‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 44 sur 61 · Lorsqu’une partie va devenir le siège de la sueur · texte numérisé non relu

Lorsqu’une partie va devenir le siège de la sueur

DES HEMATÎDROSES.

de sang, une douleur prurigineuse s’y manifeste , elle s’accompagne d un sentiment de chaleur peu intense et d’un certain degre de tuméfaction de la peau , qui devient injectée et légèrement douloureuse à la pression.

Ces premiers symptômes, qui représentent évidemment Prodromes des un certain degré d’hyperaimie de la peau (iSg), s’accompagnent souvent d’un malaise général, d’un sentiment d abattement et de courbature, de céphalalgie et de pesanteur de tete , de battements dans les temporales , d’étourdissements, dune chaleur générale avec plénitude du pouls. Tous ces symptômes indiquent un état pléthorique manifeste.

Dès que la peau d’une partie du corps est devenue le siégé dune hyperaimie prononcée, la sueur de sang est imminente sur cette partie ^ elle n’arrive cependant pas toujours. L hyperaimie peut persister pendant des heures et meme pendant plusieurs jours, et cesser progressivement , sans que le sang soit excrété à la surface de la peau.

Dans 1 un des faits ci-dessus , les choses se sont ainsi passées a 1 une des phases de la maladie. Quelquefois la congestion sanguine cesse sous l’influence d’une hémorrhagie nasale ou hemorrhoïdale , ou d’une sueur générale plus ou moins abondante. Dans ces cas il ne survient pas d’exhalation sanguine a la surface de la peau 5 la maladie n’a pas dépassé le degré de la congestion sanguine.

L hematidrose ainsi bornee a la congestion sanguine d’une ou de plusieurs parties de la peau successivement affectées , est peut-être plus commune que celle dans laquelle la maladie se montre avec l’hémorrhagie par exhalation confirmée. Dans le fait suivant , nous avons observé plusieurs fois la maladie à ses divers degrés.

Une .fille de vingt ans, d’une forte constitution, avait observation des règles abondantes depuis l’âge de dix-huit ans, lorsquelle éprouva une pneumonie intense dont elle fut bien gueiie. De ce moment ses règles parurent irrégulière *

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES.

ment^ et furent tantôt très abondantes, tantôt presque nulles. S’étant exposée à une vive chaleur au mois de juillet i832, elle fut prise dans la nuit suivante d’une douleur avec chaleur vive de la peau de toute la mamelle gauche , et de la partie supérieure du thorax de ce côté jusqu’à la clavicule. Le matin , nous constatâmes que cette partie des téguments était le siège d’une rougeur peu intense et d’une tuméfaction évidente. La pression faisait pâlir la rougeur et produisait une douleur plus vive. La malade éprouvait , du reste , un état de malaise général considérable, et une grande pesanteur de tête. Une saignée du bras fut pratiquée immédiatement. Les phénomènes morbides disparurent la nuit suivante après une sueur assez abondante, qui succéda à plusieurs heures d’agitation. Il ne se manifesta aucun accident pendant deux mois *, mais alors , après un mouvement de colère éprouvé par cette fille au moment de ses règles, un semblable accident se reproduisit , mais sur un autre siège. Ce fut la peau de toute la joue droite et du côté gauche du cou qui fut le siège du nouvel accès. Nous eûmes recours à une application de sangsues à la vulve, car les règles avaient été presque supprimées. Deux jours après, il ne restait plus de vestige de cet accident. Après trois mois de bonne santé, la maladie revint par suite des fatigues d’un bal, quoique les règles eussent assez abondamment coulé huit jours auparavant; la peau de tout le côté droit de la face, depuis la racine des cheveux jusqu’au bord du menton , était le siège d’une vive rougeur avec chaleur au toucher du médecin et au sentiment de la malade ; elle était tuméfiée , et pâlissait sous la pression pour reprendre immédiatement sa teinte. Cette rougeur s’étendait à la conjonctive de l’œil droit et sur toute la muqueuse nasale apparente de ce côté. La céphalalgie était intense, le pouls large et plein; la malade avait de l’anorexie et beaucoup de malaise. Nous conseillâmes une saignée du pied; mais quelques instants après

DES DÉMATIDROSES. 287

que nous eûmes quitté celte fill^ , nous fûmes rappelés en hâte auprès d’elle, parce qu’une épistaxis abondante venait de se manifester. Nous vîmes ^ en effet, le sang couler avec une extrême abondance de la narine droite et de la peau qui revêt le bord de l’orifice de la narine sur tout son pourtour , de la peau du lobule droit du nez, et du fond du sillon qui sépare ce lobule de la peau de la joue. Cette hémorrhagie persista avec une grande abondance pendant une demi-heure •, elle diminua ensuite beaucoup , pour ne cesser qu’au bout de trois heures. A mesure que le sang coulaitla face pâlissait. Le soir, tout avait disparu. Quelques semaines après, ùn nouvel accident de même nature survint^ mais ce fut seulement sur la peau des paupières et sur la conjonctive de l’œil droit qu’il se manifesta. Il ne fut pas nécessaire de pratiquer de saignées, et il n’y eut pas d’hémorrhagie. Cette fille se maria*, quelque temps après elle devint grosse 3 il fallut la saigner plusieurs fois pendant la gestation *, mais elle a été débarrassée de tous ces accidents , qui ne se sont plus reproduits chez elle.

