DES ENTÉRO-HÉ3IORRHAGIES
fois; il est plus ordinaire de les voir revenir par intervalles durant un certain temps , et même se manifester en quelque sorte d’une manière chronique comme une indisposition habituelle , comme une sorte de fonction supplémentaire. Il suffit souvent d’un seul laxatif, de l’administration de bains de siège chauds pour reproduire le flux hémorrhoïdal chez ceux qui s’y trouvent disposés , et qui en ont déjà été affectés.
Les rapports étroits qui se trouvent entre les hémorrhagies defestomac et des intestins grêles et celles des gros intestins font que la congestion sanguine, et même l’hémorrhagie, s’étendent souvent à la fin des gros intestins ; aussi rien de plus ordinaire que des hémorrhagies du colon et du rectum succédant immédiatement aux maladies que nous venons de citer.
450. L’hémorrhagie intestinale peut reconnaître comme Causas patho-
T A T 9 i9 • 19 logiques des en-
cause , de meme que celle de 1 estomac , 1 existence d un téro - hémorrhacarcinome intestinal. Nous en avons observé deux exempies , dans l’un desquels la mort fut produite par la grande quantité de sang que le malade perdit (4 1 9).
45 1 . Les maladies qui nuisent à la libre circulation dans la veine-porte , comme les indurations , ou les tumeurs du foie ou du mésentère , les maladies de la veine-porte ellemême , sont des causes puissantes et immédiates des flux hémorrhoïdaux.
452. L’obstruction d’une des principales branches de la Observation
• • Il • Il sur une entéro-
veine-porte, et a plus lorte raison de la veine-porte elle- hémorrhagie par
A J 1 • 1^1 f 1 • * d * d d * "x ol)st.riici ion de lu
meme, peut déterminer lliemorrnagie intra-mtestmale. veine-pone.
Le fait suivant le démontre.
Caroline Lejeune , âgée de seize ans ^ non encore réglée , présentant une maigreur prononcée, et portant l’empreinte d’un état de dépérissement très-marqué, fut apportée à l’hôpital dans un état de défaillance complet. Cet état était survenu après trois selles de sang noirâtre trèsabondantes. Cette fille avait depuis près de deux mois une ^
diarrhée assez considérable^ et depuis dix à douze jours elle avait une fièvre vive qui augmentait surtout vers le soir. Des cataplasmes sinapisés furent promenés sur les membres. Le lendemain, nous reconnûmes une fièvre vive , une douleur intense à la pression sur Fépigastre, un certain degré de tension et même de météorisme de Fabdomen. Les selles de sang revinrent quatre à cinq fois dans la journée ; elles étaient toujours abondantes. La première selle fut immédiatement précédée d’un vomissement d’environ une demi-livre de sang. Lamort survint la nuit suivante. A Fouverture du cadavre, nous trouvâmes tous les intestins grêles, depuis le pylore jusqu’au cæcum, remplis d’un liquide rouge, brunâtre, mêlé à des grumeaux mous noirâtres. Un caillot de sang demi-coagulé , du volume d’un petit œuf, se trouvait dans l’estomac. La muqueuse intestinale ne présenta aucune altération évidente quand on l’eut débarrassée , en la lavant, de la teinte rougeâtre qu’elle devait au contact du sang. Une tumeur du volume du poing se trouvait derrière l’estomac, et comprenait le tissu cellulaire du col de la vésicule du fiel, qui adhérait étroitement au côté externe droit de cette tumeur. Cette tumeur était formée par une agglomération de tubercules denses encore cruds. La veine-porte derrière cette masse tuberculeuse était obstruée par un caillot de sang rougeâtre stratifié, adhérent faiblement à sa membrane interne. Ce vaisseau était cependant libre dans sa gaine , qui ne participait pas à Finduratiom tuberculeuse. Au-dessous de ce point le caillot devenait plus adhérent , surtout en pénétrant dans la veine mésentérique supérieure ; il était décoloré , grisâtre ; la tunique interne de la veine était d’un rouge légèrement violâtre elle était rugueuse par places , et dans ces points elle ne se séparait que difficilement du caillot qui l’obstruait. La tunique externe de cette veine , sur une longueur d’un pouce et demi sur la partie du vaisseau qui adhérait le plus étroitement au caillot fibrineux, était
DES ENTÉRO-HÉMORRHÀGIES.
d’un rouge violâtre, injectee et épaissie. Toutes les veines qui se rendent dans la grande mésentérique , et les autres veines afïluentes à la veine-porte au-dessous de cette dernière, étaient distendues et remplies de sang noir à demi coagulé ; les artères gastriques étaient vides de sang , de même que l’aorte et les cavités du cœur. Une masse de ganglions tuberculeux du volume d’un œuf en partie ramollis se trouvait autour de la bifurcation des bronches. Il n’y avait pas de tubercules dans les poumons.
