‹ Traité philosophique de médecine pratiqueChapitre 58 sur 61 · ÎÏES HÉMORUHAGIES INTERSTITIELLES · texte numérisé non relu

ÎÏES HÉMORUHAGIES INTERSTITIELLES

qt/ii en est bien peu, lorsqu’ils ont atteint un âge avancé (q î4) J qui puissent continuer l’habitude de ce régime sans éprouver les prodromes de l’apoplexie , ou au moins des fluxions et des congestions sanguines encéphaliques qui n’en sont que les moindres degrés. Le régime alimentaire trop nutritif et trop stimulant finit d’ailleurs par déterminer la pléthore (8o, io5), et cet état général est chez les vieillards la cause prédisposante la plus puissante de l’apoplexie(9i7).

Les excès insolites de table , surtout quand les aliments et les boissons ingérés sont très stimulants , peuvent occasionner l’apoplexie , pour peu qu’elle soit préparée par une prédisposition^ c’est ainsi que s’expliquent les attaques qui surviennent souvent après les repas extraordinaires et pendant la nuit qui les suit (689). La puissance de cette cause est telle que la plupart de ceux qui sont prédisposés à l’apoplexie, surtout par l’âge et par le tempérament (915), éprouvent, toutes les fois qu’ils s’y exposent, au moins des prodromes apoplectiques ou de légers coups de sang. Ce sont ces apoplexies que l’on a souvent confondues avec les symptômes d’une simple indigestion. Il arrive fréquemment, en effet, que la cause qui agit directement sur les organes digestifs et médiatement sur l’encépliale produit à la fois une perturbation dés fonctions intestinales et une apoplexie*, on peut admettre aussi que l’invasioa de la maladie cérébrale, suspendant subitement l’accomplissement de la digestion, devient soudainement la cause de la manifestation des symptômes spéciaux de l’indigestion.

9 î 9 . La surcharge du tube intestinal par une trop grande quantité de matières fécales, fréquente chez les sujets ordinairement constipés , détermine quelquefois des pesanteurs de tête , des étourdissements , de la somnolence , une Jenleur dans l’accomplissement des fonctions intellectuelles qui décèlent assez l’influence de cette difficulté des

DES APOPLEXIES

excrétions alvines comme cause prédisposante de rinva-» sion de l’apoplexie. Cette cause devient déterminante si elle agit après d’autres causes prédisposantes; on le voit dans les coups de sang et les véritables attaques d’apoplexie survenues par sa présence , ou évidemment prévenues et quelquefois guéries en rétablissant les excrétions intestinales.

C’est dans ces circonstances aussi que des efforts de défécation exagérés ajoutant à l’influence de la surcharge du tube intestinal celle d’une action forcée des muscles, qui se lie nécessairement à une suspension temporaire de la respiration (922), peuvent devenir la cause immédiate d’une attaque d’apoplexie^.

020. L’excès d’activité des organes de l’hématose et delà Influerice de

. . ^ r 1 r l’hématose sur

circulation est le caractère le plus prononce du tempe- la production rament sanguin si immédiatement favorable à la production des apoplexies (916). Si l’action des poumons devient exagérée, surtout par l’habitude d’une alimentation trop stimulante, elle conduit à la pléthore, véritable état morbide qui constitue la cause immédiate de presque toutes les hémorrhagies (io4j io5, 1 15, 126), et qui favorise spécialement l’hémorrhagie encéphalique chez les vieillards (917 V

921. Les modifications que les fonctions éprouvent pé- Influence du

• *i» J 11 • w ^ 1 sommeil sur

riodiquement , et principalement celle qui se rapporte a la production des production du sommeil, qui paraît surtout consister dans un état de congestion temporaire des vaisseaux encéphaliques, ont une grande influence sur la production de l’apoplexie (108). Oii ne peut, en effet, attribuer au hasard la manifestation de cette maladie pendant le sommeil , lorsqu’on voit la propension insolite au sommeil (668) et le sommeil prolongé d’une manière extraordinaire constituer le prodrome le plus fréquent de l’invasion de l’apoplexie, et quand il est démontré que le plus grand nombre de ces maladies se déclarent pendant le sommeil. Sur 176 cas

* Morgagni, Epist. anai, med, ht, art. 19.

554 HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

d’hémorrhagie cérébrale constatée par l’ouverturé dès cadavres que nous venons de relever dans nos notes et dans les auteurs les plus dignes de foi, dans 97 l’invasion s’èst faite durant le sommeil, et parmi ces derniers l’attaque est survenue 84 fois pendant le sommeil de la nuit. Il faut sans doute tenir compte , comme cause accessoire dans ces cas, de l’influence de la chaleur du lit, de l’accomplissement de la digestion et de la position horizontale, qui fa« vorisent évidemment la production de l’hyperaimie cérébrale. Peut-être faut-il aussi faire entrer en ligne comme cause adjuvante les modifications diurnes et nocturnes de la circulation , d’après les observations de Brian Robinson^, Sur 90 observations recueillies avec des détails précis, et que nous venons de rassembler, 26 sont survenues de midi à deux heures , 3 1 de minuit à deux heures du malin, c’est-à-dire aux heures où le pouls a son maximum d’élévation. De deux heures du matin à sept heures, période pendant laquelle le pouls perd de sa force et de Sa fréquence, nous trouvons 8 invasions*, de sept heures à midi instant du jour où le pouls est à son minimum de fréquence, il n’y a eu que 5 attaques*, de deux heures à huit heures du soir, période pendant laquelle le pouls perd progressivement de force et de fréquence, il y a eu 9 invasions *, de huit heures du soir à minuit , période dans laquelle la fréquence et la force du pouls vont en augmentant, il y en a eu 14. Il est certain que ces résultats peuvent dépendre d’un concours de causes multipliées comme les variations diurnes et nocturnes du pouls elles-même*, ils n’en établissent pas moins l’opportunité des attaques d’apoplexie à certaines heures du jour et de la nuit. Il y a sur ce point un rapport bien remarquable entre ces attaques et les modifications de la circulation exprimées parle pouls.

Influence de 9 22. Presque tous les auteurs ont placé parmi les causés

l’action muscii- . ,, i i?

Uire sur la pro- occasionuelles de 1 a

ductioii des apoplexies. * Landré Beauvais, Séméiotique, 2® édition, Paris, 1813, p, 25.

poplexie l’action musculaire brusque

DES APOPLEXIES. 555

tt énergique. Il est douteux que cette cause ait l’influence qu’on lui attribue , tant qu’elle n’est pas portée à un très h*aut degré d’activité, à moins qu’elle ne succède dans son action à une prédisposition puissante qui rendrait la maladie réellement imminente. Dès que cette condition existe, de violents et brusques efforts musculaires, déterminant une augmentation d’activité de la circulation et nécessitant une suspension temporaire de la respiration , sont quelquefois la cause occasionnelle suffisante de l’apoplexie *, c’est évidemment ainsi que cette maladie peut être produite par les quintes si pénibles des bronchites compliquées d’emphysème pulmonaire , par les efforts de la défécation (9 1 8), par ceux de l’accouchement % par ceux du coït par ceux du vomissement^, par les secousses convulsives du rire qu’i\.rétée a mis au nombre des causes de cette maladie^, et sous l’influence desquelles elle se manifesta chez le pape Léon X. On a cité des exemples d’apoplexie survenue subitement au moment d’efforts violents pour soulever de lourds fardeaux. C’est probablement aussi par l’influence des contractions musculaires spasmodiques et violentes que l’apoplexie est quelquefois produite dans les convulsions épileptiques.

Il suffit d’une suspension temporaire de la respiration pour que la face s’injecte et se tuméfie, pour que la tête devienne pesante et embarrassée , et pour qu’on ait une espèce de vertige*, il n’est personne qui n’ait éprouvé cet accident dans les secousses du vomissement, dans celles de l’éteraument ou de la toux , ou en voulant soulever de lourds fardeaux par un violent effort. La congestion des vaisseaux delà tête, dans ces cas, est secondaire à la congestion de la veine cave et des veines jugulaires occasionnée par la

* Adulphup, Jet, nat. car,, t. i, obs. 241.

Fred, Hoffmann, De morb, ex nimio venerîs usa, § 17.

^ Borsieri, Instit. med, pract,, t. v, cap, iv, $ 84.

^ Decausis et sîgnis morb^ diaU, lib, i, cap. vu, p. 35.

556 BES HÉMOB&HAGlï:S IKTËBSTiTIÊLLES,

gêne de la circulation pulmonaire. Les sinus cêrêbi^aux restent pleins, et par suite les capillaires artériels encéphaliques passent à un état de pléthore encore exagéré par l’augmentation d’énergie des battements du cœur, qui est le résultat des efforts et des secousses convulsives, innuence des û^5. Les attitudcs qui gênent le retour du sang vers le production des cŒur favoriscut et occasionnent la manifestation de l’apo-

apoplexies, , ^

plexie chez les sujets qui y sont prédisposés. Il n’est pas très rare de voir cette maladie survenir chez des ouvriers pendant qu’ils travaillent inclinés, la tête penchée vers le sol (645). L'effet immédiat de cette attitude est d’ailleurs remarqué par tous ceux qui sont menacés de congestion cérébrale*, ils ne peuvent se courber sans éprouver de la pesanteur de tête et un étourdissement.

Influence du 924. L’apoplexie reconnaît aussi pour prédisposition

repos sur la pro- . ri..

duction des apo- trop Sédentaire avec un repos habituel trop corn-

piexies. organes locomoteurs*, la congestion cérébrale n’est

plus alors produite d’une manière en quelque sorte directe par la modification qu’imprime à la circulation l’action violente d’un grand nombre de muscles mais elle

est le résultat indbect de la langueur où tombe la circulation veineuse dès que le repos des muscles suspend l’influence que leur action exerce sur elle et aussi l’influence des mouvenœnts. La diminution des exhalations excrémentitielles, autre résultat d’une vie trop sédentaire, favorise aussi dans ces cas la manifestation de l’apoplexie , particulièrement chez les hommes pléthoriques déjà avancés en âge et d’un certain embQnpoint, surtout lorsqu’ils ont l’habitude d’un régime alimentaire trop substantiel , et qui favorise la pléthore par la trop grande abondance de sucs nutritifs qu’il introduit dans l’économie (9 18). C’est par suite surtout de cette cause proégumène que l’apoplexie est si fréquente chez les riches oisifs qui usent et abusent si souvent de toutes les jouissances K

* L’auteur du livre §i éminemment philosophique sur les épidémies de

DES APOPEEXlÉS.

