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Le sang infiltré qui forme la tumeur hémorrhoidale

Conséquence générale des recherches anatomiques.

Formation des tumeurs hémorrhüïdales. „

Effets iramé=5

diats de la tumeur bcmorrhüïdale.

348 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

est la cause immédiate du développement d’un certain degré de phlogose^ comme il s’en produit toujours autour des infiltrations ou des épanchements de sang pour en déterminer la résorption (566). De là un certain degré de tuméfaction inflammatoire et une vascularité anomale dans le tissu cellulaire déjà infiltré de sang.

Si l’infiltration du sang a une certaine étendue , ou si elle se renouvelle plusieurs fois à des intervalles rapprochés, ou si elle continue à s’effectuer pendant un certain temps , il se produit autour du sang infiltré et épanché un travail de résorption et de phlegmasie continu , d’où résulte la formation d’un ou plusieurs petits kystes à parois plus ou moins solides, plus ou moins vasculaires. Ainsi se forment les tumeurs hémorrhoïdales dans lesquelles et autour desquelles la vascularité augmente, par suite du retour des attaques hémorrhoïdales. Quand un nouveau molimen hémorrhagique prépare une nouvelle hémorrhagie, elle se fait tantôt uniquement dans les kystes préexistants qui résultent des hémorrhagies antérieure.s , tantôt, et le plus souvent, à la fois dans le kyste et dans le tissu cellulaire qui l’environne.

C’est ainsi que surviennent et croissent les tumeurs hémorrhoïdales , les tumeurs enkystées uniloculaires ou multiloculaires, dans lesquelles le sang se dépose ensuite à chaque attaque. Ces tumeurs se trouvent plus souvent sur la peau du bord de l’anus que sur la muqueuse •, l’action combinée du sphincter et du releveur de l’anus presse ces petites tumeurs enkystées , qui font saillie sur les replis de l’anus, et leur imprime la forme globuleuse et pédiculée, et force ainsi leurs parois de prendre une dureté et une densité comme fibreuse qui se remarque sur toutes les tumeurs enkystées , petites ou grosses , qui sont soumises à une pression mécanique continue. Ces tumeurs se gonflent quand le sang vient les remplir; elles peuvent se rompre ( 585); elles s’enflamment quelquefois et s’ouvrent par

DES HÊMORRHOÏDES.

ulcération (6o5); d’autres fois elles se convertissent en apostèmes, s’ouvrent, se cicatrisent, et sont ainsi définitivement supprimées. Si les attaques d’hémorrboïdes ne se reproduisent pas , ces tumeurs reviennent progressivement sur elles-mêmes après la résorption du sang*, elles se flétrissent, et restent, sans devenir le siège d’aucun accident, comme le vestige permanent d’une maladie terminée.

626. L’infiltration du sang dans le tissu cellulaire sous-muqueux de la fin du rectum produit de la même manière , mais par suite de circonstances differentes , les tumeurs hémorrhoïdales spongieuses. Ces tumeurs commencent aussi par l’infiltration du sang dans le tissu cellulaire. Le travail de résorption s’accomplit également en elles par une inflammation qui augmente la vascularité du tissu cellulaire. Les retours des infiltrations sanguines dans des petites loges toujours multiples, dans un tissu cellulaire qui ne se trouve pas immédiatement gêné dans son développement par la con striction des sphincters, sont la cause immédiate de la tuméfaction progressivement croissante de ce tissu cellulaire sous-muqueux et de l’expansion et de l’amincissement aussi progressif de la muqueuse du rectum sur la tumeur.

627. Les tumeurs hémorrhoïdales sont une cause immédiate d’accidents par leur volume (ôgo) ; elles remplissent la fin du rectum ; elles s’engagent dans l’anus , et y sont comprimées et étranglées par le sphincter. La répétition des hémorrhagies hémorrhoïdales , en multipliant les tumeurs hémorrhoïdales et en les faisant croître dans le tissu cellulaire qui se trouve sous la fin de la muqueuse du rectum , est la cause immédiate de ce bourrelet que la muqueuse finit par former autour de l’anus. L’action du sphincter sur les tumeurs hémorrhoïdales, l’obstacle que ces tumeurs opposent à la rentrée de la muqueuse après la défécation , entraînent plus tard dans l’anus , et de dedans en dehors , la muqueuse avec les tumeurs. De là cette incommodilé

Formation et développemcni, des tmrieurs hémorrhoïdales.

spongieuses.

