CHAPITRE PREMIER
'lî
Définition du mot hèmorrhoïde.
Des hémorrhoïdes.
568. Les anciens, d’après Aristote , donnaient le nom d’hémorrhoïdes ^ à toutes les hé-
morrhagies qui consistent dans un suintement plutôt que dans un écoulement de sang, quel que fût d’ailleurs le siège de la maladie * ( 18) -, cependant Hippocrate a écrit que les Grecs appliquaient cette dénomination aux flux de sang qui proviennent des veines de Fanus^ il l’a lui-même aussi employée pour désigner les varices des veines hémorrhoïdales et les tumeurs de l’anus qui résultent de leur
^ Aristote , de part, anima , lib. ii.
DES HÉMORRHOÏDES, 3ll
présence , et dont il considérait la rupture comme la cause immédiate de Fliémorrhagie hémorrhoïdale ^ .
On comprend généralement aujourd’hui sous le nom d’hémorrhoïdes les tumeurs hémorrhagiques qui se forment autour de Fanus et à la partie inférieure du rectum , Jusqu’au sphincter interne de Fanus , les hémorrhagies qui s’accomplissent à la surface de ces tumeurs par exhalation ou par rupture , et les hémorrhagies par exhalation sur la muqueuse du rectum. Ces dernières , que l’on a le plus souvent appelées flux hémorrhoïdal ^ coïncident souvent en efîet avec les tumeurs hémorrhoïdales proprement dites (4ii)* Nous les avons décrites avec les entéro-hémorrhagies 5 dont elles sont une des formes (SgS sqq). Nous ne restreignons cependant pas la dénomination d’hémorrhoïdes à désigner les tumeurs hémorrhagiques de la fin de l’intestin rectum et de la marge de Fanus. Ces tumeurs sont le résultat des altérations de texture qui se forment consécutivement à l’infiltration du sang dans le tissu cellulaire sous-muqueux de ces parties ; elles mo difient par leur présence tous les accidents de la maladie ^ mais elles ne la constituent,. pas tout entière. Primitivement les hémorrhoïdes sont des hémorrhagies infiltrées dans le tissu cellulaire sous-muqueux. L’écoulement de sang à l’extérieur provient ensuite soit de la rupture des tumeurs , soit de l’exhalation ou de la transsudation du sang à leur surface. Il faut donc considérer , pour se faire une idée complète de la maladie , non-seulement les tumeurs hémorrhoïdales et tous les accidents qui se rattachent à leur présence^ mais il faut surtout aussi tenir compte de l’hémorrhagie qui a précédé et produit ces tumeurs , et qu. les entretient , les reproduit et les modifie en se renouvelant à des intervalles plus ou moins réguliers.
* Aph, sect, III, aph. SO etsect. vi, apli. 12. et aph. 21. — In lib, de morrhoidibus.
ÔI2
DES HÉxHORPtHAGIES INTERSTITIELLES.
Art, I. Symptômes des liémorrhoïdes.
Pi odromes des 5 69. La première invasion des hémorrhoïdes est presque
hcrtiorrhoïdes. rrifi 1 .t»
toujours precedee de prodromes qui durent ordinairement pendant un temps assez long. Souventmême ces prodromes cessent sans être suivis de la manifestation de l’hemorrhagie. Dans le plus grand nombre des cas , cette manifestation n’arrive qu’après que les prodromes se sont plusieurs fois reproduits avec une durée et à des intervalles variables. L’hémorrhagie hémorrhoïdale, sauf dans quelques circonstances exceptionnelles (612, 622), ne survient donc qu’après avoir été , en quelque sorte , préparée dans l’organisme pendant un temps assez long^ les phénomènes précurseurs se rapportent à cette préparation ils constituent les symptômes d’un véritable molimenhémorrhoïdal.
670. La manifestation des prodromes des hémorrhoïdes est souvent accompagnée et même précédée des symptômes de la pléthore (21). Cette circonstance n’appartient pas exclusivement à l’imminence de cette hémorrhagie ÿ cependant elle est souvent plus prononcée dans ce cas qu’avant les autres extravasations sanguines.
671. L’imminence de l’hémorrhagie hémorrhoïdale se décèle par une douleur gravative obtuse dans la région du sacrum , avec prurit et chaleur à l’anus. Les selles deviennent rares , le malade éprouve après la défécation une sorte de constriction d’abord gênante et ensuite douloureuse de l’anus. Cet orifice est humecté par une petite quantité de mucus qu’il laisse suinter dans les intervalles des évacuations alvines. Ces symptômes locaux de peu d’intensité sont quelquefois pendant long-temps les seuls qui se manifestent, ils sont assez fréquemment, et par intervalles, joints à quelques douleurs gravatives vagues, revenant irrégulièrement dans l’abdomen autour de l’ombilic avec une tension passagère du ventre, la production de borborygmes, une douleur lombaire obtuse, de la tension et quelques don-
DES HÉMORRHOÏDESc
KO
leurs grayatives vers les hypochondres , de Tanorexie, etc.
Si les accidents se prononcent davantage ^ le malade éprouvé à l’anus des douleurs comme lancinantes , qui remontent profondément, suivant le trajet du rectum, et qui se reproduisent surtout dans la station. Le périnée est le siège d’une douleur gravative qui s’étend aux testicules , à la vulve, à la vessie; la vulve, le gland , deviennent le siège d’une chaleur prurigineuse; les urines , rouges et ardentes , sont rendues avec ténesme au col delà vessie. Le malade a , en même temps , des bouffées de chaleur , des vertiges , une céphalalgie continue; il est pris par instants, surtout durant la nuit, de c iiques qui semblent partir des flancs et venir se perdre vei 5I ombilic. Ces coliques s’accompagnent dans quelques sujets de vomissements ou de l’émission fréquente par la bouche de flatuosités; elles semblent porter à la défaillance, et sont fréquemment jointes à une tension élastique de l’abdomen , qui reste cependant indolent à la pression. Le malade est ordinairement constipé; dans quelques cas cependant il a des selles peu abondantes, demi-liquides, excrétées avec un sentiment d’ardeur et d’érosion à l’extrémité inférieure du rectum. Ces selles liquides n’empêchent pas qu’il n’existe souvent en même temps de la constipation par suite de laquelle des fèces durcies s’accumulent dans la fin du colon.
Les symptômes précurseurs sont loin d’avoir toujours l’intensité que nous venons d’indiquer. Ils sont souvent limités aux plus légers des accidents qui viennent d’être décrits; dans quelques cas même , ils sont si peu prononcés , que le malade n’y fait aucune attention. Leur durée est aussi très-variable ; tantôt ils ne se montrent que durant quelques heures; d’autres fois , ils continuent pendant plusieurs semaines avant que l’hémorrhagie survienne. Chez beaucoup de personnes la maladie ne dépasse pas le degré de symptômes précurseurs pendant plusieurs années, avec des alternatives de suspension et de retour.
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
Symptômes de 672. Lorsque les hémorrhoïdes vont enfin se manifes-
l’invasion des , ,
hémorrhoïdes, ter, les prodromes augmentent d intensité jusqu a linvasion décidée de la maladie. Néanmoins cette invasion est • quelquefois précédée d’une sorte de suspension des pro-
dromes, toutefois toujours d’assez courte durée-, quelques heures au plus séparent la fin des accidents précurseurs et l’invasion de la maladie caractérisée , dont le malade n’est averti que par l’issue par l’anus d’une petite quantité de sang ou d’un mucus sanguinolent, ou quelquefois même d’une sérosité rougeâtre dans laquelle la matière colorante du sang n’est qu’en très-petite proportion. Il perçoit en même temps la sensation d’une obstruction de cet orifice , comme par un corps étranger qui tendrait à s’y engager. Ces premiers symptômes propres aux hémorrhoïdes surviennent presque toujours après une évacuation alvine dans laquelle on a ressenti à l’anus une douleur dilacérante comme celle que’ produirait le passage d’un corps hérissé d’aspérités.
Description A l’inspcction de l’anus on reconnaît d’abord que
morrhSdaleV'et 1^ muqueuse de cet orifice est rouge et gonflée ; mais hé^l^îhoTdes^^^ gonflement et la rougeur semblent ] imités à un ou plucon imees. sieurs poiuts de la marge de l’anus, sur lesquels on reconnaît des petites tumeurs de quatre à cinq lignes de diamètre, molles à la pression, ayant quelquefois une teinte violâtre. Ces petites tumeurs occupent l’extrême limite de la peau-, sur le bord de l’anus, et se distinguent à leur saillie hémisphérique, qui sej^rouve en dehors et comme isolée des plis de l’anus. Le plus ordinairement elles sont situées au niveau du sphincter externe-, elles donnent à la muqueuse de l’extrémité de l’intestin une couleur d’un rouge violâtre , qui repose sur un repli de la muqueuse, qui semble engagée dans l’anus, et se présente comme le ferait l’extrémité du doigt introduite de dedans en dehors , lorsqu’on fait faire au malade des efforts de défécation pour déterminer la sortie de l’extrémité de
DES HÉMORRHOÏDES
la muqueuse rectale. Les tumeurs hémorrhoïdales ainsi récemment formées sont toujours molles ^ peu rénitentes , mal circonscrites. On voit évidemment qu’elles ne sont que l’effet d’un soulèvement de la muqueuse. Cette membrane est souvent alors dans un état d’injection vasculaire si prononcé , qu’il suffit de la froisser pour qu’il s’en écoule du sang qui ^ même dans un grand nombre de cas , suinte spontanément, non-seulement de la surface des tumeurs , mais même de leurs intervalles. Les malades ressentent à l’anus une gêne continue et douloureuse , comme la produirait un corps étranger qui resterait fixé dans cet orifice*, ils y éprouvent en même temps une vive chaleur, et des douleurs lancinantes qui acquièrent quelquefois une très-grande intensité , surtout lorsque le malade vient d’évacuer des matières fécales dures , et lorsqu’il reste pendant un certain temps debout ou assis.
