On voit par cette observation que les nerfs de l’œil
• • 1 , Cause des pa-
qui prennent naissance au-dessus de la protubérance annu- des nerfs
1 • 1 • IV 1 V r . del’oeillanîôtdu
laire, subissent 1 influence des lésions cérébrales situées du côté de la lésion,
^ f*t* ttJïltot (1.11 COtC”
meme cote qu eux a des degres divers qui sont déterminés opposé.
par le siège de la lésion, affectant soit les fibres qui appartiennent au faisceau innominé qui leur donne naissance, soit directement l’origine de ces fibres. Dans ces cas l’œil
reste sous l’influence des nerfs que cet organe reçoit d’au-delà de la protubérance, c’est-à-dire de la sixième paire
Les nerfs optiques qui proviennent des faisceaux innommés par l’intermédiaire des tubercules quadrijumeaux et des corps genouillés externes , qui appartiennent euxmêmes à la portion des couches optiques où se rendent les fibres des faisceaux innominés, seraient très probablement lésés dans leurs fonctions par des épanchements de sang qui compromettraient ces parties ou qui agiraient directement sur les cordons optiques. N’ayant point encore rencontré cette lésion , nous n’en pouvons point parler; si elle
* On trouve dans les diverses origines des nerfs de l’œil et dans leurs rapports avec les points de décussation des libres cérébrales, l’explication facile de tous les mouvements des yeux qui se lient à l’accomplissement de la vision. On se rend compte ainsi de la connexion de ces mouvements qui supposent
une action nerveuse tantôt opposée, tantôt synergique dans l’un et l’autre œil.
, DES ÏIÉMORBHAGIES lî^TERSTITIELLES.
se présentait, il faudrait, pour en apprécier toutes les cir-» constances, ne pas perdre de vue Texistence du chiasma sur le trajet de ces nerfs.
Comment la 89 1 . La petite racine du nerf trifacial est immédiatement
petile racine du , ^ iir» rnii a \ r t
trifacial est inté- inuuencee par la lésion cerebrale du meme cote qu elle ,
1*6SS60 dcIllS l6S
lésions cérébra» quand la maladie porte sur le faisceau innommé et quand
les
elle s’étend à son point d’émergence de la protubérance. Elle ne participe point à l’influence que ce nerf éprouve par l’intermédiaire des pyramides , laquelle se montre toujours du côté opposé à la lésion cérébrale, parce qu’elle est limitée aux fibres nerveuses qui viennent de la grande racine du trifacial qui provient du bulbe rachidien.
Mode d’action 892. Le fait quc nous venons de rapporter et les considé-
médmreVpoL rations qu’il nous a conduit à présenter montrent comment
la production de • ^ i i j x* J a. ^ 1 f a.
leurs symptô- agisSCnt, dans la production des symptômes qu ils determinent, les foyers intermédiaires dans les hémisphères cérébraux. La lésion des fonctions nerveuses est toujours du côté opposé à la lésion cérébrale dans tous les nerfs qui viennent des pyramides ou des cordons infra-pyramidaux et dans tous les nerfs qui viennent des faisceaux innominés ou des corps restiformes , quand la lésion frappant sur les fibres qui viennent des pyramides est introduite par l’intermédiaire de ces fibres (886). La lésion se montre en même temps du même côté que l’affection cérébrale dans tous les nerfs qui viennent des faisceaux innominés et qui naissent, par conséquent, au-dessus des pyramides, si la maladie s’étend jusqu’à l’origine de ces nerfs ou si elle affecte les fibres qui proviennent des faisceau:^ innominés. Ces nerfs n’appartiennent qu’à la face et aux organes qui y sont situés.
Exemple d'une 8û3. L’hémipléde faciale, c’est-à-dire la paralysie ou
Lemiplegie la- , , . . . ^ ^ ^
ciale occupantle 1 anesthésie limitée à une moitié de la face et affectant à des
même côté que ^
la iésiou cére-- degres variables les muscles de cette région et ceux des organes qui y sont situés , y compris les muscles moteurs de la langue et les surfaces sensibles de ces régions, se montre
DES A.POPLEXIES.
quelquefois dans l’apoplexie, seule et indépendante de paralysie ou d’anesthésie sur les parties situées au-dessous du cou*^ cette hémiplégie a son siège du même côté que la lésion ce-rébrale , elle appartient aux épanchements périphériques du cerveau ; l’observation suivante en offre un exemple.
Une femme hydropique, âgée de 55 ans, avait une hypertrophie de cœur très avancée; elle était depuis trois mois affectée d’une hémiplégie qui portait à un haut degré sur le bras droit , et très faiblement sur la jambe du même côté. Cette femme fut prise d’un étourdissement subit qui ne dura que quelques instants , mais qui laissa dans l’articU"” lation des mots de la gêne qui alla en augmentant pendant la journée et la nuit- suivante. Le lendemain elle avait de la difficulté à rendre ses idées ; elle cherchait les mots et confondait une expression avec une autre , ou les employait avec une signification qu’elles n’avaient pas. Cet état durait depuis trois jours quand nous vîmes la malade. La langue sortait facilement de la bouche en s’inclinant du côté gauche; la commissure droite des lèvres était tirée en dehors et les muscles de la moitié gauche de la face n’agis» saient plus ; la sensibilité des téguments de la face était perdue sur toute sa moitié gauche. Les membres gauches avaient leur sensibilité et conservaient toute l’énergie de leurs mouvements. Cette femme répondait lentement et difficilement aux questions ; elle faisait un effort pénible pour chercher les mots , et ses réponses restaient souvent incomplètes parce qu’elle ne trouvait pas l’expression. Elle substituait un mot à un autre , ainsi le mot nuit au mot joür^ Elle ne pouvait plus lire; elle voyait bien les lettres, mais elle avait oublié leur signification phonique. Elle avait oublié son âge. Cet état dura sans se modifier pendant huit jours. La malade tomba progressivement dans l’affaissement. Les mouvements du cœur devinrent déplus en plus irréguliers et faibles, et elle mourut douze jours après l’invasion des accidents cérébraux. A l’ouverture de i. 34
5rr
DES HÉMOURHAGÎES INTERSTITIELLES.
