‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 32 sur 61 · Lorsqu’on voit se manifester les symptômes gas · texte numérisé non relu

Lorsqu’on voit se manifester les symptômes gas

triques qui servent de prodrômes à la ^astro-hémorrhagie xasion d’une gaschez des personnes qui ont éprouvé des hémorrhagies sup- gie. primées depuis quelque temps , ou chez des individus qui portent des maladies chroniques qui gênent la circulation artérielle ou veineuse (36o, 366), il faut regarder l’invasion

de la gastro-hémorrhagie comme très-probable. La manifestation de cette maladie chez les sujets ainsi placés dans des circonstances favorables à sa production suffit pour qu’on doive s’attendre à des récidives de cette affection, d’autant plus fréquentes et d’autant plus rapprochées que les causes déterminantes de la maladie ou que l’habitude des pertes de sang seront plus prononcées.

Des effets fâ- 378. De toutes les hémorrhagies internes , celle qui nous bémorrha^esr* occupe est Celle qui brise le plus rapidement les forces;

aussi est-elle une de celles qui sont le plus souvent portées jusqu’à l’oligaimie. La difficulté que l’on a à faire cesser la gxande faiblesse des malades à cause du trouble consécutif des fonctions digestives, qui empêche de les soumettre sans inconvénient à une alimentation réparatrice, fait que cette maladie a toujours des suites très-graves. Nous ne croyons pas avec Ettmuller que la gastro-hémorrhagie soit le plus souvent salutaire pourvu qu’elle ne soit pas excessive K La gastro-hémorrhagie est toujours une maladie grave, ne fût-ce que parla disposition qu’elle laisse à sa reproduction. Il n’y a que la gastro-hémorrhagie qui dépend d’un dérangement accidentel d’une hémorrhagie habituelle , comme les menstrues > les hémorrhoïdes, etc., dont on puisse dire avec Cullen qu’elle n’est presque jamais une maladie dangereuse; mais elle n’en laisse pas moins presque toujours les malades dans un état de débilité dont ils sortent lentement ; ils conservent aussi pendant long-temps une susceptibilité de l’estomac qui les expose à des gastralgies, à des dérangements des fonctions digestives qui se reproduisent pour les moindres causes. Il arrive même souvent que la gastro-hémorrhagie continue à se reproduire même lorsque l’hémorrhagie , au dérangement de laquelle elle avait succédé, s’est rétablie, tant est grande la disposition aux exhalations sanguines

’ Op, omn, , t. I p. 4.06,

DE» GASTRQ-HÉMOïtflHAGIBS.

que ces maladies laissent dans la muqueuse de ^estomac.

579. Il est bien rare que le malade succombe dans une première attaque de gastro-hémorrhagie; cela n’arrive guère que lorsque la maladie provient d’un obstacle à la circulation artérielle ( 36g ), ou de la rupture accidentelle d’une artère dans les organes digestifs; mais il y a des exemples de morts déterminées par une deuxième ou troisième attaque d’hémorrhagie gastrique , survenue dans l’intervalle de quelques jours avant que l’oligaimie produite dans les attaques précédentes ait pu être réparée.

380. Il faut porter un prognostic fâcheux dans toutes heWrhà^ les gastro-hémorrhagies qui dépendent d’érosion de l’es- sympiomauques tomac et de maladies profondes et incurables des organes

de la circulation (SSg). Celles qui $e lient à des maladies chroniques de la rate et du foie sont aussi toujours d’un mauvais présage. Il en est de même de celles qui dépendent de carcinomes de l’estomac. C’est sans doute à ces dernières lésions et à celles de la rate et du foie que se rapporte le plus grand nombre de ces vomissements de sang noir chroniques que les anciens regardaient comme l’indice d’un état morbide presque toujours mortel.

Le prognostic des hémorrhagies gastriques symptomatiques du scorbut, de la fièvre jaune, s’établit sur l’état morbide primitif; l’hémorrhagie de l’estomac le modifie seulement, selon la quantité de sang qu’elle fait perdre au malade , car elle concourt ainsi à amener l’épuisement.

