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Les hémorrlioïdes qui surviennent sous l’influence

ques hémorrhoï- accidcntelles passagères peuvent ne pas se reproduire après que l’action de ces causes a cessé. C’est ainsi que les hémorrhoïdes qui surviennent par la pression que l’utérus distendu par le produit delà conception exerce sur les veines mésaraïques , cessent souvent d’une manière définitive après l’accouchement. Le prognostic de ces hémorrhoïdes doit donc être bien différent de celui de ces maladies qui se manifestent sous l’influence de prédispositions individuelles souvent héréditaires, inconnues dans leur nature (616). Ces hémorrhoïdes une fois établies, on ne peut prévoir leux terminaison qu’après une très longue durée (5g 1).

Utilité ou dan- 643. Si l’on adoptait les idées de Stahl et de plusieurs de îion dL*LmorI ses disciples , OU trouverait dans les hémorrhoïdes une condition de bonne santé, ouau moins une préservation contre beaucoup de maladies *. Cette doctrine remonte jusqu’au père de la médecine , qui , par ce motif, considérait comme dangereuse la curation des hémorrhoïdes Elle ne peut

rhoïdes.

’ On trouvera cette doctrine développée dans les ouvrages suivants : Stahl , De consulta utilitate hcemorrholdam, Hallæ^ 1704.— Agricola, De salubrîtate fluxus hœmorrholdaliSf Halæ, 1708. — Berger, De hœmorrhoïdum flux 11 salutarî et noxio, Wittembergæ. 1717. — Albertî, De hœmorroïdibus Iongœvitatis causa^ Halæ, 1717, etc.

^ Qui sanguinem per or a venarum quœ in ano sunt perfundere soient , neque lateris dolore^neque pulmonis infiammatione^ neque ulcéré excedente, neque furunculîs corrîpiuntur , neque tuberculis quœ aciceris simîiitudine therminihidicuntur , ac forte ne lepraquideni , fortassis vero neque vîtilî^ ginibus. Intempestive tamen curati multi, non ita multo post Imjusmodi morbîs correpti sunt , neque ita perniciose habuerunt , etc. ( De hœmor,^ edente Fœsîo, secG ii, p. 51 , n. 38. Francofurti, 1621. )

BES HÉMORRHOÏB^S, 55^

plus aujourd’hui être adoptée d’une manière aussi ab= solue. Ce serait dépasser les conséquences des faits que de considérer les hémorrhoïdaires comme préservés de beaucoup de maladies ; mais il n’en est pas moins vrai que les attaques d’hémorrhoïdes concourent souvent à atténuer et même à faire cesser des maladies, de même que la disparition accidentelle et subite ou la non-apparition d’attaques hémorrhoïdales habituelles, sont souvent suivies d’accidents graves. Enfin il faut reconnaître aussi que la terminaison définitive, soit provoquée, soit spontanée, des hémorrhoïdes habituelles, expose à des maladies aiguës ou chroniques évidemment liées à la cessation d’une condition anomale à laquelle l’économie s’élait depujs long-temps accommodée (592). Entrons dans quelques détails sur chacune de ces circonstances.

L’état pléthorique , les différentes hyperaimies qui s’y rattachent, se manifestent souvent comme prodromes des hémorrhoïdes. La manifestation des hémorrhoïdes, en jugeant cet état morbide , tourne le plus souvent à l’avantage du malade-, sous ce rapport, elle est d’un heureux prognostic. Lorsqu’une personne , s’étant exposée à des causes morbifiques qui sont de nature à déterminer des congestions hémorrhagiques ou inflammatoires dans différentes parties , se trouve prise d’hémorrhoïdes , tout effet fâcheux des causes morbifiques peut être prévenu -, dans beaucoup de cas même, cet heureux résultat est annoncé par la disparition d’un commencement de maladie déjà déterminé, qui suit immédiatement l’invasion de l’attaque d’hémorrhoïdes.