son cadavre, nous reconnûmes un épanchement de sang qui provenait des rameaux de la branche postérieure de la cérébrale moyenne gauche. Cet épanchement s’était formé dans la trame de la pie-mère , il avait lacéré la surface de la circonvolution supérieure et postérieure du lobe moyen gauche et de la circonvolution antérieure et supérieure du lobe postérieur gauche jusqu’à cinq à six lignes de profondeur. Le caillot avait environ un pouce et demi à deux pouces de diamètre ; il était très irrégulier sur ses limites et se trouvait comme incrusté dans la substance cérébrale. Le tissu du cerveau était mou, désorganisé et d’une couleur jaune érugineuse, jusqu’à quatre à cinq lignes de distance autour et au-dessous de ce caillot. Plus profondément du même côté, entre le corps strié et la couche optique , au centre du lobe moyen gauche, se trouvait un kyste solide à parois jaunâtres, adhérant solidement au tissu cérébral environnant. Ce kyste eût pu .contenir une petite châtaigne; sa cavité était traversée par des brides solides cellulofibreuses; elle contenait quelques gouttes de sérosité. Il n’y avait pas la plus légère trace de maladie dans.le tissu cérébral environnant. L’hémisphère cérébral droit , examiné avec la plus grande attention dans toutes ses parties , ne présentait aucun vestige d’altération morbide. Les artères cérébrales et surtout l’artère cérébrale moyenne gauche étaient incrustées de plaques cartilagineuses et calcaires. Le ventricule gauche du cœur était dilaté et hypertrophié. La valvule mitrale était très indurée ainsi que le pourtour de rorihce auriculo-veotriculaire gauche du cœur, qui était réduit à un diamètre de neuf lignes.
L’hémiplégie droite qui durait depuis trois mois était le résultat de l’épanchement qui s’était accompli dans le centre de l’hémisphère gauche et dont le kyste était la dernière trace (816). Les symptômes avaient été ceux des hémorrhagies centrales d’un hémisphère (876). L’attaque récente se rapportait à l’hémorrhagie superficielle qui avait
DES APOPLEXIES, BS L
lacéré la surface des circonvolutions supérieures du lobe moyen et du lobe postérieur de l’hémisphère gauche. Les principaux symptômes de cet épanchement portèrent sur les facultés intellectuelles 5 puisque cette femme avait oublié les mots de la langue , la signification phonique des lettres et jusqu’à son âge(759). Il y avait de plus anesthésie de la moitié gauche de la face et paralysie des muscles de cette même région. Les muscles moteurs de la langue du côlé gauche étaient aussi paralysés (719). Ainsi l’hémorrhagie périphérique avait déterminé, outre l’anamnésie, la suspension d’action du nerf de la cinquième paire dans Ses deux branches supérieures, du nerf de la septième paire et du nerf hypoglosse du même côté de l’épanchement. C’était nécessairement par son influence sur les fibres du faisceau innommé du côté gauche que l’épanchement de sang avait agi sur ces cordons nerveux.
894. Les hémorrhagies périphériques du cerveau ainsi limitées sont assez rares*, c’est sans doute là le motif pour lequel on n’a pas jusqu’à présent aperçu qu’elles ne produisent pas des effets croisés comme celles qui ont leur siège dans le centre des hémisphères.- On l’aurait reconnu , sîl’on eût bien analysé un grand nombre d’observations qui ont été publiées comme des exemples d’hémiplégies opposées par leur siège à l’épanchement. Dans plusieurs de ces observations on a noté , sans en apprécier les conséquences , la déviation de la langue sortie de la bouche se jetant du côté opposé à l’hémiplégie , ce qui ne peut se faire que par une paralysie des muscles moteurs de cet organe du côté opposé à la paralysie des membres (719), et par conséquent occupant le même côté que l’épanchement unique trouvé dans ces cas. Tels sont encore les faits dans lesquels on a signalé une hémiplégie et un seul foyer hémorrhagique cérébral, avec l’impossibilité de sortir la langue de la bouche , ce qui ne peut arriver que par une paralysie qui porte à la fois sur les deux; nerfs hypoglosses.
Motif pour lequel on n’a pas dislingué les effets des hémorrhagies cérébrales périphériques.
DES HÉMOERHAGIES INTERSTITIELLES.
tes effets im- 8û 5. Les foyers hémoiThaffiques dans le Centre d’uH hémimédiats des hé. 7 ff ^ : f , ,
morrhagies péri- SphèrC cérébral et les fcj^ers intermédiaires sont toujours
pliériques a i?
sont pas con- SUIVIS de symptomes d anesthesie ou de paralysie, il n en
stants comme
ceux des autres 6St
cérébrales. produire que des symptômes de trouble des facultés intellectuelles principalement caractérisés par Fanamnésie % ou bien ils peuvent produire des accidents convulsifs qu’on n’est point habitué à rapporter à l’hémorrhagie cérébrale. Nous avons publié ailleurs une observation recueillie sur un homme qui n’avait que de courts accès épileptiformes qui commençaient par un étourdissement avec impossibilité de se tenir debout , après lequel il perdait connaissance et avait quelques mouvements convulsifs. Il ne présentait aucune apparence de paralysie ou d’anesthésie , ni même de trouble des facultés intellectuelles. Ces accidents , qui se reproduisirent pendant plus de trois mois, étaient dus à un foyer hémorrhagique situé à la partie antérieure , supérieure et interne du lobe postérieur, et à la partie supérieure et ^ postérieure du lobe moyen de l’hémisphère gauche; ce
foyer avait un pouce et demi de longueur et descendait à deux pouces de profondeur dans la grande scissure , le Ion g de la faux cérébrale; il était dans le réseau celluleux de la pie-mère, et pénétrait à quatre ou cinq lignes dans la substance cérébrale ^. Il faut encore multiplier les observations sur les hémorrhagies cérébrales périphériques; on arrivera probablement ainsi à rencontrer les conditions dans lesquelles la maladie reste latente , ou produit des phénomènes convulsifs ou seulement des lésions des facultés intellectuelles. Mais lorsque ces hémorrhagies sont suivies de paralysie et d’anesthésie , les symptômes ont avec le siège de la maladie les rapports que nous avons déterminés (89 3).
pas de même des foyers périphériques. Ils peuvent ne
* J. Abercrombie , des Maladies de VencéphalCj etc. édit, de la traduction , p. 390, obs. cxxvïi. Paris, iSS5.
^ Voyez la note de la page 290 de la deuxième édition de notre traduction ci îée dans la note précédente.
DES APOPLEXIES
Sgô.Résumaiit les résultats des faits que nous avons re^ Résumé gêné cueillis, tant sur les épanchements de sang dans le cerveau , des épanche-
1 nr» . 1 T 1 r f uients de sang
que sur les aiîections dune autre nature de la pulpe cere- dans le cerveau braie qui conduisent rigoureusement aux mêmes consé- tomes apoplec-
V • n* • a ll<JU6S*
quences , nous arrivons a établir les corollaires suivants : ï® Les épanchements dans Taxe des hémisphères cérébraux , depuis les pédoncules jusqu’au centre du lobe antérieur, produisent l’hémiplégie et l’anesthésie du côté opposé du corps par l’intermédiaire des pyramides et à cause de leur décussation (876, 878, 888).
