Les coups de sanp: ne se terminent iamais par la
Terminaisons ' ^ ^ ^ ^ ^
des coups de mort. La suspension des fonctions du centre nerveux n est
sang. ^ ^ ^
jamais portée dans ces maladies au point de modifier 1 action des organes de la circulation et de l’hématose. Mais le coup de sang peut n’être que la première période de l’attaque d’apoplexie ou de paraplexie ; ce n’est qu’ainsi qu’il peut compromettre rapidement la vie.
Il est rare que le coup de sang ne se renouvelle pas plu-
Ï>1S APOPLEXIES
sieurs fois à des intervalles irréguliers , ordinairement d’autant moins longs que les récidives deviennent plus fréquentes. C’est ainsi que l’on voit des personnes qui ont trois ou quatre coups de sang tous les ans, pendant plusieurs années de leur vie. La maladie prend souvent j dans quelques unes de ces attaques, tous les caractères d’une véritable apoplexie , qui , si elle ne détermine pas la mort, laisse au moins après elle des altérations graves et souvent irréparables des fonctions de relation-, il est cependant plus ordinaire que les attaques se renouvellent sans jamais dépasser l’intensité d’un coup de sang,’et même d’un coup de sang très peu prolongé et d ’une faible gravité , n’excédant qu’à peine un vertige fugace.
676. La reproduction fréquente des coups de sang finit par léser gravement les fonctions cérébrales. Des hommes doués de la plus grande vigueur, d’une forte constitution et d’un tempérament sanguin, sous l’influence de cette succession de coups de sang, perdent peu à peu toute leur énergie, deviennent pusillanimes n’ont plus de volonté stable , s’efiraient et s’irritent pour la plus légère cause. Leurs facultés intellectuelles s’affaiblissent, la mémoire se perd, les mouvements volontaires deviennent faibles et incertains, les membres sont tremblants, les fonctions sensoriales s’émoussent. Des hommes encore dans la force de l’âge finissent ainsi par arriver à la débilité et à la démence séniles.
Un professeur de langues, âgé de 48 ans, d’une forte constitution, fut pris, dans la convalescence d’un rhumatisme aigu, d’un coup de sang qui le renversa subitement au moment où il se disposait à dîner. Il resta sans connaissance'pendant une demi-heure, après laquelle il reprit ses facultés, ne conservant de cet accident qu’une pesanteur de tête qui se dissipa en quelques jours. Cette attaque se renouvela deux fois encore dans les trois mois suivants. Cependant cet homme avait repris toute sa for^e dans
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Faûnëe il avait alors 5o ans. Nous lui donnâmes des
soins pour une violente attaque de goutte qui le tint au lit pendant près de trois mois. Il nous raconta alors les accidents qu’il avait éprouvés , qu’il qualifiait de trois attaques d’apoplexie. Deux mois après la guérison de sa goutte, cet homme eut un quatrième coup de sang vers dix heures et demie du soir, au moment où il revenait de dîner en ville. Nous le trouvâmes sur les onze heures du soir encore sans connaissance , privé de mouvement et de sentiment. Le pouls était large et plein, la respiration large et profonde , la face colorée. L’invasion de l’attaque avait été marquée par un vomissement d’aliments à demi digérés. Nous pratiquâmes une large saignée et nous fîmes promener des sinapismes sur les extrémités. La connaissance revint presque immédiatement. Le lendemain matin, il était en sueur-, il se plaignait d’une légère pesanteur de tête^ le pouls était large , souple et peu fréquent. Le surlendemain il était entièrement rétabli. Cet état de santé ne dura guère , car six semaines après, des vertiges , de la pesanteur de tête, principalement le matin, et des étourdissements, firent craindre un nouveau coup de sang, et cédèrent à deux saignées du pied. Mais ces symptômes revinrent au bout de quelques jours, et furent suivis d’un coup de sang qui n’eut que très peu de durée. Cet homme se retira alors à la campagne aux environs de Paris. Tous les trois ou quatre mois il avait des coups de sang qui iTétaient souvent précédés d’aucun symptôme précurseur. En i833 il se fit amener à Paris pour nous consulter sur une autre maladie qu’il avait depuis six mois. Il avait eu alors vingt-deux attaques -, il pouvait à peine se soutenir,, tant il tremblait sur les jambes. Les bras étaient aussi le siège d’un tremblement continuel lorsqu’il voulait les mouvoir-, cependant les téguments avaient conservé toute leur sensibilité et les mouvements volontaires s’accomplissaient. La mémoire était très-faible , au dire du malade et de sa fa-