025. L’exercice habituel soutenu et prolonp:é des facultés îniiiunoo des

^ ^ ti avaux intellec-

inteiiectuelles imprime au cerveau un excès d action qui I ueis sur la pro-

^ ciuction des apo-

le rend le siège d’une excitation et d’une hyperaimie extra- picxies. ordinaires immédiatement favorables à la production de la congestion sanguine et de l’hémorrhagie cérébrale. Le cerveau se trouve ainsi dans les mêmes conditions qui naissent pour tous les organes dont on prolonge outre mesure l’activité. Cette cause est d’autant plus facilement suivie de l’apoplexie qu’elle est jointe , chez les hommes de science, aux effets d’une manière de vivre ordinairement sédentaire.

Ainsi s’explique la fréquence de l’apoplexie chez ceux qui se consacrent aux travaux intellectuels , lorsqu’ils atteignent un certain âge (914)? dont l’influence vient s’ajouter à celle des causes qui agissent depuis long-temps sur eux^

L’action exagérée temporaire des facultés intellectuelles peut être une cause déterminante d’apoplexie, lorsqu’elle dépasse la mesure à laquelle on a contracté l’aabitude de la porter, et plus encore lorsque ceux qui s’y livrent sont peu capables des efforts d’attention qu’elle exige. C’est ainsi que des discussions animées sur des objets qui préoccupent vi- . vement, des discours longs prononcés avec énergie, ont quelquefois déterminé la manifestation d’attaques d’apoplexie, ou au moins d’un état de pléthore cérébrale qui constitue la condition morbide la plus voisine de l’apoplexie. Il faut tenir compte comme causes accessoires de TmAuence des conditions dans lesquelles se trouvent ceux qui se livrent ainsi à des efforts intellectuels insolites; ils sont souvent dans des lieux dont l’air est chaud et vicié , et les orateurs sont obligés de forcer la voix pour se faire en-

Breslaw résume ainsi ses observations sur ce point : ISon facüè i^ecordor^ quemqiiam apoplexiam incurrisse , ubi non vet manibas fnerit patpabile, inter assumpta et motum, corporisque exercîtia nullam fuisse servatam pro-^ portionem^sed illu modum excesisse^ hœc defecîsse (Edent. Haller, p. 288).

* Âlberli, Dissert, de majori frequentia apoplexiœ in eriiditis, Haîæ,

1755. — Van-3wieten, in Boberaavii aph, lOiO, n, 2, litt, 7,

558 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITÎeLLES.

tendre J et de se livrer ainsi à des efforts musculaires etres^ piratoires qui réagissent sur la circulation (919, 922^.

Influence des 9^6. L’accomplissemcnt des fonctions génitales est une luTia pToduc- cause prédisposante d’apoplexie chez les sujets du sexe -piexies.^^ niasculin déjà avancés en âge, principalement à cause des eflorls du coït et de l’influence excitante que les sensations voluptueuses qu’il procure exercent sur la circulation.

Les eflbrts de l’accouchement sont dans quelques cas une cause d’apoplexie , principalement chez les femmes pléthoriques et chez les primipares déjà avancées en âge et dont les organes génitaux ne cèdent à la dilatation qu’après de longs et violents efforts (922). Les femmes arrivées au terme de leur grossesse sont d’ailleurs plus directement prédisposées à cette maladie cérébrale. Il existe en effet, chez un grand nombre de femmes, pendant la grossesse, un véritable état de pléthore. Il n’est pas douteux que cet état ne soit pour les femmes grosses une cause prédisposante d’apoplexie

Le résultat immédiat de l’apoplexie survenant pendant le travail de la parturition est de suspendre les contractions musculaires et utérines qui seules opèrent l’accouchement naturel ^ il en résulte que la compression que la tête de l’enfant engagée dans le détroit pelvien exerce sur les vaisseaux devient une cause d’obstacle à la circulation qui est elle-même propre à entretenir l’hjperaimie encéphalique.

Influence des 927. Sans admettre d’une manière aussi étendue que

prédispositions tpi -i • i i •

héréditaires sur quelqucs auteurs le font la production des apoplexies par

la production i r r ^ • ? 9 1

des apoplexies. Une disposition héréditaire , on ne peut nier qu on n observe dans des familles une succession d’hémorrhagies cérébrales qui ne peuvent s’expliquer par des causes évidentes^. Cette

* P. Ménière ; Observ, et réflex* sur L* hémorrhagie cérébrale considérée pendant la grossesse ^ pendant et après l’ accouchement {Archiva génér, de médec,^ avril 1828, t. xvi, p. 489).

^ Wepfer. Obs, apopL, obs. xxxvin. — Eph, nat. cur,, dec. m, ann. I, obs. 59. — G. Blane; Transactions of a society for the improvement of me^ dîcal and surgical Knowledge^ vol. ii, p. 192,

DES APOPLEXIES

hérédité suppose nécessairement une disposition transmise.

Cette disposition ne peut être aussi révoquée en doute quand la maladie survient , comme cela arrive assez fréquemment sans cause manifeste prédisposante ou occasionnelle.

C’est très probablement aussi à une semblable condition proégumène qu’est souvent due la reproduction de l’hémorrhagie cérébrale qui revient presque toujours plusieurs fois chez le même sujet, malgré tout le soin qu’on met à la prévenir. Cette disposition se trouve si prononcée chez certains sujets, que l’apoplexie se manifeste même après qu’on a mis les malades dans les conditions les plus opposées à sa production, par exemple, après des saignées ou des hémorrhagies portées jusqu’à l’oligaimie. Sydenham et Boerhaave pensaient même que dans ces cas la perte considérable du sang ne faisait que favoriser la manifestation de l’apoplexie*. Il semble alors que ce qui reste de sang dans le système vasculaire s’accumule dans les vaissseaux encéphaliques.

928. La prédisposition aux apoplexies est évidemment influence des

* dGrâng(*îii6nts

de même nature que celle qui détermine et reproduit sans des héinorrha.

r . I f • 1 1 - 1 1 r habituelles

cause évidente appréciable presque toutes les autres he- sur la producmorrhagies , tantôt sur un organe , tantôt successivement piexies. sur plusieurs (1 15). Aussi faut-il considérer l’habitude des hémorrhagies, quel que soit leur siège, comme une cause proégumène manifeste de l’apoplexie, aussitôt que, par quelques causes accessoires , celte habitude viendra à être modifiée ou suspendue (n3)- C’est ainsi que la suspension du retour régulier des hémorrhoïdes (6'43), des menstrues, des épistaxis habituelles^, est quelquefois suivie de l’invasion de l’hémorrhagie cérébrale.

‘ Boerhaave; Prœlect. demorb, nerv,, p. 538.

* F. Hoffmann a insisté sur celte cause {Dissert, de viro apoplexia ex in^ consulta hœmorrholdum suppressione exiincto) ; Hippocrate l’avait signalée {Coac,y n. 478) ; Baglivi a rapporté un exemple d’apoplexie mortelle qui a succédé à la suppression d’un flux hémorrhoïdal {Op. omnia^ p. 339, § n).

Une dame étant parvenue avec beaucoup de peine à arrêter une épi»

DES HÉMORRIIAGÎES lî^TERSTITIELLES

Causes patlio logiques desapo plexies.

La suppression subite de ces hémorrhagies, surtout lorsqu’elles revenaient habituellement et avec abondance depuis un certain temps, telles que les hémorrhoides, les épistaxis , les métro-hémorrhagies ; l’absence de déplétions sanguines artificielles dont on avait contracté l’habitude, favorisent plus immédiatement encore la production des apoplexies; elles agissent probablement en déterminant aussi un état de surcharge des organes de l’hématose et de la circulation (i 12, ii5).

Nous pourrions rassembler des faits nombreux qui prouveraient que l’apoplexie peut être la suite presque immédiate de la suppression de ces pertes de sang habituelles,

929. Les maladies qu’il faut considérer comme prédisposant le plus immédiatement aux apoplexies sont toutes celles dans lesquelles la circulation éprouve des obstacles qui peuvent entraîner la formation i!e congestions encéphaliques; telles sont le rétrécisseme nt des orifices du cœur et la dilatation avec ou sans hypertrophie de ses parois, les indurations des valvules, les indurations de l’aorte, l’induration avec ossification ou concrétions osseuses ou cartilagineuses des artères (836) , les maladies des sinus cérébraux, lamanifestation de tumeurs qui reposent sur le trajet des veines jugulaires (857) ou des veines-caves, les obstacles à la circulation pulmonaire dans les emphysèmes pulmonaires (9*^2), etc.; toutes ces lésions peuvent avoir ce résultat. Il nous serait facile d’accumuler ici des faits qui montreraient l’hémorrhagie cérébrale née dans ces circonstances, sans qu’on ait pu lui assigner d’autres causes *. Les indurations crayeuses des artères carotides , vertébrales et

staxis, fut prise le lendemain d’une violente douleur de tête qui la fit périr en une demi-heure. On trouva dans la substance de son cerveau un caillot de sang extrav asé, du poids d’une once et demie {Act, Londîn^ n. 173, p. 1068; Abriclgement, t. ni. p. ?9).

* Une jeune fille de huit ans périt apoplectique , au rapport de Lamothe , par suite de la compression de la veine-cave supérieure par une tumeur développée dans la poitrine ( Traité complet de chirurgie^ t. ii, p. 186)»

DES APOPLEXIES

basilaires sont très fréquentes chez les apoplectiques (835).

Wepferleur attribuait une grande influence dans la production de Fapoplexie qu’il expliquait par la diminution de la quantité du sang que ces vaisseaux portent au cerveau^.

Cette explication contrarie moins les faits que celle qui repose sur une plus grande fragilité des parois de ces artères ^ puisque la rupture de ces vaisseaux n’arrive ordirement qu’au-delà des limites de la maladie du tube vasculaire (836)*, nous la croyons cependant très contestable, car nous ne comprenons pas une hémorrhagie par anémie.