2® Les mêmes symptômes peuvent être unis aux symptômes qui se lient à la suspension d’action des nerfs qui naissent des cordons innommés et des corps restiformes^ cette suspension d’action arrive aussi par l’intermédiaire de la pyramide et s’exprime également vers le côté opposé (880, 885). ^
5"" Les épanchements de sang dans l’axe d’un hémisphère cérébral , s’ils s’élèvent dans la portion supérieure du prolongement des faisceaux pédonculaires , affectent les corps innommés au-dessus de la protubérance annulaire, il en résulte des symptômes d’anesthésie et de paralysie aux yeux, à la face et à la langue du côté de l’épanchement, coïncidant avec l’hémiplégie du côté opposé^ la maladie intéresse à la fois les fibres qui proviennent de la pyramide et celles qui naissent du faisceau innommé (889).
4° L’épanchement de sang dans le pédoncule cérébral produit la suspension directe de l’action des nerfs qui en naissent, en même temps qu’il détermine des phénomènes de paralysie et d’anesthésie du côté opposé par l’intermédiaire de la pyramide (888, 892).
5° La production du foyer hémorrhagique s’étendant dans la pie-mère , à la surface du cerveau , peut y atteindre des nerfs à leur point d’émergence -, il en résulte une lésion des fonctions de ces nerfs qui se manifeste du même côté que l’épanchement.
354 HEMOKRKAGIES INTERSTITIELLES.
6® L’hémiplégie limitée à la face , et surtout aux muscles moteurs de la langue appartient à la lésion périphérique des fibres d’épanouissement des cordons innommés dans les circonvolutions ; elle occupe le même côté que le foyer cérébral (8g3). Il est très rare qu’elle ne soit pas jointe à une lésion notable des facultés intellectuelles.
7® La transition de l’épanchement de l’axe d’un hémisphère à l’épanchement périphérique J laquelle constitue répanchement intermédiaire (892) ^ présente toujours à la fois des symptômes des deux côtés; c’est la forme ordinaire des accidents que produisent les hémorrhagies qui circonscrivent les corps striés et qui s’élèvent à leur surface en les contournant.
8^ Le trouble des fonctions de l’intelligence est d’autant plus marqué que la maladie a un siège plus éloigné de la protubérance annulaire, et se rapproche davantage des circonvolutions cérébrales.
9® La paralysie et l’anesthésie ne se manifestent pas dans toutes les hémorrhagies cérébrales périphériques; ces hémorrhagies ne produisent quelquefois que des symptômes épileptiformes, et d’autres fois seulement la lésion des facultés intellectuelles (895).
^97- mésocéphale, à cause des différents faisceaux mésocéphah- nervcux Qui entrent dans sa structure et qui se rendent au >3rnpiôm€6. cerveau , au cervelet, au bulbe et au prolongement rachidien, serait la portion de l’encéphale dans laquelle on saisirait avec le plus de facilité les effets immédiats des foyers hémorrhagiques, s’ils pouvaient s’y accomplir dans des espaces circonscrits qui permissent de saisir leurs rapports avec les plans et les faisceaux fibreux de cet organe. Mais le volume ^peu considérable du mésocéphale et la disposition des vaisseaux volumineux qui l’entourent font que les hémorrhagies qui y surviennent produisent toujours des foyers relativement considérables qui en compromettent presque toute l’épaisseur et même débordent souvent dans
DES APOPLEXIES
les pédoncules cérébraux et dans le quatrième ventricule (796). Toutes les fibres nerveuses superposées dans cette partie se trouvent ainsi plus ou moins directement lésées , et la continuité s’interrompt entre le cerveau et le bulbe rachidien ^ aussi Thémorrhagie mésocéphalique est-elle le plus ordinairement suivie d’une mort rapide. Pendant le peu de temps qui sépare l’invasion du mal de sa terminaison , ses phénomènes les plus tranchés sont le coma avec la paralysie et l’anesthésie générales. On ne peut pas les considérer comme n’appartenant qu’à l’apoplexie de la protubérance, car ils se montrent aussi dans des apoplexies foudroyantes dans lesquelles la maladie ne compromet pas le mésocéphale. Il paraît cependant que, lorsque la protubérance est ainsi profondément désorganisée, la paralysie du rectum , de la vessie et des sphincters de l’anus se montre toujours, tandis qu’elle est loin d’être constante dans les hémorrhagies cérébrales même les plus étendues.
Nous n’avons point d’observation qui nous permette de déterminer les symptômes que produirait’ un très petit épanchement de sang dans le mésocéphale. Ces symptômes seraient nécessairement difierents d’intensité et d’étendue , selon que le foyer serait avec dilacération ou seulement avec écartement des fibres; ils auraient un. siège diftérent, selon le plan de fibres dans lequel il serait situé. S’il portait sur le plan latéral des fibres qui viennent des pyramides, la paralysie et l’anesthésie se montreraient du côté opposé du corps; s’il portait sitr le plan latéral des faisceaux innommés, ces symptômes seraient du même côté que l’é panchement et se rapporteraient spécialement aux nerfs de la face et des muscles moteurs de la langue; si Tépanchement était au centre de l’un ou de l’autre plan, on aurait dans un cas un effet double sur les nerfs des membres , et dans l’autre un effet double sur les nerfs qui proviennent des faisceaux innommés. Il est permis de supposer que les acuités intellectuelles ne seraient lésées dans aucun cas.
boù
BES liEMOKRHAGIES IISTERSTITIELLES,
iusufflsdnce des observations recueillies sur les apoplexies du •eervelcL
Symptômes des épanchements de sang dans le centre du cervelet.
Rapport des lésions hémorrhagi<iues latérales du cervelet aux symptômes de paralysie et d’anesthésie.
898. Il existe dans le domaine de l’art un assez grand nombre d’observations sur des apoplexies du cervelet^ presque toutes ne peuvent être d'aucune utilité pour la question qui nous occupe -, elles méritent encore moins de confiance que la plupart de celles qui ont été publiées sur les épanchements de sang dans le cerveau (870).
899. Les épanchements de sang dans le centre du cervelet sont presque toujours la cause d’apoplexies foudroyantes qui se terminent rapidement par la mort (797). Nous ne connaissons pas de signées particuliers à cette apoplexie foudroyante. On a rapporté des faits en petit nombre sur des épanchements de sang dans le lobe médian du cervelet qui n’auraient déterminé qu’une hémiplégie; ils manquent de détails suffisants pour conduire à des conséquences précises.