Formai ion du bourrelet bémorrhoïdal.

55o DES HÉMORRHAGIES IINTÈRSTITIELLES.

qui oblige les hëmorrhoïdaires à rëduire avec les doigts après la défécation les tumeurs hémorrhoïdales et la muqueuse du rectum. Les progrès toujours croissants de cet accident finissent par la chute continue du rectum.

Altération des 628. L’extension progressive des tumeurs hémorrhoïdales

muscles , suite ^ . ni*

des hémorrhoï- uaus Ic tissu ccllulaire sous-muqueux propage ces tumeurs dans les interstices des fibres musculaires du sphincter , et jusque dans le tissu cellulaire adjacent au releveur de Tanus, et entre les fibres de ce muscle (609). Cet accroissement de la maladie se montre surtout quand elle coïncide avec les varices des veines hémorrhoïdales. Il a pour résultat l’atrophie du sphincter interne et externe de l’anus , et même en partie du releveur de l’anus lui-même. Cette lésion qui annule l’action de ces muscles est la cause immédiate de la chute incurable du rectum , effet définitif de la présence des tumeurs hémorrhoïdales volumineuses fréquemment distendues par de nouvelles hémorrhagies infiltrées.

Cause immé- 620. La fluxion et la congestion sanguine hémorrhoïdales

diate des symp- u u

tomes des hé^ déterminent , en raison de leur étendue , les symptômes pré-

morrhoïdes. ^ ^ *

curseurs et concomitants des attaques d hémorrhoïdes dans les parties qu’elles affectent et dans les parties contiguës s qui ont un appareil vasculaire commun. L’inflammation qui survient dans les hémorrhoïdes est une cause immédiate de symptômes très douloureux , non-seulement parce que cette phlegmasie a son siège dans des parties abondamment pourvues de nerfs ^ mais encore parce que la défécation et la compression des parties tuméfiées et enflammées par.les sphincters exaspèrent beaucoup les accidents.

Les hémorrhoïdes provenant des capillaires artériels à la naissance des radicules veineuses qui vont à la veineporte 5 nous font concevoir comment ces maladies sont favorisées et déterminées par les obstacles au cours du sang dans la veine-porte (622), et comment leur suppression peut entraîner une perturbation dans l’état normal de la circulation dans ce système veineux spécial.

DES IIÉMORRHOÏDES,

Art. V. Diagnostic des hémorrhoïdeSi*

630. Le diagnostic des hémorrhoïdes extefne^ est suffi- signes des hésamment établi quand on trouve autour de l’anus ^ implan-

tées sur les plis de la muqueuse , de petites tumeurs le plus ordinairement multiples, d’une couleur rouge violâtre, lisses à leur surface, d’un diamètre qui varie de deux à huit lignes, nullement douloureuses au toucher. Dans les intervalles des attaques, ces tumeurs sont pâles, ridées à leur surface et comme flétries -, dans les attaques , elles sont tendues et légèrement rénitentes *, elles font éprouver au malade de la douleur lorsqu’il va à la garderobe et après la défécation , pendant un temps qui varie de quelques minutes à une ou même deux ou trois heures. La muqueuse , dans les intervalles de ces tumeurs sur la marge de l’anus, et même la peau contiguë jusqu’à sept à huit lignes de cet orifice , présentent une injection vasculaire évidente.

63 1 . Lorsque le malade fait des efforts de défécation , les gagnes des hétumeurs hémorrhoïdales profondes s’engagent ordinaire-

ment dans l’anus ; elles sont spongieuses, rouges, et comme granulées à leur surface , très-molles , souvent de forme conique ou pyramidale.

La présence de ces tumeurs suffit pour démontrer l’existence des hémorrhoïdes; mais les accidents antérieurement éprouvés par le malade viennent encore confirmer le diagnostic de la maladie. La connaissance de ces accidents n’est cependant indispensable pour lever toute incertitude sur la nature du mal , que lorsque les tumeurs hémorrhoïdales sont situées assez haut au dessus de l’anus pour qu’on ne puisse les constater que par l’introduction du doigt dans cet orifice. Ce dernier moyeiî d’exploration laisse même dans ces cas une assez grande incertitude , que l’on ne peut dissiper par l’usage d’un spéculum que des médecins ont recommandé pour constater l’état de la sur-

DKS HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

Signes de la coïncidence dii flux hémorrhoïdal avec les hémorrlîoïdes.