La maladie, chezj^e sujet de cette observation, ne dépassa qu’une seule fois l’état d’hyperaimie de la peau*, et, cette fois, il y a eu une véritable hématidrose delà peau du nez et de la muqueuse nasale.

5!54. Lorsque la maladie doit arriver au degré de l’hémorrhagie, elle s’établit le plus souvent dès que les phénomènes d’hyperaimie cutanée se manifestent, et d’autres fois après qu’ils ont duré un certain temps , comme quelques heures, une journée au plus. Le sang commence alors à suinter en gouttelettes plus ou moins serrées , plus ou moins volumineuses sur la partie qui est le siège des phénomènes indiqués. Tantôt les gouttelettes de sang ne surgissent que très lentement, et ne sont formées que de , sérosité mêlée à une petite quantité de matière colorante , tantôt elles se succèdent rapidement et se réunissent au point que le sang ruisseile sur la peau; il a la

Symptômes des liématidroses déclarées.

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES.

densité et l’aspect du saug le plus riche en fibrine et en matière colorante. Dans quelques cas, comme on l’a vu par un de ceux qui sont ci-dessus rapportés (53i), le sang jaillit réellement de la surface de la peau.

A mesure que l’hémorrhagie s’accomplit, les phénomènes d’hyperaimie de la peau (533) diminuent, ainsi que les symptômes morbides généraux qui existent souvent aussi dans ces cas. Bientôt il n’en reste plus de trace , et la quantité de sang qui transsude à la surface de la peau devient de moins en moins considérable. Il est rare que tout ne soit pas terminé en quelques heures.

Suites des hé- Dès que la sueur de sang a cessé, la peau , à la sur-

matidroses. laquelle elle avait son siège, ne présente aucune

trace de maladie, et ne fait éprouver au malade aucune sensation anomale.

Il est très rare , si même cette circonstance a été observée , que l’hématidrose produise une perte de sang suffisante pour jeter le malade dans un état de débilité qui aille jusqu’à la syncope. Aussi ne voit-on point l’olygaimie succéder à^ette hémorrhagie, à moins qu’elle ne se soit renouvelée un grand nombre de fois , ou qu’elle n’ait alterné avec des hémorrhagies graves affectant d’autres organes. ^ '

^ Eapport des hé- 536. L’iiématidrosc n’est souventpasle premier état mor-

ïïlflltldFOSGS QV0C *i**f'|f *1 • •• * 4 T 1 J * *

d’autres hémor- 131(16 hémorrhagique qui se maniteste. Le plus ordinairerhagies. mcut OU l’observe après d’autres hémorrhagies ou conges-

1 tions hémorrhagiques qui ont affecté d’autres parties, et qui se sont renouvelées plusieurs fois à des intervalles plus ou moins fixes. La manifestation de l’hématidrose termine quelquefois ou plutôt remplace la production de ces hémorrhagies-, d’autres fois la sueur de sang n’est qu’une forme hémorrhagique qui vient se joindre aux autres. Aussi, comme toutes les hémorrhagies qui se lient à une pléthore sanguine qui se reproduit d’autant plus vite qu’elle s’est renouvelée un plus grand nombre de fois, cette ma-

DES HÉMATIDROSES. ‘^89

îadie revient-elle presque toujours à des intervalles plus ou moins irréguliers , et par les causes les plus variables.

Aussi l’hématidrose bornée à quelques attaques est-elle le ^

plus rarement observée.

537. La sueur de san^, envisagée dans une seule at- Durée des

! U 7 U rnatidroses.

taque et dans toutes ses périodes sur une partie de la peau, c’est-à-dire depuis les premiers phénomènes de l’hyperaimie jusqu’à la cessation de l’exhaladon sanguine, est une maladie aiguë-, mais. si on la considère, ainsi qu’elle se présente en effet le plus souvent, comme composée de toutes les attaques d’hémprrhagies qui se renouvellent à des intervalles plus ou moins rapprochés, tantôt sur une partie, tantôt sur une autre , c’est évidemment une maladie chronique dont on ne peut guère assigner exactement la '

durée , puisqu’elle peut ne pas dépasser quelques années (533), et qu’elle se prolonge quelquefois durant la vie presque entière (55i). Les modifications qui se produisent naturellement par les progrès de l’âge, ou accidentellement par des causes accessoires , dans l’ensemble des fonctions , et surtout dans les fonctions de la circula- . tion et de l’hématose , limitent et modifient ordinairement cette habitude d’hémorrhagie , comme elles peuvent la produire et la faire continuer.