900. Les épanchements de sang dans le centre del’undes hémisphères cérébelleux déterminent des phénomènes de paralysie et d’anesthésie. La paralysie paraît avoir toujours été le symptôme le plus prononcé, tandis que l’anesthésie est restée incomplète. Dans le plus grand nombré des cas, ces apoplexies ont été très promptement mortelles; les malades n’y ont survécu que quand le foyer hémorrhagique avait été peu considérable. La résorption de l’épanchement et la conversion du foyer, soit en un kyste, soit en une. cicatrice cellulo-fibreuse , a alors été observée avec toutes les conditions qui se rapportent à ses 'dijBférentes périodes^ (816 etsqq.).
Le siège de la paralysie et de l’anesthésie dans le plus grand nombre des cas a été dans les membres et la moitié du corps du côté opposé à l’hémisphère cérébelleux affecté ; dans quelques faits ^ , la paralysie se serait montrée
* On peut étudier les divers modes de ces cicatrisations cérébelleuses dans Tobs, cxvi d’Abercrombie {Maladies de l'encéphale et de la moelle épinière^ trad. 2® édit., p. 342), et dans Tobs. xxv de l’ouvrage du docteur Rochoux {Recherches sur VapoplexiCy 2® édit., p. 75).
* M. Rgeboux a rassemblé les principaux de ces faits clans son ouvrage cité • la note précédente.
DES ÀPOPLEXIIS. 537
du même côté que l’épanchement cérébelleux. Ces résultats opposés (le l’observation s’expliqueraient si en les recueillant Ton eût déterminé exactement le siège immédiat de la maladie dans le cervelet. La connexion de cet organe par ses pédoncules supérieurs avec les hémisphères cérébraux et par les cordons restiformes avec le centre nerveux qui se trouve au bulbe rachidien à la décussation des pyramides 5 recèle probablement le noeud de cette difficulté.
Le hasard ne nous a pas mis dans le cas de recueillir . avec une suffisante attention des observations de cette nature. Il serait important de détïerminer le siège de l’épanchement relativement aux trois faisceaux de fibres qui entrent dans chaque hémisphère cérébelleux, relativement au corps rhomboïdal et relativement aux lamelles excentriques du cervelet. Il faudrait distingi:ær ces lamelles en celles qui suivent un arc continu sur la" convexité du cer- * velet et en celles qui ne dépassent pas les limites d’un lobe.
Un fait recueilli par M. Tavernier ferait présumer que si le foyer hémorrhagique a son siège à la surface du cervelet entre ses lames, la paralysie se montre du même côté que ?
l’épanchement \
901. La double hémorrhagie cérébelleuse déterminant de ré en même temps un épanchement dans chaque moitié du sa^gul^n^^^Tans cervelet, est presque toujours immédiatement suivie de la cervekt.^^^^ mort (797).
902. 'La manifestation del’apoplexie cérébelleuse chez des sujets qui ont été frappés peu de jours auparavant ou qui viennent d’être frappés d’apoplexie cérébrale, jette immé- ^^btiieuses^^ diatement le malade dans le coma et le fait périr rapidement^. La même chose arrive quand les deux hémorrhagies
se succèdent dans un ordre inverse. L’apoplexie cérébelleuse coïncide fréquemment avec la congestion sanguine
‘ Quelques cousidératioiis sur ramnésie , Dissert, inaugurale, Paris , juillet 1825.
“ Morgagni, EpisU cmat, med* de sed, et cau§,mQrb, etc. EpisU iiart,. 22,
DES HEMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
cérébrale^ il j sl deux motifs alors pour que le malade soit immédiatement jeté dans tous les accidents de l’apoplexie foudroyante (848).
popK^qi^rquî 9^3 . Dans tous les faits d’hémorrhagie limitée au cervelet
observés^^"" dans ^ entraîné les accidents mortels de l’apoplexie glL c^rTheUeuI foudroyautc , on n’a pas signalé de dérangement des facultés intellectuelles ^ ni de paralysie des muscles de la tête et de la face 5 ou des muscles intrinsèques et extrinsèques de la langue; on n’a point aussi noté d’anesthésie faciale. Dans toutes ces observations 5 l’on a insisté sur cette circonstance que l’anesthésie et la paralysie latérales ont été prononcées autant et souvent davantage sur le membre inférieur que sur le membre supérieur. Ce sont là de grandes différences entre les hémorrhagies cérébelleuses et les hémorrhagies des hémisphères cérébraux.
On ne tr^ouve Qoi. Lcs raDDOîts du ccrvelct avec les organes génitaux
pas de rapports ^ ‘ x x ou
dans réiat mor- poudération des mouvements du corps et des veiet et les or- membres dans la locomotion ont été déterminés d’après
ganes génitaux ^
et la pondéra- (Jes înductious à vrioH ^ qui n’ont pas été iustifiéés par les
lion des mouve- x 7 i jt j r
ments. fajts pathologiques. Nous ne tenons aucun compte de quel-
ques observations cliniques qui ont été publiées sur la réalité de ces rapports.
Il n’existe pas oo5. Nous ne conuaissons pas d’observation sur des hé-
de fait cliniqu;e ^
propre à faire moiThagies Limitées au bulbe rachidien . nous ne connais-
connaître les ef-
fets d’nne hé- soiis que dcs fcûts SUT des épanchements de sang qui ont agi le bulbe racbi- à la fois SUT cct orgaoc et sur la moelle de l’épine (800, 908).
Il est probable qu’en se rappelant l’organisation du bulbe et les résultats de l’observation sur les hémorrhagies de la protubérance (897 ), il serait souvent possible d’arriver, par une analyse des phénomènes qui se produiraient, à reconnaître le siège de l’hémorrhagie.
On ne peut é- QoS. Il est asscz facüe dans l’état actuel de la science de
tablir que d’une ^ ^ a r • r
manière géiié- déterminer par des faits les symptômes spéciaux des hemor-
rale le rapport ' . . ^ ^ ^ i r •
des symptômes rhapies l'achldiennes , seulement à cause du peu de preci-
aux hémorrha- ^ i i i • ’ i i r •
gies rachidien- siou qui se ti'ouve daiis les descriptions des lestons qui se
nés.
DES APOPLEXIES
rattachent à ces hémorrhagies (80 1), l’on est forcé de rapporter sans distinction les symptômes aux épanchements qui peuvent survenir dans le tissu de la moelle de l’épine' ou entre les membranes qui forment le fourreau rachidien , ou même en dehors de ces membranes , entre le canal vertébral et la dure-mère. ,
907 . Les symptômes des hémorrhagies rachidiennes con- symptômes des sistent d’abord dans une douleur dans un point de l’épine rachTdknnes. correspondant au siège de l’épanchement. Cette douleur est immédiatement suivie d’une paralysie des membres qui commence presque toujours par les deux membres inférieurs , et qui s’étend rapidement au tronc. La sensibilité se perd en même temps ^ tantôt des parties inférieures du corps vers les supérieures, tantôt dans l’ordre contraire.
