochées au point de former un jet continu.
2*o5. Lorsque le sang sort par gouttelettes séparées, il se coagule quelquefois à l’orifice des narines, il les obstrue et il nuit ainsi à l’issue du sang. Si ce caillot, ainsi formé , s’étend jusqu’au lieu où le sang est versé sur la muqueuse , il suspend l’hémorrhagie , il la supprime même quelquefois complètement ; mais s’il est limité à l’orifice externe des fosses nasales , le sang continue à s’écouler par la narine postérieure dans le pharynx.
La suppression de l’hémorrhagie nasale , par un caillot ainsi formé , n’est souvent que temporaire *, une fégére secousse d’éternument , le toucher du malade , déplacent le caillot et reproduisent la maladie.
206. La durée ordinaire des épistaxis est peu longue ^ il est rare qu’elle excède une ou deux heures : mais dans quelques cas elle est beaucoup plus considérable. Nous
©'ES ÉPISTAXIS,
ii5
l’avons vue dureiv vingt-quatre heîi^es sans inter3'uption.
Dans ces cas , Fépistaxis est assez considérable pour qu’il se manifeste des syncopes, des défaillances et tous les symptômes de l’oligaimie (4^, 53).
Les épistaxis se renouvellent assez souvent plusieurs fois dans une journée et récidivent même pendant plusieurs jours de suite.
Les épistaxis sont presque toujours des maladies aiguës; leurretour fréquent par intervalles, pendant un temps assez long ne se lie point à un état morbide de la muqueuse , qui persiste après chaque perte de sang. On trouve cependant quelquefois des épistaxis qui reviennent si fréquemment, et dans l’intervalle du retour desquelles la muqueuse olfactive reste si manifestement à l’état de congestion, qu’il est impossible de ne pas y voir une maladie véritablement chronique, qui se prolonge pendant des mois et même des années.
207. Quand les épistaxis sont survenues dans la nuit, Suites de la
, . . déglutition du
pendant le sommeil , et lorsqu on a tenu en supination les sang dans les malades, le sang provenant de Thémorrhagie s’est accumulé dans l’estomac ; les malades ressentent alors à l’épigastre une douleur gravative, qui se joint bientôt à des nausées et même à des vomissements de sang noirâtre , brun, cailleboté. Si le vomissement ne survient pas , dans ces cas , le sang , descendu dans l’estomac, est rendu le lendemain ou le surlendemain par les selles, sous la forme d’une matière liquide noirâtre, filandreuse.
208. A mesure que les épistaxis continuent, la pesanteur Effets immé-» de tête , la chaleur qui existait vers la face , les batte- staxis ments exagérés des artères temporales se calment, le visage
pâlit , le pouls diminue de force, et un état général de bienêtre succède souvent à la sensation d’accablement , d’assoupissement continuel qui fatiguait le malade, surtout dans les prodrômes de l’hémorrhagie.