Art. II. Étiologie des hématidfoses.

538. Presque toutes les observations qui ont été publiées ^an^fesrenT\es sur des hématidroses idiopathiques ont été recueillies sur hématidroses. des personnes arrivées à la fin de l’accroissement , et n’ayant pas dépassé l’âge mûr. Tous les individus déjà d’un âge avancé sur lesquels cette maladie s’est présentée en avaient été affectés avant la vieillesse ou même dans leur jeune âge *, la sueur de sang ne s’est montrée chez eux que par récidive ou par la continuation d’une habitude acquise.

L’âge peu avancé de la vie, et surtout l’âge de la puberté et celui qui succède immédiatement à raccroissement

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES.

aciievé , peuvent, donc être considérés comme favorables au développement de cette maladie. L’hématidrose a ce- . pendant été observée sur des enfants très jeunes*, en voici

un exemple qui doit être considéré comme un cas exceptionnel; il a été publié par A. M. Eggerdes.

Observation Un enfant bien portant , âgé de trois semaines , tomba

sur une hémati- -i r. . t • . . . t . • r. t

drose chez un daus un ctat de maigreur qui inspira des inquiétudes pour

Bouveau-ne

sa vie. Un jour, en le changeant de linge, on trouva la manche de sa chemise tachée de sang, sans qu’on pût découvrir d’où ce sang provenait. L’enfant avait plus de force et de vie*, il tetta mieux sa mère, et prit une plus grande quantité de nourriture. Le lendemain, le bras droit fut trouvé encore plein de sang. Cette exhalation sanguine par la peau de ce membre continua pendant cinq à six jours , et chaque jour l’état du malade s’améliorait. Le bras gauche devint ensuite le siège d’une semblable hémorrhagie qui dura aussi pendant quelques jours , après lesquels l’enfant avait repris ses forces et était hors de tout danger L

Causes prédis- 55g. Nous ne connaissons aucune cause prédisposante qui

posantes des he- ^ ^ f f ^*1 4-'

matidroses. puisse etre considérée comme appartenant spécialement a l’hématidrose , si ce n’est l’hématidrose elle-même , puisque l’observation démontre que l’on n’a presque jamais - cette maladie qu’une seule fois. La facilité avec laquelle elle se reproduit le plus souvent comme périodiquement chez la plupart de ceux qui en ont déjà été une fois affectés, autorise à penser qu’elle laisse dans les organes sudoripares une susceptibilité toute spéciale à devenir, par la moindre cause , le siège de la congestion et de l’exhalation sanguine.

Causes occa- 54o. On ne connaît qu’un petit nombre de causes occasionnelles des hématidroses *, toutefois cette maladie s’étant constamment reproduite sous certaines influences chez

‘ Alardi Mamitii Eggerdes, trevirensis prof, pub, Obs, de sudore sanginneo mfantis recens natiy in misccU, nat* cur, Dec, ii, ann, 10, obs, 65.

sionnelles des hématidroses.

DES HÉMATIDROSES.

agi

des sujets qui s’y trouvaient d’ailleurs plus ou moins prédisposés 5 l’on est fondé à considérer ces influences comme suffisantes pour occasioner le développement de cette maladie. Ainsi l’action d’une vive chaleur est propre à stimuler l’exhalation cutanée, et cette stimulation peut être portée assez loin pour exciter Texhalation au point de fournir du sang au lieu de la matière de la sueur. Leroux citait un homme employé à la manufacture de porcelaine de Sèvres qui avait des sueurs sanguinolentes toutes les fois qu’il s’exposait à la grande chaleur du four à cuire la porcelaine ^ .

541. Un exercice musculaire violent augmente la transpiration cutanée. Il peut l’exagérer au point que le sang sorte au lieu de la sueur par les bouches sudorales de la peau. Latour rapporte qu’il a observé à Toulouse un Américain qui se livrait avec activité à l’exercice de l’escrime. Il s’animait tellement dans chaque combat qu’il suait d’abord abondamment; les sueurs devenaient ensuite sanguinolentes au point de teindre sa chemise. Après l’assaut , il prenait du repos, et une rosée de sang s’exhalait de son corps pendant une heure On peut rapprocher ce fait de celui d’une jeune fille qui, s’étant livrée avec excès à la danse , eut une sueur de sang très abondante qui conti-' nua pendant la nuit. Le lendemain matin elle expira, non seulement par suite de l’hématidrose , mais aussi par l’hémorrhagie menstruelle qui s’était jointe à celle qui se faisait à la surface de la peau^.