38 1. L’hémorrhagie gastrique des nouveau-nés n’est Prognostic de

ccttc ïîiülcidiG SC*-*

pas suivie de mort aussi fréquemment qu’on serait porté Ion les âges, à le penser eu égard à la faiblesse de ces sujets, à la difiiculté avec laquelle ils supportent les pertes de sang, et en raison de l’état de congestion sanguine dans lequel se trouvent les organes digestifs chez eux(35o).

Les gastro-hémorrhagies guérissent plus facilement et ont des suites moins fâcheuses, toutes choses égales d’ailleurs, chez les jeunes sujets que chez les hommes avancés

Prognostic des saues des hémorrhagies gastriques.

Indications curatives des gastro - hémorrhagies.

en âge; elles sont presque toujours suivies chez les vieillards d’une débilite qu’ils ne réparent plus ^ et qui hâte le terme de leur existence.

382. La gastro-hémorrhagie laisse toujours après elle une grande difficulté dans l’accomplissement des fonctions digestives J qui dure pendant un certain temps , et qui se lie sans doute à la modification que la congestion et l’hémorrhagie gastriques ont imprimée aux sécrétions iiitrastomachales. On peut prévoir cette altération des fonc-tions de l’estomac après ces maladies. Il ne faut pas la confondre avec celle qui résulte de la présence d’une maladie organique de l’estomac dont l’hémorrhagie n’aurait été que le symptôme. Le prognostic pour celle-ci est des plus graves, car la maladie organique continuera ses progrès , tandis que le trouble des fonctions de l’estomac, qui succède aux hémorrhagies , ira en s’aflaiblissant avec le temps.

Art. VI. Thérapeutique des gastro-hémorrhagies.

383. Les indications curatives du traitement des gastrohémorrhagies rentrent presque toutes dans celles qui s’appliquent à la curation des hémorrhagies en général {^ibo et sqq^. Il en est cependant quelques-unes qui sont propres à ces maladies , et qui se déduisent des conditions spéciales de l’organe malade et de la maladie en elle- même. Ainsi l’estomac est nécessairement soumis au contact plus ou moins excitant des aliments. Ce contact est nuisible dans les congestions hémorrhagiques de cet organe, mais sa suspension ne peut être faite d’une manière absolue , au moins pendant un temps prolongé, puisque les aliments sont le premier stimulant d’une fonction indispensable à la vie. Il est donc indiqué de suspendre autant que possible toute administration d’aliments, et lorsque cette suspension ne pourra plus être continuée, de ne donner que les aliments les moins stimulants et en très-petite quantité.

DES GASTRO-HEMORRHAGIES.

L’estomac doit aux rapports qu’il a avec l’appareil spécial de la veine-porte par ses vaisseaux veineux de participer à toutes les modifications que la circulation dans cette veine peut éprouver, et de ressentir ainsi médiatement l’influence des lésions qui ont leur siège dans les organes qui appartiennent à cet appareil veineux (566); de là naît la nécessité de tenir le malade dans toutes les conditions qui rendent la circulation facile dans la veine-porte. Enfin l’estomac doit à la grande étendue et au développement considérable de ses vaisseaux de devenir très-facilement le siège de graves congestions sanguines, et en même temps d’être difficilement soustrait à l’action de l’appareil circulatoire qui lui vient du tronc artériel commun par un vaisseau court et d’un gros volume. Il faut donc modérer l’action de l’appareil circulatoire général autant que possible. i

584. Lorsqu’une extravasation de sang dans l’estomac est probable d’après les prodromes éprouvés par le malade ( 517 ), le traitement rationnel consiste à combattre l’hyperaimie dont l’estomac est le siège. Les moyens pour satisfaire à cette indication consistent à combattre directement la pléthore sanguine générale à laquelle la congestion de l’estomac peut se trouver liée ( i56 ) , à vider les vaisseaux de l’estomac par les émissions sanguines les plus propres à atteindre directement ce but. Le grand volume des artères que reçoit cet organe , le peu de longueur du tronc d’origine de ces artères , la naissance presque immédiate de l’aorte par l’artère cœliaque, ne permettent d’obtenir ce résultat que par des saignées générales, qui diminuent rapidement et d’une manière directe la quantité de sang qui circule dans les gros vaisseaux, et affaiblissent ainsi les forces de la circulation. Après qu’on a satisfait directement et d’une manière hardie à cette indication , il reste à s’occuper des indications qui sont fournies par les causes qui ont déterminé ou entretenu la congestion sanguine sur

Traitement dans la période des prodromes.