L’excrétion des fèces et des urines est suspendue , mais les sphincters se relâchent ensuite et les liquides injectés par l’anus sortent immédiatement, et les urines accumulées dans la vessie sortent en partie par regorgement. La muqueuse du rectum et celle de la vessie partagent l’anesthésie des téguments externes, car il y a absence du besoin d’excrétion, et les malades sont insensibles au contact des instruments qu’on porte dans ces organes.
L’extension de la paralysie et de l’anesthésie des extré-* mités à toutes les parties du corps s’accomplit presque toujours rapidement. Le malade n’a bientôt plus de sensibles que les téguments de la face , et de libres que les mouvements qu’accomplissent les muscles de cette région et ceux de la déglutition et de la plioiiatloii. Les mouvements de la langue sont conservés-, mais ceux du cou qui ne sont pas lésés dans toutes les apoplexies cérébrales sont suspendus.
Jamais les facultés intellectuelles ne présentent le moindre dérangement, il n’y a jamais d’altération dans les fonctions des organes spéciaux des sens. Tous les symptômes de cette apoplexie se rapportent à la suspension de ractioii des cordons nerveux infra-pyramidaux.
540 DES liÉBIOKIl MAGIES IJNTEMSTITÎELLES,
Rapport des 9080 II y a nécessairement un rapport immédiat entre le ies"’îésk!ns ^hé- siège ct l’étenduc de l’épanchement dans le rachis et lé siège rrîwdfennes^^^ et l’étendue de la paralysie et de l’anesthésie. Il est certain que c’est sur toutes les parties qui reçoivent des nerfs qui naissent au-dessous de la lésion rachidienne que la myotilité et la sensibilité se suspendent. Quant à la distinction des symptômes qui constitueraient soit l’anesthésie, soit la paralysie , selon que la lésion porterai t sur les cordons postérieurs ou antérieurs de la moelle, elle ne mérite pas la moindre confiance. Elle suppose d’abord une limitation de l’influence du foyer hémorrhagique qui ne peut se réaliser que très difficilement 3 elle a été ensuite conçue d’après des expériences sur des animaux mal instituées et dont les résultats sont en tous points contestables. Si l’épanchement ne compromet qu’une moitié de la moelle épinière, la paralysie et l’anesthésie se montrent toujours du même côté. Cette forme d’apoplexie rachidienne est peut-être la seule qui soit compatible avec une certaine durée de la vie. Le fait suivant prouve qu’elle est susceptible de guérison par la formation d’une cicatrice qui arrive de la même manière . que celle qui se produit après les épanchements cérébraux.
« Un étudiant en médecine , âgé de 36 ans , fut pris le
10 décembre d’une douleur vive à la nuque, au niveau des troisième et quatrième vertèbres cervicales. En trois ou quatre jours, cette douleur s’étendit aux extrémités supérieures et inférieures qui. furent successivement paralysées.
11 y avait paralysie complète du tronc, de la vessie et du rectum,' l’abdomen était tendu, météorisé*, l’uriné ne pouvait être extraite qu’à l’aide du cathéter 3 le malade se plaignait d’un peu de céphalalgie. Le janvier M. Duméril reconnut l’état suivant, qui se maintint sans aucun changement jusqu’à la mort. Le malade était immobile étendu sur son lit-, la tête inclinée vers l’épaule droite ne pouvait être dérangée sans douleur de cette position. Le vi-
' sage était calme et le pouls régulier, quoique assez fort3 il
DES APOPLEXIES. 54 î.
nV avait pas de ceplialaloîe ,1a respiration et les autres fonctions des viscères se faisaient bien. Il y avait des douleurs très vives dans le bras droit, principalement dans l’articulation de l’épaule ; ce bras présentait , depuis quelques jours seulement, quelques contractions musculaires extrêmement bornées; tout le reste du corps, y compris l’extrémité supérieure gauche , était complètement privé de mouvement et de sensibilité. La pression é(ait douloureuse dans la région du cou, au niveau des troisième et quatrième vertèbres. La chaleur était égale partout; l’excrétion des urines était involontaire, celle des fèces l’était aussi lorsqu’on parvenait à la provoquer à l’aide des lavements, malgré une opiniâtre constipation. Le malade accomplissait complètement toutes ses fonctions cérébrales et ne paraissait susceptible que d’impressions gaies. 11 resta dans le même état jusque vers le milieu de janvier; alors il maigrit et s’affaiblit sensiblement sans concevoir d’inquiétude sur l’issue de sa maladie. D’énormes escarrhes détachées du sacrum avaient àé-r nudé cet os et répandaient une odeur fétide. L’appétit disparut. Le 17 il y eut un vomissement abondant de sang noirâtre. Le 18 la mort arriva après quarante jours de maladie. Quatre â cinq ans auparavant , cet homme avait eu une première atteinte d’une pareille affection ; il avait été pris d’une, vive douleur au cou, à la suite de laquelle il avait eu de la gêne dans les mouvements du bras et de la jambe gauches. Il fut guéri complètement en trois mois, et toute 0:ace d’incommodité avait complètement disparu. A la dissection du cadavre on reconnut au travers de la piemère , après avoir ouvert le fourreau rachidien , au niveau de l’origine des quatrième, cinquième et sixième paires cervicales du côté gauche, une tumeur violâtre du volume d’une grosse amande. Les faisceaux postérieurs de la moitié gauche de la moelle étaient â ce niveau pénétrés de sang, légèrement soulevés, dissociés et non déchirés. Le foyer sanguin se prolongeait en dehors entre les racines
542 DKS HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
antérieures et les racines postérieures des paires cervicales indiquées; il les soulevait, les écartait et leur donnait une teinte violacée , mais il n’avait point altéré leur continuité. Vu antérieurement, le foyer apoplectique présentait une saillie bien plus considérable que postérieurement ; il ne dépassait cependant pas aussi la ligne médiane qui était déjetée à droite. Le sang semblait être à nu sur la piemère ; il n’y avait pas se iilement dissociation des fibres des faisceaux antérieurs, il y avait déchirure, disparition de ces fibres, et les filets des racines antérieures des nerfs teints de sang paraissaient réduits à leur névrilemme. La moelle étant fendue en arrière dans toute sa longueur, on reconnut que la substance grise avait été remplacée par du sang concret , qui occupait toute la longueur du cordon rachidien depuis le collet du bulbe d’origine jusqu’au bulbe de terminaison; en sorte que la moelle épinière tout entière était convertie en un canal plein de sang. G’était au dessus et au dessous du foyer apoplectique que la quantité de sang épanché était le plus considérable ; elle allait en diminuant à partir du foyer jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle. Ce sang offrait tous les caractères d’un épanchement récent , mais les parois du canal dans lequel il était contenu présentaient une couleur jaune serin, indice non équivoque d’un épanchement ancien. Quant au foyer apoplectique , il était extrêmement compacte , formé d’une trame ceilulo-fibreuse très dense, d’une couleur où se mêlaient, avec des nuances diverses, le jaune orangé et le brun marron ; les mailles de cette trame étaient remplies par du sang concret très noir. L’estomac et les intestins étaient tapissés dans toute leur étendue par du sang noir morcelé, décomposé, au-dessous duquel on trouvait les parois dans un état complet d’intégrité , soit pour la couleur, soit pour la consistance. Les autres organes étaient sains L »
^ Cruveilbier, Jnat, path, du corps humainjiii^ livraison; et /ewrw. génér, de médecine, avril 1829, t. cix, p, 437.