435. L’entéro-hémorrhagie survient assez fréquemment comme accident des phlegmasies intestinales, et surtout des phlegmasies phagédéniques de la muqueuse intestinale.
C’est ainsi que sont fréquemment produites les hémorrhagies intestinales, si communes dans les inflammations avec ulcération des cryptes mucipares intestinales dans le typhus. C’est de la même manièrei que se montrent ces maladies comme symptômes des dysenteries. L’ulcération tuberculeuse des intestins est assez souvent suivie de cette hémorrhagie chez les phthisiques. Nous venons de voir périr subitement un malade avec cette hémorrhagie sur- , venue dans ces circonstances.
Art. IV. Diagnostic de Tentéro-hémorrhagie.
434* Les signes de l’entéro-hémorrhagie se rapportent à la congestion sanguine intestinale et à l’hémorrhagie confirmée.
435. L’existence de la congestion intestinale ne peut signesdescon-
A r r 1 . . . * gestions sangui-
etre revoquee en doute lorsqu on voit chez un sujet placé ncs intestinales, dans les conditions favorables à la production de la pléthore ou d’une hyper aimie locale se manifester des douleurs gravatives profondes à la région ombilicale, s’étendant dans les flancs et jusque dans les lombes et à la région du sacrum , avec un certain degré de tension et de rénitence de l’abdomen au toucher , presque sans trouble des fonctions digestives. On ne pourrait confondre ces accidents
256 HÉMORRHAOIES DES MÊMBRAJSES MUQUEUSES.
Signes pathognomoniques de riiérnorrhagie intestinale.
qu’avec ceux des coliques stercorales et des phlegmasies intestinales ; mais ils s’en distinguent par d’autres symptômes qui seront indiqués en parlant de ces dernières maladies.
436. La manifestation des évacuations alvines sanguines 5 surtout lorsqu’elles ont été immédiatement précédées des symptômes de la congestion intestinale ne laisse pas de doute sur l’existence de l’hémorrhagie intestinale. Trop souvent, cependant, l’on considère ces évacuations sanguines par l’anus comme indiquant la présence de tumeurs hémorrhoïdales internes. Les tumeurs sanguines qui constituent les hémorrhoïdes siègent trèsrarement à plus de deux pouces au-dessiis du rectum; elles ne donnent jamais issue qu’à une assez petite quantité de sang, qui est rendue, à chaque effort de défécation, comme par projection, tandis que, dans l’hémorrhagie du gros intestin , le sang est versé d’une manière continue , et coule souvent au-dehors sans provoquer aucun effort de défécation. D’un autre côté, l’exploration directe de l’anus fait reconnaître la présence des tumeurs hémorrhoïdales. Une douleur gravative à l’anus , avec prurit , chaleur , et besoin continu de rendre comme un corps étranger qui s’engagerait dans l’anus, sont les signes des tumeurs hémorrhoïdales profondes, lesquels manquent absolument dans les hémorrhagies des gros intestins.
437. Le diagnostic des hémorrhagies des gros intestins chroniques, ou qui se reproduisent habituellement chez des individus depuis un temps plus ou moins long, n’est jamais très-difficile. Les symptômes de molimen hémorrhagique abdominal suffisent pour faire reconnaître les exacerbations ou les retours de ces flux de sang , dès qu’ils sont imminents.
Moyens de dis- 438. Il importe de ne pas confondre les selles sanguines
linguer la nature » x x ^ ^
des selles. avec les fèces noirâtres liquides qui surviennent dans certaines affections intestinales d’une autre espèce. Cette confusion n’est possible que si la quantité de sang rejetée par les
DES ENTÉRO-HÉMOREHAGIES.
selles esl peu considérable et se trouve mêlée aux matières fécales ; mais dans le plus grand nombre des cas , le sang rendu par les selles est en assez grande quantité. C’est un fluide séreux d’un rouge brun, dans lequel nagent des flocons noirâtres , comme filandreux , quelquefois mêlés à des grumeaux de matière fécale. Ces grumeaux , et une matière rouge noirâtre, comme pulvérulente, se déposent au fond du vase; une portion même de la matière colorante noirâtre y adhère et le colore. Le sang reste homogène , sans dépôt de la fibrine qui le constitue , et sans mélange de matières fécales. Ces selles sanguinolentes ont toujours une odeur comme alliacée.