542. Une vive commotion morale , telle que la terreur, peut déterminer subitement une hématidrose des plus •graves. Severin rapporte, d’après J. Schenckius, qu’une religieuse, devenue par hasard témoin d’un combat singulier à mort, fut si eflrayée, que le sang s’écoula immédia-

' Mémoires de la Société médicale d^ émulation ^ vol. vu, an 1811, p. 42.

^ Hist, phil, et med, des causes des hémorrhagies, t. i , obs. 361 , p. 294«

^ Eph,naUciirmI)Çic, ii, ann. vi.

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES.

fcemerit de tous les orifices exhalants de sa peau, et qu’elle resta sans connaissance h Florentin Leudan a rapporté un fait semblable , recueilli aussi sur une religieuse qui , dans une ville prise d’assaut , tomba livrée à la fureur des soldats. Elle piourut subitement baignée d’une sueur de sang

545* Chez le sujet de l’observation recueillie par le docleur Fournier, et que nous avons rapportée (53 1)', de violents chagrins, des travaux pénibles semblent avoir été la cause prédisposante de l’hématidrose , laquelle a été ensuite déterminée par l’exercice excessif des organes génitaux.

544* De vives douleurs déterminées par des maladies qui ne sont point de nature à causer comme symptôme la sueur de sang produisent quelquefois cette maladie chez des sujets qui s’y trouvent d’ailleurs prédisposés. Un exemple remarquable d’une hématidrose ainsi déterminée est dû à Caizergues.

Une dame d’un tempérament sanguin, très irritable et abondamment réglée, née d’un père goutteux, eut à vingt-cinq ans des convulsions qui se renouvelaient chaque fois qu’elle avait un vif chagrin; quelquefois c’était une hémoptysie avec une toux presque convulsive qui se manifestait. A vingt-sept ans , elle eut une colique néphrétique avec issue de gravier qui revint plusieurs fois pendant deux ans, toujours sous l’influence de vives passions. Il survint alors une attaque beaucoup plus longue et plus douloureuse que les précédentes, et qui fut accompagnée d’un prurit fort incommode. La malade fut effrayée en vnyant de grandes taches de sang sur le mouchoir avec lequel elle venait de s’essuyer le visage. Caizergues, appelé aussitôt, vit des goutteletles de sang transsuder à travers toutes les parties de la peau. Cette hémorrhagie se manifesta vers le

* Obs, mecL rarœ adm, , elc. 1. iv, , p. 542.

Pincî ; Nosi, philos, 5*^ étl, t, ii , p, (366,

DES HÉMÂTIDROSES.

milieu de l’attaque , et lorsque la malade éprouvait les plus vives douleurs et les vomissements les plus violents. L’eX“ trait gommeux d’opium à la dose d’un grain toutes les heures fit cesser les douleurs et la sueur de sang. La peau ne présenta plus que de petites taches d'un jaune clair qui disparurent bientôt. Pendant les deux années suivantes, les douleurs néphrétiques se renouvelèrent encore trois fois. Dans une des attaques , elles furent si violentes qu’une saignée du bras fut jugée utile , et fournit un caillot très consistant. Dans la dernière attaque, qui survint sans cause bien manifeste , la sueur de sang se borna à la face , au cou, aux aisselles , et à la partie antérieure du thorax et de l’abdomen.

545* Pibrac avait observé une hématidrose qui paraissait déterminée, par des douleurs vagues qui se manifestaient dans difîérentes parties du corps. Le sang provenait d’abord de la peau de la jambe 5 il sortait ensuite de plusieurs autres parties en assez grande abondance, puisqu’il s’en écoula d’une seule fois une demi-palette

546. Dans le plus grand nombre des faits d’hématidrose qui ont été observés , la maladie dépendait d’une déviation menstruelle. Dans ces cas , dont on pourrait rassembler bien des exemples consignés dans les auteurs, on a presque toujours vu la sueur de sang se reproduire à des intervalles plus ou moins éloignés, et souvent réguliers, pour remplacer l’hémorrhagie menstruelle, et cesser de se montrer dès que cette dernière hémorrhagie était ramenée régulièrement vers ses voies naturelles.

547. L’hématidrose peut, comme les hémorrhagies des membranes muqueuses, se manifester comme crise de l’état pléthorique général et de la fièvre synoque. Zacutus Lusitanus rapporte deux exemples de fièvre synoque terminée par une sueur de sang.

* Annales cliniques de Montpellier , cahier de novembre 1814.

^ Mercure de France de l'an 1759, n° de février, p. 179.

DES HÉMORRHAGIES CUTAI^ÉES.

548. Les sueurs de sang se sont montrées quelquefois chez des sujets atteints de scorbut , et comme symptôme de cette cachexie. Cette forme d’hémorrhagie par exhalation cutanée est cependant beaucoup plus rare chez les scorbutiques que celle qui se produit à la surface des membranes muqueuses et surtout des muqueuses buccales et pharyn- .giennes.