Signes de l’in»

flamniation des tumeurs hémorrhoïdales.

Différence des tumeurs hémorrlioïdales et des condylomes /

face du gros intestin , parce que Tintroduction de cet instrument serait trop douloureuse , surtout pendant la turgescence des tumeurs liémorrhoïdales ^ où se trouvent le plus souvent les malades quand ils ont recours au médecin.

632. Le diagnostic du fluxhémorrhoïdala été précédemment établi (456). Il est souvent difficile de déterminer s41 est lié à la présence des tumeurs liémorrhoïdales ^ avec lesquelles on sait qu’il coïncide souvent , quand les tumeurs sont toutes profondes et peu volumineuses. Mais quand les tumeurs ont un certain volume et ne sont pas situées au dessus du sphincter interne , la douleur gravative qu’elles produisent à la fin du rectum, la difficulté des évacuations alvines, et les douleurs qu’elles causent , leur présence reconnue en portant le doigt dans le rectum , les circonstances antécédentes delà maladie , qui rappellent toujours dans ces cas des attaques d’hémorrhoïdes plus ou moins réitérées, suffisent pour lever toute incertitude.

655. L’inflammation destumeurs hémorrhoïdales, même lorsqu’elle est peu intense , détermine des symptômes si intenses et si tranchés vers l’anus (58 1) , que le diagnostic en est facile. Il suffit même, dans les cas les plus rares, où aucune tumeur ne se voit extérieurement , de l’exploration du rectum par l’introduction du doigt. Cette exploration est toujours dans ces cas très-douloureuse 3 mais la douleur vive produite par cette manœuvre , le volume insolite et la rénitence plus grande des tumeurs internes , et la tuméfaction de la muqueuse qui les supporte, rendent les altérations morbides inflammatoires faciles à reconnaître.

634. Les tumeurs hémorrhoïdales spongieuses ne peuvent .être confondues avec les végétations syphilitiques de l’anus. Ces tumeurs sont toujoursfungiformes, ou disposées

en crête de coq, tandis que celles-ci sont coniques. Les

excroissances, d’ailleurs, reposent toujours sur une muqueuse épaissie , indurée , et sur laquelle on x'econnaît le

Î)ES HÉMORaHOÏDES.

plus souvent des ulcérations ayant les caractères des ulcérations syphilitiques.

635. Les prodromes des hémorrlioïdes n’ont aucun symptôme quipuisse être considéré comme signe spécial du molimen hémorrhoïdal. Dans cette première période, l’entéro-hémorrhagie du rectum et les liémorrhoïdes ne peuvent être distinguées , parce que tous les symptômes sont communs à ces deux maladies ; mais quand le malade a eu des attaques , et surtout si ces attaques se renouvellent à des périodes régulières. , et que l’on soit arrivé à l’une de ces périodes , s’il existe à la fin du rectum et à l’anus des tumeurs hémorrhoïdales , on peut considérer une attaque comme imminente , dès qu’on voit survenir les symptômes du molimen hémorrhoïdal (571). Mais l’on ne peut jamais affirmer que la congestion sanguine qui s’établit dans la fin du gros intestin appartient plutôt à une hémorrhagie par exhalation sous la muqueuse, qu’à une hémorrhagie sur cette membrane 5 car l’un et l’autre , ou l’un ou l’autre accident se produit souvent dans ces cas.

656. Les varices du rectum se montrent assez fréquem- Différences des ment chez les vieillards et chez les femmes qui ont eu de des*^hé^ nombreux enfants; elles formentautour de l’anus, extérieurrement ou intérieurement entre les sphincters , unbourreleten anneau , mou, non rénitent , irrégulièrement bosselé , ne présentant à la surface de la muqueuse qui le revêt aucune tumeur circonscrite. Ce bourrelet n’est jamais le siège de douleurs spontanées. Dans la constipation opiniâtre, l’excrétion des matières fécales étant mécaniquement rendue difficile par ce bourrelet , il en résulte qu’il est froissé dans la défécation , et que quelques gouttes de sang s’écoulent et teignent les matières fécales. Les malades qui ont ces varices du rectum se regardent et sont considérés comme hémorrhoïdaires par ceux qui n’ont pas bien réfléchi sur la nature et les lésions qui appartiennent aux hémorrhoïdes proprement dites.