674. Le volume des tumeurs hémorrhoïdales, le degré d’injection et de sensibilité de la muqueuse de l’anus et de la fin du rectum varient aux divers instants de la journée, et suivant certaines circonstances. Ainsi, quand le suintement du sang sur la muqueuse s’est produit avec une certaine abondance , le volume des tumeurs hémorrhoïdales est évidemment diminué, la muqueuse du rectum est moins rouge et en quelque sorte moins boursouflée. On remarque le contraire immédiatement après les déjections alvines qui se sont faites avec difficulté. Il en est encore de même le soir quand les malades ont beaucoup marché, se sont livrés à des travaux manuels, sont restés long- temps debout, etc.
575. Cependantles accidents s’atténuent auboutde deux ou trois jours, quelquefois même dès le lendemain j une quantité toujours très-faible de mucus légèrement sanguinolent suinte sur la muqueuse *, la rougeur vive qu’elle présentait diminue *, cette membrane reste néanmoins douloureuse au toucher et au froissement des matières fécales
5l6 DES HÉMOEKHAGIES lINTEESTITIELLESr
pendant un certain temps, surtout sur les tumeurs hémor-' rhoïdales. Dans la plupart des cas ces tumeurs s’aflaissent et se rident de manière à disparaître presque complètement en sept à huit jours.
Variations des 576. Aiusi se présentent le plus ordinairement les acci-
symptômes des j ^
hémorrhoïdes. deuts d Une première attaque d’hémorrhoïdes. L’intensité relative de quelques uns de leurs symptômes les modifie, mais ils conservent toujours les mêmes caractères. Tantôt la muqueuse de la fin du rectum est très-boursouflée par l’hyperaimie considérable dont elle est le siège , et les tumeurs hémorrhoïdales sont à peine apparentes ; dans d’autres cas, au contraire, ces tumeurs se montrent presque subitement avec un certain volume et en assez grand nombre, quoique la turgescence de la muqueuse soit très peu prononcée 5 enfin les modifications des accidents dépendent aussi de la facilité avec laquelle s’établit le flux sanguin de la surface de la muqueuse de la fin du rectum. Dans quelques cas, le sang suinte abondamment dès le début sur la membrane muqueuse; dans d’autres, il ne s’établit aucun suintement de sang ; tout est borné à la turgescence de la membrane muqueuse et au développemeriL des tumeurs hémorrhoïdales. Dans ces cas , où les accidents sont si peu prononcés, il s’opère souvent par l’anus un écoulement d’une petite quantité de mucus ou de sérosité sanguinolente. Ce sont ces écoulements que les auteurs ont appelés hémorrhoïdes blanches; ils sont l’indice d’un léger catarrhe de la muqueuse rectale ou d’une exhalation de sérosité à la surface de cette membrane à l’état de congestion sanguine.
Succession des 5 7 7 . Il est raf e qu’un individu n’ait en sa vie qu’une seule
rifomloïdes^ attaque d’hémorrhoïdes ; presque toujours ces hémorrhagies
se reproduisent à des intervalles d’autant plus courts qu’elles sont déjà revenues un plus grand nombre de fois. Il arrive aussi que les attaques d’hémorrhagies se succèdent sans intervalles , et sont , pour ainsi dire , croisées pendant un
DES HÉMORRHOÏDES
certain temps. Cette multiplication et cette succession des attaques produisent des symptômes qui ne se manifestent jamais à la première apparition de la maladie. Ces symptômes sont fournis ^ soit par les lésions qui se produisent ' vers l’anus , soit par le trouble fonctionnel précurseur et concomitant des attaques, ou consécutif à des perturbations dans leur accomplissement.
578.Danslapremière attaque d’hémorrhoïdes , le gonfle- symptômpsdif» ment hyperaimique de la muqueuse de la lin du rectum et la répétition des les tumeurs qui s’étaient montrées à la marge de l’anus ou nSoWes. entre les sphincters , ne dépassent guère des limites assez restreintes, et se terminent ordinairement par résolution.
Dans les attaques ultérieures , les tumeurs hémorrhoïdales sont plus nombreuses et d’un plus grand volume la turgescence hyperaimique de la muqueuse est aussi beaucoup plus considérable , et la résolution des unes et des autres n’arrive plus complètement. Les tumeurs hémorrhoïdales deviennent et restent plus saillantes, plus circonscrites; celles qui sont au bord externe de l’anus prennent une forme globuleuse sous la commissure de la peau et de la muqueuse qui les tapisse; celles qui sont situées plus profondément augmentent aussi de volume , ou au moins deviennent beaucoup plus saillantes ; elles s’engagent dans l’anus et viennent proéminer au dehors au moins dans les efforts de défécation, avec le bourrelet que la muqueuse rougie et tuméfiée par hyperaimie fait au pourtour de l’anus. Leur surface reste molle et sans rénitence , revêtue par la muqueuse évidemment plus mince sur cette surface que sur la marge de l’anus. Quelquefois par suite de la constriction que le sphincter exerce sur ces tumeurs engagées dans l’anus et tirées de bas en haut par l’action du releveur de l’anus, ces tumeurs se rompent et laissent échapper du sang. L’action continue qu’exerce le sphincter de l’anus sur ces tumeurs qui s’engagent dans son orifice à chaque défécation , les allonge progressivement comme
3l8 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
pour les retenir au dehors. Il résulte de ces circonstances que ces tumeurs, à mesure qu’elles s’éloignent de leur première origine, et qu’elles sont plus fréquemment soumises au gonflement et à la turgescence que chaque retour de la maladie reproduit en elles, deviennent pédiculées, dures et fibreuses à leur insertion. La muqueuse de la fin du rectum , entraînée aussi par les mêmes causes et par l’intermédiaire même de tumeurs implantées sur elle, s’allonge et forme enfin à l’anus un véritable bourrelet saillant qui augmente les rides et k volume de la muqueuse à la marge de l’anus. Ce bourrelet , gonflé et turgescent à chaque nouvelle attaque, exaspère encore la douleur gravative que les malades ressentent à l’anus.
Description ^79* attaqucs hémorrhoïdales multipliées donnent hémorrro^ïaks i^^î^sance à d’autres tumeurs , differentes par leur aspect et spongieuses. structure de celles qui viennent d’être décrites. Ces tu-
meurs sont de forme conique , d’un rouge vermeil , quelquefois livide -, elles sont molles au toucher , facilement saignantes, de consistance et d’aspect spongieux. On trouve de ces tumeurs qui n’ont pas moins d’un pouce de longueur sur six à huit lignes de diamètre à leur base ; elles sont toujours implantées sur la muqueuse entre les sphincters ou audessus -, elles ne sont très-facilement visibles , dans le plus grand nombre des cas , qu’en faisant opérer au malade des efforts de défécation. On ne les trouve guère à l’anus que dans de violentes attaques d’hémorrhoïdes , quand la muqueuse rectale turgescente et formant bourrelet se trouve retenue au dehors de l’anus par son volume même et par celui des tumeurs auxquelles elle sert de support.
Ces tumeurs se montrent quelquefois à leur premier rudiment sur la muqueuse du rectum , tantôt dans les intervalles des autres tumeurs , tantôt à leur surface , comme une petite boursouflure de la muqueuse qui semble constituée par une agglomération de gouttelettes de sang groupées comme le sont les grains de la mûre. Le diamè-
DES HÉMORRHOÏDES. 5l9
Ire de ces tumeurs n’excède pas alors deux à trois lignes* la pellicule qui les revêt, qui n’est que la muqueuse amincie, se rompt avec une extrême facilité , et laisse suinter du sang. Une fois formées à ce degré, ces tumeurs augmentent progressivement de volume. Dans les intervalles des attaques , elles sont comme flétries *, dans les attaques , elles sont turgescentes; elles se rompent souvent, et du sang s’écoule par gouttelettes des fissures qui résultent de ces ruptures produites soit par le froissement des matières fécales , soit par le frotter du malade pour essuyer les fluides qui suintent par l’anus, ou à cause du prurit qu’il y éprouve.
5 8 0. A mesure que les attaques d’iiémorrlioïdes se multiplient , les tumeurs hémorrhoïdales augmentent de volume et deviennent plus nombreuses. La muqueuse de la fin du rectum, gonflée à chaque attaque et mécaniquement entraînée en bas , devient plus lâche *, les tumeurs hémorrhoïdales finissent par remplir l’extrémité du rectum entre les deux sphincters, en même temps qu’elles entourent et circonscrivent extérieurement, comme un véritable bourrelet, l’orifice de l’anus. Dans les intervalles des attaques, la diminution de volume de ces tumeurs fait qu’à part un sentiment de gêne qu’elles causent au moment de la défécation , leur présence ne produit pas d’accident; mais dès que le molimen hémorrhagique fait passer la muqueuse rectale et les tumeurs qu’elle supporte à un véritable état de turgescence hyperaimique , le malade ressent une vive douleur gravative à l’anus ; les tumeurs hémorrhoïdales et la muqueuse qui les supporte s’engagent dans l’anus , s’y trouvent resserrées et comme étranglées, au point qu’il faut, après chaque défécation , que le malade les fasse rentrer par une pression exercée de dehors en dedans.
58 1. Les tumeurs hémorrhoïdales et le bourrelet delà muqueuse qui les supporte, engorgés dans l’intervalle
Du plus haut degré de développement des tumeurs hémormorrhoïdales.
Symptômes de l’inflammation des hémorâ' rhoïdes.