La suppression subite des hémorrhoïdes pendant une attaque , surtout lorsque l’hémorrhagie ne s’effectue pas seulement par exhalation dans le tissu cellulaire sous-muqueux , mais s’accomplit en même temps à la surface de la membrane muqueuse du gros intestin (4o4)? a tous les inconvénients des suppressions subites d’hémofrhagies

358 DES HÉMORRHAGIES IIMERSTITIELLES.

qui jugent une congestion sanguine et un état pléthorique. Il peut se déclîr’rer immédiatement des congestions et même des extravasations sanguines sur des organes importants à la vie. ün menuisier , d’une forte constitution, âgé de quarante-huit ans, hémorrhoïdaire depuis Tâge de trente-deux ans , et ayant une attaque tous les trois ou quatre mois, souffrait beaucoup du volume considérable qu’avaient pris depuis huit jours les tumeurs hémorrhoïdales internes »lont il était affecté. Une assez grande quantité de sang s’était écoulée de ces tumeurs depuis deux jours, après des efforts de défécation dans lesquels les tumeurs s’étaient engagées dans l’anus. Malgré cette perte de sang, les douleurs continuant avec intensité , il appliqua pendant toute une nuit, en ayant soin de l%renouve- 1er 9 de la glace sur le périnée et la région de l’anus. Dès le lendemain, il y eut une amélioration manifeste. Des injerdons d’eau à la, glace furent faites dans le rectum ^ elles achevèrent de faire disparaître les accidents. Les tumeurs se flétrirent et restèrent indoletttes , comme elles l’étaient dans les intervalles des altaquet-*, mais dès ce moment la tête devint douloureuse, et il survin<t des étourdissements plusieurs fois dans la journée. Une saignée du bras fut pratiquée avec un soulagement très marqué. Le surlendemain de la saignée , cet homme étant courbé pour poser une pièce de bois au pied d’un mur , tomba subitement sans connaissance frappé d’apoplexie. Nous le trouvâmes deux heures après avec une absence entière de connaissance et une hémiplégie complète du côté gauche. Nous le fîmes largement saigner, il n’en périt pas moins dans la nuit. Une énorme hémorrhagie était survenue dans la couche optique gauche^ le foyer s’était déchiré jusque dans le ventricule latéral , qui était distendu par du sang coagulé.

Pro»aosiicdes La supprcssiou définitive , Icplus souvent spontanée,

ffets delà sup- et quelquefois déterminée par l’art, des hémorrhoïdes après

DES HÉMORRHOÏDES

leur durée la plus ordinaire (691), est assez souvent pression définisuivie d accidents semblables a ceux de lage critique des rhoïdes. femmes; des sueurs locales habituelles, des étourdissements fréquents , des hémorrhagies nasales et quelquefois des maladies chroniques bien plus graves du tissu des viscères, se manifestent, et résistent fréquemment aux nioyens thérapeutiques avec une extrême opiniâtreté. Le prognostic des accidents qui se manifestent ainsi à la terminaison des hémorrhoïdes doit donc s’établir en tenant grand compte des circonstances antécédentes.

Quand on interrompt par des moyens actifs non pas seulement une attaque d’h émorrhoïdes, mais même la succession des attaques , l’on expose le malade à de bien plus grands dangers encore. Les auteurs, et surtout Stahl et F. Hoffmann , ont rapporté des exemples assez nombreux d’accidents quelquefois mortels survenus par cette cause.

Ce sont des congestions sanguines , et même des hémorrhagies cérébrales, pulmonaires, gastriques, etc., des cachexies, comme la goutte, le scorbut; des phlegmasies chroniques, telles que des rhumatismes, des hépatites, des néphrites, etc. Tous les médecins expérimentés considèrent comme graves les affections morbides qui se manifestent de cette manière.

645. La perturbation des attaques et de la succession Prognosticmo; des attaques hémorrhoïdales , est toujours un accident fort fuTbaüoJderaTsérieux; il faut cependant souvent le considérer plutôt rhoïdL^ comme le résultat <de l’influence qu’exerce une maladie accidentelle intercurrente ^ que comme l’effet du dérangement primitif de la maladie hémorrhoïdale. Dans ces cas, que l’on apprécie en analysant les causes auxquelles le malade a été soumis, l’habitude des hémorrhoïdes , quoique interrompue, est d’un heureux prognostic, par^e qu’elle donne le moyen d’agir en favorisant leur rétablissement. On exerce souvent ainsi une bien plus grande influence sur la maladie que l’on a à combattre , qu’on ne

tuelles.

BES HÉMORRHAGIES IINTERSTITIELLES.

pourrait le faire par une dérivation et une révulsion sur d’autres points de l’organisme. C’est ainsi que les hémorrhoïdes, maladie incommode et pénible par les fréquents accidents qu’elle produit , sont utiles dans certains cas , et peuvent servir à motiver un prognostic moins fâcheux que celui qui se déduirait de la nature même de la maladie à laquelle on a à remédier.

Art. Vil Thérapeutique des hémorrhoîdes.