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milieu il pleurait eu nous raccoiitant les douleurs d^eslomae (Ju’il éprouvait après le repas. Le bruit d’une porte lui causait un ébranlement général et une sorte d’elFroi. Une pou™ vait enténdre parler à haute voix sans éprouver au bout de quelques instants une fatigue dans la tête qu’il comparait à l’effet d’une calotte de plomb qui lui eût pesé sur le sinciput. La maladie nouvelle dont cet homme était affecté était un carcinome de 1 estomac encore peu avancé. Il resta à Paris pour y recevoir les soins que nécessitait cette maladie qui continua ses progrès et se termina par la mort en décembre i834. Au mois de juillet précédent il avait eu une attaque , la seule qu’il .eût eu depuis son retour à Paris ; elle fut des plus intenses. Il resta dix-huit heures dans un état presque comateux, entièrement privé de mouvement. La sensibilité des téguments des extrémités ne semblait cependant pas éteinte , à en juger par les mouvements comme automatiques très -limités que l’on provoquait en le pinçant. Cette attaque le laissa dans un état de débilité tel qu’il fallait le soutenir sous les bras pour le faire marcher quelques pas dans sa chambre. La mort arriva au dernier terme de la débilité et du marasme produits par la maladie de l’estomac. A la dissection du cadavre , les investigations les plus minütieuses ne nous firent pas trouver la moindre apparence de lésion morbide dans le cerveau, dans la moelle épinière et dans leurs annexes. L’état des vaisseaux artériels et veineux encéphaliques fut constaté avec soin. L’estomac était le siège d’une ulcération cancéreuse très étendue *, il y avait trois tubercules cancéreux dans le foie et deux à la racine des poumons dans les ganglions bronchiques.
Nous avons ouvert le cadavre d’un homme qui était arrivé à un tel état de faiblesse et de tremblement des membres inférieurs, qu’il ne pouvait se tenir debout et qu’il était dans un véritable état de démence sénile depuis trois ans, quoiqu’il n’eût que 62 ans. On l’avait apporté à l’hô-
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pilai pour sa dixième attaque de coup de sang. Il avait repris son état de santé en quelques heures , par suite de l’application de sinapismes aux jambes. Toutes les attaques antécédentes n’avaient pas déterminé d’accidents plus prolongés. Il était depuis un mois à l’hôpital sans présenter d’autres symptômes que la ;débilité générale des mouvements et des facultés intellectuelles , lorsqu’il contracta une pneumonie qui le fit périr en huit jours. Nous ne trouvâmes pas dans le cerveau et dans la moelle épinière, et leurs annexes , la plus légère trace de maladie.
§ II. Symptômes des apoplexies foudroyantes.
Symptômes de l’apoplexie foudroyante.
Durée et ter-minaison de l’apoplexie foudroyante.
Symptômes de
677. Après des prodromespiusou moins prononcés(668), l’invasion de l’apoplexie est le plus ordinairement subite. Celui qu’elle frappe tombe immédiatement , tantôt comme frappé de défaillance , tantôt comme surpris par le sommeil. Toutes ses fonctions de relation se suspendent comme dans un violent coup de sang (671). Les mouvements de la respiration sont en même temps ralentis ou accélérés , mais superficiels ; ils ne s’accomplissent qu’avec une sorte d’effort des muscles de la poitrine*, ils deviennent d’instant en instant plus courts et plus imcomplets. Le stertor trachéal ne tarde pas à se manifester, en même temps les battements du cœur deviennent irréguliers et intermittents. La peau perd sa chaleur aux extrémités*, une sueur froide et visqueuse mouille les tempes *, de la salive spumeuse s’écoule par les commissures des lèvres*, la langue, gonflée et livide, paraît quelquefois remplir la bouche et faire saillie entre les dents.
678. L’apoplexie intense se termine par la mort, quelquefois presque instantanément , mais le plus souvent au bout de quelques heures. Il est rare que les malades, jetés ainsi dans le coma avec ralentissement de la respiration , survivent trente-six heures à l’attaque. C’est cette apoplexie qu’on a qualifiée de foudroyante.