549. Toutes les causes des hématidroses qui ont été jusqu’ici rappelées peuvent faire naître cette maladie sur la peau jouissant de toutes ses propriétés de texture normale. Mais cette membrane peut présenter des conditions anomales de structure soit congénitales , soit acquises , qui prédisposent évidemment aux hématidroses ^ ou qui , au moins sous l’influence des causes déterminantes de ces maladies , les font se manifester sur une partie du corps plutôt que sur une autre. Les conditions anomales qui nous semblent , quand on les considère sous ce point de vue , des causes prédisposantes de cette maladie , sont les nœvi et les cicatrices. Les deux, faits suivants nous autorisent à considérer comme telle l’influence de ces affections de la peau.

Une dame dont parle Wepfer portait depuis quinze ans au pouce de la main gauche une tache d’un rouge brun , au milieu de laquelle survenait une hémorrhagie. Le sang jaillissait jusqu’à la hauteur de plusieurs coudées elle en perdait quelquefois jusqu’à tomber en défaillance l’hémorrhagie s’arrêtait ensuite , et il ne restait sur la tache aucune trace d’ouverture.

Une servante fuyant devant une personne qui voulait la f rapper sauta dans un bassin où'l’on éteignait de la chaux vive. La brûlure qui en résulta fut guérie en moins de deux mois. Quand cet accident arriv^a^ cette fille attendait ses règles dans huit jours ^ elles ne vinrent pas, et restèrent supprimées pendant trois mois. Il se manifesta des douleurs de tête et de l’oppression, et à l’époque menstruelle suivante un sang vermeil transsuda des cicatrices de la bru-

DES HEMATIDROSBS,

lure. Celle iiëmorrliagie revenait à chaque époque, et s’annonçait chaque fois par des boutons au visage et un état douloureux des jambes. L’hémorrhagie apportait tou™ jours un soulagement marqué. Latour rappela les menstrues, et la santé se rétablit parfaitement ^

55o. Les hématidroses reconnaissent les mêmes causes .

y aiat0s a0S hema

immédiates que toutes les autres hémorrhagies. Les faits les montrent très souvent liées à un état de pléthore générale et à une congestion sanguine plus ou mois prononcée sur la partie de la peau où elles se manifestent. Cette congestion sanguine se caractérise suffisamment dans presque tous les cas par la tuméfaction , la rougeur, la chaleur sur cette partie , et par un sentiment de prurit et de douleur obtuse à la pression.

De toutes les hémorrhagies , les hématidroses sont celles qui se reproduisent le plus fréquemment, et qui sont les plus disposées à soumettre leur retour à des périodes régulières, même chez les hommes. Cette circonstance montre qu’elles sont plus prochainement subordonnées que les autres hémorrhagies à cette condition qui reproduit souvent comme maladies habituelles les lésions des organes immédiats de la nutrition, dès qu’elles se sont manifestées (11 5). Cette condition est la conséquence nécessaire de la loi générale qui assujétit à un ordre déterminé, quant aux retours de leurs phénomènes, toutes les fonctions organiques. C’est sur cette loi que repose la périodicité à laquelle sont assujéties presque toutes les maladies qui compromettent directement les organes de la vie de texture.

5 5 1, Quand les hématidroses sont devenues ainsi des maladies habituelles , leur suppression ou leur manifestation entraîne des inconvénients , tant elles sont étroitement liées * à une disposition générale (556). Musgrave a fourni une observation qui justiiie ces remarques. Elle avait pour sujet un domestique qui était affecté tous les mois au pouce de

‘ lîisioire phil, et méd, des causes des hémorrhagies ^ obs. 274»

296 DES HÉMORRHAGIES CETAINÉES.

la main droite d’une hémorrhagie qui survenait au côté droit de l’ongle, sans mal de tête, ni difficulté de respirer, ni autre signe de pléthore*, il se manifestait une légère raideur dans la dernière articulation de ce doigt*, immédiatement après , le sang sortait du lieu indiqué avec force et en différents jets. Ce jeune homme en perdait ainsi quatre onces, et ensuite une demi-livre, lorsqu’il eut atteint l’âge de seize ans. Loin d’être affaibli par cette perte de sang, il conservait toutes ses forces. Il se porta très bien, et jouit d’une santé florissante jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans. Comme il vit alors que l’évacuation se faisait confusément et avec peine , il brûla avec un fer rouge le lieu par où elle survenait. L’hémorrhagie fut supprimée *, mais trois mois après il survint une hémoptysie énorme, accompagnée de toux, de diminution des forces, au point qu’il parut menacé de phthisie. De fréquentes saignées firent cesser cette hémoptysie. Peu après il fut pris d’une colique atroce, qui céda à l’administration des purgatifs , mais qui récidivait facilement avec l’hémoptj^sie par la moindre impression du froid ou par des mouvements trop considérables. Dès que l’hémorrhagie fut supprimée , ce jeune homme tomba dans un état de' langueur; la face devint pâle , et il fut sujet à diverses maladies L

Art. III. Diagnostic des hématidroses.