Buts divers du 646. Le traitement des hémorrhoïdes a pour but, soit de bémorrhoïdes. faire disparaître les tumeurs hémorrhoïdales et d’en empêcher la reproduction , soit de modérer et de faire cesser les attaques d’hémorrhoïdes , soit de les régulariser en rétablissant leur manifestation , lorsqu’elles ont été supprimées, et que leur suppression a entraîné des accidents, soit enfin de combattre les accidents dont ces attaques peuvent se trouver compliquées. Ce n’est qu’après avoir bien apprécié la valeur dés moyens de l’art pour satisfaire aux indications qui se rapportent à ces points capitaux du traitement, que le médecin peut examiner jusqu’à quel point et de quelle manière doit être conduite la curation dès hémorrhoïdes , considérées dans l’ensemble des attaques qui se reproduisent pendant une certaine partie de la durée de la vie du malade (ôgi).

Traitement chi- ^47* Le traitement des tumeurs hémorrhoïdales, dirigé îneurr* hlmw- ^aus le but de détruire entièrement ou en partie ces tumeurs , consiste dans l’emploi direct de moyens chirurgicaux. La discussion de la valeur de ces moyens et de leur application clinique appartient à la chirurgie*, toutefois l’étude analytique des phénomènes qui se succèdent dans la formation des tumeurs hémorrhoïdales et des lésions de texture qui les constituent , et qui persistent après elles, et enfin l’expérience clinique nous ont conduit sur ce point à des principes de traitement particuliers que nous devons exposer succinctement.

rboïdales.

DES HEMORAHOIDES.

648. Le premier moyen qui se présente à l’esprit pour De l’excision détruire les tumeurs hémorrhoïdales , c’est d’en pratiquer morrhoïdales. l’excision (654). Cette opération n’entraîne par elle-même aucun accident pour les tumeurs hémorrhoïdales externes , à moins qu’elles ne reposent sur un bourrelet variqueux qu’il faut respecter si l’on ne veut avoir à traiter une phlébite grave consécutive, et si l’on veut éviter les hémorrhagies immédiates. Nous avons pratiqué un grand nombre de fois cette excision sans accident , même lorsque les tumeurs étaient volumineuses. Les hémorrhagies qui peuvent survenir seraient d’ailleurs facilement arrêtées par l’application du cautère actuel, toujours facile sur la marge externe de l’anus.

L’excision ne guérit pas le plus souvent les tumeurs hémorrhoïdales lorsqu’elles ont un certain volume, car le tissu propre hémorrhagipare de ces tumeurs se prolonge profondément jusque entre les fibres du sphincter (601, 609).

L’excision laisse une assez grande partie de ce tissu , dans lequel le sang s’extravase et s’infiltre. Il en résulte encore des tumeurs hémorrhoïdales qui se gonflent à chaque attaque; cependant elles sont toujours moins volumineuses que ne l’étaient les tumeurs primitives.

L’excision des tumeurs hémorrhoïdales profondes, et surtout des tumeurs spongieuses , est fréquemment suivie d’hémorrhagies qui exigent qu’on ait recours au tamponnement ou à l’application du cautère actuel. Ces hémorrhagies s’expliquent par l’étendue et la profondeur du tissu aréolaire hémorrhagipare jusqu’à une assez grande distance de la base des tumeurs (609). Elles sont toujours graves, parce qu’elles ne surviennent le plus ordinairement qu’un certain temps après l’opération, comme une heure et même deux heures. La cautérisation est alors très difficile , et l’on est obligé d’avoir recours au tamponnement, moyen incertain dans ses résultats , difficile à exécuter et très-douloureux. Nous faisons une règle de eau té-

362 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

riser les tumeurs hémorrhoïdales internes en même temps qu’on les excise. Cette opération n’est pas toujours facile à pratiquer , à cause de la force et de la vitesse avec lesquelles l’extrémité de la muqueuse de l’anus se trouve relevée en dedans de l’anus au moment de l’excision des tumeurs. Cette circonstance exige de retenir la muqueuse avec force au dehors au moyen de pinces airignes pour achever l’opération.

De l'exfirpa- 649. L’extirpation des tumeurs hémorrhoïdales est la

tion des tumeurs ■, , . r*irr**^*

hémorrhoïdaks. plus souvcut aussi msumsaute pour guérir deümtivement ' ^ les hémorrhoïdes ; l’on n’enlève jamais tout le tissu aréolaire

sous-muqueux, au moins pour les tumeurs internes, à moins de faire une opération très grave et des plus difficiles-, les succès obtenus des tentatives d’extirpation viennent de ce qu’elles ont toujours pour efïèt de réduire les tumeurs à un très petit volume, et l’inflammation consécutive détruit quelquefois tout ce qui n’a pas été enlevé.