L’action des artères est indispensable pour continuer et transmettre l’action du cœur : dans le cerveau où l’antagonisme de la pesanteur de l’air n’existe pas, l’action du cœur *5 secondée par la résistance des parois du crâne, est la seule cause de la circulation veineuse eflerente ^ l’induration des artères détruisant leur élasticité, diminue la puissance ded’impulsion ^ il en résulte nécessairement un obstacle àla circulation et un état consécutif de congestion sanguine.

gSo. L’apoplexie se manifeste assez fréquemment, chez ^ De l'inQuence les sujets qui s’y trouvent d’ailleurs prédisposés, sous l’in- affectent des or!

e r ganes éloignés

fluence de maladies qui affectent des organes éloignes du du cerveau pour

* , , , , la production de

cerveau, et principalement les viscères abdominaux; c est rapopWie. ainsi qu’on la voit survenir par des embarras gastriques , par des douleurs de coliques , par l’influence de la néphrite calculeuse , de la cystite , etc. Il est très probable que le trouble que ces maladies apportent à la circulation , soit à cause de congestions locales qui leur sont inhérentes, soit par l’influence que l’appareil circulatoire éprouve toujours dans les états morbides intenses qui provoquent de vives douleurs, est la cause immédiate qui décide la fluxion, la congestion et l’extravasation du sang vers l’encéphale, surtout quand elles sont déjà imminentes par des causes antécédentes.

* Hisf, apoj)lecf.,y liist. xlviiî.

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

De i’influence 90 î . Il faiit S6 tenir 611 garde contre la manifestation de bUuèiie'*s^pour ^ Fapoplexie chez ceux qui ont été pendant une partie de leur i’apopTexîe sujets à dcs maladies habituelles, surtout lorsqu’elles

ont disparu depuis quelque temps. C’est principalement dans ces conditions que la disposition à l’apoplexie se . montre le plus fréquemment , surtout chez les vieillards , et devient une cause si puissante de cette maladie qu’elle la détermine même lorsqu’elle ne semble nullement imminente. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de voir l’apoplexie se manifester chez les goutteux, soit après qu’ils sont restés plus long-temps que d’ordinaire sans être atteints de paroxysmes de goutte , soit à l’époque habituelle de là manifestation de ces paroxysmes, qui semblent alors remplacés par l’attaque d’apoplexie. On ne saurait se refuser à ad-

mettre dans ces cas que la congestion ou l’hémorrhagie encéphaliques ne soient liées jusqu’à un certain point à la cause morbide spéciale préexistante; cependant on reconnaît souvent aussi que cette connexion n’est qu’apparente^ car la plupart de ces sujets sont frappés d’apoplexie par suite de causes secondaires qui souvent aussi occasionnent les attaques de goutte : ces causes sont des commotions morales , des excès de table ou de débauche , des épistaxis ou des hémorrhoïdes supprimées , ou dont l’habitude est interrompue (928), etc. Très fréquemment aussi ces sujets vivent sous l’influence de maladies qui troublent l’équilibre de la circulation, comme un état de pléthore et de congestion cérébrale entretenu ou augmenté par leurs habitudes de vie (9^7).

Influence de 9^^’ éisits luorbides qui consistent dans des modifidiverses jnaia- Q^tions anomalcs de la circulatioD encéphalique constituent

tlon'^ causes les plus actives de l’apoplexie , même lorsqu’ils

piexie. gç déclarés comme éléments d’une maladie cérébrale

d’une autre nature, telle que la cérébrite oula méningite , par exemple. Ainsi, la congestion vasculaire cérébrale, quelle que soit son origine , si elle atteint un certain degré

Ï)ES APOPLEXIES

d^intensité, détermine tous les symptômes de f apoplexie, puisqu’elle constitue réellement une apoplexie *, mais dans le cas où cette congestion est d’origine morbide , les symptômes de la maladie à laquelle elle appartient se montrent d’abord et sont ensuite en quelque sorte couverts par ceux de l’apoplexie. C’est ainsi que cette maladie se manifeste quelquefois subitement pendant le cours d’une autre affection morbide qui trouble directement ou indirectement la circulation encéphalique.

Les maladies dans lesquelles il se développe dans la cavité céphalo-rachidienne des tumeurs lentement croissantes, sont souvent la cause immédiate d’apoplexies qui ne peuvent s’expliquer par la compression progressive que ces tumeurs produisent sur le cerveau ou la moelle épinière , et à laquelle il est accoutumé. Les ouvertures des cadavres, dans les cas où la mort résulte de ces attaques d’apoplexies intercurrentes , décèlent la présence d’hyperaimies cérébrales, d’extravasations sanguines ou d’un excès de fluide séreux céphalo-rachidien. Ces lésions, qui rendent raison de l’apoplexie , montrent que ces maladies organiques produisent dans l’encéphale les altérations morbides ordinaires de l’apoplexie. Elles les déterminent de même dans d’autres organes, lorsqu’elles y ont leur siège. Il ne faut pas moins les mettre au nombre des causes des apoplexies qui sont l’épiphénomène le plus grave et le plus rapidement mortel qui s’observe par suite de leur présence

983. Les différentes lésions qui ont été constatées dans l’encéphale des apoplectiques se lient donc réciproquement par les relations de cause à eflet , de manière à ce qu’on ne puisse douter de l’influence de l’une d’elles sur le développement des autres; en sorte qu’elles sont toutes également plus ou moins directement produites par les causes propres

Connexion nécessaire des différentes lésions encéphaliques qui se trouvent chez les apoplectiques-, nécessité de les considérer comme ne constituant qu’un même état morbide.

* Wepfer avait bien signalé ces apoplexies symptomatiques en en réunissant plusieurs exemples dans son ouvrage ( Hist, apoplect,, p. 612).

Mode d’action des causes des apoplexies extérieures à l’individu.

Causes des afioplexies tirées des Ingesta.

Influence des boissons alcooliques .

564 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

à favoriser ou à déterminer la manifestation deFapoplexie. Ainsi, la pléthore cérébrale résultant, soit d’un excès d’action de l’appareil vasculaire afférent, soit d’un ralentissement dans la circulation efférente encéphalique (929), amène à la fois la congestion sanguine et l’augmentation de la quantité du fluide céphalo-rachidien , soit en augmentant son exhalation, soit en diminuant son absorption. La même hyperaimie est aussi la cause immédiate des ruptures vasculaires et de l’extravasation sanguine dans quelques portions de l’encéphale. Ainsi se lient les unes aux autres, comme les divers degrés d’une même lésion et comme l’effet des mêmes causes éloignées et immédiates, toutes les altérations morbides d’après lesquelles on a voulu diviser les apoplexies comme des maladies distinctes : toutes ces altérations ne sont que les divers degrés de l’hémorrhagie.

§ II. Des causes de V apoplexie qui proviennent des influences extérieures

à U individu,

934. Lés causes des apoplexies extérieures à l’individu ne sont le plus souvent que prédisposantes à la production de ces maladies*, elles ne deviennent véritablement occasionnelles que lorsqu’elles agissent sur des sujets déjà placés dans des conditions proégumènes. La plupart de ces causes sont communes à presque toutes les hémorrhagies (79etsÿq).

935. Certaines substances portées dans l’estomac et ensuite dans les secondes voies par absorption favorisent immédiatement et déterminent quelquefois la production de l’apoplexie, indépendamment d’ailleurs de la prédisposition à cette maladie, qui naît de l’accomplissement irrégulier ou difficile des fonctions de l’estomac (918).

936. L’ingestion des boissons alcooliques, portée jusqu’à déterminer l’ivresse, rend toujours l’apoplexie imminente el la détermine souvent,* aussi les excès habituels dans l’u-

DES APOPLEXIES

sage de ces liqueurs prédisposent-ils très puissamment à cette maladie ^ On a assez d’occasions de voir des cas de cette espèce pour qu’il soit inutile de réunir ici des observations ^ cependant il importe de remarquer que ce résultat est presque toujours dû à l’ingestion de l’alcool peu étendu^, et rarement à l’ivresse produite par le vin.

qSy. L’action de poisons narcotiques ou narcotico-âcres influence des

J / x: X poisons narcoti-

peut déterminer l’apoplexie , toujours imminente pendant leurs effets toxiques. Parmi ces poisons , il faut noter surtout la jusquiame, la belladone , l’opium , le tabac , l’aconit, etc. Rien ne ressemble davantage à l’apoplexie que l’état comateux dans lequel ces substances jettent ceux qui en font usage. Mathiole a rapporté une observation sur un criminel qui mourut apoplectique par l’action vénéneuse de la racine d’aconit napel^. Copland a été consulté pour un jeune homme qui avait avalé des graines d’aconit. Il fut presque immédiatement pris d’un engourdissement de la face , qui fut aussitôt suivi d’une apoplexie complète dont il ne se rétablit qu’avec peine et en conservant une hémiplégie qui durait encore un an après l’accident.

L’absorption du principe volatil du tabac porté dans les fosses nasales peut déterminer chez ceux qui n’y sont pas habitués un état comateux très voisin de l’apoplexie. Nous avons vu cet état durer pendant vingt-quatre heures à un degré alarmant chez un enfant de neuf ans auquel des ivrognes avaient fait inspirer environ une demi-oncê de tabac en poudre dans une heure environ. On troiive dans les Éphémérides des curieux de la nature l’histoire d’un individu qui mourut ainsi apoplectique pour avoir inspiré

* Popînatores siint maxime omnium apoplexiœ obnoxii (Riolan,0/?. omn,;

De apop,y cap. xii).

A. Carlisle a rapporté une observation sur une apoplexie déterminée par l’ivresse provoquée par l’esprit de genièvre, après laquelle il a constaté l’odeur de cette liqueur dans la sérosité qui remplissait les ventricules du cerveau (Gopland’s Dict. ofpract, mecL, t. i, p. 92),

^ Mathiolus, inDioscorU (EdenU du Bauk, p, 768.}

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

de la poudre de tabac en trop grande quantité K L\isage habituel et excessif du tabac comme sternutatoire prédispose àl apoplexie. J. Lanzoni rapporte qu’un soldat qui consommait habituellement jusqu’à trois onces de tabac par jour, devint, à l’âge de trente-deux ans, sujet à des vertiges qui furent bientôt suivis d’une apoplexie qui fut mortelle*^. L’influence de l’action narcotique du tabac arrive plus rapidement par l’absorption de son principe volatil absorbé avec la fumée ^ les vertiges et l’état semicomateux qu’elle produit sont encore très voisins de l’état d’apoplexie. C’est cependant dépasser les conséquences raisonnables des faits que de considérer l’habitude d’inspirer la poudre de tabac ou de fumer les feuilles, quand elle n’est pas portée à l’excès, comme une cause prédisposante active de l’apoplexie, ainsi que le fait Cheyne^. L’usage habituel du tabac, comme de tous les narcotiques, en atténue l’effet.