Caractères es- 552 . La manifestation spontanée de gouttelettes de sang matidroser ^ surface de la peau caractérise suffisamment la sueur de sang. Ces gouttelettes se forment avec une rapidité variable , et sont plus ou moins rapprochées les unes des autres. Aumoindre degré, ce sont des gouttelettes disséminées, formées d’un sang rouge, séreux, se formant avec lenteur *, au plus haut degré, ce sont des gouttelettes rapprochées, qui se confondent les unes avec les autres , et sortent rapi-

* In actis lipsiensibus , ann. 1702 , p* 95, Excerp. ex transact^ philos, angk 1701 , p. 272,

DES HÉaiATIDROSES,

dement, de manière à faire ruisseler le sang sur la peau. Quand une hémaüdrose est terminée, la peau sur laquelle elle a eu son siège ne présente aucune trace de lésion morbide.

La fréquence des récivides des hématidroses , et même l’habitude plus ou moins ancienne de ces maladies , qui s’observe si fréquemment chez ceux qui en sont affectés , suffisent pour faire reconnaître la manifestation d’une sueur de sang, dès qu’une apparence d’hyperaimie locale se montre sur une partie du corps , et surtout sur une partie qui a déjà été le siège du mal.

553. Les hématidroses peuvent être facilement confondues à leur début avec les érytèmes légers. La congestion sanguine, dont la peau est le siège avant que le suintement de sang paraisse, et même après qu’il s’est montré, la sensation de chaleur et de prurit que les malades éprouvent le plus souvent sur cette partie , sont des phénomènes communs à cette maladie et aux phlogoses superficielles du derme. La congestion sanguine de la peau est quelquefois si considérable* au début de quelques hématidroses qu’il en résulte une véritable tuméfaction du derme et de la couche du tissu cellulaire qui lui adhère immédiatement. Dans ces cas , il serait difficile de reconnaître, au seul aspect du derme affecté, si c’est une hé-

matidrose ou une phlegmasie qui va se manifester -, mais l’incertitude du diagnostic cesse si l’on considère que cette partie de la peau n’est qu’à peine sensible sous la pression , et ne fait guère éprouver au malade qu’un sentiment de chaleur avec une douleur gravative très obtuse. Il n’existe réellement alors qu’une hyperaimie de la peau ; mais si l’inflammation superficielle vient à se montrer , une douleur plus ou moins aiguë et brûlantè, souvent prurigineuse , ne permet plus de considérer la maladie comme la première période d’une hémorrhagie.

554, L’hyperaimie cutanée n’est pas toujours nécessai-

Différences des hématidroses et des érytèmes.

Di./j’ércij.cw-s lîsï

DES HEMORRHAGIES CUTANEES.

i hyperaimie cil- renient suivie de Fhëmorrhagie-j elle constitue souvent à filtrations sa 11- elle seule toute la maladie (53 9)3 elle se distingue des gmnesdudernic. produit l’hémorrhagie infiltrée de la peau par

cette circonstance que la rougeur hyperaimique de la peau disparaît sous la pression explorative^ pour se rétablir presque immédiatement, tandis que les taches qui résultent de la présence du sang infiltré dans l’épaisseur de la peau ne pâlissent jamais sous la pression. La couleur de la peau à l’état d’hyperaimie est d’un rouge vif qui se fond à ses limites par une dégradation successive en une teinte rosée •, la couleur des taches hémorrhagiques est d’un rouge pourpre et violet , qui passe progressivement en quelques jours au violet jaune , puis au jaune clair. Ces taches sont aussi rigoureusement et subitement circonscrites.

Art. IV. Prognostic des hématidroses.

prognosticdes 555. Daiis presque tous les cas d’hématidroses sur les-

matidroses. qucls dcs obscrvatious ont ete conservées, la maladie s’est heureusement terminée^ mais presque toujours elle s’est prolongée , ou du moins reproduite par attaques à des intervalles plus ou moins réguliers pendant un grand nombre d’années (53g , 5 5o). On peut donc penser que l’hématidrose , une fois qu’elle s’est manifestée, se renouvellera par intervalles pendant un certain temps de la vie. Si elle supplée une hémorrhagie habituelle supprimée, on peut craindre que l’hémorrhagie primitive se rétablisse très difficilement , et ce n’est que par son rétablissement qu’on peut espérer de voir cesser l’hématidrose. Piognostic de 556. Dès quc l’habitude d’une sueur de sang est établie ,

ia durée des hé- , . .

matidroses ha- on doit S attendre à la voir persister pendant lon^-lemps.

hituelles. . . ^ .