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
Comment l’hémorrhaïîie survient à la surface de la muqueuse du rectum et des tumeurs hémorrhoïdales.
f]( S sphincters ou descendus par Torifice anal , s’étranglent quelquefois au point de passer à un état d’inflammation qui détermine des accidents d’une extrême acuité. Une d )uleur dilacérante se fait sentir à l’anus; elle irradie dans le périnée;, dans les testicules, et chez les femmes dans le vagin et j usqu’à l’utérus ; elle remonte dans les lombes et descend jusque dans les cuisses; elle augmentées! le malade veut se lever, et s’exaspère dans le lit par les simples mouvements des membres , par les secousses d’une toux accidentelle , et même par l’action de parler et de respirer avec force. L’introduction des clystères, l’expulsion des matières fécales exaspèrent ces douleurs; aussi les malades redoutent-ils au plus haut degré la défécation, et sont-ils ordinairement constipés au point qu’on a souvent de la peine à déterminer des selles. Le sommeil devient impossible par la continuité des souffrances, qui semblent s’exaspérer pendant la nuit, et qui sont souvent portées jusqu’à déterminer des accidents spasmodiques. On voit quelquefois dans ces cas graves la dysurie la plus vive se joindre aux douleurs intenses dont l’anus est le siège.
Pour produire d’aussi graves symptômes , il n’est pas besoin d’une inflammation très-vive de la muqueuse de la fin du rectum et des tumeurs hémorrhoïdales ; les parties malades n’ont souvent de plus que dans la turgescence et le gonflement hyperaimiques qu’elles offrent dans les attaques ordinaires, qu’un peu de rénitence, une rougeur plus vermeille , et une couche de mucus grisâtre , plastique , presque pseudomembraneux qui se forme à leur surface. La véritable cause immédiate des douleurs se trouve alors dans une vive constriction spasmodique du sphincter, qui existe toujours à ce degré de la maladie (587).
582. Les tumeurs hémorrhoïdales, et la muqueuse de l’extrémité du rectum qui les supporte , gonflées etrougies dans les attaques d’hémorrhoïdes , fournissent du sang de différentes manières ; tantôt ce fluide suinte de la membran e
DES HÉMORRHOÏDËS* 02 1
muqueuse à la surface et dans les intervalles des tumeurs , et souvent plus profondément dans le rectum au dessus du siège de ces tumeurs. Cest une véritable hémorrhagie par exhalation qui constitue un flux hémorrhoïdal (4o4) joint aux hémorrhoïdes ; elle entraîne raffaissement des parties tuméfiées en déterminant l’évacuation du sang qui formait hyperaimie. Tantôt une ou plusieurs de ces tu-meurs se rompent soit par suite du gonflement qui résulte en elles de î’hémorrhagie interstitielle, soit par suite de la compression qu’elles éprouvent de la part du sphincter, par l’effet des manœuvres que le malade exerce sur elles, dans l’injection des cly stères, en voulant les faire rentrer, dans la défécation, en s’asseyant, etc. Ces ruptures, immédiatement suivies de l’issue d’une plus ou moins grande quantité de sang, opèrent le dégorgement des tumeurs et une diminution de l’hyperaimie à un degré proportionné à la quantité de sang qui s’écoule.
583. Quand les tumeurs ou les bourrelets hémorrhoï- Des ruptures des
^ . tumeurs hémoi-
1 inflammation rhoVdalespar in-
. . ^ ^ , flammation.
est assez souvent suivie de 1 ulcération et de la rupture par ramollissement des tumeurs , qui versent alors du sang en quantité variable, mais assez peu considérable, et par conséquent presque toujours sans grand soulagement pour îe malade.
584. L’inflammation des tumeurs hémorrhoïdales se produit souvent dans les attaques sans que ces tumeurs soient étranglées-, elle est alors limitée à une partie des tumeurs hémorrhoïdales-, elle est toujours suivie d’assez vives douleurs, qui ne sont cependant jamais comparables, pour l’intensité, à celles qui résultent de l’étranglement des tumeurs et du bourrelet hémorrhoïdal. Ces phlegmasies partielles des tumeurs hémorrhoïdales produisent à leur surface de petites ulcérations qui les perforent souvent de plusieurs trous-, il en résulte toujours un écoulement de sang assez considérable, qui souvent fait
daux se sont enflammés par étranglement.
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
en grande partie cesser Thyperaimie de la muqueuse et des tumeurs hémorrhoïdales.
De la chute du 585. La rentrée des tumeurs hémorrhoïdales et du bourir^^^nfrTtenue que forme la fin de la muqueuse du rectum qu’elles Ïiioïde^s^ hémor- entraînent hors dej’anus, devient impossible après la défécation par la seule puissance du muscle releveur de Lanus (58o), si les tumeurs ont un certain volume , et si le bourrelet muqueux qui les supporte a acquis ^ par des attaques multipliées, une assez grande longueur ^ il en résulte une chute du rectum revenant à chaque fois que l’excrétion des fèces se reproduit, ou au moins quand cet acte exige des efforts insolites , comme lorsqu’il y a de la constipation. A ce degré, la chute du rectum est permanente dans les attaques d’hémorrhoïdes y elle ne tarde pas à persister même après ces attaques, et les malades ont, indépendamment des tumeurs hémorrhoïdales et du bourrelet muqueux qui leur sert de base , une chute du rectum qui les soumet à avoir recours à des moyens mécaniques pour suppléer à l’action actuellement insuffisante du releveur et du sphincter de l’anus. Cette infirmité grave est l’effet des fréquentes attaques d’hémorrhoïdes qui ont produit de volumineuses tumeurs hémorrhoïdales ; elle ne fait que s’aggraver et rendre encore les attaques plus fréquentes.
Dans les hémorrhoïdes chroniques le relâchement du sphincter et la chute continue du rectum et des tumeurs hémorrhoïdales internes sont le résultat de l’atrophie des fibres musculaires , effet nécessaire des altérations qui résultent de la maladie dans le tissu cellulaire sous-muqueux jusque dans les interstices des fibres musculaires du sphincter (609).
Symptômes de 586. Lcs symptômes de la chute du rectum produite tiim^pîoduaret entretenue par les hémorrhoïdes sont la saillie exté- Tes^^^hémorrif^^^^ rieuTC de la muqueuse du rectum, formant à l’anus une tumeur cylindroïde , rougeâtre , humide, à la surface de
DES HÉMORRHOÏDES. 323
laquelle sont implantées des tumeurs rouges ^ spongieuses, coniques. Derrière les tumeurs hémorrhoïdales, sur la commissure de la muqueuse et de la peau, se trouve un repli artondi, circulaire, rénitent, formant bourrelet, et portant à sa surface des petites tumeurs globuleuses , sèches, saillantes, dont quelques unes sont pédiculées et denses à leur insertion. La tumeur que forme la chute du rectum disparaît en rentrant dans l’anus quand on la repousse en introduisant un cône de linge dans l’orifice qui se trouve à son sommet-, elle reparaît aussitôt que cette compression est suspendue. Nous avons vu dans une attaque d’hémorrhoïdes , chez un individu qui avait plusieurs tumeurs hémorrhoïdales et une chute du rectum, le sang iS’exhaler par gouttelettes sur toute la muqueuse retournée du rectum devenue saillante à l’anus.
587 . La constriction spasmodique du sphincter de l’anus accompagne constamment les attaques d’hémorrhoïdes encore peu intenses -, elle persiste après elles tant qu’il reste dans l’anus des tumeurs même peu volumineuses-, elle est souvent par elle-même la cause d’une douleur constrictive à l’anus, qui se rapproche quelquefois de l’acuité de la douleur du ténesme.
Lorsqu’une vive inflammation s’empare de l’anus par suite des hémorrhoïdes , on voit quelquefois le relâchement du sphincter arriver tout d’un coup , et même une chute du rectum temporaire succéder immédiatement à la constriction spasmodique de l’anus. Cette conversion dans les accidents provient de ce que la phlegmasie s’étant établie dansle tissu cellulaire qui enveloppe immédiatement le sphincter, il en est résulté une suspension immédiate de Tac tion du muscle , comme cela arrive dans tous les muscles qui servent de paroi à un organe enflammé. Dans ces cas , amesurequeles accidents de l’attaque hémorrhoïdale dimi^ nuent , le sphincter reprend son action , et il n’est pas rare de voir la constriction spasmodique du sphincter se rétablir
Constriction spasmodique du sphincter de l’anus considérée comme effet des hémorrhoïdes.
au lieu du relâchement de ce muscle , qui n’a été ainsi que temporaire.
Prodromes des ^es symptômcs précurseurs des attaques d’iiémor-
rhoïdes chez les sujets qui portent des tumeurs héihorrhoïÿhém^orrwS^e^^ dales et qui ont déjà été affectés d’hémorrhoïdes , sont souvent les mêmes que ceux qui s’observent à la première manifestation des hémorrhoïdes (669) ; seulement la douleur et la pesanteur que les malades ressentent à l’anus sont en rapport avec le gonflement des tumeurs hémorrhoïdales préexistantes. Ce gonflement , et la gêne que les malades en éprouvent dans la défécation , sont souvent les seuls symptômes qui puissent faire prévoir le retour des attaques; mais toutes les attaques ne se ressemblent pas sous ce rapport. Il n’est pas rare d’observer les prodromes les plus intenses précédant une attaque d’hémorrhoïdes chez des sujets dont la maladie dure depuis très-long-temps , et chez qui les attaques revenaient presque sans prodromes. Les prodromes intenses des hémorrhoïdes consistent dans un gonflement des tumeurs hémorrhoïdales et de la muqueuse de la fin du rectum , qui va jusqu’à produire les symptômes d’un véritable étranglement des plus douloureux. Les malades ont en même temps des douleurs lombaires intenses , se propageant dans les fesses et jusque dans les cuisses, et ils éprouvent les symptômes de la colique hémorrhoïdale , comme dans lesprodromes des hémorrhagies par exhalation des gros intestins (399). Quelquefois , dans ces cas , l’on observe aussi des symptômes de congestion sanguine , d’abord dans les parties contiguës; à l’urètre (5oy)^ à la prostate, vers le vagin et vers l’utérus; d’où résultent des rétentions d’urine ou des hématuries, et des urétrohémorrhagies (5io, 517), par suite du gonflement au col de la vessie qui résulte de l’état de congestion de la prostate, de la muqueuse urétrale, et surtout du plexus veineux qui existe autour de ces parties; des gonflements du vagin et de l’utérus, et des hémorrhagies va-
^ DES HEMORRHOIDES.
ginales et utérines , par suite deTextensioii de la congestion a tout l’appareil vasculaire des organes du petit bassin.