Il est aussi difficile d’expliquer le mode d’action de ces substances pour produire l’apoplexie qu’il est difficile d’expliquer leur action vénéneuse , que l’observation seule constate. Il nous semble probable qu’elles agissent en ralentissant l’action du cœur ou celle des poumons. La congestion cérébrale apoplectique serait le résultat de l’obstacle à la circulation que produirait également l’une ou l’autre lésion.

9^^* L’atmosphère, sa température , les modifications

surtout de ijit- qu’elle Tccoit par Ics météorcs , Ics Qualités accidentellcs Quc

mosphere et des i > I ’ ^ n

saisons pour la j impriment les eaz et les vapeurs qu’elle dissout exercent

production des -r o jT ^

apoplexies, jjj ppoduction de l’hémorrhagie encéphalique une in-

fluence prédisposante et déterminante plus prononcée que pour toutes les autres hémorrhagies (82).

La plus grande fréquence des apoplexies pendant l’hiver

* Or(ila, Toxicologie, Paris, 1818, t. 11, p. 274*

^ Journal (T Allemagne ^ an 1730, page 179.

^ On apoplexy and lethargy, London, 1812, p. 149.

DES APOPLEXIES. 567

et lorsque l’atmosphère passe subitement d’une température douce à un froid vif et sec a été reconnue par presque tous les observateurs depuis Hippocrate h Thomas Bartholin observa un grand nombre de ces maladies à Copenhague , en 1667, pendant un hiver très froid et très sec Nous sommes à même de répéter cette observation tous les ans à Paris. Pendant le froid sec et intense de l’hiver de i836 à 1837, tant dans la clinique de l’hôpital que dans notre propre pratique, nous avons vu treize apoplexies dans les mois de décembre et janvier; en février, nous n’en avons vu qu’une seule; mais en mars et avril, le froid étant revenu avec une intensité presque égale à celle qu’il avait eue durant l’hiver, nous en avons vu dix. Les tableaux que faisait dresser l’ancienne faculté de médecine de Paris ^ montrent que tous les ans le nombre des apoplexies , toujours considérable en hiver, l’est beaucoup davantage les années où les froids sont intenses et prolongés; il CvSt aussi très grand vers l’équinoxe du printemps, surtout lorsqu’il survient des changements rapides de température ou de brusques variations météorologiques.

gSg. Les variations brusques dans la température de l’atmosphère concourent si puissamment à la production des apoplexies que ces maladies se multiplient quelquefois dans ces circonstances au point de se montrer comme épidémiques. Ainsi furent produites 5 par la manifestation d*e froids très intenses après de vives chaleurs , les apoplexies si nombreuses de Rome et de l’Italie, observées par Baglivi en 1694 et i6g5^, et celles qui régnèrent dans les mêmes lieux, au rapport de Lancisi , en 1705 et 3 706 L’influence

* Hyeme vero capîtîs chlores ^ vertigines et apoplexîœ, {Aph.» 23,

sect. III , Edent. Foesio., p. 1248. )

^ Cent, med, hist, vi.

^ F oyez toute la collection de l’ancien journal de médecine , par Vandermonde, de 1754 à 1790.

^ Diss, de exper, anat, pract, Jpp, in op. omw,, Venetiis,1701, p. 304.

^ De subîU mortib,^ lib, ii, cap, n, p. 75, Homæ, 1745,

Épidémies d’apoplexies par ]’ influence de l’air.

568 DES HÉMOKRHAGÎES ÎJNTERSTITIELLES.

épidémique était si prononcée qu’au rapport de Mistichelli l’apoplexie se montrait pendant le cours des autres maladies J et principalement à la fin des fièvres malignes ^ . Le îQois de juin de l’année 1748, à Paris, fut extraordinairement chaud et humide; il y eut beaucoup de vomissements et de diarrhées bilieuses, les apoplexies devinrent épidémiques pendant ce mois et le mois de juillet , au point qu’on les observa sur des hommes de tout âge et même sur des enfants

Conditions par- q4o. L’influence du froid de l’atmosphère, qui est sans

ticuîières à cer-

t ains sujets qui doute la causc principale des apoplexies nombreuses de

rendent plus r • • J-

ficace l’influence 1 hiver (q3o), détermine rapidement cette maladie quand le

du froid pour ^ , *■ ,

produire l’apo- froid agit subitement sur un sujet sortant d’un lieu chaud et pendant la digestion; dans ces cas la circulation diminue rapidement par l’influence subite et sédative du froid dans les capillaires des parties extérieures du corps et des poumons; il en résulte une pléthore indirecte pour les organes profonds d’autant plus prononcée qu’elle trouve dans un état de stimulation considérable tout l’appareil circulatoire et le cerveau lui-même qui devient ainsi facilement le siège d’une congestion et d’une hémorrhagie. Nous avons vu périr d’une apoplexie foudroyante , au mois de janvier iSS/, un homme de 65 ans, d’une forte constitution. Il sortait d’une maison où il avait dîné et passé la soirée dans un salon où beaucoup de monde était réuni; il fut vivement saisi par le froid. En rentrant chez lui, il était tout tremblant et éprouvait une pesanteur de tête intense ; il ne se réchaufla qu’incomplètement en se couchant dans un lit très chaud et en se faisant mettre un vase rempli d’eau bouillante aux pieds. Vers les trois heures du matin il perdit subitement connaissance et fut frappé de paralysie ; à six heures il ne parlait plus

’ Délia apoplessia, In-4®, Roma, 1709, p. 129.

3 Malouin, Hist, et mçm, de l'Jcadém* royale des sciences ; an, 174^» p. 552 et 553.

DES APOPLEXIES

et la respiration s’embarrassait ; à midi il était mort, s

041. L’influence de la pesanteur del’air sur ia production Influence de

^ la pesanteur de

des apoplexies , au moins comme cause prédisposante , peut r air pour la pros’établir par ,1e fait qu’un grand nombre de ces maladies a plcxies. différents degrés, depuis les plus légers coups de sang jusqu’aux paraplexies et aux apoplexies les plus graves, survient dans les temps d’orage , lorsque , par l’action de l’électricité des nuages , la pesanteur de l’air diminue au point de déterminer un abaissement considérable du ba--> romètre.

L’effet immédiat de cette circonstance comme cause des hémorrhagies s’est montré dans l’observation de Pitcairn et de Mead que nous avons rapportée (84). Elle est devenue plus précise quant à la production de l’apoplexie par les observations de Retz , qui a établi que sur soixante cas de cette maladie recueillis en vingt ans , trente-deux s’étaient manifestés lorsque la pression atmosphérique avait subi un abaissement considérable h II est vrai que d’autres médecins , et en particulier Pison^ et Horn^, attribuent les mêmes effets pour la production de l’apoplexie à l’augmentation de la pesanteur de l’air. Il suffit de réfléchir sur l’influence de la pression atmosphérique sur la circulation pour reconnaître que ces résultats identiques de causes en apparence opposées ne sont point inconciliables.

942. L’influence des agents qui modifient ou gênent la influence des circulation , surtout quand elle agit sur des parties étendues du corps ou sur des régions traversées par de nom- uoir breux et d’importants vaisseaux, est une cause d’apoplexie le plus souvent déterminante. Ainsi les ligatures serrées sur différentes parties du corps, et principalement les vê* tements trop étroits, peuvent causer la manisfestation de l’apoplexie. On attribue cet effet aux cravates serrées , aux

* Retz, Météorologie appliquée à la médecine, 1779 ; p. 130.

2 De morbis a coUuvie serosa; sect. n , part, ii , cap. v.

^ Archii\ fàrmed^ JErfalir, ; 1813, décembre, p, 387.

Influence des topiques chauds et froids comme cause de l’apoplexie .

570 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

corsets 9 surtout chez les personnes qui ont un certain degré d’obésité. L’application de bandages serrés sur la tête favorise la congestion cérébrale*, Galien l’avait déjà remarqué, et c’est un précepte sage de s’abstenir autant que possible de ces bandages chez les sujets pléthoriques et prédisposés à l’apoplexie.

943. L’application sur la tête de coiffures qui y entretiennent une vive chaleur prédispose immédiatement aux congestions encéphaliques. Nous avons fait cesser chez une femme des étourdissements et des vertiges qui revenaient presque tous les jours en lui faisant quitter l’usage d’une calotte de laine et de taffetas ciré qu’elle portait sur la tête. L’on a attribué beaucoup d’apoplexies à l’usage des grandes et lourdes perruques que l’on portait au siècle de Louis XIV.

L’exposition de la tête à une vive chaleur peut provoquer la formation de l’hyperaimie encéphalique et par suite de l’apoplexie. Pison rapporte un exemple d’apoplexie chez une personne qui s’était couchée et endormie la tête vis à vis d’un foyer ^ .

L’administration des» bains trop chauds peut être suivie d’attaques d’apoplexies. Ritter en a rapporté des exemples^, nous en avons observé aussi un cas. A juger de l’effet que produisent sur la circulation les bains de vapeuis (89), on s’étonne qu’ils ne déterminent pas plus fréquemment l’apoplexie chez les peuples qui en font un usage habituel*, il est vrai qu’on corrige immédiatement les résultats directs de leur action par les affusions ou les immersions froides.

L’influence des bains froids , surtout après les repas et chez les sujets d’ailleüts prédisposés aux congestions encéphaliques, peut être aussi suivie d’une hémorrhagie cérébrale. La constriction des capillaires extérieurs que produit immédiatement le froid et que favorise aussi la pres-

* De morbis a colluvie serosa ; seci, ir, p. ii, cliap. p. t05. ^ Hufeland’s, Journ. der pract, Heilk, 7. B, 3 st, p. 66,

DES APOPLEXIES

sion de l’eau sur le corps, en diminuant l’étendue de l’arbre circulatoire, est nécessairement suivie d’une pléthore relative dans les vaisseaux des organes internes. La succession brusque du bain froid au bain chaud n’a pas les mêmes inconvénients lorsqu’elle ne fait que rétablir- l’équilibre troublé par l’action du calorique en excès. Cependant une observation d’Amatus Lusitanus ^ prouve que , même dans cette circonstance , l’influence du froid subit après le bain de vapeur peut être suivie d’apoplexie.