204 HÉMORaHAGIES DES MEMBRAIiES MUQUEUSES.

restomac. Ainsi , si la congestion sanguine de l’estomac succède à une suppression accidentelle d’une autre hémorrhagie , il faut diriger sur les organes qui en étaient le siège, des moyens propres à y déterminer une congestion sanguine active qui puisse détourner sur ce point le molimen hémorrhagique qui s’est établi vers l’estomac. Il est dans tous les cas indiqué d’opposer à l’état"^ de cet organe des congestions déterminées à dessein dans des parties plus ou moins éloignées de l’appareil vasculaire. On y parvient par des applications de ventouses, de sinapismes sur les extrémités , sur les parois du ventre et de la poitrine, sur le dos , etc. Il est rare que l’emploi méthodique de ces moyens de traitement ne détermine pas assez promptement la guérison de la congestion sanguine , et ne prévienne pas l’hémorrhagie. Lorsque la congestion sanguine est très-récente, elle disparaît ordinairement avec rapidité; il suffit même souvent des moyens propres à déterminer sur les vaisseaux des membres et sur les capillaires de la peau du tronc une congestion sanguine passagère , secondée tout au plus par de faibles émissions sanguines locales. Il est important de favoriser l’effet de cette médication en maintenant le malade à l’abri de toute cause excitante de l’appareil circulatoire , et surtout des organes digestifs. Ainsi, le repos absolu, l’usage d’aliments liquides très-doux et en petite quantité , l’administration de boissons mucilagineuses , doivent être recommandés. Comme il importe aussi d’anhuler tous les obstacles à la circulation dans les vaisseaux internes et externes, l’on aura soin de provoquer avec des clystères émollients et laxatifs l’expulsion des matières qui peuvent être accumulées dans les intestins ; on soustraira les parties externes à toutes compressions ; on maintiendra le malade couché , ne fûtce que pour combattre l’influence de la pesanteur sur la circulation , et pour annuler l’influence des mouvements et des contractions musculaires.

DES GA.STRO-HÉMORRHAGIES.

385'. Dans les congestions sanguines de l’estomac qui sont symptomatiques de maladies organiques qui gênent la circulation, on obtient ordinairement les mêmes résultats des mêmes moyens de traitement •, mais dans ces cas on ne peut considérer ces résultats comme définitifs et comme mettant les malades à l’abri des accidents qu’autant que la maladie primitive diminuera elle-même.

386. Si la gastro-hémorrhagie est confirmée, que le sang soit rejeté par le vomissement ou s’accumule dans confîr-

l’estomac , il faut d’abord s’empresser d’arrêter l’extravasation sanguine. On n’y peut parvenir qu’en modérant rapidement l’impulsion circulatoire, et en affaiblissant directement la circulation dans les vaisseaux propres de l’estomac. On ne peut mettre trop d’empressement à obtenir la suspension de l’extravasation sanguine , car elle épuise rapidement les forces.

On satisfait à la première indication par la saignée générale, si l’état des forces le permet, et si le malade n’est pas déjà jeté dans un état de syncope et d’oligaimie prononcé par la perte de sang. Dans ces cas, on ne peut recourir qu’aux moyens suivants, lesquels d’ailleurs ne doivent pas être omis dans les cas où la saignée peut être encore pratiquée. Le malade est couché dans une position horizontale-, on élève même la partie moyenne du corps au-dessus du plan qu’occupent la tête et le bassin , et l’on applique des ligatures circulaires sur les membres. Les moyens qui affaiblissent la circulation dans les vaisseaux de l’organe malade, auxquels il faut recourir en même temps, sont principalement l’application sur l’épigastre et sur tout l’abdomen de l’eau froide et même de la glace.

L’ingestion de médicaments sédatifs , comme l’eau à la glace , ou astringents , comme l’eau acidulée , les solutions alumineuses , tannantes , etc. , a été conseillée dans ces cas pour agir dans le même sens^ mais l’utilité de ces moyens n’est rien moins que constatée ; souvent

2o6 hémorrhagies des membranes muqueuses.

ils augmentent les vomissements de sang et ^hémorrhagie (Sgo). Ces médicaments ne pourraient agir utilement que par leur action topique sur la muqueuse de l’estomac cette action est annulée par leur mélange avec le sang et l’interposition du mucus sanguinolent qui revêt la surface interne de l’estomac (54o).