Enfin dans des cas d’une grande intensité, heureusement assez rares , les prodromes hémorrhoïdaux expriment une grave perturbation dans les fonctions de tous les viscères abdominaux ^ ainsi le ventre est tendu et douloureux à la pression dans toute son étendue, les évacuations alvines sont supprimées , le malade a des nausées et des vomissements, joints à des coliques vives et fréquentes*, des douleurs obtuses gravatives se sentent dans les hypochondres-, quelquefois une teinte ictérique colore les conjonctives.
689, Tous ces symptômes précurseurs des attaques d’hé- Desinflamma-
^ lions intestinales
morrhoïdes, expriment l extension plus ou moins grande ou rectales pro-
^ ^ , duites par les
dans les organes abdominaux de l’hyperaimie qui précède attaques fcThé-
i?i ^ 1 r» -I • 1 morrhoïdes.
1 hemorrnagie de la fin du rectum *, ils se prolongent quelquefois pendant deux ou trois semaines, et cèdent avec la manifestion , soit d’un flux hémorrhoidal , soit de la rupture des tumeurs hémorrhoïdales et de l’hémorrhagie qui en est le résultat immédiat. Il arrive assez souvent que les tumeurs hémorrhoïdales se gonflent de plus en plus à mesure que tous ces symptômes se montrent. Dans ces cas , les accidents excessivement douloureux qu’entraîne le gonflement des tumeurs hémorrhoïdales et de la muqueuse sur laquelle elles reposent, et l’étranglement de toutes ces parties, viennent encore ajouter aux souffrances du malade. Si les moyens de l’art ne déterminent pas alors l’issue du sang infiltré dans les tumeurs hémorrhoïdalës et sous la muqueuse de l’anus, les accidents s’aggravent de ceux d’une inflammation intense de ces parties , avec tous ses symptômes ordinaires, tels que la fièvre symptomatique , des douleurs lombaires , intestinales , etc.
L’issue la plus heureuse de cette inflammation est la rupture par ulcération des tumeurs (583), et par suite l’hémorrhagie qui diminue les vives douleurs que le malade éprouve 3 mais elle peut entraîner des désordres très-graves
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
Influence que les tumeurs hémorrhoïdales exercent par contiguïté.
La maladie hémorrhoïdale doit être étudiée d’après l’ensemLle et la succession des attaques.
vers Faims , qui exigent quelquefois un traitement chirurgical douloureux. Ainsi l’inflammation propagée dans le tissu cellulaire sous-muqueux y produit des infiltrations ou des apostèmes purulents, d’où résultent des alicès à l’anus et des fistules.
Quelques auteurs, parmi lesquels il faut surtout citer P. Frank , ont attribué aux tumeurs hémorrhoïdales inflammatoires une terminaison* par gangrène. Quoique la vive inflammation par étranglement de ces tumeurs rende cette terminaison possible, on n’a cependant publié aucun fait qui prouve qu’elle ait été observée.
5go. Le volume considérable qu’acquièrent quelquefois les tumeurs hémorrhoïdales, tout en restant renfermées dans le rectum, peut devenir la cause de symptômes spéciaux. Ainsi W. Cookburn rapporte qu’une femme éprouvait des douleurs très-vives dans l’acte de la copulation , par suite de la présence de tumeurs hémorrhoïdales internes qui se trouvaient alors comprimées par l’intermédiaire de la cloison recto-vaginale L
5g i. Pour bien comprendre les maladies qui nous occupent, il ne faut pas seulement s’attacher à considérer les accidents qui se produisent à chaque attaque d’hémorrhoïdes, il faut considérer la succession des attaques et 1 -influence qu’elles exercent sur l’économie tout entière pendant un temps plus ou moins long. Ainsi envisagées , les attaques d’hémorrhoïdes ne sont plus que les symptômes d’un véritable état morbide qui commence à une certaine époque de la vie et dure pendant un temps assez long, communément pendant vingt-cinq ou trente années , et chez quelques personnes pendant quarante et même quarante-cinq ans. Durant ce laps de temps, on voit les attaques se succéder à des époques ordinairement assez régulières, chez un individu à tous les changements de saison, chez un autre
* Essais de mcd. p. 2.
DES HÉMORRHOÏDES
pendant une certaine saison, Fhiver ou Fété, le printemps ou ^automne; chez un quatrième, les hémorrhoïdes ne se manifestent qu’à des intervalles irréguliers , ou sont liées à certains actes habituels de la vie*, ainsi, chaque fois que l’on va à cheval ou en voiture, etc. Les liémorrhoïdes se montrent aussi avec des modifications dans la forme de leurs attaques. Chez telle personne , les attaques sont toujours légères, et ne consistent que dans la tuméfaction et la turgescence des tumeurs hémorrhoïdales, sans aucune issue de sang par l’anus; chez telle autre, le flux hémorrhoïdal se montre constamment joint à la turgescence des tumeurs hémorrhoïdales (412). Il en est chez lesquels les attaques diffèrent selon les saisons de l’année; elles seront chez celui-ci intenses en hiver; chez celui-là ce sera pendant l’été qu’elles se montreront plus longues et accompagnées d’accidents plus graves.
La forme, la durée et les intervalles des attaques d’iiémorrhoïdes se modifient fréquemment pendant la durée totale de l’état morbide auquel elles se rattachent Ainsi, après avoir paru régulièrement pendant un certain nombre d’années , on voit quelquefois les hémorrhoïdes devenir irrégulières pendant une autre période d’années plus ou moins longue , et vice versâ. Chez d’autres sujets, les liémorrhoïdes, après avoir été intenses durant un certain temps, deviennent ensuite légères, au point de ne plus consister que dans de faibles attaques de chaleur et d’ardeur à l’anus; ou bien après avoir peu fourni de sang, elles deviennent abondamment fluentes, etc.
Le nombre et le volume des tumeurs hémorrhoïdales se modifient aussi pendant la durée du temps pendant lequel se renouvellent les attaques d’hémorrhoïdes , au point qu’à certaine époque , on ne voit plus à chaque attaque qu’une ou deux des tumeurs se gonfler , tandis qiie les autres restent flétries, et qu’il s’en forme d’autres tous les mois, et meme à des intervalles plus courts, pendant
DES HBMOKKHAGIES INTEK STITIELLES,^
A^rs auxquels surviennent les liémorrhoïdes.
Terminaison des hémoiThoïde.".
que lespreihières cessent de se gorger et de fournir du sang*
La maladie hémorrhoïdale débute le plus souvent vers Tâge de trente ans; elle dure jusqu’à cinquante-cinq à soixante. Nous l’avons observée chez un enfant de six ans ; nous l’avons vue se terminer à l’âge de trente-six ans chez un homme qui en était affecté depuis l’âge de sept ans. Lieutaud avait aussi observé des hémorrhoïdes débutant dès l’âge de sept à huit ans (6i4)*
Les hémorrhoïdes , lorsqu’elles commencent à se manifester^ ont toujours des attaques moins longues et moins intenses que celles qu’elles auront plus tard; aussi voit-on manifestement croître la maladie ^ sinon à chaque attaque^ au moins chaque année et pendant un certain temps. La maladie reste ensuite stationnaire durant un certain nombre d’années; puis enfin elle diminueprogressivement. Les attaques deviennent de moins en moins longues , les tumeurs hémorrhoïdales vont en s’affaissant, et finissent par s’atrophier et se réduire en une sorte de moignon lorsqu’enfin la maladie se termine.
692. La terminaison des hémorrhoïdes, lorsqu’elle s’accomplit progressivement par une diminution lente et graduelle de l’intensité des attaques , n’est ordinairement suivie d’aucun accident; mais il n’en est pas de même si cette maladie arrive à son terme avec rapidité , et en quelque sorte d’une manière brusque. Dans ces cas, il n’est pas rare qu’il tende à se produire des hémorrhagies sur des organes internes. C’est ainsi que les apoplexies sont fréquentes au terme naturel des hémorrhoïdes. On voit souvent la terminaison naturelle des hémorrhoïdes, même lorsqu’elle a été précédée d’un décroissement progressif , suivie de la manifestation de maladies habituelles qui se substituent dans l’organisme à la maladie précédente. Les attaques de rhumatismes chroniques , les catarrhes pulmonaires chroniques, la goutte, la gravelle, se montrent souveîit dans ees cirqonstances.
DES HÉMORRHOÏDES. 0*2Q
La substitution de certains états morbides aux hémorrhoïdes , lorsque cette maladie se termine après avoir persisté pendant une partie de la vie , se comprend très facilement 5 quand on réfléchit que les hémorrhoïdes ont ainsi constitué une véritable fonction supplémentaire dans Forganisme J qui ne peut être intervertie sans que l’équilibre général en soit plus ou moins troublé. C’est ainsi que l’on se trouve amené à considérer rationnellement l’âge de la suppression de cette maladie comme un véritable âge critique ^ qui a tous les inconvénients de l’âge critique des femmes.
SgS . Si les hémorrhoïdes sont troublées dans la succession Métastases et
dclitcscciiccs liC“
de leurs attaques par une cause quelconque , il se manifeste morrhoïdales, souvent des accidents que les auteurs ont décrits sous le nom de métastases hémorrhoïdales.Tous ces accidents ^ de gravité variable , et qui ne sont d’ailleurs pas très-constants 5 consistent dans des hyperaimies, des hémorrhagies^ et même des inflammations qui se manifestent sur des organes plus ou moins éloignés. La connexion de ces lésions avec l’interruption des attaques d’hémorrhoïdes comme effet est souvent assez douteuse , car ces lésions sont quelquefois elles-mêmes la cause de la perturbation des hémorrhoïdes.
