‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 53 sur 61 · L’apoplexie n’a pas toujours un aussi haut degré de · texte numérisé non relu

L’apoplexie n’a pas toujours un aussi haut degré de

DES APOPLEXIBS.

. , I . . , . • • I» l’apoplexie grave

gravite, une marche aussi rapide et une terminaison tu — non immédiafe -

Trrx .19 1 • ment mortelîe.

neste, ii-lle ne dittere souvent d un coup de sang intense que par un certain degré de ralentissement d e la respiration, ou par une accélération des mouvements respiratoires qui sont courts et incomplets. Ce dernier symptôme persiste sans s’aggraver, ou disparaît au bout de quelques heures , ou même de quelques instants , ne laissant subsister que l’état de suspension des fonctions de relation. Le malade reste alors dans cet état pendant un temps qui n’excède que rarement deux à trois jours*, puis les symptômes diminuent rapidement, les fonctions de relation se rétablissent et le malade entre en convalescence.

680. Entre ce degré d’intensité le plus faible de l’apoplexie et l’apoplexie rapidement funeste, se trouve un

Jr JT 1 7 croissementpro-

degré moyen qui suit souventune marche progressivement gfessif. croissante. Une fois le malade jeté dans le coma, on voit le ralentissement et la gêne de la respiration se reproduire et disparaître par instants pendant un ou deux jours ^ l’ex-

crétion des matières fécales, des urines, deyenir impossible ou s’accomplir involontairement *, ie coma devenir de plus en plus profond. La sensibilité, qui n’était d’abord suspendue que sur les téguments externes, se perd sur la muqueuse buccale, dans le pharynx , àl’origine de la glotte, de manière qu’on peut titiller et irriter directement ces parties. sans provoquer ni envies de vomir, ni toux. Les mouvements volontaires se suspendent d’instant en instant dans un plus grand nombre de muscles. La terminaison funeste est le terme de tous ces accidents -, elle est d’autant plus prompte , que^ la respiration devient plus rapidement et plus profondément gênée. Dans quelques cas heureux, les accidents , quoique parvenus à ce haut degré d’intensité, suspendent leur accroissement, diminuent, et ramènent la maladie à l’état d’un violent coup de sang simple , qui se termine heureusement.

681. L’invasion de l’apoplexie est souvent précédée de Prodromes in*

5qu des hémorrhagies iinterstitielles.

médiats des attaques d’apoplexii^*

Circonstances lesquelles «rrivA l’invasion de l’apoplexie.

Différences relatives dans le degré des lésions des diverses fonctions.

prodromes qui lui impriment une sorte de marche progressive. Le malade éprouve un sentiment de résolution des forces et de malaise ^ il a en même temps des vertiges et une douleur céphalalgique gravative *5 ordinairement il se couche pour éviter de tomber. Il veut parler , la langue lui semble épaisse et gênée dans la bouche ; les mots lui manquent^ il ne les prononce que lentement , comme avec hésitation. Il se manifeste fréquemment en même temps des envies de vomir et même des vomissements. Quelques instants suffisent à la manifestation de ces symptômes^ presque aussitôt toutes les fonctions de relation se suspendent et l’état apoplectique se confirme.

682. L’invasion de l’apoplexie arrive souvent le matin , au moment du réveil / ou le soir après le repas ^ on l’a vue survenir dans les efforts de la défécation et pendant les étreintes du coït. Elle se déclare aussi quelquefois pendant le sommeil : on trouve le matin le malade dans le coma et quelquefois mort , conservant dans le lit la position qu’il avait prise en se couchant ; dans quelques cas on le trouve tombé de son lit, soit parce que l’invasion de l’apoplexie ayant été immédiatement précédée d’accidents précurseurs dont il a eu conscience ( 668 , 681 ) , il a voulu se lever et est tombé ^ soit parce qu’il a été frappé lorsqu’il se disposait à satisfaire quelque besoin. .

683. La suspension des fonctions de relation, constante dans les apoplexies, n’est pas toujours au même degré pour toutes ces forictions> Ainsi chez un apoplectique, même plongé dans le coma, la sensibilité n’est pas toujours

également suspendue par tout le corps; tantôt les pupilles ont conservé leur sensibilité au contact de la lumière , tantôt on peut encore provoquer l’éternument en stimulant la pituitaire mécaniquement ou par l’action d’un gaz ou d’une poudre âcre irritante. La titillation de la luette ou de la muqueuse du pharynx est quelquefois suivie d’efforts de vomissements. On détermine dans

DES APOPLEXIES

quelques cas des mouvements comme automatiques, en pinçant ou en brûlant légèrement la peau sur certaines parties du corps. Cependant, chez un grand nombre d’apoplectiques, on ne peut plus mettre la sensibilité en action sur aucun organe des sens et sur aucun point des surfaces accessibles à nos moyens d’action.' \

684. Les différences que présente la sensibilité , explorée comparativement sur plusieurs parties du corps des apoplectiques, se retrouvent aussi pour l’abolition de la myotilité chez ces malades. Ainsi la bouche est tirée d’un côté

et relâchée de l’autre-, la paupière supérieure d’un œil tombe , tandis que celle de l’autre œil reste mobile -, le mouvement est encore conservé dans un membre , et seulement affaibli dans un autre. Cette inégalité dans l’abolition de la myotilité dans les diverses parties du corps, si elle existe au début de l’attaque d’apoplexie, ne tarde quelquefois pas à disparaître-, si elle se montre ensuite plus tard, elle indique une diminution dans les accidents.

685. L’extinction des sensations et des facultés intellec- . ^®c*’oissement

de 1 apoplexie,

tuelles cesse d’être complète lorsque la maladie diminue.

Des malades, encore privés de sentiment et de mouvement, lorsqu’on les excite vivement, commencent à annoncer par leur regard qu’ils voient les objets qui les entourent et qu’ils entendent les paroles qu’on leur adresse.

Ces premiers symptômes sont bientôt suivis d’une diminution de tous les accidents apoplectiques.

La diminution des accidents se fait toujours d’une manière progressive ^ ordinairement au bout de douze à vingt-quatre heures , mais elle n’est souvent pas^ continue et paraît s’accomplir par intervalles. La- maladie décroît d’abord en perdant l’extrême gravité de ses accidents, puis reste ensuite stationnaire pendant un certain temps, comme un jour ou deux, après lesquels elle reprend de nouveau sa marche décroissante,

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