387. Tandis que le malade rejette le sang par le vomissement ^ il faut avoir soin, surtout si la lypothymie arrive , comme on le voit le plus ordinairement dans ces cas, de prévenir l’accumulation du sang dans le pharynx vers l’orifice de la glotte -, elle causerait la mort du malade par asphyxie. P. Frank justifie cette recommandation par une observation recueillie sur un homme qu’il trouva dans un état d’asphyxie d’où il eut la plus grande peine à le tirer. Cet homme avait été pris subitement, et lorsqu’il était seul, d’une abondante gastro-hémorrhagie La meilleure position à donner aux malades affectés de cette maladie , pour prévenir un pareil accident, est la position horizontale *, c’est aussi celle qui rend plus aisée la suppression de l’hémorrhagie, puisque l’estomac et les viscères des hypochondres ne sont plus alors dans une position déclive par rapport aux autres parties du corps.

Traitement 388. Dès que l’hémorrhagie gastrique est suspendue,

sion delà gaslro- OU U a plus qu’à tenir le malade dans le repos , soustrait

hémorrhagie, ^ ii*/^

a toutes les causes qui peuvent reproduire la maladie. Cependant comme l’estomac reste pendant un certain temps dans un état d’irritabilité exagérée, et plus disposé à devenir facilement le siège d’une nouvelle congestion sanguine qui renouvellerait l’hémorrhagie , il importe d’insister pendant un certain temps sur un régime diététique sévère. Il est souvent même nécessaire de recourir aux moyens de traitement prophylactiques indiqués contre la maladie imminente. Ces moyens de traitement sont surtout directe-

^ Epit, de curandis honu morbis ^ î» c , § 614.

DES GASTRO-HÉMOERHAGIES.

ment indiqués quand U reste de la douleur à l’épigastre , soit spontanée J soit déterminée par la pression ^ lorsque le malade conserve de, la soif et si l’ingestion des aliments liquides légers produit une douleur gravative à l’estomac.

La maladie se présente de cette manière dans le plus grand nombre des cas*, aussi est-on le plus souvent obligé de tenir pendant quelque temps les malades à un régime alimentaire très-téiïu^ composé de bouillons légers ou de lait administrés froids. 11 faut leur ordonner des boissons émollientes gommeuses ou acidulées , prises froides. Celle que les malades supportent le mieux ^ et qui nous â paru préférable dans tous les cas^ est l’eau fraîche pure. Les émissions sanguines générales deviennent indispensables dans ces cas ^ surtout lorsque le malade n’a perdu par la surface de l’estomac qu’une quantité de sang modérée. Cette nécessité de réitérer les émissions sanguines est surtout prononcée lorsque l’on a été obligé de ne pratiquer que de faibles saignées dans le moment de l’hémorrhagie , à cause de la faiblesse extrême dans laquelle les malades sont si facilement jetés par cette maladie. Il faut tenir compte de cette faiblesse; mais c’est en exagérer l’importance que d’en conclure , comme le faisait Quarin , qu’on a peu d’avantages à recourir aux saignées dans ces maladies h Quand il reste des phénomènes de souffrance du côté de l’estomac, il est encore souvent nécessaire d’opérer aussi des déplétions sanguines locales à l’épigastre ou à l’anus , même lorsque le malade se trouve dans un état d’oligaimie qui ne permet pas d’avoir recours aux saignées générales. On ne peut douter, dans ce cas, que l’estomac ne reste dans un état de congestion sanguine qui peut ramener l’hémorrhagie, et qui prédispose d’ailleurs immédiatement cet organe à une phlegmasie. On a quelquefois dans ces circonstances eu recours avec beaucoup d’avantages aux dérivatifs appliqués sur les hypochondres et sur les lombes,

’ De morbü chronicis, p. i54»

2o8 hémorrhagies hes membrakes muqueuses.

tels que les ventouses sèches et scarifiées, les sinapismes, et même les vésicatoires.