Un grand nombre de sujets hémorrhoïdaires sont trèsmanifestement pléthoriques. La polyaimie chez eux est encore entretenue par l’habitude des pertes de sang ^ qui entraîne une habitude de réparation plus facile (i i3) ; les symptômes de pléthore se montrent très prononcés chez ces sujets, lorsque les attaques sont suspendues, ou quand elles déterminent des hémorrhagies moins considérables ; aussi voit-on dans ces cas survenir à une attaque subséquente des prodromes plus graves , suivis d’une attaque dans laquelle les accidents sont d’une intensité insolite.
694. Les attaques d’hémorrhoïdes réitérées entraînent les State des aita-
1 ' 1 /COr\ • r» • • ffi-ies réitérées
coûtes du rectum [ooo) , qui imissent par constituer par d’iî é m O rr 11 oïdos.
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES,
Phïegmasie chronique de la muqueuse du rectum suite des hémorrhoïdes.
elles-mêmes une véritable complication. Cet accident est souvent joint à un autre, qui est aussi souvent déterminé par les attaques fréquentes des hémorrhoïdes , mais qui cependant se manifeste aussi quelquefois sans en avoir été précédé ; nous voulons parler des varices du rectum , que nous nous gardons bien de confondre avec les tumeurs hémorrhoïdales.
695. L’irritation qu’éprouve la muqueuse delà fin du rectum par le fait même de sa tuméfaction dans les attaques d’hémorrhoïdes, et même dans leurs intervalles, l’hyperaimie dont elle devient le siège dans les attaques , l’inflammation qui survient dans les tumeurs hémorrhoïdales, déterminent dans cette partie une phïegmasie chronique qui vient compliquer la maladie primitive , et rendre ainsi les accidents plus douloureux. Cette phïegmasie entretient par l’anus un écoulement muqueux plus ou moins abondant, que l’on a appelé improprement flux hémorrhoïdal muqueux elle produit aussi une douleur cuisante à l’anus, qui s’exaspère dans la défécation et par la moindre stimulation qui vient agir sur le malade. Dans les cas où cette inflammation s’aggrave , elle produit des épreintes des plus douloureuses avec l’excrétion d’une petite quantité de mucus plus ou moins sanguinolent. Ce sont ces accidents que l’on a décrits sous le nom de ténesme hémorrhoïdal. Ils constituent une sorte de dysenterie.
La complication de l’inflammation chronique de la fin de la muqueuse du rectum avec les hémorrhoïdes , détermine de beaucoup plus fréquentes attaques; elle exerce sur toute l’économie une influence qui est souvent portée au point d’amener les malades à un état de maigreur extrême, mais qui dans tous les cas les jette dans une excitation perpétuelle qui rend la susceptibilité de leur système nerveux si exagérée , que la moindre stimulation a sur eux une extrême influence.
5g6. De tous les accidents consécutifs aux hémorrhoïdes,
Fissrure à l’anus
DES HÉMORRHOÏDES
le plus douloureux est la fissure à Fanus. Effet immédiat considérée com= d un certain degrede phlegmasie de la muqueuse de 1 anus et morrhoïdes. de la constriction que le sphincter spasmodiquement resserré exerce sur cette muqueuse et en même temps sur la tumeur hémorrhoïdale , la fissure à Fanus se manifeste ordinairement pendant les attaques d’hémorrhoïdes et persiste après elles. Nous Favons cependant aussi vue plusieurs fois se manifester dans Fintervalle des attaques, à la commissure de deux plis de la muqueuse de Fanus soulevée par de petites tumeurs hémorrhoïdales actuellement flétries.
597. La fissure à Fanus est une petite ulcération longitudinale d’une ligne au plus de largeur, sur quatre à sixlignes de longueur. Elle est toujours située sur le bord de Fanus, dans la partie resserrée par le sphincter*, elle n’est visible le plus ordinairement que lorsque le malade fait un effort de défécation*, elle occupe le pli de la base d’une ou de deux petites tumeurs hémorrhoïdales^ elle succède toujours à la constrietion spasmodique du sphincter de Fanus, et elle l’entretient.
La fissure s’annonce par les épreintes brûlantes que les malades éprouvent à Fanus, surtout dans la défécation. Ces épreintes deviennent le plus ordinairement si douloureuses, qu’elles jettent les malades dans un état d’anxiété qui va jusqu’à la syncope, et qui détermine des accidents convulsifs. Aussi les malades retardent-ils de toutes leurs forces les évacuations alvines, qui deviennent si rares qu’il en résulte une constipation qui entraîne à son tour des accidents de trouble des fonctions digestives. Les dou-
Symplôïues la fissure à nus.
de
râ-
leurs que produit la fissure à Fanus irradient , comme les vives douleurs hémorrhoïdales, dans les lombes, dans les flancs , aux organes génitaux. Les tentatives d’introduction dans Fanus d’un corps étranger, même d’un très petit volume , déterminent ou exaspèrent au plus haut degré les douleurs de la fissure et la constriction spasmodique du sphincter.
DES HE,^I01\RHAGIES INTERSTITIELLES.
Mar( he et ic ^9^’ maladie , ime fois produite , est entretenue par
minaisondesfis- la disposiüon même qui Ta fait naître, c’est-à-dire par les
sures a l’anus. ^ ^ ^ ^
plis profonds de la muqueuse serrée sur la base des tumeurs hémorrhoïdalespar le sphincter; elle ne peut cesser que par un changement opéré dans cette disposition des parties , qui permet à l’ulcération linéaire de se cicatriser. Cela arrive naturellement par la manifestation d’une nouvelle attaque d’hémorrhoïdes que l’irritation, entretenue par la fissure, tend à favoriser. Nous avons trois observations sur ce mode de terminaison de la fissure. Elles s’expliquent facilement par la tuméfaction hémorrhoïdaire qui vient changer les rapports des parties , et elles montrent que si les hémorrhoïdes produisent la fissure à l’anus, elles peuvent en déterminer aussi la guérison.
I Art. II. Altérations anatomiques hémorrhoïdales.
699. Il est facile de trouver l’occasion de disséquer des tumeurs hémorrhoïdales à tous leurs degrés de développement , à cause de la fréquence de cette maladie.
Siège immé- 600. La muqueuse de la fin du rectum au pourtour de
diat et disposi- i r i •
tion des tu- 1 auus se trouve soulevee par de petites tumeurs ayant
iTieurs hemor- . '
îhoïdaies, trois OU quatre lignes de diamètre au plus sur une ou deux lignes d’épaisseur. Ces tumeurs sont logées dans le tissu cellulaire sous - muqueux, qui forme, à la fin du rectum , une couche assez prononcée ; elles sont formées par une infiltration de sang extravasé et coagulé dans le tissu cellulaire le plus immédiatement adjacent à la membrane muqueuse qu’il soulève. Ce sang incorporé dans le tissu cellulaire n’en peut être séparé; cependant on distingue très nettement dans ce tissu, et jusqu’à une certaine distance autour, une injection vasculaire très évidente. La muqueuse , amincie et étendue sur la petite tumeur , n’en peut être séparée qu’avec de grandes précautions, qui ne sont point nécessaires dans les parties voisines. Les cryptes mucipares qui sont groupées à la surface profonde
DES HEMORRHOIDES,
de la muqueuse sont adhérentes ou plutôt confondues avec la couche de tissu cellulaire sous-muqueux ^ infiltrée de sang et constituant la petite tumeur hémorrhoïdale.
A un degré plus avancé , souvent au centre du sang infiltré, le tissu cellulaire est devenu rouge, humide , comme spongieux, contenant dans ses mailles des fragments de fibrine coagulée , d’un rouge grisâtre , qui semblent interposés entre des cloisons très vasculaires , et qui paraissent d’un rouge livide examinés sous l’eau. Telles sont les altérations qui constituent les premiers vestiges des tumeurs liémorrhoïdales. Ces tumeurs sont toujours formées par du sang comme incorporé dans un tissu cellulaire très-dense , et toujours pourvu d’un réseau artériel capillaire très serré. L’infiltration sanguine n’est pas limitée exactement dans un point circonscrit du tissu cellulaire ; elle s’étend le plus souvent à une assez grande distance , soit profondément entre lesvaisseaux qui forment le plexus hémorrhoïdal, soitmême dans les interstices des fibres musculaires du sphincter,
6oi. Nous n’avons jamais pu constater la communication des aréoles des tumeurs hémorrhoïdales avec les veines (6o3) , soit par l’inspection attentive secondée par les instruments d’optique, soit par l’injection de la veine mésentérique , qui ne remplit ou ne gonfle que le plexus veineux, devenu ou non variqueux.
Dans les cas assez communs où il existe en même Rapport des temps que les tumeurs hémorrhoïdales naissantes des va- rhoVdaks^'^Tve'^^ rices du plexus veineux hémorrhoïdal , les veines du plexus se trouvent dilatées et présentent des bosselures au milieu du tissu cellulaire infiltré de sang et offrant une vascularité insolite. Le plus souvent la tumeur hémorrhoïdale que constitue ce tissu cellulaire infiltré est manifestement séparée de la tunique externe des veines hémorrhoïdales variqueuses par une lame très mince de tissu cellulaire sain, bien que le parenchyme spongieux de la tumeur semble pénétrer dans les sinuosités et les dépressions que
Modifications des altérations de texture hémorrhoïdale suivant les progrès de la maladie.
354 des hémorrhagies INTERSTITIELLES.
laissent les inégalités produites par les bosselures irrégulières de ces veines variqueuses.