944- Les ébranlements physiques médiatement ou immédiatement transmis aux organes céphalo - rachidiens peuvent déterminer l’apoplexie. Cette maladie ne consiste souvent alors que dans une simple hyperaimie cérébrale , peut-être avec augmentation de la quantité du fluide céphalo-rachidien ^ c’est ce qui arrive dans les commotions cérébrales qui surviennent dans ces circonstances et qui diminuent rapidement quelquefois sans qu’on ait recours à aucun moyen de traitement-, d’autres fois l’apoplexie est dans ces cas une hémorrhagie confirmée qui est la suite immédiate de l’hyperaimie ou de l’ébranlement physique lui-même , et peut-être de la lacération d’une partie du cerveau. Sur le cadavre d’un ouvrier tombé sur les pieds dans un puits de carrière et qui s’était brisé les deux jambes ^ et qui périt en deux heures , le centre du cerveau était converti en un large foyer hémorrhagique qui avait réuni les deux ventricules en une seule cavité. Nous présumâmes qu’il y avait eu rupture des plexus choroïdes-, du reste, il n’y avait aucune lésion au crâne et à ses téguments.

945. Les influences morales de toutes les sortes sont peutêtre les causes d’apoplexie sur l’efficacité desquelles il serait possible de recueillir le plus d’observations^. Les ébranle-

* Cent. I , curât. 36.

Forestus, Obs.^ lib. xxvi, obs. xx. — Wepfer, Obs, apopL; obs. xvii.

— Hildani, Cent, F/, obs. xii. — Boerhaave , de morb. nerv,; t. ii, p. 222.

— StoJ, rat, med. ; t. iii, p, 242. — Haller, Elem, phys,; lib. xvii, sect. ii.

Influence des ébranlements physiques.

Influence des Animi pathemata pour la production des apoplexies.

5? 2 DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

ments moraux excitants, comme la colère, la joie, les contentions d’esprit, l’orgueil satisfait, etc., sont des causes occasionnelles d’apoplexie si puissan tes qu’on pourrait citer de nombreux exemples de sujets frappés immédiatement sous leur influence, souvent même sans que cette maladie eut été annoncée par des prodromes , ni préparée par des prédispositions. L’effet de ces causes, ordinairement rapides dans leur action, s’explique par la vive stimulation qu’elles impriment au cerveau et au cœur, stimulation qui se peint immédiatement par l’injection des vaisseaux capillaires , les battements précipités du cœur, l’excitation des facultés intellectuelles, l’agitation et quelquefois les désordres du système nerveux, etc.

Les passions débilitantes, quand elles agissent instanta-« nément^ comme la terreur, la surprise, un vif chagrin imprévu, peuvent produire immédiatement l’apoplexie. Leur action s’explique par leurs effets sur le cœur et les pou-mons : la respiration se ralentit et devient anxieuse, saccadée, superficielle et évidemment incomplète-, les capî laires extérieurs pâlissent^ les battements du cœur deviennent accélérés et tumultueux 3 le passage àn sang dans les potimons est évidemment gêné ^ l’état de défaillance dans lequel tombent immédiatement ceux que ces causes atteignent indique que les vaisseaux encéphaliques passent à un état de pléthore relatif, premier degré d’une congestion sanguine et d’une hémorrhagie apoplectique

Les passions débilitantes qui agissent avec lenteur ne déterminent pas en général immédiatement l’apoplexie , mais elles sont parmi ses causes prédisposantes celles dont

* Optîmus senex valet adinari as ^ dam trai^q aille alîoquin cœnaret ^ improviso accipîens nancîam de adventa, sîbi neqae grato, neqae konorifico , consangainei sai, repentina syderaiione sablaîus est. In hujus vero dissecti cadaveris cerebro vasa undiqae tumida ex intercepto, propter subitum aniwi pathema, sangaînis, lymphœqae car su ^ indeqae cavitates tam salcoram, tam ventricaloram asqae ad spînalem medallam exandante sera replet ce occarrerant,{I, M. Lancisi, De subit, 7nort,, lib, ij cap. xi, Sxviii. p. 32.)

DÉS APOPLEXIES

les effets sont les mieux démontres. Les préoccupations tristes et prolongées qui suivent l’ébranlement que ces l

passions impriment au système nerveux jettent le cerveau dans une activité forcée qui le met dans une condition immédiatement favorable aux congestions hémorrhagiques.

Si l’on analyse toutes les circonstances dans lesquelles la plupart des vieillards sont frappés d’apoplexie ^ on voit le plus souvent que la production de cette maladie a été préparée par des passions tristes , si fréquentes et si puissantes sur nous dans la vieillesse.

Le grand nombre des victimes de l’apoplexie pendant le demi-siècle qui s’achève n’a que trop multiplié les occasions d’observer les effets des causes morales sur le cerveau.

Quel temps fut jamais plus fécond en conjonctures propres à exciter les passions et les ébranlements moraux que cette période de révolutions sociales? Les fortunes brisées , les liens de famille détruits, la reconnaissance incriminée, ^ l’ingratitude en honneur, les veilles de l’envie, les préoccupations de l’intrigue, les blessures de la calomnie érigée en puissance, les jouissances de l’orgueil satisfait , les rêves de l’ambition, l’activité des haines politiques, les persécutions qui pèsent plus encore sur les oppresseurs que sur les opprimés, etc. , etc. Faut- il ajouter encore que l’influence toujours si grande des passions s’accroît encore sur les hommes, trop nombreux de nos jours, qui n’ont pas puisé dans les enseignements d’une vraie philosophie les principes religieux qui peuvent seuls suppléer à l’énergie qu’on perd par Tâge, par les maladies ou par le malheur?

Art. V. Diagnostic des apoplexies.

946. Les prodromes de l’apoplexie n’appartiennent pas qu’à cette maladie , ils se manifestent aussi comme symptômes précurseurs des phlegmasies encéphaliques -, ce n’est que par l’appréciation des circonstances auxquelles iis se lient qu’ils deviennent réellement les signes d’une bé-

Mode d’appréciafioM des prodroHK'S des apopîesi(?s.

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

morrhagie cérébrale imminente : ces circonstances sont relatives aux conditions particulières de la santé du sujet. Ainsi l’invasion des prodromes apoplectiques , après une suppression d’hémorrhagie, chez un sujet habitué à de fréquentes pertes de sang,/ chez une personne qui porte une maladif qui gêne continuellement ou par accès la liberté de la circulation, ou qui présente un état de pléthore prononcé , ou qui a déjà éprouvé des coups de sang ou mieux des attaques complètes d’apoplexie ou de paraplexie , caractérise directement l’apoplexie imminente. La manifestation de prodromes apoplectiques, déjà éprouvée plusieurs fois antécédemment et réitérée surtout chaque fois que des causes occasionnelles évidentes d’apoplexie ont agi, est encore un motif d’une grande valeur pour rapporter ces prodromes au molimen hémorrhagique cérébral plutôt qu’à toute autre maladie encéphalique.

Caractères 047 . Nous attachous Une grande importance pour distin-

principaux des ^ , v f r

prodromes apo- guoT les prodromes apoplectiques à 1 instantanéité de leur

plecliques, iri

développement et a la courte duree de leur existence. Ainsi des vertiges subits avec céphalalgie gravative , rougeur de la face, injection des conjonctives, revenant sous l’influence des mouvements de la marche , sous celle des efforts musculaires, par suite d’une contention d’esprit ou par une cause morale excitante, s’ils disparaissent complètement en quelques instants pour se reproduire subitement de même et disparaître encore rapidement à des intervalles plus ou moins éloignés et par la moindre cause occasionnelle , ne nous laissent guère de doute sur une apoplexie imminente. Nous n’oserions porter un diagnostic aussi arrêté si ces vertiges se reproduisaient plusieurs fois de suite sans cause évidente et s’ajoutaient à une céphalalgie continue , à un état d’agitation et de perte de sommeil ou de malaise général. Ces signes pourraient cependant encore appartenir au molimen hémorrhagique, mais on serait plus fondé à les rapporter à l’encéphalite commençante.

Les coups de sang ou attaques d’apoplexie légère, s’ils se reproduisent plusieurs fois en laissant dans leurs intervalles des symptômes cérébraux continus, ne sont pas plus que les symptômes plus légers que nous venons d’indiquer des prodromes propres à la seule hémorrhagie cérébrale; mais, s’ils sont instantanés, s’ils ne se joignent à aucun autre phénomène continu de lésion encéphalique, ils constituent le signe le plus certain du molimen hémorrhagique cérébral.

048. L’apoplexie, au moment de son invasion, se dis- Diagnostic dif-

C7T r r 7 ^ 7 férentiel de l'a-

tingue de la syncope et de l’asphyxie par la persistance du popieUe, d’après

^ symptômes

pouls et de la respiration qui estincompatible avec ces deux d’invasion, dernières maladies. Les symptômes de l’apoplexie, dès qu’ils se manifestent , n’expriment que la süspension des fonctions de relation-, mais ils ne suffisent pas pour déterminer la nature de la lésion cérébrale qui constitue la maladie, car ils appartiennent à l’hémorrhagie cérébrale tout comme à l’invasion de certaines cérébrites -, il faut donc , même dans ce cas, apprécier les circonstances antécédentes. Si l’invasion de la maladie s’est faite instantanément et avec rapidité , si elle a été précédée de prodromes qui appartiennent plus spécialement à l’apoplexie , si elle a succédé immédiatement à l’action d’une cause occasionnelle qui ait pour effet direct d’appeler sur l’encéphale le molimen et la congestion hémorrhagique (911)? peut guère conserver de doute sur la réalité de l’apoplexie.

û4q. L’invasion apoplectique à peine achevée, la nature . Origine des

'J i i X i signes qui indi-

de la maladie se décèle assez facilement par des signes qui oâtm'e

^ ^ et la gravite de

induisent rarement en erreur. Ces signes se rapportent à la lésion céré-

^ ^ ^ nrale qui pro-

nature de la lésion encéphalique, ils permettent même le duities symptô-

r*- mes apoplecti-

plus souvent d’assigner avec exactitude sa gravité et lesa^^es. conditions de son existence.