Indication des 38g. Le Sang épanché dans le tube digestif est ordinai-

l3x<xtji$ pour

vacuer le sang remeut évacué sans accident par les selles spontanées aui

dutuLe digestif. ^ ■»- jt

surviennent au malade ( 322 ). Lorsque cette évacuation n^arrive pas dans les deux ou trois jours après Thémorrhagie, la présence des produits de Thémorrhagie dans le tube intestinal détermine de l’anorexie , des coliques obtuses , un état de malaise et un sentiment de faiblesse et de courbature générale extrême. Il est alors indiqué de provoquer des évacuations alvines. On y parvient par des clystères laxatifs réitérés, et s’ils sont insuffisants , par l’administration par la bouche de laxatifs très-peu actifs , comme la décoction de casse ou de tamarin, l’eau magnésienne saturée , le petit-lait aiguisé avec une petite dose de sulfate de magnésie ou de crème de tartre soluble. Il faut avoir grand soin d’atténuer l’action topique de ces médicaments par des boissons abondantes.

La facilité avec laquelle les malades vomissent, et la crainte que le vomissement ne reproduise la maladie, doivent faire rejeter les purgatifs nauséabonds, comme l’huile de ricin , les électuaires purgatifs, la manne, etc.

L’irritabilité de l’estomac et la facilité avec laquelle la congestion sanguine gastrique , et par suite l’hémorrhagie, peuvent se rétablir, doivent inspirer au médecin la plus grande prudence. 11 ne peut être trop pénétré du danger, dans ces circonstances , de l’administration des médicaments évacuants d’une certaine activité.

Est-il besoin de dire que les cas dans lesquels le sang provenant d’hémorrhagies de l’œsophage , du pharynx ou des fosses nasales, s’est accumulé dans l’estomac, exigent aussi l’administration des laxatifs , et qu’il n’est pas nécessaire d’apporter alors, pour la prescription de ces remèdes, toute la réserve indispensable lorsque l’hémorrhagie provient immédiatement de l’estomac.

DES GASTRO-HÉMORRHAGIES.

5qo. L’on a conseillé contre l’hémorrhagie de Testo- Indication des

. -, . . boissons astrin-

mac d administrer des médicaments styp tiques et astrin- gentes. gents dont on appréciait les bons effets par leur action astrictive sur la muqueuse gastriqué et sur ses vaisseaux exhalants. On ne peut nier qu’on n’ait obtenu quelquefois de bons résultats de ces médicaments mais ce n’a jamais été que contre des hémorrhagies chroniques de l’estomac, ou dans quelques cas d’hémorrhagies aiguës qui tendaient à passer à l’état chronique , et se caractérisaient par de faibles récidives qui se reproduisaient de temps en temps malgxé que l’on ne reconnût plus aucun signe de douleur à l’épigastre ni d’irritabilité extrême de l’estomac. Les médecins prudents ne se déterminent à l’emploi de ces moyens qu’après avoir insisté^sur les précédents avec assez de constance , et qu’après avoir vu cesser les accidents antérieurs assez complètement pour qu’il ne paraisse plus probable que l’estomac reste le siège d’une augmentation d’irritabilité et d’une hyperaimie active. Les moyens qui agissent de cette manière sont l’eau acidulée avec l’acide sulfurique , une dissolution de sulfate d’alumine , une décoction de ratanhia, d’écorces de grenades, etc. Il y a long-temps que les dangers de l’administration immédiate de ces remèdes dans l’hémorrhagie de l’estomac ont été signalés, principalement par Stahl ^ .

5g 1. La cessation complète de l’hémorrhagie obtenue, Traitement de il ne faut pas perdre de vue la facilité avec laquelle récidives surviennent, et l’état d’irritabilité extrême que l’estomac conserve (333). Un régime alimentaire analeptique, formé de lait , de légumes féculents , de viandes blanches légères, de bouillons gélatineux froids et même à la glace , est alors directement indiqué pour nourrir le malade et réparer ses forces sans irriter l’estomac et sans favoriser le retour de la congestion sanguine sur cet organe. Il est tou-

' CoUeg* pract* , § 56 , p. 363.