De la ligature 65o. La ügature entraîne une tuméfaction inflammatoire

des tumeurs hé- ,

morrhoïdales considérable , suivie souvent d’accidents graves , comme le prouvent des observations de J.-L. Petit et de Boyer Elle ne peut convenir que dans le traitement des tumeurs isolées et pédiculées sur la marge externe de Eanus , tumeurs dont l’excision est toujours facile et n’a aucun inconvénient. Pour les tumeurs profondes , elle entraîne nécessairement tous les accidents d’une violente inflammation, qui peut être portée au point de produire une gangrène étendue, comme Klein paraît l’avoir observé.

De la cautéri» 65 1 . La nécessité de cautériser, dans le plus grand nombre

satiüa des tu- , , , . , ^

meurs hémor- des cas , avec le cautere incandescent la

rhoïdales . 1, •• 4

1 excision des hemorrhoides internes , pour arrêter la perte du sang ; l’obligation d’avoir fréquemment recours au même moyen après l’excision des tumeurs hémorrhoïdales externes -, la preuve que l’observation clinique et la dissec-

* Boyer, Traité des mal, chirurg,, t. x, p, 73, 3* édition.

plaie résultant de

DES HÉMORRHOÏDES

tion nous ont fournie que Tinflammation des tumeurs hëmorrhoïdales est suivie souvent de la conversion de ces tumeurs en apostème et* en cicatrice consécutive (6o5) , nous ont ramené à la pratique ancienne préconisée par Hippocrate: l’application immédiate du cautère actuel sur les tumeurs hémorrhoïdales sans excision préalable. Il suffit de toucher en plusieurs points les tumeurs avec un cautère en olive y pour déterminer une phlegmasie qui entraîne la suppuration et la résolution de ces tumeurs.

Cette inflammation n’est point grave elle ne produit pas de gonflement considérable des parties: elle fait même cesser rapidement le gonflement de la muqueuse et des tumeurs, et les douleurs qui l’accompagnent si souvent elle n’est jamais suivie d’hémorrhagie. L’inflammation éliminatoire qu’exige la chute des escarrhes et la^cicatrisation des pertes de substance , ne produisent point de symptômes graves. Cette opération n’exige d’autre précaution pour les tumeurs hémorrhoïdales internes, que de les maintenir fortement au dehors avec des pinces airignes au moment de l’application du fer incandescent. Sabatier avait été amené par ses observations cliniques à proposer ce mode de traitement , qu’il ne paraît pas cependant avoir mis en pratique

652. Les auteurs sont loin d’être d’accord sur l’indication , ^)es cas où ii

faut détruire di-

de détruire directement les tumeurs hémorrhoïdales. Les ‘'««^^ementies tumeurs hémor-

motifs pour lesquels on combat la guérison de ces tumeurs rhoïdaUs. se tirent de la crainte de guérir ainsi par des moyens locaux une maladie dont ces tumeurs ne sont qu’un résultat , et qui ne peut être supprimée sans inconvénient (644)- -î est des praticiens dominés par cette crainte qui conseillent de laisser subsister des tumeurs d’un grand volume qui s’étranglent et s’enflamment à chaque instant, qui deviennent une cause continue de douleurs, et qui finissent par entraîner la formation de fistules à l’anus, ou au' moins

* Méd. opératoire^ édit, de 1824, t, ni, p, 682.

364 HÉMORRHAGIES IJNTERSTITIELLES.

la chute habituelle du rectum. Nous ne partageons pas ces craintes. Ces tumeurs volumineuses qui sont toujours plus ou moins enflammées ne font que rendre plus fréquentes les attaques d^hémorrhoïdes leur destruction n’est jamais complète , quelque moyen de traitement qu’on emploie elle n’empêche pas d’ailleurs les hémorrhoïdes de se reproduire quand leur cause immédiate persiste ^ mais elle rend les attaques peu douloureuses , et elle permet d’avoir recours pour les modérer à des moyens prophylactiques (63 6) ^ qui sont toujours sans efficacité tant que les tumeurs restent volumineuses et enflammées. Nous faisons donc un précepte de la destruction aussi complète que possible des tumeurs hémorrhoïdales quand ces tumeurs sont devenues pour les malades une cause de souffrances continuelles.