û5o. Si, l’invasion apoplectique à peine terminée, les ac- Diagnostic spé-

X X X X ^ ^ jjgg coups

cidents prennent une marche décroissante sans que des de sang, symptômes de paralysie et d’anesthésie se prononcent spécialement dans quelque partie , il n’y a réellement eu qu’un

DES HÉMORRHAGIlES INTERSTITIELLES.

Diagnostic spécial des para* plexies.

coup de sang. Qu’il ait été idiopathique ou qu’il soit survenu comme symptôme d’une maladie antécédente des organes encéphaliques;, ce coup de sang a été l’effet d’une hyperaimie cérébrale passagère. Si la suspension des fonclions de relation persiste, le coma et le carus devenant d’instant en instant plus profonds, sans qu’il se manifeste de paralysie ou d’anesthésie plus prononcée sur une partie que sur une autre, le malade est sous le coup d’une apoplexie grave dont l’existence est suffisamment démontrée. Elle peut ainsi persister jusqu’à la mort sans présenter d’autres symptômes qu’une dépression successivement croissante de tou tes les fonctions cérébrales qui s’exprime, après les phénomènes de la paralysie et de l’anesthésie portant sur tous les organes de la vie de relation, par ceux de la paralysie du rectum et de la vessie , par la respiration devenant de plus en plus superficielle et gênée, par la difficulté croissante de la respiration , par l’intermittence et l’irrégularité des battements du cœur, etc.

961. Dans cet état d’apoplexie complète, on peut quelquefois reconnaître que la maladie , bien que générale dans ses effets sur l’encéphale, affecte néanmoins plus spécialement une de ses parties. Les signes de cette circonstance se trouvent quand la paralysie est plus prononcée sur un membre, sur une moitié du corps , sur une moitié de la face , etc. , ou lorsque l’anesthésie est devenue complète sur certaines parties de la surface tégumentaire , tandis que la sensibilité sur d’autres est encore suffisante pour qu’on puisse provoquer quelques signes de douleurs par les moyens d’exploration qui sont de nature à en déterminer. Dans ces cas, les symptômes de résolution générale des fonctions cérébrales ne sont pas, quoique très étendus,' assez profonds pour masquer entièrement les phénomènes morbides qui dépendent directement de la partie immé-* diatement affectée par l’épanchement. Ces phénomènes deviennent des signes qui annoncent qu’il s’est produit une

DES APOPLEXIES

extravasation sanguine encéphalique , et ce diagnostic se confirme davantage d’instant en instant, si la maladie n’est pas mortelle immédiatement , par la diminution progressive des symptômes généraux , qui met pour ainsi dire dans un relief de plus en plus prononcé les symptômes qui se rapportent à la lésion locale.

902. L’apoplexie due aune simple hyperaimie encéplia- rapipfexTeduJ^à lique ne détermine jamais de symptômes de paralysie et peraim?e^^en*ced’anesthésie circonscrites-, elle est toujours générale-, elle ^^*^^**“®* ne peut cependant être toujours distinguée, au moins à l’invasion de la maladie , des cas dans lesquels l’hyperaimie encéphalique coïncide avec un épanchement, lorsque celleci est tellement intense que la paralysie et l’anesthésie locales ne sont pas évidentes au milieu de la résolution de toutes les fonctions de relation. Cette distinction peut se faire toutes les fois que la maladie ne marche pas rapidement jusqu’à la mort par un accroissement progressif de la suspension simultanée de toutes les fonctions de relation -, parce que, dans le cas de simple hyperaimie, la maladie diminue bientôt avec rapidité et également dans tous les départements du système nerveux , tandis que dans les cas d’épanchement les symptômes de paralysie et d’anesthésie locales en rapport avec le foyer apoplectique se dessinent de plus en plus, à mesure que les phénomènes de suspension générale des fonctions cérébrales perdent de leur intensité.

û53. La distinction des apoplexies par congestion san- Dessigne^pé-

î/ ^ , ciaux assignes

çfmne cérébrale avec ou sans hémorrhagie et des apoplexies par les anciens

U f r • r f 1 T apoplexies

dues à un épanchement augmenté de sérosité encéphalique séreuses, a beaucoup occupé les médecins anciens, qui fondaient sur ce diagnostic des indications thérapeutiques particulières.

Sennert et ses successeurs immédiats regardaient comme séreuses les apoplexies qui se manifestaient graduellement et avec une certaine lenteur, et qui déterminaient des vomissements ou au moins des nausees, la pâleur du visage, la décoloration générale, un aspect comme cachectique de

S'" 8 DES HÉMORRHAGIES IINTERSTITIELLES.

tout le corps, la petitesse du pouls, etc. Portai a montré par des faits que ces symptômes et les symptômes opposés qu’on attribuait à la seule apoplexie sanguine peuvent également se manifester dans les apoplexies qui ont pourpoint de départ des congestions sanguines et des hémorrhagies cérébrales ou une augmentation de la quantité de sérosité encéphalique^. Wepfer avait déjà fait ces remarques, en insistant surtout sur la rapidité du développement de la maladie, qui peut être aussi grande, quand la quantité augmentée de sérosité encéphalique est la cause immédiate de la maladie que lorsqu’il se produit une simple congestion ou une hémorrhagie. Le fait le plus saillant qu’il ait cité à cette occasion était relatif à un homme de 64 ans, qui mourut instantanément à midi sans avoir eu d’accidents dans la matinée , au point qu’il avait travaillé comme à son ordinaire. On trouva sur son cadavre une grande quantité de sérosité accumulée autour du cerveau, dans les ventricules et dans le fourreau rachidien"^.

Appréciation ü54. Le diamostic exact des apoplexies séreuses , com-

du degré d’uti* ^7 ^ . r r ^ 7

lité du diagnos- paraüvement aux apoplexies sanguines , n’a véritablement

tic des apoplexies ^

séreuses et san- aucune importance pour le traitement de ces maladies ,

^ puisqu’il est certain que l’augmentation de la quantité de

sérosité céphalo-rachidienne se lie, tout comme l’extravasation sanguine, à l’hyperaimie et aux perturbations de la circulation encéphalique, et conduit par conséquent aux mêmes indications thérapeutiques. Mais on conçoit l’utilité de bien distinguer ces maladies pour le prognostic et même pour le traitement prophylactique de nouvelles attaques, quand on réfléchit que l’apoplexie séreuse , ne produisant pas comme les autres apoplexies de désordre dans la pulpe nerveuse, ne laisse par conséquent jamais après elle de foyer

* Mémoire publié par Portai , parmi ceux de l’Académie des Sciences pour ilSij et reproduit dans ses Obs, sur la nat, et Le trait, de l'apoplexie^ i vol. Paris, 1811, p. 2.

* Ubs, anaU cadav, eorum quos sustulit opoplexia, Schaif. 165S^ p# 344.

DES APOPLEXIES. 679

qui exige un travail réparateur et qui fasse persister la paralysie et l’anesthésie.

g55. Quand l’apoplexie est rapidement mortelle, il est Des cas dans

. *1 1 1 T «Il 1 • I l lesquels on peul

impossible de distinguer si elle est due aune simple hyper- établir le diaaimie ou a une augmentation anomale de la sérosité ce-tieides difiéren phalo-rachidienne, d’autant plus que ces deux lésions en- plLuqu^s! céphaliques sont presque toujours réunies à un certain degré. La distinction entre ces apoplexies et celles dans lesquelles il s’est produit une hémorrhagie encéphalique ne peut même être faite que lorsqu’il y a des symptômes de paralysie ou d’anesthésie locales en rapport avec la partie lésée du cerveau. Mais quand l'invasion de l’apoplexie se fait avec plus de lenteur et que la maladie suit une marche moins précipitée, il est presque toujours facile de déterminer si la lésion encéphalique consiste principalement dans un excès de quantité du fluide séreux céphalo-rachidien.

Dans cette apoplexie, la suspension plus ou moins complète des fonctions des organes des sens , et principalement de la vue , et l’affaiblissement de la connaissance, sont plus prononcés que les autres symptômes de résolution des fonctions cérébrales; toujours la somnolence est alors le symptôme dominant. Cette apoplexie est la seule dans laquelle ces phénomènes soient portés au plus haut degré, sans que les mouvements de la respiration et du cœur soient notablement troublés. Il n’est pas rare dans cette apoplexie que le malade soit dans la somnolence continuelle , entièrement privé de connaissance , et qu’il conserve en même temps , au moins à un degré encore assez prononcé, la myotilité de même que la sensibilité dans toutes les parties du corps, à en juger par les mouvements faciles et étendus qu’il exécute lorsqu’on irrite un point de la peau de manière à provoquer de la douleur.

L’accroissement progressif de la résolution des fonctions de relation dans cette forme de l’apoplexie montre toujours la maladie , à mesure qu’elle s’aggrave , frappant également

DES HÉMORRHAGIES ÎNTERSTITIEELES.

Diagnostic île l’encéphalite consécutive à l’hémorrhagie cérébrale.

et comme parallèlement tout le système locomoteur, les muscles de la respiration , le cœur, la vessie et le rectum , tandis que dans l’apoplexie par simple congestion, et surtout par hémorrhagie encéphalique , c’est sur les extrémités thoraciques et sur les muscles moteurs de la langue et de la face que la maladie porte d’abord son action ^ son influence s’étend ensuite sur les muscles des extrémités inférieures , et ce n’est qu’au plus haut degré de la maladie que les muscles de la respiration, le cœur, le rectum et la vessie sont atteints.

Si c’était une opinion trop absolue que de considérer la pâleur de la peau , la faiblesse du pouls , l’état cachectique et la lenteur du développement de la maladie comme des signes propres de l’apoplexie séreuse (gSS) , il n’en est pas moins vrai que c’est dans ces circonstances que l’hyperaimie encéphalique est le plus souvent immédiatement suivie de l’augmentation de quantité de la sérosité céphalo-rachidienne. Ces conditions, et spécialement celle qui résulte d’un anasarque produit par quelque lésion des viscères, peuvent donc servir au diagnostic pour établir la probabilité ou au moins l’opportunité d’une apoplexie séreuse.

gSô. Quand l’apoplexie prend dès son début la marche lentement croissante de la paraplexie (694)? si cette

maladie , après avoir pris à son invasion la forme apoplectique, se réduit, par la disparition plus ou moins rapide des symptômes initiaux , à la forme de la paraplexie (ôqS), il ne peut y avoir de doute sur l’existence d’un foyer hémorrhagique dans une partie de l’encéphale. Nous avons ailleurs indiqué les symptômes qui appartiennent à cette lésion suivant les parties qu'elle affecte (853 et nous avons ici à distinguer ses signes de ceux de la cérébrite locale : cette distinction s’établit par la forme des symptômes qui correspondent à la lésion locale et par les symptômes généraux de la maladie.