439. Chez les jeunes sujets, il arrive, comme pour la gastro-hemorrhagie , que l’on considère du sang qui provient de la muqueuse des fosses nasales ou du pharynx, comme tirant son oi'igine de la muqueuse des viscères, les memes moyens de diagnostic indiqués pour la gastrohemorrhagie (5^5) s’appliquent au cas qui nous occupe.
440. Des selles de sang se manifestent dans la gastro- DifTérences de hémorrhagie par le passage successif du sang dans les rhagie et aTV intestins. Comment distinguer ces cas de l’entéro-hémor- rhagie. rhagie , surtout lorsqu’il n’y a pas eu de vomissement de
sang, comme cela arrive quelquefois, même dans des gastrohémorrhagies considérables. La manifestation de la congestion et de l’extravasation du sang , à la fois sur la muqueuse gastrique et sur celle des intestins, ne fait qu’ajouter aux difficultés du diagnostic. On ne peut réellement faire de distinction entre ces divers cas qu’à l’aide des symptômes gastriques proprement dits qui précèdent les selles sanguinolentes dans la gastro-hémorrhagie et des signes de la congestion intestinale indépendante du trouble des fonctions de l’estomac, qui se manifestent dans les entéro-hémorrhagies , soit avant l’extravasation du sang, soit en même temps qu’elle. Dans les cas de complication , le diagnostic repose sur la réunion des symp-
a38 HÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.
tomes qui proviennent de l’estomac et du tube intestinal.
Signes qui dis- 44i* L’hémorrhagie des gros intestins se manifeste quel-
tinguent Tenté- .. -o-i
ro- hémorrhagie quctois avcc un tel Sentiment de chaleur et d ardeur dans le e la dysenterie. et à l’anus et dcs cnvics fréquentes, et presque
sans résultat de défécation, qu’il faut quelque attention pour la distinguer de la dysenterie ^ mais l’absence de la douleur ombilicale, qui existe dans cette dernière maladie , l’absence de tout mouvement fébrile , les symptômes de colique hémorrhagique qui ont précédé dans presque tous les cas l’invasion des légers accidents qui se montrent vers le rectum, et l’issue sans ténesme du sang brunâtre, en plus ou moins grande quantité par l’anus, au lieu des mucosités rougeâtres, sanguinolentes, très-peu abondantes, ressemblant à de la râclure de chair que les dysentériques rendent avec des épreintes , ne laissent pas de doute que les accidents que l’on observe ne soient le produit d’une hyperaimie , suivie d’hémorrhagie dans la fin des gros intestins.
/ Art. V. Prognostic des entéro-hémorrhagies.
442. L’hémorrhagie intestinale est toujours une maladie grave. La surface sur laquelle elle s’accomplit est si étendue que l’on doit toujours craindre une perte de sang assez abondante pour faire périr le malade. Cette fâcheuse terminaison arrive en effet ^ elle n’est cependant pas l’issue la plus ordinaire ; mais souvent les malades restent dans un état d’oligaimie difficilement réparable.
443- La congestion sanguine intestinale , lorsqu’elle est d’une intensité modérée , n’a que peu de gravité à cause de la facilité avec laquelle elle cède par les plus simples moyens de traitement rationnel ; mais dans les cas où elle est moins bénigne , elle est souvent d’un fâcheux prognostic , à cause de l’hémorrhagie qu’elle précède et détermine directement.
444* La facilité avec laquelle ces maladies se reprodui-
BES ENTÉRO-HÉMORRHAGIES.
sent quand on en a déjà étéatteint ( 428, 4^9) obligent à se tenir pendant long-temps en garde contre la récidive , les dérangements qu’elles laissent trop souvent après elles dans les fonctions du tube intestinal ne permettent pas de présager une convalescence facile.
445. Il n’est pas besoin d’exprimer tout ce qu’a de fâcheux le prognostic de ces maladies , quand elles sont symptomatiques de maladies du tissu des organes digestifs , ou quand elles se lient à des maladies des gros vaisseaux artériels et veineux (43 0 etsq^.
443. Les flux de sang intestinaux chroniques (407 etsqq) ne sont pas en général graves , ils ont cependant souvent le grand inconvénient de maintenir le malade dans un état habituel de faiblesse et d’oligaimie.
Art. VI. Thérapeutique des entéro-hémorrhagies.