Elle ne cesse ordinairement que par la succession des années , et vers les âges auxquels l’expérience montre qu’il s’opère d’importantes modifications dans la constitution des individus , comme l’âge de la puberté , la fin de l’âge mur, ou l’âge critique , l’âge du décroissement commen-

DES HÉMATIDROSES.

çant^ etc. Sa suppression inconsidérée peut entraîner dè graves accidents. Un des faits précédemment rapportés en a fourni un exemple (5 5 1)5 le fait suivant en est un

autre :

Jacques Sola, robuste , d’un tempérament sanguin, âgé de vingt-cinq ans, fut sujet depuis sa quinzième année à un suintement de sang qui revenait tous les mois par le bout du petit doigt de la main droite. Le sang coulait chaque fois goutte à goutte pendant deux jours. On ne voyait aucune ouverture. Un mal de tete qui croissait progressivement annonçait l’hemorrhagie et cessait quand elle finissait. Cette céphalalgie était accompagnée d un engourdissement du bras droit qui disparaissait aussi par l’hémorrhagie. Ces accidents devenaient plus intenses si le sang coulait en moindre quantité. Ce jeune homme s étant mouillé les pieds dans un ruisseau par un temps très froid, l’effusion sanguine périodique manqua, et aussitôt une pneumonie et une dysenterie la remplacèrent. La pneumonie céda facilement aux remèdes-, mais la dysenterie fut opiniâtre. Le bain de bras put seul rappeler 1 hémorrhagie périodique du petit doigt , qui fit cesser sur le champ la dysenterie. Trois mois après, le malade cracha encore du sang , parce que , depuis ces trois mois , 1 hémorrhagie du petit doigt était supprimée. Le bain de bras, en la rétablissant, remédia encore au crachement de sang, qui ne revint plus. Cet homme a constamment joui dune bonne santé pendant les seize années suivantes, parce qiiil na cessé d’avoir son hémorrhagie périodique L

557. Les hématidroses ne sont que rarement portées au point de déterminer immédiatement un état d oligaimie qui mette en danger la vie des malades -, mais elles n en entretiennent pas moins une faiblesse habituelle qui expose les malades à contracter très aisément des maladies par 1 ac-

J.-F. Carrère, Trait, théor, et pr ai, des mal, inflamm,, p. 342.

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES.

vOüO

lion des moindres causes , et les empêchent de se livrer à des occupations qui exigent une certaine vigueur. Cet état de faiblesse devient avec Tâge de plus en plus grave , et finit par entraîner la mort par épuisement.

Art. V. Thérapeutique des liématidroses.

558. Les principales règles générales du traitement des hémorrhagies (i5o) s’appliquent toutes à la curation des hématidroses. Dans ces maladies, la considération du siège n’est que d’une importance secondaire pour la thérapeutique.

Nécessité de O 5û. Quand on a analysé avec soin 1 état de toutes les les moyens de loiictioiis d uîi malade affecté d hématidrose , et que 1 on a treia pléthore et satisfait aux indicatious qui résultent de la présence de la pléthore, si ordinaire dans ces hémorrhagies, ou de la congestion sanguine (533) qui se remarque souvent dans toutes les parties du corps sur les tégumens de laquelle la sueur de sang se manifeste, on a souvent fait tout ce qui est nécessaire pour la curation de la maladie. Ce serait méconnaître tous les principes rationnels du traitement des hémorrhagies que de tenter de réprimer et de suspendre l’exhalation sanguine avant d’avoir combattu et fait cesser la pléthore et la congestion sanguine locale lorsqu’elles précèdent et accompagnent la perte de sang. Dès qu’on a remédié à ces premiers états morbides dont l’hématidrose n’est que la conséquence, cette hémorrhagie cesse, ou au moins diminue et persiste sans inconvénient pendant quelques jours au plus en s’affaiblissant progressivement pour se suspendre enfin d’elle-même.

Moyens topi rarement nécessaire de joindre aux moyens

pUmer 'jL ^ïié" traitement qui s’appliquent à la pléthore générale et à l’hyperaimie locale des topiques propres à agir sur le siège extérieur de la maladie, les cas de perte de sang abondante exigent néanmoins quelquefois qu’on en vienne à ces moyens , et même qu’on y ait recours avec promptitude .

/nalidroses.

DES HÊMATÏDROSES.