N’oublions pas d’abord que dans l’apoplexie par hémor-

rhagie cérébrale une encéphalite consécutive pour la résorption du produit de l’hémorrhagie et la réparation des désordres qu’elle a produits doit nécessairement survenir (704? 827). Cette encéphalite n’existe pas dans la première période de la maladie; par conséquent la présence de ses symptômes dans cette période exclurait l’existence d’une simple hémorrhagie. L’anesthésie et la paralysie plus ou moins complètes, avec relâchement des muscles paralysés et absence de douleurs dans les parties affectées, appartiennent à la présence d’un foyer hémorrhagique dans l’encéphale. La paralysie et l’anesthésie locales avec contracture, douleurs et mouvements spasmodiques, indiquent l’existence d’un foyer d’inflammation encéphalique. Il existe toujours aussi dans ce dernier cas des symptômes généraux plus ou moins tranchés , que les hémorrhagies encéphaliques circonscrites ne provoquent jamais par ellesmêmes : les malades ont de la fièvre caractérisée par de la chaleur à la peau ou de la fréquence dans le pouls, sinon continues, au moins revenant par paroxysmes, pendant quelques heures chaque jour; ils ont une excitation nerveuse très prononcée, de l’insomnie ou des rêves pénibles, des bouffées de chaleur et de la douleur à la tête, de l’anorexie, des nausées, et surtout de la contracture et des douleurs spontanées dans les membres paralysés , auxquels on ne peut imprimer aucun mouvement sans déterminer de vives douleurs. La présence de ces symptômes dans la première période de la maladie suffit pour qu’on soit certain que c'est une cérébrite locale et une paraplexie qu’on observe; car dans la cérébrite ils paraissent dès l’invasion de la maladie, et dans la paraplexie ils ne se manifestent qu’à la période où l’inflammation réparatrice inévitable va s’allumer. Ces symptômes sont souvent très peu prononcés, mais quelquefois aussi ils sont intenses et indiquent que la cérébrite secondaire prend une étendue et une gravité qui exposent par elles-mêmes le

DES HÉMORRHAGIES I-NTERSTITIEELES.

Diagnoslic différentiel des apoplexies idiopathiques et des apoplexies symptomatiques.

malade à des accidents graves. La manifestation de ces signes de cérébrite à cette période de la maladie n’indique que la marche régulière de la paraplexie. Leur intensité fournit une mesure assez exacte de la profondeur et de l’étendue de la désorganisation que l’organe encéphalique a subie par l’extravasation du sang.

967. Il est très difficile de distinguer des apoplexies idiopathiques les apoplexies qui surviennent comme symptômes de tumeurs lentement développées dans le tissu du cerveau ou de ses annexes. A s’en tenir aux inductions théoriques, on croirait que ces tumeurs, dont le développement progressif se fait nécessairement avec beaucoup de lenteur, devraient toujours déterminer de la même manière le développement progressif de la paralysie et de l’anesthésie en rapport avec les parties du cerveau sur lesquelles elles agissent. Les choses se passent en effet ainsi assez souvent^ il n’est pas alors difficile de distinguer l’apoplexie secondaire à une lésion primitive de texture du cerveau d’une hémorrhagie cérébrale idiopathique dont le développement, avec quelque lenteur qu’il se fasse, s’accomplit toujours en un temps qui n’excède pas un ou deux jours au plus. Mais dans le plus grand nombre des cas les symptômes apoplectiques qui résultent de la présence de tumeurs chroniques du cerveau surviennent instantanément et avec autant de rapidité que lorsqu’il se produit une hémorrhagie cérébrale idiopathique. C’est qu’en effet dans ces cas l’apoplexie secondaire est due aux mêmes lésions immédiates que les apoplexies idiopathiques, et la maladie organique n’est qu’une cause occasionnelle qui ne produit pas directement et par elle-même les symptômes apoplectiques. Lorsque les symptômes apoplectiques se développent lentement et progressivement, ils dépendent directement de rinfiuence de la tumeur sur l’encéphale; il ne faut pas alors compter sur la cessation des symptômes tant que la maladie organique persistera , tandis que les apoplexies

des apoplexies.

symptomatiques de congestions ou d’hémorrhagies cérébrales occasionnées par la présence de ces maladies se comportent comme les autres quant à leur marche, seulement la persistance de la cause qui les a déterminées les reproduit facilement; c’est sous ce rapport que le diagnostic de cette cause est important; il repose sur les symptômes habituels que produisent ces maladies , indépendamment des accidents apoplectiques. Ces syiriptômes sont ordinairement compris parmi les suivants : Une douleur de tête occupant toujours un point fixe et circonscrit ; des symptômes circonscrits et progressivement survenus, soit de paralysie, soit d’anesthésie, soit de spasities, dans quelques uns des organes qui reçoivent l’incitation par les nerfs cérébraux; un affaiblissement plus ou moins prononcé des facultés intellectuelles , et enfin les symptômes de Cachexie qui se lient à l’existence de la cause mortiigène qui a pu déterminer la formation du vice de nutrition primitif d’où dépend la maladie encéphalique.

Art. VI. Proghostic des apoplexies.

û58. Toutes les apoplexies sont des maladies ejravesi; prognostic géleurs prodromes memes sont des accidents très serieux. On piexies. ne peut jamais affirmer qu’on sera assez heureux pour prévenir le développement de la maladie, lorsqu’elle est survenue. L’on n’est jamais certain; tant qu’elle n’a pas complètement cessé , que sa marche, en apparence la plus bénigne, ne sera pas troublée par des accidents cérébraux qui convertiront tout d’un coup en une maladie souvent mortelle , et toujours très grave par les infirmités permanentes qu’elle peut laisser, une apoplexie qui semblait près d’arriver à une heureuse et facile terminaison.

q5q. Parmi les prodromes des apoplexies, ceux qui doi- Prognostic

^ ^ ^ d’après les pro-

vent faire considérer la maladie comme imminente sont dromesdei’apo-

plexie.

* Vatidam quidem apoplexîam curare est impossibite ^ debüem vero non facile, (Hippocr.^ aph, sect, iii, n® 42.)

Prognostic des coups üe sang.

Prognostic des apoplexies complètes.

584 DES hémorrhagies interstitielles*

principalement la céphalalgie avec bruissements dans les oreilles et engourdissement dans les mains gêne, lenteur et embarras des mouvements de la langue dans la prononciation des mots^ Les vertiges, principalement chez les pléthoriques et surtout chez ceux qui ont déjà eu des attaques d’apoplexie, même légères, annoncent l’imminence d’une attaque. Toutefois il est impossible, quelque prononcés que soient ces symptômes précurseurs , de prévoir s’ils seront suivis d’un simple coup de sang ou d’une apoplexie grave complète, ou d’une paraplexie. Il est rare qu’une première attaque soit très grave , le plus souvent ce n’est qu’un coup de sang; maisaussi celui quia déjà éprouvé une apoplexie avec une paralysie plus ou moins prononcée est dans les conditions les plus favorables pour qu’une nouvelle attaque chez lui soit foudroyante.

960. Le coup de sang, quand il est très court , s’il se termine complètement sans laisser aucun symptôme cérébral, n’entraîne jamais d’accident immédiat et n’a pas ordinairement de suite fâcheuse ; mais s’il laisse un état de stupeur et des vertiges qui se prolongent pendant un certain temps, si le malade a déjà eu plusieurs coups de sang, et si à chacun d’eux les suites immédiates ont été plus prononcées , la cessation des accidents n’est qu’apparente, de graves accidents apoplectiques sont imminents.

Les coups de sang même légers deviennent d’ailleurs par eux-mêmes, en se renouvelant , des maladies graves, puisqu’ils peuvent jeter dans une débilité incurable les fonctions des centres nerveux (676). Ils présagent toujours ou de nouveaux coups de sang ou des attaques d’apoplexie ou de paraplexie avec d’autant plus de certitude qu’ils se sont déjà renouvelés plus fréquemment.

961 . L’apoplexie complète (677 et sqq,) jette toujours le malade dans un très grand danger; il n’est permis de por-

* Coacœ prœnoUf n®s et 476,

DES APOPLEXIES

ter un prognostic favorable que si les symptômes commencent à diminuer quelques heures au plus après l’invasion^ s’ils restent stationnaires^ le péril croît d’instant en instant par la seule persistance de l’état apoplectique.

Parmi les symptômes du plus fâcheux prognostic dans l’apoplexie, il faut placer en première ligne la respiration entrecoupée, haute, irrégulière, stertoreuse ^*5 l’impossibilité de la déglutition, l’intermittence et l’irrégularité du pouls, le refroidissement des extrémités, la sueur visqueuse et froide à la face, aux tempes, etc. Il faut, au contraire, considérer comme des symptômes d’un état moins grave , et qui laisse beaucoup d’espérance, la liberté de la respiration et de la déglutition , la largeur du pouls et sa régularité, la répartition égale d’une chaleur hali tueuse sur tout le corps.