Traitement to- 653. Quand ces tumeurs sont peu volumineuses , si elles

pique des ^ \

meurs hémor- ne déterminent aucune douleur, et si elles ne genent pas la défécation dans les intervalles des attaques , il est inutile de les soumettre à un traitement actif. Si le malade a le soin , qu’on ne peut trop lui recommander, de faire rentrer ces tumeurs chaque fois qu’il va à la selle,. il peut les conserver sans inconvénient assez grave pour exiger le traitement curatif chirurgical, toujours très douloureux. II suffit de quelques topiques sédatifs et narcotiques quand elles deviennent accidentellement douloureuses, ou au plus de pratiquer sur elles une saignée locale, soit par les sangsues, soit par les scarifications , pour les rendre supportables pour le malade. Ce traitement palliatif est encore motivé par cette circonstance que, si les attaques ne se renouvellent pas, les tumeurs diminuent progressivement de volume , s’atrophient , et finissent par ne constituer que de petites exubérances si peu gênantes, que les malades ne s’aperçoivent ordinairement pas de leur présence.

^tîC0SfellG d ^ T • f J J * -i'

ciser les tumeurs 004. Ces petites tumeurs atrophiées peuvent toujoursetre

Ijernorrhoïdales . , . r*.

atrophiées. cxcisecs saos aucuu inçonveiiient*, mais il nest veritanle-

Î)ES HEMORRHOIBIS.

ment indispensable de le faire que lorsqu’elles deviennent la cause de fissures à l’anus, que leur présence suffit pour entretenir (5 9 6).

655. La reproduction des tumeurs hémorrlioïdales Moyen de préapres qu on les a détruites plus ou moins complètement par duction des tu- 1 excision ou la cautérisation, ne peut etre provenue qu en rhoïdaies. annulant ou au moins en atténuant la fluxion hémorrhagique et l’hyperaimie qui précèdent et déterminent immédiatement les hémorrhagies dont les tumeurs hémorrhoï-

dales sont les résultats: le traitement doit donc être dirigé dans ce sens. Il n’est autre que celui qui est destiné à prévenir et à modérer les attaques d’hémorrhoïdes.

656. Comme toutes les hémorrhagies, ces attaques se Traitement des

1 «ittclfJHPS (i lit!*-

lient a une üuxion et a une hyperaimie des vaisseaux cap il- morrhoïdes. laires (6o3) adjacents à la muqueuse du rectum. Leur traitement rentre en entier dans le traitement prophylactique et curatif des hémorrhoïdes par exhalation de la surface intra-intestinale qui constituent les flux hémorrhoïdaux (449)? d’autant plus que ces exhalations sanguines sont fréquemment liées à celles qui s’accomplissent dans l’épaisseur et au dessous de la muqueuse de la fin du rectum, c’est-à-dire à la production des hémorrhoïdes (582). Quand il existe un état de pléthore, les saignées générales, avec un régime diététique adoucissant, sont les premiers moyens indiqués. On combat ensuite directement l’hyperaimie locale par des émissions sanguines opérées sur les parois de l’abdomen , et spécialement sur la région du sacrum ; on favorise l’efficacité de ces saignées locales par des applications réitérées de ventouses sur ces régions. Si des tumeurs hémorrhoïdales existent déjà, ou seulement si la muqueuse de la fin du rectum est dans un état d’hyperaimie prononcée, les émissions sanguines immédiatement opérées sur le siège du mal, soit par des scarifications, soit par l’application directe des sangsues sur les tumeurs hémorrhoïdales , pro-

366 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

duisent le plus ordinairement un soulagement immédiat. Il est cependant des cas où ces moyens de traitement ne suffisent pas. La circulation se trouve souvent modifiée de manière que la muqueuse de la fin du rectum est le but d’un molimen hémorrhagique si puissant , que la déplétion sanguine opérée sur elle ne suspend ou ne diminue que pour peu de temps Thyperaimie dont elle est le siège. C’est alors que la maladie locale détermine ce gonflement de la muqueuse et ces tumeurs hémorrhoïdales si considérables qui sont la cause des plus violentes douleurs (58o). Il faut dans ces cas agir sur une plus grande étendue de l’appareil de la circulation; les émissions sanguines générales peu considérables et renouvelées par intervalles , les congestions hyperaimiques déterminées et renouvelées artificiellement plusieurs fois sur des parties éloignées avec des ventouses, ou par des topiques irritants, sont les moyens sur lesquels il faut le plus compter. Ainsi des ventouses ou des cataplasmessinapiséspromenéssur leslombes, sur le dos , sur les côtés du thorax, les manuluves irritants fréquemment renouvelés, sont les moyens dont on tire les meilleurs effets. On augmente encore leur efficacité en y joignant les topiques froids ou glacés sur le périnée, sur la région du sacrum , en faisant administrer des quarts de lavement à la glace, et mieux encore en administrant des bains de siège froids. Ces derniers moyens, qui agissent en modérant l’activité de la circulation dans tout l’appareil vasculaire abdominal inférieur, sont si efficaces, qu’ils suffisent souvent pour diminuer immédiatement les accidents , et pour les faire ensuite cesser si l’on persiste dans leur administration.