5oï

Dans ces cas il faut appliquer des topiques froids et astringents sur la partie malade, il faut la soumettre à une compression immédiate et continue pour suspendre la perte de sang et favoriser en même temps la résolution de l’hyperaimie locale. Dans une sueur de sang très abondante , un obstacle mécanique apporté à la circulation artérielle de manière à modérer son activité quandle siège de la maladie le permet aurait certainement pour eSèt de diminuer rapidement la perte du sang, et même de la suspendre, en faisant aussi cesser fhyperaimie locale. Ainsi , dans les hématidroses des avant-bras, des mains, des jambes, des pieds, la compression exercée temporairement et avec plus ou moins de force surfartère principale du membre , au dessus du siège du mal, serait indiquée. '

56 1. Les deux circonstances qui s’observent dans la plupart des hématidroses , et qui doivent dominer par leur importance sur toutes les sources des indications dans ces maladies , sont l’habitude qui ramène plus ou moins régulièrement les récidives de cette maladie, et la suppression d’hémorrhagies habituelles ayant un autre siège, et auxquelles la sueur de sang s’est évidemment substituée.

562. L’habitude des sueurs de sang est d’autant plus difficile à guérir sans inconvénient qu’elle existe depuis un temps plus long. On ne parvient à la faire cesser quen substituant à l’hém^itidrose habituelle une autre hémor-

' rhagie produite à dessein , et aussi renouvelée aux mêmes intervalles. Ainsi l’on conseille des saignées du bras, des saignées locales à l’anus , à la vulve , renouvelées d’abord à toutes les époques auxquelles les hématidroses ont l’habitude de se manifester, et éloignées ensuite de plus en plus à mesure que plus de temps s’est écoulé depuis que la sueur de sang s’est suspendue. La quantité de sang ainsi extraite est d’abord plus considérable que celle que le malade perdait habituellement; elle est ensuite progressivement diminuée à chaque émission sanguine.

liidicalions curatives dcduiles des causes pathologiques.

DES HÉMORRHAGIES CUTANÉES,

Si l’hématidrose s’est établie après une suppression d’hémorrhagie habituelle , ou après la suppression d’une diacrise aussi habituelle depuis un temps plus ou moins long, c’est en rétablissant ces excrétions anomales que l’on pourra faire cesser la sueur de sang. Dans ces cas il faut recourir aux moyens propres à déterminer des hyperaimies et des émissions sanguines locales, ou aux remèdes propres à provoquer des sueurs locales, des leucorrhées, des diarrhées, etc., si c’était à la suppression de flux anomaux de cette espèce que l’établissement des hématidroses habituelles pût être attribué.

Principe géné- ^^3. La méthode thérapcutique que nous recommandons tique ^^p*^Hqué l’applicatiou à la thérapeutique d’une maladie

des hématidro- ^’une règle générale de traitement de toutes les maladies qui surviennent après la suppression d’une affection locale ancienne. Cette méthode de traitement est souvent suivie d’heureux résultats •, cependant elle échoue aussi fréquemment. On s’en rend bien compte par cette remarque générale déjà indiquée , et qui s’applique surtout à l’hématidrose, savoir, que les habitudes de maladie ou les états morbides chroniques n’ont dans l’économie qu’une durée limitée, quelque longue qu’elle soit d’ailleurs; leur cessation fait souvent place à un autre état anomal aussi chronique, qui se produit moins par déviation ou métastase de la première aflection habituelle, que par une véritable substitution. C’est aux médecins à tirer parti de cette observation générale, qui forme pour eux le principe capital de la thérapeutique des maladies chroniques. Ainsi, si une hématidrose se substituait à une leucorrhée ancienne , à une diaphorèse locale ou à un flux hémorrhoïdal existant depuis un grand nombre d’années , l’on n’obtiendrait le plus souvent aucun avantage des efforts qu’on ferait pour rétablir les maladies chroniques qui sont terminées; il en serait de même si l’on voulait combattre par des moyens temporaires une hématidrose déjà ancienne, et qui consti-

DES HÉMORRHAGIES DES MEMBRANES SÉREUSES. 5o5

tue, pour ainsi dire, une sorte de fonction supplémentaire dans ^économie. Dans ces cas , il faut procéder comme la nature elle-même •, il faut substituer à la maladie habituelle une autre maladie aussi chronique et habituelle. C’est ainsi que l’on a recours avec avantage à l’établissement d’un exutoire à demeure , à la production continue d’une sueur locale ou d’une excitation générale de toute la peau par des bains alcalins , des frictions sèches ou stimulantes , des douches de vapeurs, etc. , etc. Mais, dans ces cas, si l’hémorrhagie cutanée était peu considérable, si elle se renouvelait sans causer au malade beaucoup de gêne, et sur une partie qui ne fût pas trop incommode , il faudrait l’abandonner à elle-même, parce qu’il est toujours à craindre que sa suppression ne soit suivie de l’explosion d’une autre maladie plus graves il faut surtout prendre ce dernier parti, si la santé du malade, ordinairement faible, ou même altérée avant la manifestation de la sueur de sang habituelle, s’est consolidée depuis qu’elle s’est établie.

Page 1