L’apoplexie , quelque grave qu’elle soit , tant qu’elle ne présente pas de symptômes de paralysie ou d’anesthésie limitées à une partie du corps, et qui indique une lésion encéphalique circonscrite , peut se terminer par un rétablissement immédiat sans laisser après elle d’autre suite fâcheuse qu’une propension plus grande à de nouvelles attaques. La non-apparition de ces symptômes est donc d’un heureux augure ; mais il ne faut pas se hâter de se prononcer sur ce point, car il arrive souvent que ce n’est que lorsque les symptômes apoplectiques initiaux diminuent, c’est même quelquefois lorsqu’ils ont presque entièrement cédé , que les symptômes de paralysie et d’anesthésie locales commencent à se manifester et croissent ensuite; toutefois cette marche est la moins ordinaire. Lorsque les

• Pessîmum in apoplexîâ signum, si respîratio intermittet ^ vel magna cum violentia fiat. (Paul d’Ægine, lib. iii, cap. xvm, p. 31.) Valescus de Tarente a été plus loin en considérant la présence de l’écume à la bouche et la respiration stertoreuse comme les signes d’une terminaison funeste inévitable de l’apoplexie. {Philon. pharm. et chir. edent, Hartmann Beyer^ Francof. 1599, 1, i, cap. xxv, p. 80. j

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

Du prognostic des accidents de phlegmasie cérébrale consécutive chez les apoplectiques.

symptômes initiaux ont diminué au point de permettre d’interroger l’état de la sensibilité et de la myotilité dans tous les organes extérieurs , si ces facultés vitales ne sont pas alors lésées, on n’a plus ordinairement à craindre qu’elles s’altèrent , et l’on peut considérer comme très probable que l’apoplexie se terminera sans laisser après elle aucun trouble fonctionnel local. C’est qu’alors il ne s’est point produit d’hémorrhagie encéphalique.

La débilité des facultés intellectuelles après l’apoplexie n’indique pas que la maladie ait laissé dans le cerveau de lésion locale; les attaques d’apoplexie par congestion, de simples coups de sang d’une certaine intensité, suffisent pour déterminer ce résultat, surtout chez les personnes déjà avancées en âge (676, 688).

Quand l’apoplexie annonce par ses symptômes, interprétés d’après les rapports que nous avons établis entre les phénomènes extérieurs et la lésion interne , qu’il s’est produit dans le centre nerveux céphalo-rachidien des lésions qui appartiennent aux apoplexies foudroyantes (766 etsqq,) ; cette circonstance suffit pour motiver un très fâcheux prognostic. 11 faut aussi regarder comme beaucoup plus dangereuses les apoplexies qui surviennent chez des personnes qui en ont déjà été frappées plusieurs fois (709), et parmi ces apoplexies, celles qui portent sur un côté du cerveau opposé à celui qui conserve encore les désordres d’attaques antérieures sont, toutes choses égales, plus fâcheuses.

962. Dès qu’il se manifeste des symptômes deparalysieet d’anesthésie locales qui indiquent une ou plusieurs lésions circonscrites dans l’encéphale, il est impossible que la guérison survienne sans que le malade soit soumis aux chances d’une phlegmasie indispensable pour la résorption de l’épanchement et pour la cicatrisation du foyer. Il est impossible d’apprécier quelle sera l’étendue et l’importance de ces symptômes lorsqu’ils commencent à se manifester; car il arrive qu’ils se montrent très légers à leur

Prognoslic deg parajdexies.

DES APOPLEXIES. 687

invasion et même pendant un ou deux jours , et prennent ensuite tout d’un coup un rapide accroissement qui les convertit en de très graves accidents (704? 9 5 6).

963. Quand la paraplexie se développe progressivement sans avoir débuté seusla forme de l’apoplexie proprement dite ou d’un coup de sang , elle est toujours assez limitée , et par conséquent elle est beaucoup moins grave. Mais la manifestation subite des symptômes apoplectiques pendant une paraplexie qui persiste déjà depuis un certain nombre de jours (706) est presque toujours suivie d’une terminaison funeste.

La manifestation pendant la paraplexie de symptômes de paralysie portant sur des lierfs importants à la vie, comme surlespneumo-gastriques et les glosso-pbaryngiens, c’est-à-dire la gêne et le trouble de la respiration, de la phonation, et surtout de la déglutition, annoncent une terminaison funeste imminente.

964. L’ étendue des lésions de la myotilité et de la sensibilité dans la paraplexie, lorsque la maladie a débuté par persisteront une attaque apoplectique , n’est pas la mesure de la paralysie piexie. et de l’anesthésie qui persisteront^ il y a le plus souvent un décroissement progressif de la maladie après la cessation des accidents initiaux (ôgS)-, elle se réduit ensuite aux symptômes propres de la paraplexie, lesquels persistent sans diminuer d’étendue jusque après le travail de réparation qui va s’établir dans le foyer encéphalique. On ne peut donc prévoir exactement à cette période de la maladie quelle sera l’étendue des infirmités que la paraplexie pourra laisser après elle. Cette prévision devient possible avec' une assez grande exactitude dans la période où se développent les symptômes de la phlegmasie cérébrale réparatrice (704)* Le siège de la contracture et des douleurs dans les membres frappés d’anesthésie et de paralysie est la mesure assez exacte du siège de la paralysie qui persistera après la maladie , c®mme infirmité irréparable.

Prognostic des qui

accidents

parar

r^'O^nostic d’a* près les symptojmes de la phlegmasie encéphalique consécutive à l’Jiémorrhagie cérébrale,

588 DES HÉ310KKHAGIÜS I^'TEBSTmELLES.

On conçoit Fimpossibilité de déterminer à quel degré persisteront les accidents que produit la paraplexie après la cicatrisation du foyer, quand on réfléchit que cette circonstance dépend des diverses conditions du désordre encéphalique, eu égard à la dilacération des fibres nerveuses, à leur écartement (808), aux fonctions qui leur appartiennent, au degré de désorganisation qui résulte de laphlegmasie consécutive inévitable, etc.

Quand la paraplexie a eu un développement progressif, on peut toujours craindre que les symptômes de paralysie restent comme des infirmités permanentes.

La durée du temps nécessaire pour la disparition aussi complète que possible des suites de la paraplexie, la marche rapide ou lente, continue ou irrégulière, suivant laquelle cette disparition s’accomplira, ne peuvent jamais être exactement assignées. Il est des paralysies suite de paraplexies qui cèdent au bout de deux ans , et d’autres qui ont disparu au bout de deux mois et qui semblaient plus graves. L’âge du malade, les conditions de santé dans lesquelles il se trouve, influent nécessairement sur la marche de la disparition ^ cependant elle présente de telles variations qu’elles ne s’expliquent pas suffisamment par ces circonstances.

965. Les symptômes de phlegmasie encéphalique aiguë qui se manifestent comme effet de la phlegmasie dont la lésion cérébrale devient le siège après laparaplexie sont d’une grande importance pour le prognostic; c’est fréquemment par l’explosion de ces symptômes que la terminaison funeste de la maladie est occasionnée. La somnolence , la céphalalgie intense, le coma, la fièvre, les douleurs vives et les contractures des membres, motivent de graves inquiétudes. L’absence presque complète de la fièvre , des douleurs et de la rigidité des membres paralysés, la céphalalgie presque nulle, le sommeiLtranquille , l’absence des vertiges, la conservation en bon état des facultés in-

DÉS APOPLEXÏÉS.

(ellectuelles , etc. ^ tel est l’ensemble des phénomènes d’après lesquels on peut porter un prognostic favorable sur la terminaison de la maladie.

g66. L’importance des causes disposantes et déterminantes , directes ou accessoires de l’apoplexie , lamultiplicité du nombre des attaques antécédentes ^ sont d’un grand poids pour établir le prognostic de cette maladie. Parmi ces circonstances , les plus importantes sont celles qui se déduisent de l’âge des malades et des états morbides dont l’hémorrhagie cérébrale peut être l’effet plus ou nioins immédiat. Les apoplexies des vieillards sont toujours plus intenses que celles des jeunes sujets et guérissent beaucoup plus difficilement.

Les maladies dont l’apoplexie est l’effet sont toujours très graves; elles sont souvent incurables, et par cela même elles communiquent à l’hémorrhagie encéphalique, et surtout à la cause immédiate de cette maladie, le même caractère.

967. Le rétablissement d’une hémorrhagie habituelle dont la suppression avait précédé l’apoplexie, ou qui avait cessé de se manifester depuis un certain temps, tel qu’un flux hémorrhoïdal, et même la manifestation spontanée d’une épistaxis , d’une sueur abondante , etc. , favorisent la guérison de l’apoplexie et mettent souvent à l’abri d’une attaque imminente. Il en est de même du rétablissement d’une affection arthritique, d’une maladie herpétique auxquelles le malade était sujet, et dont il avait cessé depuis un certain temps d’être affecté.

968. On dédui t enfin le prognostic de l’apoplexie des effets des moyens de traitement dirigés contre cette maladie, car, malgré tout ce que cette afièction a de grave en ellemême , il en est peu contre lesquelles les moyens de l’art puissent être méthodiquement dirigés avec plus d’efficacité. Celse perdait toute espérance quand la saignée ne ramenait pas immédiatement le mouvement et la connais-

Prognostic de l’apoplexie d’aprcs ses cause;j.

Prognostic d’a* près la disparition ou le réta'blissement de maladies antécédentes.

Prognostic d’après les effets des moyens de traitement.

5go

DES HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES.

Indication principale pour le traitement des apoplexies.

Indications accessoires résultant de la cause immédiate des lésions cérébrales apoplectiques

sance, et s’il en était autrement ^ il regardait la guérison comme assurée^. Ce prognostic ne peut s’appliquer aux apoplexies contre lesquelles la saignée serait inopportune, au moins comme premier moyen thérapeutique; mais pour toutes les autres, nous n’en connaissons pas de mieux établi,

Akt. vil Thérapeutique des apoplexies,

969. La thérapeutique rationnelle des apoplexies repose d’abord sur la connaissance des lésions qui produisent et constituent immédiatement ces maladies. Dans toutes, les apoplexies la circulation encéphalique est modifiée de manière que les vaisseaux d’une partie ou de toute l’étendue du

cerveau, des cordons rachidiens et de leurs annexes, sont

le siège d’une hyperaimie. Cette hyperaimie existe au moins au début de toutes les apoplexies, depuis le simple coup de sang jusqu’à la paraplexie la plus grave , jusqu’à l’apoplexie foudroyante. Seule elle peut constituer l’apoplexie la plus intense (767) ; sa persistance modifie l’exhalation et l’absorption du fluide séreux céphalo-rachidien, et détermine ainsi l’hydropisie cérébrale aiguë, forme spéciale de certaines apoplexies (769). C’est aussi par suite de sa présence que se produisent les hémorrhagies qui constituent la cause immédiate de toutes les paraplexies et de la plupart des apoplexies. La congestion encéphalique est donc la lésion cardinale des apoplexies. L’appréciation de l’action des causes de ces maladies fait comprendre comment elle se produit et montre en même temps par quels moyens on peut agir sur la circulation cérébrale pour la prévenir, pour la faire cesser, et pour favoriser l’annulation de ses effets.

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