Les applications froides sui‘ les tumeurs hémorrhoidales et sur de grandes surfaces de la peau du périnée et du siège , les lavements froids , modèrent avec un grand avantage les accidents inflammatoires dont les tumeurs hémorrhoïdales peuvent devenir le siège; ils diminuent le volume de ces

DES HÉMORRHOÏDES

tumeurs et hâtent l’absorption du sang infiltré. L’adminis” tration du soufre en substance, à la dose de 20 ou 3o grains, a été préconisée comme propre à diminuer les accidents qui surviennent dans les attaques d’hémorrhoïdes. Nous croyons avec Heberden que ce remède n’a pas plus de vertu que tous les autres laxatifs, dont l’utilité est toujours très grande dans ces cas où la constipation est un symptôme ordinaire. On a quelquefois très utilement recours, pour modérer ces accidents, à l’administration du nitrate de potasse, recommandée par Stahl. Il nous a semblé que les bons effets de ce remède , dans ces cas comme dans beaucoup d’autres , ne s’obtiennent qu’en le portant â une dose assez élevée, et lorsqu’il a une action diurétique très prononcée \

667. L’inflammation des tumeurs hémorrhoïdales vient souvent aggraver les soufirances des malades dans ces violentes attaques (58 1). Elle exige les mêmes moyens de traitement , et sa présence indique d’insister davantage sur les émissions sanguines immédiatement effectuées sur les parties malades. Si elle existe avec une faible hyperaimie des tumeurs hémorrhoïdales , elle est entretenue par leur ulcération ou par l’étranglement accidentel des tumeurs. Elle impose alors l’obligation de recourir à des topiques sédatifs et émollients , comme les suppositoires calmants et narcotiques. L’étranglement des tumeurs nécessite qu’on les fasse rentrer dans l’anus. Cette petite opération ne doit jamais être négligée : elle est quelquefois très douloureuse, mais elle est toujours suivie immédiatement d’une suspension complète des douleurs ; il est ensuite indispensable de maintenir les tumeurs réduites par l’introduction à demeure d’une mèche de charpie ou d’un suppositoire solide de caoutchouc. L’emploi de ces derniers moyens est souvent suivi de vives douleurs par suite de la

Trait ement de l’infla tiimation des tu .meurs hcmorTht ndaleg.

* Il ne faut pas donner moins de trois ou quatre gros par jour de ce sel en dissolution dans les boissons.

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

Traitement des accidents qui se lient à la suppression des hémorrhoïdes.

pression qu’ils occasionnent sur les tumeurs rompues , ulcérées , ou seulement revêtues d’une membrane muqueuse devenue d’une sensibilité excessive par suite de l’inflammation. On se trouve forcé, dans ces cas, de modifier la sensibilité morbide exagérée de ces parties, ou d’avoir recours à la destruction au moins d’une grande partie des tumeurs , pour faire cesser les douleurs intenses dont elles sont le siège. Cette nécessité est encore rendue plus pressante par les accidents de rétention d’urine , ou d’hématurie, ou de douleurs dans le vagin et jusque dans l’utérus qui se manifestent souvent dans ces cas (Sgo). L’application de caustiques peu actifs , comme le nitrate d’argent fondu , ou le nitrate d’argent cristallisé en dissolution dans l’eau sur les tumeurs hémorrhoidales enflammées et ulcérées , nous a souvent réussi pour modifier rapidement la susceptibilité morbide dont elles étaient le siège. La rapidité avec laquelle nous avons vu , sous l’influence de ce moyen de traitement , cesser les vives douleurs hémorrhoidales , et diminuer la tuméfaction de la muqueuse de la fin du rectum et des tumeurs hémorrhoidales, nous a convaincu que c’est principalement à la sensibilité inflammatoire exagérée de la muqueuse qu’il faut attribuer les symptômes si douloureux et souvent si rebelles qui surviennent dans ces cas. Chaque acte de défécation, et même la seule constriction du sphincter (087), est alors la cause immédiate d’une exaspération excessive des accidents. Quand le volume des tumeurs est considérable, et qu’il n’y a pas de doute qu’elles soient par ce volume même une cause immédiate des accidents , nous avons recours à l’application du cautère actuel (6 5 x).