447* Il n’est pas un des préceptes applicables à la eu- similitude en ration des gastro-hémorrhagies j à toutes leurs périodes rationnel deT en- (383 et sq(^^ qui ne convienne à la curation et à la préser- g^es et ceîurdes vation des entéro-hémorrhagies. Toutes les indications euratives qui appartiennent à la pléthore sanguine (1 56 e/ sq^ s’appliquent à l’état général de polyaimie qui précède et accompagne souvent les entéro-hémorrhagies. Celles de ces indications qui appartiennent aux hyperaimies (162 etsqq) conviennent à la congestion sanguine intestinale , qui est presque toujours inséparable de ces hémorrhagies.
448. Les douleurs tormineuses qui existent souvent dans ces cas (697,40^) ont quelquefois induit en erreur sur le traitement convenable. Les purgatifs que la constipation fréquente dans cet état morbide a fait prescrire sont rarement suivis d’un soulagement durable. Les préparations opiacées augmentent les accidents. Les émissions sanguines générales et locales sont les seuls moyens de traitement sur lesquels on puisse compter pour les faire cesser. Ce sont elles seules aussi qui sont indiquées quand i’hémor-
rliagie intestinale est établie, tant qu^elle ne détermine pas une dépression des forces par sa rapidité et son abondance. Dans les cas où ce dernier accident se produit, il faut recourir aux moyens que nous avons indiqués pour modérer les hémorrhagies gastriques excessives (386). La thérapeutique qui s’applique à l’état d’oligaimie consécutif et à la convalescence de cette maladie est aussi la même que celle qui est indiquée dans les mêmes circonstances après la gastro-hémorrhagie (594).
Traitement des ^^9- Cette méthode de traitement est surtout applicable
^ l’hémorrhagie intestinale des intestins grêles; mais l’hémorrhagie des gros intestins, le flux hémorrhoidal, indiquent rarement un traitement actif. Le plus ordinairement la perte de sang, abandonnée à elle-même, de vient le moyen de terminaison de l’hyperaimie intestinale , dont l’extravasation du sang est le résultat ; aussi presque tous les pra- ' ticiens sont-ils d’accord pour abandonner cette hémorrhagie à la nature , tant qu’elle n’est pas excessive. La préférence à accorder à cette méthode de traitement expectant est plus nécessaire encore dans les flux hémorrhoïdaux chroniques ou qui se renouvellent habituellement à des intervalles à peu près réguliers depuis un temps plus ou moins long. La circulation abdominale est évidemment modifiée, dans ces cas, de manière à reproduire l’hyperaimie et par suite la perte de sang par la surface de la muqueuse intestinale. Il en résulte que le seul moyen de
traitement qui puisse faire cesser la maladie consiste à prévenir l’hyperaimie intestinale, c’est-à-dire à opérer sur le système vasculaire abdominal une déplétion qui sera le résultat facile et naturel de l’hémorrhagie. C’est, en effet, par des moyens de traitement semblables dans leurs effets immédiats à l’hémorrhagie spontanée qu’il faut combattre les accidents qui sont quelquefois le résultat de l’hyperaimie intestinale , lorsque l’hémorrhagie habituelle s’établit difficilement ou incomplètement. Les saignées générales ,
DES ENTÉRO-HÉMORRHAGIES.
les émissions sanguines locales aux lombes , sur les flancs et mieux encore à l’anus, sont les moyens de traitement les plus rationnels contre ces accidents.
450. Les hémorrhagies chroniques des gros intestins Traitemea
. . , T « , des bémorrha-
sont souvent , par leur continuité ou par leurs retours tre- gies chroniques
des gros intes»
quents , la cause d un état presque oligaimique , auquel il tins, est nécessaire de remédier en modérant ces hémorrhagies, ou encore en favorisant leur cessation. Les moyens de traitement les plus immédiatement applicables à cet accident sont ceux qui préviennent la congestion sanguine abdominale , en soustrayant le tube digestif à toute cause de stimulation et^en favorisant sur des parties éloignées du corps une plus grande activité de la circulation, qui contrebalance celle qui tend à faire croître et à entretenir un état d’hyperaimie habituel sur la muqueuse intestinale.
45 1. Aux premiers moyens appartientun régime alimentaire très-peu stimulant, principalement formé de boissons et d’aliments féculents de très-facile digestion. On augmente encore l’efficacité de ce régime en administrant les boissons et les aliments à une température très-basse et même à la glace. Les clystères émollients frais et même
froids, sont aussi des moyens qui agissent dans le même
sens. Il est d’une grande importance, pour assurer l’efficacité de ce traitement, de prescrire au malade un repos complet, et de tenir le ventre libre par des boissons légèrement laxatives, afin de prévenir l’accumulation des matières fécales dans les gros intestins toujours nuisible dans ' ces cas. Il n’est pas besoin de dire que l’on ne peut obtenir d’avantages soutenus de ces moyens de traitement contre un état morbide chronique qu’en en prolongeant l’usage pendant long-temps.