602. Nous venons de signaler dans les petites tumeurs sous-muqueuses de la fin du rectum deux altérations de texture qui se confondent; l’une qui résulte de l’infiltration du sang dans le tissu cellulaire non altéré, l’autre qui consiste dans une évidente augmentation de la vascularité de ce tissu cellulaire, alors plus ou moins induré. Ces deux modes de lésion de texture se retrouvent encore dans la maladie plus avancée.
Une femme devenue hémorrhoïdaire pendant sa grossesse mourut d’une phlébite utérine puerpérale treize jours après son accouchement à terme. Le pourtour externe de l’anus était le siège de cinq à six petites tumeurs flasques , dont trois étaient pédiculées. Ces tumeurs étaient , pendant la vie, d’une couleur blanche violâtre, et du volume d’une fève de haricot. Au dedans de l’anus , entre le sphincter interne et l’externe, existaient trois tumeurs, l’une de forme conique et du volume d’une noisette , les deux autres plus petites , comme mamelonnées et arrondies. Pendant la vie , ces tumeurs , qui incommodaient beaucoup la malade, étaient rouges vermeilles, molles, à peine rénitentes au toucher. Cinq jours avant la mort de cette femme, nous avions vu suinter du sang de la surface de ces tumeurs, et la muqueuse qui les revêtait était mince, très vasculaire. La dissection nous fit reconnaître les lésions de structure suivantes : les veines hémorrhoïdales n’étaient pas variqueuses *, les tumeurs externes étaient revêtues par la peau et la membrane muqueuse de l’anus à leur commissure réciproque. Ces membranes étaient ridées par suite de l’affaissement et de la flétrissure des tumeurs arrivée trèsprobablement au moment de la mort;» le tissu cellulaire adjacent était dense, solide, fort injecté il contenait de petites vacuoles multiloculaires , communiquant les unes avec les autres ; un réseau vasculaire très-serré se rami-
DES HÉMORRHOÏDES
I fiait dans les intervalles et sur les cloisons de ces vacuoles , dans lesquelles se trouvait une petite quantité de fibrine à demi décolorée. Les tumeurs qui étaient au dessus du sphincter externe de l’anus étaient aussi fort affaissées ; celle qui était conique était formée en entier par un tissu comme spongieux , très pénétré de sang, évidemment constitué par un très grand nombre de petites locules qui communiquaient entre elles, et qui toutes étaient remplies de petits caillots sanguins. Il était impossible de séparer la membrane muqueuse de cette espèce de parenchyme sur lequel elle formait comme une pellicule très vasculaire, à laquelle restaient cependant très adhérentes, et comme confondues avec elles , des granulations évidemment crypteuses. De très nombreux vaisseaux étaient ramifiés dans les interstices de ces locules. A la base de cette tumeur se trouvait une cellule plus large , isolée, formant comime un petit kyste à parois très solides , peu vasculaires. Ce petit kyste , qui contenait un peu de sang fraîchement épanché , était entièrement isolé , et ne communiquait point avec les aréoles de la tumeur. Les autres tumeurs hémorrhoïdales profondes étaient revêtues par la muqueuse , qui avait plutôt augmenté que diminué de densité. Le tissu cellulaire adjacent était mou, fort élastique 5 il était aussi multiloculaire , mais vide de sang.' Ce tissu , au point où il se continuait avec le tissu cellulaiÆ sous-mu» queux environnant , était dense , élastique , et presque fibreux. La partie delà circonférence de l’intestin, où l’on ne trouvait pas de tumeurs, était occupée par une tuméfaction molle , aplatie , qui consistait dans un épanchement de sang dans le tissu cellulaire sous-muqueux. Ce sang infiltré était fibrineux , d’un rouge grisâtre et jaunâtre par places. Cette infiltration sanguine , évidemment récente , constituait une tumeur déprimée de cinq à six lignes en hauteur et en largeur, sur trois à quatre lignes de profondeur.
On trouve dans ce fait un exemple de la réunion de près-
356 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
que toutes les altérations ^ ou plutôt de tous les degrés * d’altération qui constituent les hémorrhoïdes. Le premier degré était caractérisé par l’infiltration du sang dans le tissu cellulaire sous-muqueux ^ effet immédiat de l’exhalation sanguine. Au degré plus avancé appartenaientles petites loges uniloculaires ou multiloculaires formées dans le tissu cellulaire sous-muqueux ^ effet immédiat du travail de résorption qui se renouvelle à mesure que les épanchements de sang se reproduisent eux-mêmes^ non plus dans le tissu cellulaire avec son organisation normale , mais dans le tissu cellulaire déjà modifié par les épanchements sanguins antécédents et par le travail de résorption de ces épanchements. Les dissections de M. Récamier lui avaient fait reconnaître dans le tissu cellulaire infiltré de sang les altérations que nous venons de décrire , qu’il a le premier signalées comme les altérations initiales qui constituent les hémorrhoïdes ^ .
On trouve aussi dans ces altérations le point de départ de ces petits kystes qui seront plus tard la lésion organique en laquelle consisteront les tumeurs hémorrhoïdales ^ kystes que Théden avait déjà signalés
Quant au tissu spongieux de la tumeur hémorrhoïdale d’apparence érectile, la disposition multiloculaire du parenchyme de cette tumeur, la vascularité excessive de ce parenchj/me , sa continuité avec une locule disposée en kyste à sa base , ne laissent pas de doute que cette tumeur ne se soit aussi formée par le travail successif des infiltrations sanguines dans un tissu cellulaire lâche, et aux dépens de la couche sous-muqueuse très-vasculaire. Le travail de résorption, nécessairement consécutif à l’infiltration sans cesse renouvelée , entretient le tissu cellulaire dans un état de phlogose qui favorise et continue en lui le développement anomal d’un réseau vasculaire déplus en plus évident, et
* Essai sur les hémorrhoïdes y p, 18. Paris, 1800*
* Progrès de la chirurgie , sect, ïv , p. 73.
DES HÉMORRHOÏDES
de plus en plus perméable aux molécules rouges du sang.
C’est évidemment ainsi que se forment ces tumeurs spongieuses hémorrhoïdales qui ne se trouvent jamais implantées qu’au dessus du sphincter externe de l’anus et aux dépens même de la trame cellulo-vasculaire de la membrane muqueuse , qui adhère étroitement à leur surface , et ne peut en être séparée. Ce sont ces tumeurs que Ledran décrivait en les comparant à des granulations disposées autour des artérioles du tissu cellulaire ^ qui formeraient comme leur pédicule.
6o5. Les vaisseaux nombreux qui se ramifient dans le pa- vaisseaux des renchyme des tumeurs hémorrhoïdales sont des artérioles ; rhoïdaies. ^ les veines et les veinules du plexus hémorihoïdal rampent au dessous et dans les interstices des tumeurs hémorrhoïdales 5 soit spongieuses , soit enkystées, sans aucune relation directe avec ces tumeurs. Larroque s’en était assuré par des injections Nous avons été conduits aux mêmes résultats par les mêmes recherches (601).
6o4* Les tumeurs hémorrhoïdales acquièrent dans quelques cas un volume considérable. Ainsi P. Frank parle de tu- ^hSdîaes! meurs retenues dans le rectum qui n’avaient pas un volume moindre que celui d’un œuf d’oie On comprend la gêne que (590) produisent de semblables tumeurs dans le rectum ^ elles deviennent saignantes par l’exhalation du sang à la surface de la muqueuse qui revêt celles qui sont profondes, laquelle est toujours sur ces tumeurs spongieuses dans un état' de turgescence vasculaire très-prononcée. Elles le deviennent aussi par rupture ou par érosion de leurs parois (583).
6o5. Les ruptures arrivent dans les tumeurs hémorrhoï- perforation par dales spongieuses avec une extrême facilité dans la déféca- érosion des tu—
^ . 1 -i? meurs hémor.
tion, ou lorsque ces tumeurs s engageant dans ianus, se rhoïdaies. trouvent comprimées et froissées par le sphincter externe.
Nous avons observé de ces ruptures qui sont toujours li-
* Traité des hémorr houles , § vi, p. 54,
^ Efît, de carandis hom^ morbisy §619,
Volume des tumeiO's hémor-
338 DES HÉM0RKHAGIES INTERSTITIELLES,
néaires, très petites, et disposées suivant Taxe deTintestin, Le sang qui provient de ces ruptures est ce sang épanché et infiltré dans les vacuoles de la tumeur , et celui qui s’y renouvelle immédiatement par exhalation. L’érosion inflammatoire de ces tumeurs survient tantôt après que l’inflammation les a converties en un véritable abcès qui se rompt pour fournir du sang altéré et du pus , tantôt par une véritable ulcération commençant sur la muqueuse et la perforant de dehors en dedans de plusieurs orifices assez réguliers, ordinairement arrondis, d’une à deux lignes de diamètre (584)* Ces petits ulcères, très-étroits, à fond grisâtre, qui se remarquent à la surface de ces tumeurs , se distinguent difficilement des orifices excréteurs des lacunes folliculeuses qui sont à la surface de la muqueuse du rectum.
Les tumeurs hémorrhoïdales disposées en petits kystes sont quelquefois le siège de ruptures qui surviennent aussi , soit par une action mécanique, soit par l’inflammation. Nous ne pensons pas qu’il existe de faits bien établis de ruptures des tumeurs hémorrhoïdales revêtues par la peau du pourtour de l’anus, du moins par une cause mécanique. Pour celles qui sont implantées au dessus du sphincter externe, elles peuvent se rompre, lorsque, se trouvant distendues , elles sont violemment froissées dans la déféca^ lion, et au moment où , quand elles remontent, serrées par le sphincter, elles sont pressées par cet anneau contractile.