658. Toutes les indications thérapeutiques auxquelles nous venons de donner les moyens de satisfaire , sont relatives au]5 accidents des attaques d’hémorrhoïdes et à ceux

* On peut varier les doses de ce sel depuis deux grains jusqu’ù douze grains par once d’eau.

DES HÉMORRIlOÏDEg. 069

qui dépendent des résultats de ces attaques , c’est-à-dire des tumeurs hémorrhoïdales. Il en est d’autres qui se déduisent de l’influence que les hémorrhagies hémorrhoïdales exercent sur l’organisme. L’habitude des pertes de sang hémorrhoïdales, ou seulement de l’hyperaimie dont la fin du rectum devient le siège à des époques plus ou moins régulières , produit dans l’économie une condition anomale qui fait de ces accidents locaux une nécessité pour la conservation de l’équilibre des fonctions nécessaires à la santé (643). C’est pourquoi l’on voit la suspension de ces accidents ou leur non- apparition immédiatement suivies d’états morbides dont la cessation, le plus souvent facile par les attaques d’hémorrhoïdes (092, 5 9 3) , indique de favoriser . ces attaques *, aussi les indications qui se rattachent à la thérapeutique particulière des accidents morbides qui süccèdent à la suppression des attaques d’hémorrhoïdes, ne doivent-elles jamais être négligées. Il suffit souvent d’y satisfaire pour faire cesser ces accidents , sans qu’il devienne nécessaire de rappeler les hémorrhoïdes. Nous sommes donc bien loin de faire du rappel de ces maladies une nécessité aussi pressante que le faisait l’école de Stahl. Cependant, comme il est incontestable que la santé ne se rétablit quelquefois que lorsque les attaques hémorrhoïdales se sont reproduites, il faut bien recourir aux moyens de favoriser leur retour. Ces moyens consistent à pratiquer des hémorrhagies artificielles peu considérables , et réitérées pendant plusieurs jours de suite, sur la marge de l’anus, par l’application d’un petit nombre de sangsues; à favoriser l’hyperaimie de la muqueuse du gros intestin par l’administration réitérée, à doses peu fortes, des purgatifs qui agissent le plus spécialement sur cette muqueuse, tels que l’aloës, le sulfate de soude (620); on seconde ce résultat par des lotions chaudes sur le périnée , par des bains de siège très-chauds, par des pédiluves sinapisés , par des applications topiques irritantes promenées

Traitement curatif des hémorrboïdes.

5^0 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES,

sur les membres inférieurs. Si cette médication n’est pas toujours suivie du retour des liémorrhoïdes, elle détermine au moins des hyperaimies et des hémorrhagies vers les parties inférieures , qui suppléent autant que possible à celles qui constituent les attaques d’hémorrhbïdes.

659. A Taide des moyens de traitement indiqués pour les tumeurs et les attaques hémorrhoïdales (653, 656) , on peut, dans le plus grand nombre des cas, diminuer tous les accidents que déterminent les hémorrhoïdes. L’emploi de ces moyens entre nécessairement dans une méthode de traitement qui a pour but de modérer tous les accidents hémorrhoïdaux, et de réduire les attaques à une simple incommodité qui ne soit point incompatible avec un bon état de santé et avec la prolongation de la vie jusqu’à son terme naturel. Cette méthode de traitement expectante , en ce qu’elle laisse la maladie parcourir ses longues périodes (5q i ) , et active puisqu’elle modère par des moyens rationnels d’un effet puissant (656, 65?) tous les accidents de la maladie, est celle que les médecins sages prescrivent au plus grand nombre des malades. Elle comprend en résumé un régime alimentaire peu stimulant , l’habitude d’un exercice modéré, le soin d’entretenir la liberté du ventre et d’éviter l’action de toutes les causes qui peuvent rendre le molimen hémorrhagique plus actif, et l’usage de quelques émissions sanguines générales pour diminuer l’état pléthorique, ou locales pour dégorger les vaisseaux de l’anus.