452. Les moyens thérapeutiques qui agissent de manière à prévenir directement par révulsion et par dérivation le^éveloppement de l’hyperaimie intestinale consistent principalement en des irritants, ou seulement des
^li as
stimulants topiques ^ appliqués et renouvelés pendant longtemps sur des surfaces plus ou moins étendues des téguments extérieurs ; ainsi des frictions sèches ^ des frictions stimulantes, très-fréquemment pratiquées sur tout le corps, des bains stimulants , alcalins et sulfureux , des ventouses sèches promenées sur toute la peau , des douches stimulantes sur les membres^ etc. -, il est rare que Femploi de ces moyens, combiné avec le régime indiqué (45i), ne finisse pas, si on le continue avec persévérance, par faire d’abord diminuer et enfin en tièrement cesser l’hémorrhagie habituelle de la muqueuse des gros intestins.
Nécessité de 4^55, L’habitudc des hémorrhagies ^intestinales , lorsse^rbrufquement qu’cllc subsistc depuis long-temps , nc peut s’interrompre intîro^-^Lmür- brusquement sans exposer à des accidents graves (409). rhagies. j)çg congcstions hémorihagiques ou inflammatoires se
produisent fréquemment dans ces cas sur divers organes , qui y sont d’ailleurs relativement prédisposés. Que la suppression de l’hyperaimie et de l’hémorrhagie intestinales habituelles soit dans ces cas le résultat de la manifestation primitive de ces congestions, qui surviennent sur des organes éloignés , ou que ces dernières soient l’effet d’une véritable déviation de la fluxion et de la congestion intestinale, caries choses arrivent également de ces deuxmanières, il est toujours important de combattre directement l’hyperaimie hémorrhagique ou inflammatoire qui s’est établie et qui peut compromettre des organes importants. Le traitement des hyperaimies ( 1 62 ) est indiqué dans ces cas ; mais il faut le modifier en ce sens , que l’organe vers lequel la maladie se produisait depuis long-temps par habitude est celui sur lequel on opérera de la manière la plus directement utile pour y pratiquer des déplétions sanguines révulsives et dérivatives. Agir ainsi, c’est tenir compte d’un état anomal antécédent , pour augmenter et assurer l’efficacité des moyens de traitement. Le plus souvent, par cette médication, l’on rappelle la congestion
DES ENTÉRO-HÉMORRHAGIES, 2/|5
hémorrhagique et Thémorrhagie intestinale mais n’y réussît-on pas , il n’est aucun organe sur lequel on puisse agir avec plus d’avantage.
454* Les moyens de traitement par lesquels on réalise les indications que nous venons de présenter pour remédier aux déviations hyperaimiques et hémorrhagiques des congestions sanguines habituelles de la muqueuse des gros intestins J consistent dans les émissions sanguines locales réitérées à l’anus, sur les flancs, ou dans l’administration des clystères stimulants et irritants, et dans celle des cathartiques et même des purgatifs drastiques. Ces derniers moyens irritent la muqueuse des gros intestins et favorisent ainsi l’établissement de la congestion hémorrhagique dans ses vaisseaux. Les pédiluves irritants, les topiques irritants sur les extrémités inférieures et sur les lombes et les côtés du bassin, jsont des moyens de même ordre , mais moins efficaces ; ils augmentent l’activité de la circulation vers les parties inférieures du corps ^ de cette manière ils favorisent le rétablissement des congestions sanguines habituelles anciennes.
455. Si l’entéro-hémorrhagie a réduit les malades à l’état d’oligaimie, il faut lier le traitement approprié à cet état (187) à toutes les précautions qu’impose dans ces cas l’irritabilité excessive des organes digestifs, sans cependant s abandonner trop facilement à la crainte d’irriter ces organes-, c’est ainsi que, bien que l’irritabilité gastrointestinale fût fort exagérée chez les sujets qui furent affectés de l’entéro-hémorrhagie des mines d’Anzin (4i3, 4^8), l’on obtint des avantages marqués d’un traitement complètement adapté à l’oligaimie , lequel consista dans l’administration des ferrugineux unis à la poudre de quinquina. L’action topique des ferrugineux et des toniques amers n’est pas aussi irritante pour les organes digestifs que des médecins de nos jours l’ont soutenu.