‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 24 sur 61 · Lorsque l’expuiiion sanguine est complètement · texte numérisé non relu

Lorsque l’expuiiion sanguine est complètement

sent des symptômesparticuliers dans l’hémoptysie. Lorsque

DES HÉMOPTYSIES. l4l

suspendue , le thorax résonne à la percussion d’une manière normale , comme dans l’état physiologique mais la respiration restant superficielle et l’anxiété assez prononcée, le bruit d’expansion que produit l’entrée de l’air dans les vésicules pulmonaires se perçoit moins distinctement au fond de chaque inspiration que dans l’état sain. Dans les cas où les phénomènes d’oppression et de dyspnée sont très-prononcés , on perçoit un râle soiis-crépitant humide dans un poumon vers sa base et à sa partie postérieure , très rarement dans les deux organes de l’hématose à la fois.

269. Il est très-rare que l’on n’ait qu’une hémoptysie en sa vie. Cette hémorrhagie est , comme toutes les autres , très-sujette à des récidives qui surviennent parles causes les plus légères, à des intervalles irréguliers. Ce n’est guère que lorsque l’hémoptysie est le résultat d’une déviation de l’hémorrhagie menstruelle , qu’on la voit se reproduire mensuellement comme les règles elles-mêmes. Nous en rapporterons un exemple (376)« H arrive cependant quelquefois aussi , même pour ces hémoptysies , qu’elles deviennent continues 5 les époques régulières , où l’hémorrhagie primitive se montrait , restent alors marquées par des exacerbations. Ces hémoptysies , par déviation d’hémorrhagies habituelles et surtout par déviation des menstrues, se renouvellent quelquefois pendant des années sans déterminer aucune lésion dans les organes de la respiration qui rende l’hémorrhagie incurable.

260. L’hémoptysie est presque toujours aiguë-, cependant on a quelquefois occasion de l’observer à l’état chronique. Elle a suivi cette marche chez le sujet de l’observation suivante.

Un employé de bureau, âgé de 48 ans, était sujet, depuis l’âge de 36 ans, à des hémorrhoïdes qui fluaient de temps en temps avec peu d’abondance, surtout dans les saisons chaudes. Cet homme fut pris, en juin 1828, après avoir fait huit lieues à cheval presque toujours au

Récidives des hémoptysies.

Hémoptysie

chronicpie.

T/j.2 hémorrhagies DES MEMBRANES MUQUEUSES.

galop 5 d’une vive chaleur avec douleurs profondes dans la poitrine, bientôt suivies de toux et de l’expectoration d’une assez grande quantité de sang très-rouge. Cet accident fut combattu par deux saignées, un régime lacté et un repos complet. La santé se consolida jusqu’au mois de décembre suivant , qu’une nouvelle attaque, étant survenue, exigea les mêmes moyens qui furent moins efficaces. L’hémoptysie récidiva cinq fois en six semaines^ cependant le malade se rétablit encore , et se porta bien jusqu’en août 1829. Alors survint une nouvelle hémoptysie peu considérable, mais qui ne dura pas moins de trois mois, pendant lesquels le malade crachait tous les deux ou trois jours et souvent tous les jours , avec quelques secousses de toux sèche, deux ou trois cuillerées de sang rouge écumeux. L’exploration la plus attentive du thorax, répétée plusieurs fois, ne décélait aucune lésion dans le parenchyme des poumons. On ne percevait que quelques traces de râle muqueux à grosses bulles quand l’expectoration sanguine existait-, parfois, l’on entendait des traces de râle crépitant vers la base des pou*nions, et d’autres fois la respiration devenait si faible , que le bruit d’expansion pulmonaire ne se percevait plus. Ce dernier phénomène était bien évident , comme prodrome de l’expectoration sanguine. Nous combattîmes cette maladie en faisant garder au malade un silence complet, en lui faisant appliquer tous les jours sur les lombes et les cuisses des ventouses sèches, en lui faisant prendre des pédiluves sinapisés le matin et le soir, et par des applications de sangsues en petit nombre , fréquemment réitérées à l’anus. Le régime alimentaire consistait seulement dans l’usage du lait, du bouillon, des potages légers et des viandes blanches en petite quantité. Pendant tout le temps que se prolongea cette hémoptysie , même lorsque l’hémorrhagie était suspendue, le malade éprouvait de la chaleur dans la poitrine avec un sentiment d’oppression et de douleur derrière le sternum et dans le dos lorsqu’il marchait. Le pouls

DES HÉMOPTYSIES. 14

avait quelquefois de la fréquence , mais ce pliénomène était fugace*, la peau présentait quelquefois, et à des périodes irrégulières, une chaleur insolite , mais peu prolongée; il J avait aussi des bouffées de chaleur suivies de sueurs générales. Cette hémoptysie prolongée ne fut pas suivie d’un amaigrissement considérable. Le malade devint pâle et décoloré. Tous les accidents diminuèrent progressivement , mais ils persistèrent encore plus de six semaines après la cessation complète de Fhémorrhagie. En i83i, au mois d’octobre , après un rhume que cet homme contracta , il y eut une hémoptysie peu considérable , quant à la quantité de sang qui fut rejetée, mais très-pénible par la dyspnée, l’oppression et la douleur thoracique gravative que le malade éprouva. Une large saignée , indiquée d’ailleurs par l’état de plénitude du pouls , termina cette nouvelle maladie. Depuis cette époque, cet homme n’a eu aucune reprise de la maladie; il jouit d’une santé florissante. Nous lui avons fait pratiquer, à diflerentes reprises , des émissions sanguines comme moyen prophylactique de l’hémoptysie. L’exploration la plus attentive de sa poitrine souvent réitérée ne nous a fait reconnaître aucune trace d’altération morbide dans les organes de la respiration et delà circulation. La membrane muqueuse trachéo-bronchique peut donc devenir et rester pendant un temps assez long , pendant plusieurs mois, le siège d’une exhalation sanguine, qui ne se rattache à aucune altération de texture qui. empêche le retour de cette membrane à ses conditions physiologiques.

261. Les hémoptysies chroniques, soit par la durée de l’hémorrhagie , comme dans le cas qui vient d’être rapporté, soit par la succession des récidives durant un temps trèslong , ne sont souvent pas incompatibles avec un état de santé supportable. <( 11 est, dit P. Frank, des personnes » qui sont, pendant une longue partie de leur vie, sujettes » à des hémoptysies quelquefois périodiques exemptes

Hémoptysies chroniques peu.

nuisibles.

Observation

» de graves accidents ^ de fièvre , et de toute altération de » l’organe pulmonaire »

Art. II. Des altérations des organes dans les hémoptysies.

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