Les petits kystes hémorrhoïdaux ont plusieurs fois été rencontrés par nous percés de plusieurs ouvertures disséminées à leur surface. Ces orifices, de forme irrégulière, étaient plus larges à leur partie profonde dans le kyste , qu’extérieurement *, la surface interne du kyste était rougie et comme villeuse, et revêtue d’une couche couenneuse qui remplissait presque sa capacité. Il nous a semblé évident, d’après ces circonstances, que l’ouverture spontanée des tumeurs provenait de phlegmasie ulcérative survenue à son intérieur, d’autant plus que dans
DES HÉMORRHOÏDES. SSg
ces cas la surface externe de ces tumeurs ne présentait aucune trace d’inflammation.
Nous avons trouvé sur le cadavre d’un individu qui avait évidemment eu avant la mort une inflammation aiguë d’une certaine intensité des tumeurs hémorrhoïdales ^ les traces récentes et simultanées de l’hémorrhagie hémorrhoïdale par infiltration, et de l’inflammation des tumeurs hémorrhoïdales. Cinq tumeurs hémorrhoïdales étaient agglomérées et bouchaient l’anus en faisant saillie extérieurement. Deux de ces tumeurs, les plus hautes, situées sous la muqueuse , étaient distendues par du sang en grumeaux , qui n’adhérait P as à leur surface interne, laquelle présentait d’ailleurs un aspect lisse, sans apparence de réseau vasculaire ayant un développement insolite. Ces deux tumeurs reposaient sur une couche de tissu cellulaire infiltrée de sang sur une épaisseur de plus de deux lignes, formant un bourrelet autour de l’anus , et soulevant la muqueuse sur presque toute la circonférence du sphincter interne. Il n’était pas possible de séparer ce tissu cellulaire et le sang dont il était infiltré de la cavité des deux petites tumeurs et du sang qui la remplissait. Les trois tumeurs inférieures étaient très-rouges à leur surface 5 deux étaient perforées de cinq à six petites ouvertures , et leur cavité était remplie d’un tissu spongieux grisâtre, très-mou, facile à déchirer , et évidemment infiltré de pus ^ la troisième était assez molle, nullement perforée ; sa cavité était changée en un petit abcès entièrement isolé du tissu cellulaire dense et comme fibreux, et nullement enflammé , qui formait le pédicule de cette tumeur , et qui se prolongeait et se perdait dans l’épaisseur du sphincter de l’anus , dont quelques fibres écartées formaient évidemment une tunique externe au segment le plus profond de cette tumeur.
Cette dissection nous a faitreconnaître quatre sortes d’altérations dans les tumeurs hémorrhoïdales , lesquelles nous représentent encore trois degrés de la maladie : une infil-
.o4o des hémorrhagies interstitielles.
iration de sang évidemment récente survenue au dessous de la base de la tumeur liémorrhoïdale , de formation déjà ancienne : trace de l’hémorrhagie infiltrée liémorrhoïdale au premier degré , 2® deux tumeurs hémorrhoïdales anciennes^ dans lesquelles du sang s’est récemment épanché*, 3® deux tumeurs hémorrhoïdales enflammées et perforées par érosion -, 4^ enfin une tumeur hémorrhoïdale suppurée à son intérieur , non ouverte , et évidemment convertie par l’inflammation accessoire en un apostème. L’inflammation de ces trois tumeurs, enflammées après une sorte d’étranglement par la constriction du sphincter de l’anus, aurait sans doute déterminé la destruction et l’oblitération de ces tumeurs , et leur conversion en tumeurs dures , flétries , d’un tissu cellulo-fibreux , qui se rencontrent souvent à côté de tumeurs hémorrhoïdales spongieuses ou enkystées , dans lesquelles le sang continue encore à s’épancher. Ces tumeurs hémorrhoïdales anciennes devenues comme fibreuses , et cessant de recevoir du sang dans leur cavité , sont les kystes hémorrhoïdaux chroniques , que Théden avait bien décrits , en faisant remarquer qu’à la surface de ces kystes la tunique cutanée et muqueuse de l’anus a pris une densité considérable , et forme comme une enveloppe fibreuse sur ces kystes d’origine hémorrhagique.
Siège des tu- 6o6. Lcs tumeurs hémorrhoïdales spongieuses et d’appa-
meurs henior- J: o J- J-
rhoïdaies. reuce érectile se trouvent toujours sur la muqueuse du rec-
tum , le plus souvent sur le sphincter interne. Dans quelques cas, elles sont situées plus profondément. Nous en avons trouvé jusqu’à quatre pouces au dessus de ce sphincter. J.-L. Petit en a vu jusque dans l’S iliaque du colon. Les tumeurs , comme enkystées ne sont jamais au dessus des sphincters *, elles sont les seules qui se trouvent autour de l’anus-, elles sont aussi les seules qui soient quelquefois pédiculées , disposition évidemment due à ce qu’elles sont entraînées dans la défécation et retenues au dehors par l’action du sphincter de l’anus.
DES HÉMORRHOÏDES
607. Quand les hémorrhoïdes se sont renouvelées depuis Etal du rec -
' ^ t um chez les hé
des années , on trouve le rectum dilaté inférieurement au morrhoïdaircs. dessus du sphincter interne , de manière à présenter une sorte de loge , comme on le trouve souvent chez les vieillards.
Cette disposition est sans doute due autant à la constipation habituelle aux hémorrhoïdaires , qu’à l’obstacle que les tumeurs hémorrhoïdales apportent souvent chez eux au libre passage des matières fécales.
608. La succession des infiltrations sanguines dans l’é- Propagation
, des altérations
paisseur et dans les interstices des tumeurs hémorrhoïdales , hémorrhoïdales et par suite la succession des phlegmasies que le travail de rectum, résorption entretient et renouvelle dans ce tissu , étendent la lésion organique autour et dans les interstices des veines qui forment le plexus veineux de la partie inférieure du rectum. Ces veines finissent par s’altérer consécutivement, surtout dans les cas où elles sont déjà variqueuses. Il en résulte l’épaississement et l’induration des tuniques de ces vaisseaux, et leur oblitération, soit par de la fibrine coagulée, soit par une véritable exsudation comme pseudomembraneuse dans leur cavité. Les lésions des veines de la fin du rectum sont évidemment secondaires c’est pour les avoir crues primitives que des anatomistes ont regardé les tumeurs hémorrhoïdales comme des varices de ces veines.
6oû. Lorsque les hémorrhoïdes sont compliquées de la Altérations des
/ror\ 1 » T muscles sous les
chute du rectum (585) , on trouve a la dissection du ca- tumeurs, davre , au dessous des tumeurs hémorrhoïdales, la propagation du tissu multiloculaire cellulo-fibreux qui les con- * stitue jusque dans l’épaisseur du sphincter et du releveiir de l’anus , dont les fibres musculaires sont écartées , amincies et même raréfiées aupoint qu’on les voit se perdre et dispa^ raître dans ce tissu, dans lequel on trouve des loges vides ou plus ou moins remplies de sang coagulé. Il y a évidemment atrophie et usure de ces muscles par les progrès de la maladie dans le tissu cellulaire sous-muqueux de^a fin du
342 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
rectum , et jusque dans les interstices des fibres musculaires,-Le commencement de cette altération se montre même dans la maladie moins avancée , par la présence des fibres musculaires les plus internes du sphincter, épanouies et formant tunique sur le segment externe des tumeurs hémorrhoïdales externes. Cette atrophie des fibres musculaires annule ou au moins diminue beaucoup leur action. Nous ne savons cependant si elle serait portée au point d’entraîner la chute du rectum , s’il n’existait que de simples tumeurs hémorrhoïdales , quelque étendues qu’elles soient, puisque sur les quatre sujets chez lesquels nous avons pu nous assurer par la dissection de l’état des parties, nous avons trouvé en même temps des varices très prononcées des veines hémorrhoïdales. Ces varices coïncidaient avec les hémorrhoïdes dans tous les cas où nous avons observé la chute du rectum.
Art. III. Étiologie des héoiorrhoides.
Difficulté de 6 10. D’après l’exposé des causes des hémorrhoïdes dans
déterminer les ^ ^ .
causes des hé- les ouvrages dogmktiques, rien ne serait plus facile que de donner l’étiologie des hémorrhoïdes *, mais si l’on distingue , comme l’observation clinique force de le faire , les attaques d’hémorrhoïdes accidentelles qui ne se manifestent qu’une fois, de celles qui se reproduisent avec plus ou moins de régularité comme une sorte de fonction supplémentaire -, si l’on ne confond pas l’effet d’une cause évidente qui ramène les attaques d’hémorrhoïdes avec le résultat d’une prédisposition qui rend imminente la manifestation de ces attaques à des intervalles plus ou moins réguliers , la détermination des causes de cette maladie , et surtout l’appréciation de leur influence , sont presque toujours impossibles à établir de manière à satisfaire un esprit sévère.
Communauté 6 1 1 , L’étîologie que nous avons donnée de rhémorrhagie
des 3 causes des . ^ . • A
flux liémorrlioï- par exhalation sur la muqueuse des gros intestins ou des aux
daux et des hé-
morrhoïdes.
DES HÉMORRHOÏDES. 543 n
hémorrhoïdaux ( 4^3 et sqq, ) est rigoureusement applicable aux hémorrhoïdes. La communauté d’origine vasculaire de ces hémorrhagies et des hémorrhoïdes , leur fréquente coïncidence (4n? 568), font bien comprendre que les mêmes causes produisent l’une ou l’autre de ces maladies , et quelquefois l’une et l’autre.
612. Les hémorrhoïdes ont toutefois des causes qui sem- Grossesse, cau-
r • 1 11 1* .se spéciale ’ des
hlentplus spécialement propres a les produire ou au moins hémorrhoïdes. à favoriser leur manifestation -, ainsi la gestation est une cause prédisposante des mieux établies des hémorrhoïdes; mais à moins de prédisposition accessoire, les hémorrhoïdes qui surviennent pendant la grossesse, et dont un trèsgrand nombre de femmes offrent des exemples , cessent d^ se montrer après l’accouchement, et restent flétries pendant le reste de la vie.