i)ES APOPLEXIES. 545
La première attaque de paraplexie de cet homme avait consisté dans une douleur dans le cou et de la gêne dans les mouvements du bras et de la jambe gauches; l’ouverture du cadavre a montré l’existence d’un ancien foyer apoplectique cicatrisé à l’origine des quatrième , cinquième et sixième paires cervicales gauches. La douleur a répondu à la région de la moelle où s’accomplissait l’hémorrhagie ; la paralysie était du même côté que la lésion qui n’intéressait qu’une moitié de la moelle. Dans la dernière attaque les accidents ont encore débuté par la même région du cou où une vive douleur s'est encore fait sentir. La paralysie a compromis les mouvements des muscles du cou à un plus haut degré à gauche, puisque la tête était maintenue inclinée à droite. Les progrès de la maladie continuant, la paralysie devint bientôt générale. L’hémorrhagie avait commencé encore au cou et plus à gauche qu’à droite; mais le sang extravasé s’était insinué au centre de la moelle, y avait creusé un canal qu’il remplissait et qui occupait toute la longueur du prolongement rachidien. A mesure que la lésion morbide a ainsi augmenté d’étendue, la paralysie a gagné toutes les parties du corps; mais la face , les organes qui reçoivent leurs nerfs du bulbe rachidien, des faisceaux innominés et des cordons restiformes, sont seuls restés exempts de paralysie..
909. Les résultats auxquels nous sommesaiTivés,par l’analyse des phénomènes apoplectiques et la connaissance des lésions morbides, differënt beaucoup de ceux de nos prédécesseurs. Frappés des différences que présentent ces maladies, sous le rapport de l’étendue relative de l’anesthésie et de la paralysie, ou de l’extension progressive de ces deux lésions de l’action nerveuse , tantôt des membres thoraciques au tronc et aux membres^inférieurs , tantôt dans le sens contraire, plusieurs médecins ont voulu rapporter ces diverses circonstances au siège spécial de l’épanchement dans certaines parties de l’axe des hémisphè-
Motifs déduits de i’anatomie des parties saines et malades pour rejeter les rapports imaginés entre certaines circonstances des hénior rha giesencépha^ liques et certains symptômes.
544 HÉMOERHAGIES îlXTERSTITIELLES.
res, dans le corps strié, dans la couche optique, dans le pédoncule cérébral, comme s’il était possible de déterminer quels sont exactement les divers faisceaux fibreux affectés dans ces foyers apoplectiques. L’étendue toujours assez grande de ces foyers, relativement aux faisceaux nerveux compromis , la réunion des fibres de ces faisceaux en un tout homogène ne permettront jamais d’arriver à une aussi grande précision. La distinction des fibres nerveuses destinées à la sensibilité de celles qui seraient affectées à la ‘ myolilité expliquerait aisément les différences d’intensité et d’étendue de l’anesthésie et de la paralysie; mais d’abord cette distinction est loin d’être démontrée, et, le fut-elle, elle ne serait applicable qu’aux lésions rachidiennes. Il n’est pas douteux maintenant qu’une grande partie des cordons postérieurs de la moelle concourt avec les cordons antérieurs à la décussation pyramidale, et par conséquent à produire les faisceaux pyramidaux. Il est aussi incontestable que la décussation se fait à la fois d’un côté à l’autre et d’arrière en avant; on n’a donc plus même le moyen ‘ de suivre dans le cerveau les fibres postérieures séparées des antérieures, elles sont confondues dans le plan fibreux inférieur de la protubérance. *
L’étude directe des faits justifie toutes les conséquences qui découlent de ces considérations sur la structure de l’axe cérébro-rachidien. On peut accumuler des observations sur des épanchements dans les mêmes points de cet axe présentant toutes les formes d’accidents que constituent les variations relatives de siège, d’étendue et d’importance de l’anesthésie et de la paralysie , de même qu’on peut montrer par des faits la paralysie et l’anesthésie des mêmes parties correspondant à des foyers variables par leur grandeur et par leur siège dans l’axe des hémisphères. On ne peut cependant nier qu’il n’y ait nécessairement des causes naturelles de ces diverses circonstances , mais il est douteux qu’on puisse ja-
mais apporter dans l’appréciation des conditions des désor--
DES APOPLEXIES* 545
Jres morbides une précision suffisante pour les déterminer.
Les objections qui viennent d’être déduites de l’anatomie de l’axe cérébro-spinal et celles qui résultent des faits cliniques ont bien plus de force encore pour faire rejeter les rapports qu’on a imaginé d’établir entre des lésions encéphaliques circonscrites et certains symptômes de paralysie et d’anesthésie locales , aussi mal définis que la lésion locale est elle-même mal précisée telle serait la production de la paralysie de lalangue par l’hémorrhagie du lobule ^ celle des membres inférieurs par les épanchements dans les corps striés, celle du bras par l’extravasation du sang dans la couche optique , etc. L’observation , d’accord avec l’anatomie , montre que les faisceaux fibreux de l’axe encéphalique , desquels naissent ou avec lesquels se continuent les cordons innominés, restiformes et rachidiens, et par suite les racines des nerfs , n’appartiennent pas à une seule région du cerveau et sont nécessairement influencés par des lésions de différentes parties. C’est pourquoi l’hémiplégie , la paralysie des muscles moteurs de la langue , l’anesthésie des téguments de la face, l’anesthésie et la paralysie pharyngiennes et la-^ ryngées , sont aussi bien déterminées par l’afiéction d’une pyramide que par la lésion d’un des plans fibreux du méso céphale, que par une altération dans un pédoncule cérébral, que par un foyer dans une couche optique ou dans le corps strié ou dans le centre d’un lobe cérébral.