660. Beaucoup de malades se résignent avec peine à .conserver pendant une grande partie de leur vie toutes les incommodités des hémorrhoïdes : peut-on , sans danger , les en débarrasser définitivement? Pour les disciples de Stahl, il serait toujours imprudent de guérir définitivement ces hémorrhagies , puisqu’elles seraient par elles-mêmes un moyen puissant de préservation contre les maladies (643). Ainsi posé, ce précepte est trop absolu. Les hémorrhoïdes s’établissent dansTorganismedans desconditions trèsdifférentes ;

DES HÉMORRHOÏDES. 37 1

Elles sont le résultat de causes qu’il est quelquefois possible de faire cesser, telles que la grossesse, des tumeurs abdominales qui gênent la circulation dans la veineporte (622). Nul doute qu’il ne soit indiqué dans ces cas de tenter la guérison des hémorrhoïdes en faisant cesser leur cause. Si la maladie n’est point entretenue par quel que autre condition morbide secondaire , elle se termine sans qu’il en résulte le moindre accident.

2^ Les hémorrhoïdes sont le produit de conditions habituelles que le malade s’est créées ,, qui ont fait naître par leur action Ion g- temps continuée la maladie hémorrhoidale, et qui l’entretiennent. On fait, dans ces cas, un véritable traitement curatif des hémorrhoïdes qui n’a aucun inconvénient, en remédiant à l’état primitif qui les a fait naître. Ainsi le traitement atténuant que nous avons indiqué (655, 656) pour modérer les accidents de la maladie, est u\i traitement vraiment curatif, pour ceux qui sont devenus hémorrhoïdaires par l’habitude d’un régime alimentaire excitant, par les excès fréquents de liqueurs, par les débauches aphrodisiaques, par une vie trop sédentaire, par l’abus de l’équitation, etc. Ainsi l’on voit diminuer progressivement et cesser enfin tout- à-fait des hémorrhoïdes entretenues par des causes de cette nature, après qu’on a tenu avec soin les malades dans une habitude de vie opposée à celle qui avait produit la maladie.

3^^ Quand les hémorrhoïdes durent depuis un temps assez long, elles sont entrées dans l’équilibre des fonctions de l’organisme (643). On ne pourrait les guérir sans inconvénient qu’en faisant cesser les conditions anomales que leur durée prolongée a liées à leur existence dans l’économie. Ainsi la pléthore , les congestions sanguines , des dérangements de fonctions importantes, seraient le résultat immédiat de l’effet de tout moyen de traitement qui ferait cesser les hémorrhoïdes. Les médecins prudents doivent prévoir ces accidents, et savoir arrêter dans de justes

3^2 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

limites Fusa^e des moyens curatifs. Il semble, au premier abord, qu’il soit assez facile de se tenir en garde contre la pléthore^ l’imminence d’hyperaimies locales qui seraient le résultat des suppressions d’hémorrhoïdes. L’expérience clinique montre que nous ne connaissons pas et que nous ne pouvons pas apprécier exactement toutes les conditions anomales quipeuvent se lier, soit comme causes, soit comme effets, aux habitudes déjà anciennes d’attaques hémorrhoïdales. On le voit bien par l’inefficacité trop fréquente des moyens les plus rationnels pour prévenir les accidents dans ces cas et par la spontanéité de ces accidents , sans que les phénomènes observables puissent mettre même sur la voie de les prévoir et de les combattre le médecin le plus exercé et le plus attentif. Il faut doiic considérer comme imprudente toute méthode de traitement qui tend à supprimer les attaques d’hémorrhoïdes ou aies prévenir surtout par des moyens qui exercent une action locale sur le rectum et l’anus. Parmi les hémorrhoïdes anciennes auxquelles s’appliquent le plus spécialement ces préceptes , se trouvent les hémorrhoïdes héréditaires (616) et celles qui se sont établies après la cessation d’autres conditions morbides chroniques qui leur ont préexisté.

Les applications froides et surtout glacées dans le rectum, sur l’anus, au périnée et sur les fesses sont dangereuses comme moyens prophylactiques des attaqués ^ elles peuvent, de même que les topiques astringents dans le rectum et à l’anus , empêcher l’hémorrhagie de s’accomplir -, elles intervertissent la marche de la maladie , en laissant subsister l’hyperaimie, dont l’hémorrhagie n’est que le résultat. Le malade se trouve ainsi soumis à tous les accidents de suppression d’hémorrhoïdes, et exposé à toutes les suites de la guérison intempestive d’une lésion locale dont on a laissé subsister la cause immédiate dans l’organisme.

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