6i5. Les hémorrhoïdes s’observent beaucoup plus sou- influence du
-*■ ■*- sexe sur la pro-
vent chez les femmes que chez les hommes. Cette remarque fluction des hé-
^ ^ ^ morrhoidcs.
de Cullen et deBosquillon ^ est incontestable. Les stahliens étaient d’un avis contraire , parce que , dit Hildebrandt , ils confondaient les flux hémorrhoïdaux avec les tumeurs hémorrhoïdales Le sexe féminin , et plus particulièrement les fonctions particulières aux femmes , la gestation , l’accouchement et la menstruation , sont des causes prédisposantes des hémorrhoïdes. Aussi n’est-il pas très-rare de voir des hémorrhoïdes survenir après une suppression accidentelle des règles. Dans ce cas, le rétablissement de l’hémorrhagie menstruelle ne fait pas toujours disparaître cette maladie. Les hémorrhoïdes persistent et se gonflent, et même fluent alternativement ou simultanément avec chaque métrorrhagie périodique. Nous avons observé plusieurs exemples de ces deux modes de combinaison des menstrues et des hémorrhoïdes. Les hémorrhoïdes remplacent souvent le flux menstruel à l’âge critique chez les
* Cullen , Essais de méd. prat,, trad. de Bosquillon, l, ii, p. 106.
" De Larroque, Traité des hémorrhoïdes , p. il.
544 DES HÉMORRHAGIES lî^TERSTITIELLES,
femmes pléthoriques et qui étaient abondamment menstruées.
Influence de 6 14. Les hémoiTlioïdes surviennent le plus souvent dans
] age sur lapro- j i • TVi j 9 i
duction des hé- 1 âge mojeii de la vie. JNous avons déjà dit qu on les voit quelquefois se déclarer dans Tenfance (Sgi), Klein en a observé de bien caractérisées sur un enfant de quatre ans ^ .
Influence des 6i5. La fréquence des liémorrhoïdes plus grande dans
climats sur la,. tt,
production des certaines contrées prouverait que les intluences des climats hemorrhoides. çQ^tribucnt à produfrc cette maladie. Baglivi justifie cette
observation en citant un de ses amis qui , chaque fois qu’il allait habiter Naples , était pris d’hémorrhoïdes dont il ne se rétablissait qu’à son retour à Rome Mais n’était-ce pas là l’effet d’une idiosyncrasie. Ttrnka dit^ après Stahl^ que les Vénitiens ^ les habitants de Passaw et les Hambourgeois sont très-sujets à cette maladie Schulzius nous a appris qu’en Pologne , et surtout en Lithuanie , les quatre cinquièmes au moins des habitants de tout âge et de tout sexe sont affectés d’hémorrhoïdes De Larroque considère aussi cette maladie comme beaucoup plus commune dans le midi de la France qu’à Paris Il est probable que les mœurs des habitants , certaines coutumes particulières à leur régime ^ comme l’usage des boissons chaudes et stimulantes ^ l’abus des liqueurs spiritueuses plus fréquent dans certains lieux , contribuent beaucoup à multiplier cette maladie.
Hérédité des 6i6. Les hémorrhoïdes ^ comme maladie habituelle hemcrrhoides. évidemment 9 et plus encore que le flux hémor-
rhoïdal 9 l’effet d’une condition d’organisation dont nous ne' pouvons connaître la nature 9 et dont il est impossible de nier la transmission par hérédité quand on voit la mala-
* Act, phys, med, , vol. X, obs. 71.
* Prax, Med, lib. ii , cap. x.
^ Hist, fiœmorr,^ omni œviob$6r» niùd» cont»y t. il, p. 39. Vind. 1794-^5.
^ Kurze Nachrîc/it eîniger besonder, ZafœlLe, sowohl eînheim* ats ander^ Krankh, ^ in Pohlen, § 23.
^ Traité des hémorrhoïdcs , p* 35.
DES HÉMORRHOÏDES
die se produire 'sur tous les membres d’une famille, sur les enfants et les petits-enfants d’un même père ou d’une même mère.
La disposition héréditaire qui produit cette maladie se remarque souvent chez les goutteux. Peut-être faut-il attribuer cette coïncidence moins à une cause héréditaire commune qu’à des circonstances de la vie qui prédisposent à la fois à ces deux maladies*, tels sont un régime alimentaire stimulant, une vie oisive et passée dans la mollesse , et les habitudes du luxe et des plaisirs (619).
617. Les sujets chez lesquels les hémorrhoïdes se pro- Tempéraments duisent le plus fréquemment sont ceux qui présentent les hémXhoï attributs du tempérament bilieux et mélancolique , surtout
quand ils sont en même temps pléthoriques Chez ces sujets le système veineux abdominal est très développé.
618. On a considéré la constipation comme une cause des Constipation hémorrhoïdes. Presque tous les auteurs qui ont signalé cette daires. cause expliquent son effet par la compression exercée par
les matières fécales endurcies sur les vaisseaux intestinaux, et par les effets immédiats des efforts de défécation. J. L.
Petit, qui confondait les hémorrhoïdes avec les varices du rectum, a insisté sur cette explication. Nous ne trouvons là qu’une hypothèse. La constipation est une coïncidence fréquente des hémorrhoïdes , parce que ces affections sont produites par les mêmes causes.
619. L’usage habituel d’aliments très-animalisés , rendus Régime aiimenplus stimulants encore par les condiments aromatiques et
âcres , est une cause prédisposante des plus actives des hé- i^emorrhoimorrhoïdes. Cette maladie survient encore plus facilement par cette cause { quand ceux qui y sont soumis vivent dans l’oisiveté , dans le repos , et se livrent sans mesure à tous les plaisirs , et surtout aux plaisirs vénériens.
L’habitude de l’équitation , l’exercice de professions qui
* Stahl a ùiti Subjectîs accedere solet facilius hcemorrholdalismorbus san-^ guinco-cholericis et sangameo-melaneholieis plethorâ affectis»
DES HEMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
retiennent assis et en repos, les voyages en voiture souvent répétés, sont des causes prédisposantes des hémorrhoïdes, dont la réalité d’action se justifie par le grand nombre de sujets placés dans ces conditions, qui sont en effet affectés de ces maladies. «
M.ôyens thé- 620. L’usage réitéré des purgatifs aloétiques, et aussi caijsent les hé- des préparations de rhubarbe suivant Hildebrandt " , et du sulfate de soude selon M. Récamier, l’application fréquemment renouvelée de sangsues à l’anus , produisent un afflux de sang dans les vaisseaux de l’extrémité de la muqueuse rectale , qui favorise et quelquefois détermine la manifestation des hémorrhoïdes. L’administration de ces agents thérapeutiques est presque toujours suivie , chez les hémorrhoïdaires , de la manifestation d’une attaque de cette maladie.
Prédisposition 62 1, Lorsqu’uu iudividu se trouve prédisposé aux hé-
aux hémorrhoï- i •• i . i r* <
des par les hé- morrhoides , ou lorsque ces hémorrhagies se sont déjà ma-
morrhoïdes elles , r , , . , , , .
nitestees chez lui a une epoqueplus ôu moins ancienne,
memes.
logiques des hémorrhoïdes.
il suffit delà moindre cause pour déterminer la production d’une attaque, ou même pour donner pour long-temps à la maladie une marche plus rapide et une intensité beaucoup plus grande.
Causes patho- 622. Les hémorrhoïdes surviennent assez fréquemment sur les sujets affectés de maladies chroniques du foie et de la rate propres à constituer un véritable obstacle à la circulation dans la veine-porte (43 1) , pour qu’on puisse les considérer comme spécialement déterminées par la gêne de cette circulation veineuse; le flux hémorrhoïdal est bien plus. rarement déterminé par de semblables causes.
Les calculs des vésicules séminales ont été suivis du développement des hémorrhoïdes dans un cas observé par Hermann^.
* F. Hildebrandt. Des hémorrhoïdes fermées ^ irad. par T. C. Marc, p. 58, Paris, I8O4.
» Richter’s, BibL iv, 861'.
DES HÉMORRHOÏDES
Nous regardons comme une des causes les plus directes de cette maladie la phlegrnasie chronique de la prostate et le catarrhe chronique de la vessie. Nous avons conservé des notes sur cinq personnes chez lesquelles cette maladie a succédé à la première cause , et sur trois qui ont été affectées d’hémorrhoïdes sous l’influence de la seconde.
Les hémorrhoïdes s’établissent dans quelques cas après des dysenteries ou des diarrhées opiniâtres.
De toutes les maladies , il n’en est aucune qui prédispose plus immédiatement aux hémorrhoïdes que les phlegmasies chroniques du corps ou seulement du col de l’utérus , et les tumeurs des ovaires.
Art. IV. Causes prochaines et nature des hémorrhoïdes.
623. Les résultats des dissections des parties affectées d’hémorrhoïdes , et la comparaison des lésions constatées avec les phénomènes de la maladie à toutes ses périodes ^ prouvent que les hémorrhoïdes sont une hémorrhagie par exhalation dans le tissu cellulaire sous-muqueux de la fin du rectum et du bord de l’anus. Cette hémorrhagie provient des capillaires artériels (6o3).
624. Dans l’imminence des hémorrhoïdes , les prodromes se rapportent à une fluxion et à une congestion sanguine vers la fin du gros intestin. C’est le molimen hémorrhoïdal des auteurs.
L’hyperaimie des capillaires de la fin du rectum est le premier degré de la maladie , elle entraîne la chaleur , la rougeur et la tuméfaction de la muqueuse et du tissu cellulaire adjacent. Si une hémorrhagie par exhalation se produit sur la muqueuse , l’on a un flux hémorrhoïdal qui peut terminer l’hyperaimie ; mais si au lieu de s’exhaler sur la surface de la muqueuse le sang est déposé dans le tissu cellulaire sous-muqueux , il en résulte une tumeur par infiltration sanguine , c’est une hémorrhoïde.