Art. IV, Etiologie des apoplexies,
ûio. Les causes qui peuvent concourir plus ou moins im- Division
1 • 1? 1 • causes des
médiatement a produire 1 apoplexie sont plus nombreuses piexies. et aussi plus importantes à étudier que celles de toutes les autres hémorrhagies , parce que leur mode d’action ne peut se comprendre que par une appréciation exacte de leur nature et aussi parce que la plupart fournissent les principales indications sur lesquelles doit reposer la thérapeutique de ces maladies. Nous diviserons ces causes en a. 35
de%
apo»
Vue générale sur l'interprelatijm du mode d’action immédiate des causes des apoplexies.
546 DES HÉMORRHAGIES IIVTERSTITIELLES.
celles qui tirent leur origine de l’individu lui-même et en celles qui résultent des influences extérieures auxquelles il est soumis *5 nous présenterons, en parlant de chacune d’elles, une appréciation de leur mode d’action de manière à rapprocher des causes évidentes les causes prochaines de la maladie.
911. L’apoplexie consistant dans une hémorrhagie encéphalique qui peut exister à tous les degrés, depuis la simple congestion jusqu’à l’extravasation sanguine, c’est nécessairement en modifiant la circulation encéphalique qu’agissent toutes les causes, soit pour préparer, soit pour déterminer la production de cette maladie. Ce que nous avons dit des causes prochaines des hémorrhagies en général (120 et sqq.) s’applique à l’interprétation de ce mode d’action^ mais il faut y joindre la considération des conditions particulières qui résultent de la disposition toute spéciale de l’appareil vasculaire par rapport aux parties contenues dans la cavité céphalo-rachidienne et aux parois de cetle cavité (917). 11 faut surtout tenir compte, pour bien apprécier l’influence que l’appareil circulatoire exerce sur le cerveau , tant dans l’état physiologique que dans ses altérations morbides, de cette circonstance que les relations entre la circulation artérielle et la circulation veineuse sont dans des conditions differentes pour l’encéphale que pour les
autres parties du corps. Le crâne et le rachis sont exactement remplis par les parties contenues *, un fluide séreux comble jusqu’aux mo ndres lacunes des parties solides. Ce fluide séreux, en tant que produit d’exhalation, dépend nécessairement pour sa quantité de l’état de la circulation dans les capillaires des organes encéphaliques. La pression de l’air qui constitue la principale force antagoniste àl’action du cœur pour la circulation n’agit point immédiatement sur l’appareil vasculaire encéphalique à cause des parties incompressibles qui le protègent. D’un autre côté, les veines efférentes de l’encéphale, dès qu’elles ont un certain vo-
DES APOPLEXIES
lume, sont logées dans des canaux fibreux ou osseux qui les rendent incompressibles; enfin , la pression de l’air qui agit * sur toutes les parties molles extérieures, faisant refluer le sang par la circulation veineuse vers le centre, devient mé^ diatement un obstacle à la circulation efierente du cerveau et du rachis^. En suivant toutes les conséquences de ces • conditions, nous serions conduit à des considérations qui sembleraient spéculatives; mais elles perdent cette apparence quand on les rapproche des résultats de l’observation sur l’influence des causes connues de l’apoplexie. Leur application à la médecine pratiquerationnelle devient ainsi évidente.
S I. Des causes de l'apoplexie qui proviennent de l’individu»
viduelles,
912. Les causes individuelles de l’apoplexie se trouvent Division d'adans l’état physiologique ou dans des conditions patholo- des causes indt giquespropres.au malade. Ces causes sont presque toujours prédisposantes et ne deviennent occasionnelles que par leur . réunion , qui donne à la prédisposition une telle énergie qu’elle équivaut à une cause occasionnelle des plus efficaces; chacune d’elles agit d’ailleurs rarement d’une manière isolée.
918. Les causes individuelles physiologiques se rapportent a 1 âge , au sexe , au tempérament et a la constitution l’apoplexie, de l’individu, ou aux modifications habituelles ou accidentelles que peut chez lui présenter raccomplissemcnt des principales fonctions.
914* Hippocrate considérait l’apoplexie comme une ma- influence de ladie des vieillards; il indiquait l’âge de 40 à 60 ans comme duction des apo»
J. iexic s.
prédisposant à cette maladie^. Les observations faites depuis lui ont confirmé l’exaclitude de ses remarqaes; l’apo-
Causes siologiques
phy-
de
‘ Le docteur J. Abercrombie a , le premier, compris toute la valeur de circonstances {Des maladies de l'encéphale et de la moelle épinière^ traduit par A. N. Gendrin, 2®édi., p. 43î).
* Jph,, sect, m, aph. 31, et sect. vi, aph, 57.
piexie est rare avant 5o ans , et le petit nombre de cas qui a été recueilli ne comprend presque que des exemples d’apoplexie secondaire à des états morbides. De 3o à 5o ans, la maladie devient plus commune; mais au-delà de cet âge, elle est l’une des causes les plus fréquentes de la mort
Indépendamment des causes nombreuses, surtout de nature pathologique, qui sont certainement l’origine de beaucoup d’apoplexies des vieillards , les modifications que les progrès de l’âge apportent dans l’organisme concourent puissamment à produire l’apoplexie. La circulation se rétrécit et perd de son activité par la vieillesse. La circulation encéphalique qui se fait sous la seule influence de l’organe central delà circulation, continuée par la réaction des tuniques élastiques des artères (911). doit ressentir plus que toute autre portion de l’appareil circulatoire général les effets de la dégradation sénile. La facilité de la stase veineuse, si grande chez les vieillards, comme le prouvent les oedèmes des extrémités, les gonflements des veines, etc., est bien plus marquée encore dans l’encéphale où n’agit pas la pesanteur de l’air qui contribue si puissamment à la circulation centripète dans toutes les autres parties du corps (911). La pesanteur du sang, si favorable à la circulation de haut en bas dans les veines supérieures , est ici annulée par la pesanteur de l’air qui tend à prévenir plutôt qu’à favoriser la déplétion des veines cérébrales*^. Ainsi , chez les vieillards , aff aiblissement de la force d’impulsion cardiaque et artérielle, diminution consécutive de l’activité delà circulation veineuse cérébrale , nécessité de la réplétion complète des vaisseaux encéphaliques à cause de l’absence d’action de la pesanteur de l’air sur les organes encéphaliques, difficulté de la résorption des liquides séreux, exlia-
^ Rochoux, op, nV.^chap. iv, art. 2, p. 418*
^ Voyez le mémoire du docteur KeîHe de Leith, clans les Traits, of ^climb» med* society^ t, i.