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES,

Les varices du rectum sont très-fréquemment jointes à de vraies hémorrhoïdes, dont elles sont alors une complication. On reconnaît alors à Fexamen des parties l’existence du bourrelet variqueux sous la base des tumeurs hémorrtioïdales. Il est souvent couvert de bosselures qui proéminent entre les tumeurs hémorrhoïdales, desquelles elles se distinguent par leur mollesse et par la facilité avec laquelle elles disparaissent et s’effacent sous une compression même très-légère , ce qui n’arrive pas pour les tumeurs hémorrhoïdales.

Art. VI. Prognostic des hémorrhoïdes.

637. Les hémorrhoïdes ne constituent qu’une indisposition facile à supporter, tant qu’elles se manifestent , comme cela est le plus ordinaire , avec une intensité modérée quant au molimen hémorrhagique et à la turgescence hyperaimique dont la muqueuse de la fin du rectum et les tumeurs qui s’y sont développées par les précédentes attaques se trouvent être le siège. Toutefois cette maladie expose toujours immédiatement ceux qu’elle affecte à la manifestation des coliques hémorrhoïdales ou d’autres symptômes précurseurs intenses des attaques (571, de même qu’à

l’explosion d’attaques d’une violence insolite d’où résulte un gonflement considérable des tumeurs hémorrhoïdales et delà muqueuse du rectum et de l’anus, et par suite l’étranglement et l’inflammation de ces parties avec tous les symptômes d’une acuité extrême qui les accompagnent (58 1). On peut présager ces accidents quand les malades se trouvent accidentellement sous l’influence des causes excitantes qui peuvent favoriser et déterminer les hémorrhagies, et surtout celles dont la fin du rectum est le siège.

Prognostic des 638. La fréquente répétition des attaques augmente le succèdent ^ux ^ombre et le volume des tumeurs hémorrhoïdales, et aggrave la maladie. C’est ainsi qu’elle arrive jusqu’à déterminer la chute temporaire, et enfin la chute continue du

DES HÉMORRHOÏDES

rectum (585). Le premier de ces accidents est déjà fâcheux, mais peut guérir; le second est souvent incurable, car rien ne peut rétablir l’action des sphincters et du releveur de l’anus atrophiés (609).

63 û. Si les attaques fréquentes sont suivies de perte de PrognosUc des

AT. effets des hémor-

sang considérable, elles affaiblissent les malades et les rhoVd«s. jettent dans un état d’oligaimie permanent. Si la disposition et le volume des tumeurs hémorrhoïdales font qu’elles s’engagent facilement dans le sphincter et qu elles y sont facilement comprimées , chaque attaque ramène des accidents aigus , que leur répétition rend plus graves encore en augmentant leur influence sur tout l’organisme. Les malades maigrissent, leur susceptibilité nerveuse s’exaspère au point que la moindre cause les irrite, et provoque des mouvements spasmodiques , des syncopes , des palpitations, des vertiges, etc. Les fonctions digestives finissent pt^r s’altérer ; les malades sont sans cesse tourmentés de dou leurs lombaires, de coliques obtuses, de constipation opiniâtre ; la continuité et la fréquente répétition de ce^ accidents les jette dans une sorte de mélancolie qui leur rend la vie intolérable.

640. Les hémorrhoïdes ne reviennent presque jamais p,ognostic des

, . . f r effets des pro

chez certaines personnes que chaque attaque ne soit prec e- arômes hémcr. dée de prodromes intenses (57 1). Ces prodromes sont une ' prédisposition immédiate à des maladies graves, pe 'mi lesquelles se trouvent les phlegmasies des organes div^estifs, et surtout du foie. Ce mode de* manifestation de'^- attaques d’hémorrhoïdes n’est pas nécessairement lié u leur grande intensité, puisqu’on l’observe chez des sujets affectés d’attaques hémorrhoïdales très légères.

641. L’inflammation des tumeurs hémorrhoïdales peut suites des phieg»

^ . mas'es des tu*

entraîner la production d abcès sous-muqueux qui finissent meurs hémor. par des fistules à l’anus. L’ulcération des tumeurs hémorrhoïdales internes peut même déterminer cet accident. Les mucosités et les matières fécales liquides sunsinuent dans

356 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

Prognostic du retour des utta ques dales

les sinuosités dont les ulcérations sont l’issue intra-intes=tinale; il en résulte des phlegmons sous-muqueux dont l’ouverture externe complète la fistule (583, 6o5). La dissection nous a mis à même de constater deux fois ce mode de production des accidents consécutifs à l’ulcération inflammatoire des tumeurs hémorrhoïdales internes.

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