210 HÉMOKRKAGIES DES MEMBRAPfES MUQUEUSES.

jours , dans ces cas , très-important de se rendre compte avec le plus grand soin des premiers symptômes qui peuvent faire prévoir le retour des accidents. Des émissions sanguines générales et locales^ pratiquées avec prudence, suffisent ordinairement pour le prévenir. Il est rare, chez les sujets convalescents de gastro-hémorrhagie , que ces derniers moyens ne deviennent pas nécessaires lorsque les forces commencent à se rétablir. Ils sont à la fois la base du traitement de la convalescence des gastro-hémorrhagies et du traitement prophylactique rationnel de cette maladie. Nous ne saurions donc trop recommander à ceux qui ont été affectés d’une gastro-hémorrhagie de se tenir pendant très-long-temps à un régime de vie très-calmant , et d’éviter l’usage des boissons et des aliments excitants et surtout des médicaments toniques et émétiques.

Indications eu- 3q2. Nous ne parlerons des indications qui résultent pour

ratives déduites . i r i • i

des causes. le traitement des gastro-hemorrhagies , des causes particulières de cette maladie, que pour dire que les principes thérapeutiques à cet égard sont ceux qui ont été exposés pour les hémorrhagies en général. Quant aux causes morbides qui sont propres à cette maladie , telles surtout que celles qui consistent dans des obstacles à la circulation de la veine-porte , il suffit de réfléchir à leur nature pour comprendre qu’elles ne fournissent d’autres indications curatives que celles qui résultent de la congestion dont l’estomac se trouve le siège *, seulement elles font concevoir la nécessité , pour obtenir une guérison définitive, de guérir la maladie dont l’état morbide de l’estomac n’est que l’effet.

Curation des SgS. Daus la gastro-liémorrhagie des nouveau-nés, on îha^g^es des non- iiepeut guèro conseüler plusieurs des moyens de traitement ^cau nés. qui viennent d’être indiqués, à cause de l’âge de l’enfant;

il faut cependant y recourir avec toute la prudence et la réserve que commande le jeune âge du malade. Nous conseillons, dans ces cas, d’opérer sur la peau des congestions /sanguines dérivatives par des applications de ventouses aux

DES GASTP.O-HÉMORRHAGIES.

lombes et sur les hypochondres. Brebis a préconise dans ces hémorrhagies l’administration du blanc de baleine dissous dans l’huile*, il a même rapporté un cas dans lequel il eut heureusement recours à cette substance

394. Dans le traitement des gastro-hémorrhagies, plus que dans les autres maladies de même nature, on se trouve moriCgTes. arrêté dans l’emploi des moyens indiqués contre l’oligaimie , par la crainte de déterminer une récidive de la maadie ou au moins de léser l’estomac^ Il n’est cependant pas d’hémorrhagie après laquelle il soit plus souvent nécessaire de remédier aux fâcheux effets des pertes de sang, que celle qui nous occupe. Le régime analeptique, suivi avec les précautions convenables (187 etsq.)^ est le premier moyen de satisfaire à cette indication. A mesure que l’on s’éloigne de la cessation de l’hémorrhagie, on rend ce régime plus analeptique , et dès qu’on peut sans inconvénient porter dans l’estomac des liquides légèrement stimulants et en même temps toniques , on s’empresse de le faire. Les moyens de cette nature que nous préférons consistent daus l’administration des eaux ferrugineuses gazeuses , comme l’eau deBussang, l’eau de Spa, l’eau de Pyrmont, etc. , ou des dissolutions de sels de fer , comme une légère dissolution de sulfate de fer ou de tartrate de fer. Nous donnons ces eaux, d’abord coupées avec du lait ou une décoction mucilagineuse, à une température basse , ou même à la température de la glace, et nous arrivons progressivement à les donner pures et en assez grande quantité. Pendant que nous faisons suivre cette médication au malade , nous le soumettons à d’autres moyens dirigés sur l’appareil circulatoire , dans le but de stimuler son action tout en ménageant les organes digestifs. Nous faisons pratiquer des frictions sèches sur tout le corps plusiem's fois par jour, et nous donnons des bains légèrement frais, rendus stimu-

' Jeta ncad, naf^ carios, , vol, iv , p. 107.

2 12 HÉMORRHAGIES DES MEMBRÂÎfES MUQUEUSES.

lantspar l’addition des sels ou des savons alcalins. Lorsque les malades ont repris de la force, rien ne convient mieux pour hâter la disparition complète de l’oligaimie, et en meme temps pour prévenir le retour de la congestion hémorrhagique sur les organes profonds, que les bains de rivière , quand la saison permet d’y avoir recours*

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