DËS APOPLEXIES.
iation facile de ces liquides par le fait même de la stase sanguine, affaiblissement de la tonicité des vaisseaux, comme de tous les tissus, absence ou difficulté de l’exercice des organes locomoteurs si utile pour favoriser la circulation et prévenir les stases sanguines veineuses : voilà un ensembie de conditions très procliainement efficaces pour la production des congestions cérébrales, de l’augmentation de la quantité du fluide céphalo-rachidien et des ruptures vasculaires qui sont suivies d’hémorrhagie.
915. L’influence du sexe sur la production de l’apoplexie gexe^urirpron’est point connue. Nous n’avons aucune confiance dans d«cUon desapo-
les relevés statistiques dressés pour en donner la mesure sur des indications d’apoplexies contestables , qui comprennent nécessairement beaucoup de cérébrites apoplectiformes, et des résultats d’éphepsie et des formes d’hétérosarcose cérébrale*, d’autant plus qu’on n’y tient point compte des causes accessoires nombreuses auxquelles les differentes conditions de la vie soumettent plus fréquemment les hommes que les femmes h
g î 6. Une constitution pléthorique, un certain degré d’embonpoint, disposent évidemment aux hémorrhagies cérébrales^. La pratique de la médecine met dans le cas de reconnaître si souvent des prodromes apoplecfiques , des coups de sang, un état de pesanteur de tête voisin de •
la congestion cérébrale hémorrhagique, chez les sujets placés dans ces conditions* elle montre si fréquemment l’hémorrhagie encéphalique finissant par survenir dans ces circonstances , qu’il importe peu que cette maladie s’observe souvent aussi chez des individus d’une constitution
différente et qui présentent tous les caractères extérieurs attribués aux tempéraments nerveux et bilieux. Ad-
^ Rochodx, op, df.jCbap. iv, art. 2, p. 425.
Arétée avait assigné l’état d’embonpoint comme cause prédisposante de l’apoplexie : Pîngues enim natara, hitmidos ac desîdes, hoc morbo facile corripi {De causis morb, diut., p. 35). Boerhaave dit que ceux-là sont sujets à l’apoplexie, Quibus corpus valde crassum et pingue (Aph. 1010).
DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.
mettre la prédisposition à l’hémorrhagie cérébrale chèÉ les hommes dont la face est colorée, lé col court, la poitrine large, les battements du cœur vigoureux , l’abdomen ordinairement volumineux et à parois chargées de graisse; ce n’est ni exclure l’imminence de cette maladie par d’autres causes chez les sujets qui ont une constitution différente, ^ ni admettre que cette maladie ne survient chez les premiers
que comme effet d’une maladie du cœur dont on suppose gratuitement l’existence, c’est seulement consacrer un fait d’observation clinique.
^ Mode d action 9^7* grande quantité de vaisseaux sanguins qui se pour la pltducr trouvciit dans l’encéphale , la direction des grosses artères piexie. * supérieures qui continuent l’axe de l’aorte, la proximité de l’origine de ces grosses artères de l’origine commune des vaisseaux àsang rouge , le volume de ces gros vaisseaux qui, comme le remarque Haller, portent au cerveau du tiers à la moitié de la masse du sang qui roule dans l’aorte , montrent que l’encéphale se trouve, relativement aux autres parties du corps, pourvu d’une circulation plus active ; aussi l’action du cœur sur la circulation dans la tête est-elle plus prononcée que sur celle des autres parties du corps.
Toute augmentation dans l’activité de la circulation se fait sentir avec plus d’énergie vers le cerveau que vers toute autre partie, si ce n’est peut-être le poumon. C’est ce que justifie l’observation, car toute accélération temporaire de la circulation chez un sujet d’ailleurs bien portant se manifeste surtout vers la tête par des battements artériels plus marqués, par l’injection des capillaires, par la chaleur et la pesanteur à la tête ou même par la céphalalgie. Dans la pléthore c’est vers la tête que les symptômes se prononcent d’abord au plus haut degré ( 21 ); voilà pourquoi les sujets pléthoriques sont dans un état de véritable congestion encéphalique qui constitue la condition la plus immédiatement rapprochée de l’hyperaimie cérébrale apoplectique. Qu’on admette ensuite, ce qui arrive souvent en effet chez les
DES APOPLEXIES
sujets pléthoriques ou disposés à le devenir, qu’une cause accessoire vienne stimuler le système circulatoire encéphalique, ou produire quelque obstacle, même temporaire, à la circulation veineuse efférente du cerveau ou à la circulation dans les poumons (jt dans l’oreillette et le ventricule droit du coeur-, qu’une suppression d’hémorrhagie habituelle augmente subitement la quantité du sang (928) ; que les capillaires sanguins d’une partie du corps pâlissent sous l’influence d’une cause mécanique comme la compression (85, 7^3) , ou par un agent sédatif comme l’application du froid (938) , etc. : dans tous ces cas, la pléthore augmente et se prononce relativement davantage dans le cerveau-, la congestion en est la suite et l’apoplexie se manifeste.
918. L’accomplissement normal des fonctions digestives influence de
• fl* 1 1 ^ âotiüD des or
exerce une iniluence prédisposante directe sur la produc- ganes digestifs tion de l’apoplexie-, on en trouve la preuve dans le grand Jion ^^de^T’apo nombre d’invasions de cette maladie pendant la digestion,
Les phénomènes extérieurs qui s’observent dans cette circonstance sont d’ailleurs propres à démontrer l’influence qu’elle exerce sur la circulation encéphalique-, ainsi, la propension au sommeil, la pesanteur de tête, l’injection et même la turgescence de la face après les repas, principalement chez les personnes d’on certain âge (9 14) ? prouvent évidemment que l’action de l’estomac détermine vers la tête une sorte de congestion sanguine immédiatement favorable à la production de l’apoplexie.
Si l’effet nuisible sur l’encéphale est déjà déterminé par l’exercice régulier de la fonction, il l’est à bien plus forte raison lorsque les organes digestifs sont soumis habituellement à l’action d’aliments et de boissons ingérés en trop grande quantité, ou doués d’une action stimulante trop grande, ou contenant beaucoup de sucs nutritifs, sans qu’il en résulte cependant de perturbation des fonctions digestives. Ceux qui se placent journellement dans ces conditions sont si immédiatement prédisposés à l’apoplexie
Influence de pT const nation et des eHürts de Ja défécation sur pioduaiuii «es
apoplexies.